this is serious, doctor ? très beaucoup, monsieur !

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En ce gris samedi de novembre qui donne envie de pirouetter dans un grand lit, ou de faire rire les enfants en grimaçant, ou de bercer les bébés trop éveillés pour leur jeune âge, il a été décidé à l’unanimité de moi-même de vous conter une histoire, dont voici le pitch : une jeune femme, Stella, tombe amoureuse d’un garçon, Artois. Dans l’appartement d’à-côté, un autre couple, même génération, regarde les voitures passer dans la rue en se demandant s’ils vont sortir ou aller se coucher et faire une petite sieste. Elle se prénomme Adèle, et son ami Scott. L’immeuble dans lequel ils habitent a été construit dans les années soixante, et la cloison qui les sépare est fine comme un verre d’Armagnac, d’autant que les appartements ont été conçus pour que les chambres des uns soient contiguës à celles des voisins. (note du narrateur : je voulais soumettre ce scénario au cabinet Herzog et de Meuron, architectes de la tour Triangle, pour un storytelling inaugural mais vu que le projet est en stand by…). Que va-t-il se passer, sera-ce un reality show bien chaud, en ce gris samedi de novembre, quels QI extraira-t-on après forage de la cervelle de ces couples, quelles répliques bien senties , quel buzz produiront sur le lecteur Apien ces pensées fulgurantes, cette sagacité d’esprit plus filante que la queue d’une comète coincée entre un film des Dardenne et une île égyptienne disparue sous les eaux, entendra-t-on à nouveau ce moment extraordinaire de radio:(France Inter, interview d’ados à Paris : si je vous dis Charles de Gaulle, qu’est-ce que ça vous évoque ? -ben, c’est un aéroport, non ? -sans trucage-), vous le saurez en suivant la lecture de ce texte à la fois space mais aussi remasterisé que the voice kid bouygueste, une rising star de D8, plus flamboyant qu’un cross over en plein downtown, plus sécurisant qu’un ciel cloudy googlerisé , qu’une série avec du blood et des guns (Hunger games, NCIS Los Angeles, New York section criminelle, PJ, section de recherches, affaires criminelles…pioché rapidement sur le programme de ce samedi, chaînes TNT et tradi uniquement).
Stella est blonde, Adèle rousse. Les deux ont obtenu un Master en déconographie, l’une à Anvers, l’autre à Contretou (code postal 64000). Ce sont deux jolies femmes qui ont un boulot sous payé, pratiquent l’after work le vendredi et le fitness, avec l’aide d’un personal coach le samedi matin, sauf en novembre, quand le ciel est gris. Elles adorent les boutiques vintage et lisent Cosmopolitan, Advantage, se peignent les nails et regardent la chaîne diffusant en prime time permanent la fashion week sur l’ écran tactile de leur mobile phone. Elles tweetent plus qu’elles ne pratiquent le short message service, Stella sur son GSM belge, Adèle sur son Androïd offert par son petit ami Scott, qui travaille à mi-temps dans la robotique et les week-ends fait du mannequinat dans les magazines people, est lui-même une fashion victime, ce qui lui donne l’air d’un androïde chevauchant Churyumov sous le regard placide de Rosetta, la sonde opiniâtre qui n’a rien à voir avec le gaz de schiste (shale gas). Artois, le petit ami de Stella, est back stagiaire chez Digital Service. Il travaille à l’élaboration d’un clavier pour une chocolate tablet pouvant simultanément rédiger des textes en caractères latins, grecs, arabes, hindis, chinois, aztèques et étrusques, cyrilliques (quand il a bu un verre), textes qui sont envoyés à la sonde Galiléo qui les transfère à la réception de l’hôtel du bon Dieu, pour des réservations simultanées. Une fois la réservation effectuée, il est vivement conseillé d’avaler la tablette. Mais le produit est encore en cours d’élaboration, et des tests sont pratiqués sur les abdos d’Artois, qui les teste une deuxième, voire troisième fois, sur les rondeurs lunaires de Stella (deux devant, deux derrière et une au centre, comme au foot).
Comme hélas ce texte ne captive pas les joyeux followers apiens ni ne suscite le moindre fun de facebouqueux un peu geeks, mieux vaut cesser inter-net ce récit. La prochaine fois, nous parlerons de Nabilla, c’est plus hot que le père Noël, no ?
-par AK Pô
15 11 2014
IMGP4155

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4 commentaires

  • Chères amies stellaires, ravissante Rosetta Lusitanienne et néanmoins pontacquaise , Adèles voluptueuses de Soumoulou bonjour à vous.
    Si vos tristes amis geeks n’ont pas su vous trouver de serious games changez de quartiers en ce novembre au ciel si bas que notre gave a failli se retrouver pendu
    Venez ici, à Oloron, où comme le chantait Supervielle les chevaux ont changé d’âmes et où les mouches comme les moches ont changé d’ânes .Et même si, parfois le cochon court dans le maïs.

    • PYC: « Et même si, parfois le cochon court dans le maïs. » Ici, c’est le maïs qui course le cochon. D’ailleurs, il existe une expression locale dont je vous livre la primeur (car elle vient de naître) :
       » Bel épi de grains jaunets réjouit le cochonnet aux fesses rosies »
      Allez, monsieur PYC, un petit verre de Supervielle,
      « en attendant la mort »:
      Une paillote au Paraguay
      Où j’attendrais dans un hamac
      Celle qui vient bien toute seule.
      Un boeuf gris passerait la tête
      Et ruminerait devant moi,
      J’aurais tout le temps de le voir.
      Un chien entrerait assoiffé,
      Et courant à mon pot à eau
      Il y boirait, boirait, boirait.
      Enfin il me regarderait
      Et de sa langue rouge et claire
      Des gouttes tomberaient à terre.
      Des oiseaux couperaient le jour
      De la porte de leurs vols vifs.
      Et pas un homme pas un homme.
      Je serai moi-même évasif.
      Jules Supervielle, in « Gravitations », Gallimard

  • les « moules frites » sont-elles meilleures a la sauce béarnaise plutôt qu’a la mayo???

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