Plaidoyer pour une région au Sud de l’Ouest de la France


OssauAprès un premier commentaire sur le forum d’AltPy, il y a quelques semaines, Romains l’Ossalois réagit à l’article d’Emmanuel Pène, « Aberrations politiciennes en Béarn ». Le cri du cœur, d’un homme jeune, 28 ans… l’analyse plus que pertinente de la situation des pays du piémont pyrénéen. Un appel à la mobilisation citoyenne face à la mollesse et au renoncement de nos élus. A lire impérativement, à lire ci-dessous.

Je suis largement d’accord avec M Pène.
Une nouvelle carte des régions sera donc validée mardi. Les deux grands ensembles qui émergent ne font qu’étirer les actuelles régions d’Aquitaine vers le nord (et sacrément!) et Midi-Pyrénées vers l’est. Vu d’ici, l’analyse est simple: amplification de ce que lesdites régions produisent depuis leur création il y a 30 ans. La coupure en deux et la marginalisation géographique, politique et économique de notre pays.

Notre pays? Certains l’appellent géographiquement Pyrénées, Sud-Ouest, d’autres plus locaux Béarn, Pays Basque, Bigorre, Landes, Armagnac, Comminges… « 3B » (pays Basque-Béarn-Bigorre) pour un ancien député, Pays de l’Adour pour une Université, Pyrénées-Gascogne, Adour-Pyrénées… les noms officieux abondent quand on a disparu des cartes officielles.

Notre pays a pour colonne vertébrale un espace qui échappe largement à l’influence directe de Bordeaux et de Toulouse et qui se caractérise par/

– une fraternité de tous les domaines avec le Pays basque, la Navarre et l’Aragon, que de Toulouse et de Bordeaux on n’abordera jamais que comme un froid partenariat,
– une prégnance de langues et de pratiques qui n’ont pas grand chose à voir avec ce qu’ailleurs on ne sait nommer que folklore,
– un réseau polycentrique de villes petites et moyennes qui n’a pas les mêmes besoins ni le même fonctionnement qu’une métropole nombriliste et hypertrophiée par essence,
– une dynamique et des marqueurs culturels, économiques et identitaires suffisants pour être identifiés et appréciés de l’extérieur par des partenaires de premier plan,
– un point de vue différent sur les grands chantiers et besoins en infrastructures et investissements.

Incapables de s’entendre, les deux sœurs rivales de la Garonne ont élargi leur aire d’influence. Les nouvelles régions seront leurs bras tout musclés de compétences élargies et de recettes renouvelées.

En leur sein, les départements auront un dernier choix à faire, avant que de disparaître ou de végéter: exercer ou non un droit d’option vers une région voisine.
Pourrons-nous alors réunir notre cœur de pays ?

Je ne vois pas Toulouse lâcher le Gers, ni Bordeaux les Landes. Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées tenteront-elles un rapprochement? Qu’elles optent pour Toulouse ou Bordeaux, elles seront en bout de ligne hélas.
Nous aurions pu faire cause commune, plus d’un million d’habitants entre l’Adour et les Pyrénées, proposer une collectivité d’avant garde fusionnant les compétences des régions et des départements, former un pack cohérent mais solide pour peser dans les débats, disposer de la taille critique pour parler à nos voisins, tout en gardant une précieuse proximité, une efficacité au contact du terrain que nous allons perdre définitivement. De vraies économies, quoi.

La politique est-elle si bien captée par les partis nationaux et leurs états-majors contrôlent-ils si bien les choses, que les responsables de mon pays… n’ont rien pu faire?
N’est-ce pas grâce à une culture politique différente que la Corse ou les Outre-mers ont échappé à cette histoire de grandes régions?
Ou est-ce qu’à moins d’être sur une île, aucun projet régional n’est viable sans métropole en son centre?

Pourtant, avec les mêmes partis et des métropoles tout aussi excentrées que Toulouse et Bordeaux le sont pour les Basques et les Gascons, les Bretons ont fait entendre leur voix. Ils arracheront peut-être même Nantes aux Pays de Loire.
D’une taille comparable à la nôtre et dans une position frontalière similaire l’Alsace a failli maintenir son autonomie.
Alors que n’avons-nous réagi quand Poitou et Limousin parvenaient à réorienter complètement Bordeaux vers le Nord? Quand Toulouse et Montpellier parlent de rebaptiser leur région Languedoc, faut-il se réjouir que la Gascogne se réduise à un conseil général du Gers privé de la moitié de ses compétences?

Les débats ont eu lieu au Parlement. Qu’ont fait nos parlementaires? C’est-à-dire les députés et sénateurs PS que nous portons de plus en plus majoritairement à chaque élection? Rien ou presque si l’on compare au PS Breton. Des élus Modem-UDI ou Radicaux de gauche vinrent quelques tentatives: amendements, « sauvetage » des conseils généraux…

Si l’atonie de la société civile fut à la hauteur (si j’ose dire), je ne comprends que l’armada d’élus du parti qui gouverne n’ait rien pu faire. Avons-nous les plus mauvais de France? Voulaient-ils en fait aboutir au résultat actuel?

Noun i endeni arré…

– par Romain, Ossalois, 28 ans.

 

Crédit photo : Bernard Boutin

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Comments

  1. Merci à tous ceux à qui ce petit laïus aura inspiré des commentaires, quels qu’ils aient été. J’ai tâché d’y répondre, et je crois avoir largement précisé ma pensée, grâce à vous. Je crains de ne pouvoir le faire ainsi davantage, j’ai du y passer deux bonnes heures aujourd’hui, heureusement que je suis à la maison le lundi en journée 🙂
    Il se peut que je revienne sur ce site répondre encore, mais je ne m’y engage pas. Merci de votre compréhension si vos commentaires ne trouvaient pas de réponse.
    Bonne continuation à tout le monde, et ne soyez pas trop pessimistes, c’est épuisant!

    Bu brespe a tuts! (Good afternoon / Buenas tardes! pour les allergiques aux langues « moyenâgeuses »).

  2. N’est-ce pas grâce à une culture politique différente que la Corse ou les Outre-mers ont échappé à cette histoire de grandes régions?

    Pour la Corse, et plus encore plus l’Outre-Mer, c’est avant tout une simple question de géographie.

    Notre pays a pour colonne vertébrale un espace qui échappe largement à l’influence directe de Bordeaux et de Toulouse

    Ah bon ? Pourtant, à partir d’un certain niveau d’études c’est Bordeaux ou Toulouse obligatoirement. Pour des pathologies lourdes à l’hôpital aussi. Pour les vols internationaux directs aussi. Pour trouver du travail aussi bien souvent. Pour les grands concerts idem. etc, etc…

    • Mais pourquoi pas effectivement avoir une réflexion à cette échelle? Si Toulouse et Bordeaux dépassent leur rivalité, le grand Bassin Aquitain est une réalité. Le Massif Pyrénéen en est une autre, d’ampleur comparable. Toutefois, à l’intérieur de tels ensembles quelles serait l’articulation? On pourrait imaginer qu’à côté de grandes unités urbaines comme Bordeaux, Toulouse, Bilbao, qui disposeraient d’une solide autonomie, des territoires de population comparables feraient contrepoids, notamment autour de problématiques spécifiques. On retrouverait utilement une unité des pays ruraux à l’ouest de la Garonne ou sur le piémont Pyrénéen.

      Je crains par ailleurs que de grandes régions ne dégagent pas d’économies, si elles administrent d’en haut sans surfer sur des dynamiques locales.

      • Oups, c’était ma réponse à Lacanette, pardon.

      • Michel LACANETTE says:

        Dans le futur il faudra cesser de penser » volumique » comme actuellement, c’ est à dire que le pôle urbain le plus important capte le maximum de moyen ( subventions, aides sociales et culturelles, médicales, éducatives, etc… etc) pour attirer le maximum de personnes. D’ où une centralisation sous- jacente permanente exercée au détriment des citoyens extra urbains.
        Il faudra penser  » surfacique » c’ est à dire en réseau, de villes importantes , moyennes et petites (Expl: Pau/ Oloron/ Orthez) liées entre elles en pôle de compétence, qui fera qu’ en tout point du territoire la qualité de vie sera identique pour une région donnée.
        La concentration urbaine a des avantages économiques, mais pas que, car il y a des effets de seuil. A ce moment là, il sera impératif de peser le pour et le contre et de faire le choix en connaissance, pas comme actuellement où le choix est fait d’ avance et nous est imposé par un semblant de démocratie.

        • Encore faut-il définir ce qu’est la « qualité de vie », sinon on en arrive vite à vouloir construire des villes à la campagne (remède bien connu à tous les inconvénients de la ville).

    • PierU,

      Une question de géographie en effet. Laquelle développe chez les responsables l’habitude d’adapter les modes administratives à leur spécificité.
      Et à ce titre, notre situation géographique de frontaliers, devraient avoir développé chez nous certains réflexes: nous tourner vers nos voisins du sud autant que ceux du nord.

      J’ai étudié à Pau, puis à Toulouse. Puis j’ai du encore changer. Car pas plus qu’à Pau, il n’y avait ma spécialité à la fac de Toulouse. Et vu savez quoi, elle existait à Pau! Aujourd’hui, aucune fac ne fait tout, les étudiants bougent en fonction de leurs choix, les universités même grandes font des choix, se spécialisent plus ou moins, et je trouve ça très bien.

      Spécialités hospitalières, événements culturels, oui il y des choses qu’on ne trouve que dans des très grandes villes. Et pour un paquet d’entre elles même, il n’y a que Paris. On fusionne avec l’Ile-de-France?

      Pour les vols internationaux, comme je l’ai dit plus bas, c’est justement le fait que nous n’étions pas organisés et unis localement il y a une génération qui nous a fait rater nos aéroports.

      Enfin: grands concerts, vols internationaux, traitements lourds, c’est vraiment ça l’alpha et l’oméga d’une collectivité?
      La cohésion territoriale, les filières de PME, les services d’aide sociale, les questions de proximité, les routes, les bus, les trains, l’agriculture, l’accessibilité de l’administration, le tourisme, le logement, le quotidien quoi, on le délègue aux associations et aux communes?

      On va disqualifier une entité de taille moyenne, efficace sur 7 sujets sur 10, pour une autre qui sera satisfaisante sur les 3 restants mais inopérante sur le reste?

      Quant à l’emploi, moi aussi j’ai du chercher du boulot dans les grandes villes.
      1) Cela ne concerne, comme les études en fac d’ailleurs, que certaines personnes (il se trouve que j’en fais partie), et elles n’ont pas le monopole d’une région. Les artisans, commerçants, agriculteurs, employés de service, dans le tourisme et c… n’auront pas la même appréciation.
      2) Mais enfin croyez-vous que ce phénomène va s’arranger si l’on donne tous les leviers à une métropole? Il va s’amplifier! Puis il explosera, comme toutes les bulles, car le mode de fonctionnement des grandes unités urbaines n’est pas durable. Ni agréable. Pourquoi ils s’en reviennent tous à la retraite sinon? Je préfère essayer de bâtir un avenir durable et équilibré chez moi, dut-il ne pas offrir toutes les prestations d’une grande ville. Et ça ne se fera pas sans initiative politique propre.

      • Vous avez l’air de poser le problème en termes de concurrence avec les (petites) métropoles que sont Bordeaux et Toulouse, comme si vous n’acceptiez pas le fait que Pau ne soit finalement qu’une ville à peine moyenne, ou plutôt comme si vous rejetiez le principe même des grandes villes qu’elles sont.

        Si le fonctionnement des grandes unités urbaines n’est pas durable, le nôtre ne l’est pas beaucoup plus en réalité : la faible densité de population (en comparaison d’une grande ville) et le peu de transports en commun efficaces aboutissent à tout un tas de déplacements individuels qui pèsent à mon avis lourd dans la balance. Quant au côté agréable ou pas, là c’est purement subjectif : certaines personnes ne se voient pas vivre ailleurs que dans une grande ville.

        Même un ensemble Pau-Tarbes-Lourdes ne pèse pas bien lourd. Et développer ses spécificités propres n’est pas impossible au sein d’un ensemble plus grand, le BAB le montre d’ailleurs tous les jours. Quant à « se tourner vers nos voisins du sud autant que vers ceux du nord », franchement à part pour le Pays Basque français qui a une continuité aussi bien culturelle que géographique avec son alter ego espagnol, pour le reste il me semble qu’il existe une barrière naturelle qui s’appelle les Pyrénées. La première ville comparable à Pau vers le sud est Huesca, à presque 3h de route… Même si demain il y a avait une nouvelle route Pau Oloron et des contournements de villages dans la vallée d’Aspe, ce temps ne descendrait pas au-dessous de 2h. Déjà qu’on n’arrive pas à coopérer efficacement avec Tarbes qui est à 40mn de Pau, bref…

        • Je n’ai pas l’impression de faire « comme si ». Il me semble que je décris ces villes comme elles sont. J’ai vécu dans les trois. Vous aussi? Je n’ai pas de problème avec Pau, mais depuis ce matin que je réponds aux commentaires, j’ai l’impression que beaucoup de monde en a! J’accepte bien Toulouse et Bordeaux comme elles sont, j’ai vu leur dynamique de près, c’est même fondamental dans ma réflexion sur leur phagocytose des politiques publiques et l’orientation à leur profit de projets et investissements. Je ne le reproche pas aux Bordelais et aux Toulousains. Mais aux dindons de la farce de se laisser faire.

          La concurrence me semble évidente, en termes d’orientations des politiques d’aménagement et d’investissements publics et privés. Oui, un certain nombre de décisions et de financements ne nous bénéficient pas parce qu’ils sont captés ailleurs.
          La politique d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées est trop souvent celle de Toulouse et de Bordeaux.
          Développer ses spécificités propres au sein d’un ensemble plus grand est possible tout à fait, mais à condition d’avoir une existence!

          Pour votre dernier point, je ne sais pas quoi vous dire sur la « barrière naturelle qui s’appelle les Pyrénées ». Que c’est encore une fois une point de vue très partiel, très urbain (comme celui sur les longues études et les grands concerts), que de passer directement de Pau à Huesca. Qui méconnait toutes les problématiques communes au massif, lequel n’est vu que comme un obstacle, en dépit de tout ce qu’il apporte.
          Une région ce sont des villes… et des campagnes. Le décor de carte postale, il est tout autant réel et important que le boulevard des Pyrénées.

          Pour l’exemple Saragosse est à 2h15 de chez moi, c’est la grande ville la plus proche pour un Haut-Béarnais (ce furent entre 3 et 4, mais les Aragonais se sont bougés, et pour rappel, Bordeaux et Toulouse il y a peu c’était une heure de plus qu’aujourd’hui!). Toulouse 2h30, Bordeaux 3h. Demain si on s’en donne les moyens, Pampelune peut-être à 2h de Pau. Mais comme je disais ci-dessus, il n’y a pas que les villes et l’automobile. Il y a les multiples dimensions de la vie des territoires entres les villes.

          • Je n’ai vécu ni à Bordeaux ni à Toulouse, mais j’ai vécu dans d’autres grandes villes (y compris Paris), et je ne partage absolument pas votre vision très négative sur celles-ci.

            Si on suit votre logique jusqu’au bout, Bordeaux est le dindon de la farce de Paris, Pau est le dindon de la farce de Bordeaux, Oloron le dindon de la farce de Pau, Bedous le dindon de la force d’Oloron, Aydius le didon de la farce de Bedous… (après je sèche!)

            Concernant la barrière naturelle des Pyrénées, ce que je veux dire c’est qu’il est illusoire de penser que les échanges avec l’Aragon pourraient dépasser un stade anecdotique. On n’est pas dans la configuration de l’Alsace où un strasbourgeois peut franchir le Rhin en 3 coups de pédale pour se rendre à Kehl (et réciproquement). Ce n’est pas un point de vue urbain partiel, c’est une réalité physique intangible. Le fait que pour vous Saragosse soit plus proche que Toulouse illustre juste ce que dit Sango plus bas sur les limites, et ça ne change rien au fait que pour 99% de la population du Béarn, Bordeaux et Toulouse sont les pôles d’attraction naturels.

  3. Michel LACANETTE says:

    « mais en regardant la réalité actuelle et en y associant une logique de développement à l’echelle de l’Europe, voire du monde. »
    Là tout est dit.
    Une fois de plus notre pays est passé à coté d’ une opportunité de créer des euro- régions. Pour ce qui nous concerne, Aquitaine, Midi- Pyrénées, Languedoc- Roussillon, en associant cohérence locale et avenir de la population.
    Demain, pour pouvoir se faire entendre, dans une Europe agrandie et diversifiée,
    ce n’ est pas la distance de 300 ou 400 km d’ un bout à l’ autre d’ une région qui effraie certains, qui sera un critère décisif d’ importance, mais le nombre d’ habitants d’ une région. Si aujourd’ hui il nous faut être 1 million, demain il faudra être 3 ou 4 millions pour être écouté et se faire entendre. Le coût des investissements collectifs sera tel
    qu’ il faudra indéniablement les justifier, ce qui était rarement le cas jusqu’ à récemment. N’ en déplaise à certains.
    Une euro-région bien pensée, n’ empêchera en rien à chacun de garder sa spécificité, mais surtout, elle aidera à regarder la réalité en face, sans se cacher derrière de sombres intérêts d’ arrière garde locale, car elle obligera à penser autrement.
    Malheureusement nos responsables n’ ont pas eu le courage ni la force de franchir cet obstacle, car les citoyens ne les ont pas incités clairement dans cette démarche. Nos élus ont préféré faire le choix de se couler dans le moule douillet de l’ Administration centrale, ne voulant pas courir le risque de perdre quelques subventions bienfaisantes,
    ni courir celui d’ ouvrir la boîte de pandore qui aurait peut être compromis leur avenir. Demain, il faudra sauter sans filet, dans le train en marche, avec des risques bien plus importants pour l’ avenir……

  4. l'ours du bois says:

    Qui peut croire a votre logique… (pardon, celle que vous décrivez, qui n’est pas la votre) en regardant la future carte des régions.
    Hélène a raison et redit ce que je dit depuis le début…..
    vive les rois.. et les reines
    http://www.sudouest.fr/2014/11/20/la-carte-definitive-des-13-regions-de-france-adoptee-a-l-assemblee-1742031-710.php

  5. Emmanuel Pène says:

    Bravo à Romain pour cette prise de position. On les aimerait plus nombreuses, mais les citoyens sont atones, ou plutôt découragés par le monde moderne en crise qu’on leur propose, et les politiques sont malheureusement à l’image des citoyens. Mais une cause n’est jamais perdue si on se donne la peine de la défendre. Nous savons tous (à part Daniel Sango peut-être), que Pays de l’Adour est une entité cohérente, forte et qui a du potentiel. Verra-t-elle le jour grâce au ralliement d’un département à la région voisine. Difficile mais pas impossible s’il y a une mobilisation forte ? Et si elle ne voit pas le jiour, alors nous devrons nous battre pour créer d’autres regroupements extra-administratifs; par exemple aux niveau des CCI et autres chambres. En tout cas merci Romain; je poste cet article sur le Facebook « Pour Béarn et Bigorre dans la même région »
    Et siat de qui cau

    • Ma singularité est plurielle.

    • Adixat M Pène,

      Vous n’avez pas attendu ma permission pour mettre mon laïus sur facebook, ce n’est pas grave, je vous la donne quand même!

      En fait ce qui m’étonne, c’est le dénigrement du pays par une partie du milieu Palois. Je le méconnaissais, peut-être éclaire-t-il l’ardeur toute relative des élus.

  6. Si on entend tout et n’importe quoi sur le découpage régional (comme ici ou dans les articles cités) c’est que la définition de la région n’est pas la même pour les uns et pour les autres.
    Pourtant c’est assez évident….
    Vive le Pays de Béarn libre et Laas capitale régionale indépendante !
    Et le TGV à Pau !

    • Helene Lafon says:

      Peut-être Daniel, avez-vous raison. Mais le découpage de la France en 13 régions ou si on préfère le regroupement des 22 régions de la France en 13, sur quelle logique est-il fondé ? Sur une logique avant tout politicienne qui fait la part belle à quelques roitelets de quelques métropoles régionales !

      • La logique de toute organisation territoriale est basée sur le bassin de vie. Bassin de vie local, boulot déplacement dodo pour l’agglo et l’intercommunalité, bassin de vie plus large à l’echelle de la vie pour la Région (université de niveau international, CHU, aéroport international,, administration de niveau européen , etc…)

        Et ceci non pas en étudiant l’histoire des costumes folkloriques ou les langues mortes moyennageuses mais en regardant la réalité actuelle et en y associant une logique de développement à l’echelle de l’Europe, voire du monde.

        • Daniel,

          Vous reprenez le discours de géographes. Il se veut simple, rationnel et indiscutable. Est-il seulement réaliste?

          La théorie des bassins de vie pour intéressante qu’elle soit est déjà insuffisante à l’échelle des intercommunalités. Boulot-déplacement dodo dites-vous? Dans ce cas l’agglo de Pau doit englober la quasi-totalité du Béarn. Vous pensez que ce serait fonctionnel? Dans l’entre-deux-Gaves, vous aurez autant de personnes qui vont travailler sur Pau que sur Oloron. Idem sur le Plateau entre Pau et Tarbes. Vous les coupez en deux?

          Une approche qui idéalise des ensembles gigognes « parfaits » ne tient pas compte du fonctionnement en réseau, des flux croisés. Par exemple, l’actuelle région Poitou-Charentes envoie autant d’étudiants sur Nantes que sur Bordeaux. En quoi dépendre administrativement d’une ville plutôt que de l’autre est-il pertinent? Et nous ici, sommes particulièrement bien placés à équidistance de Bordeaux et de Toulouse pour comprendre que le choix obligatoire d’une métropole unique peut tenir de la gageure.

          Je crois plus intelligente une prise en main pour porter notre voix et discuter tant avec Toulouse qu’avec Bordeaux sur des dossiers qu’un arrimage permanent à une seule de ces deux villes, qui sera forcément bancal vu notre position géographique.

          Vous avancez quelques critères qui définirait une « bonne » région:
          – une Université de niveau international. Pouvez-vous la définir? A l’échelle du monde, aucune Université française n’est reconnue. Pour avoir étudié à l’Université de Pau et celle de Toulouse par exemple, je sais que la qualité des enseignants-chercheurs et des formations n’est pas moindre dans la première. Au contraire parfois: il y a à Pau quelques pointures en sciences que du fait de la taille « humaine » des effectifs vous pouvez côtoyer dès le DEUG alors qu’ailleurs il vous faudrait attendre le master. Certains projets et équipes en sciences physiques installés à Pau sont des références d’envergure. Il est étrange de penser que la taille est forcément un critère de qualité. La personnalité compte.
          – les CHU et les grands aéroports sont l’apanage des grandes villes, je le reconnais volontiers. En ces domaines plusieurs unités moyennes ne font pas tout ce que fait une grande unité. Il reste que nous avons besoin et d’aéroports et d’hôpitaux à moins de trois heures de route. Et qu’une collectivité, une dynamique territoriale unique et spécifique serait leur meilleur avocat et le garant de leur qualité. Qu’elle aurait utilement mutualisé les énergies (je pense au doublon aéroportuaire Pau-Tarbes).
          – Administration de niveau européen? Parce que vous croyez que l’administration va amener la dynamique dans une région? C’est le contraire, une région dynamique sera prise en compte par les instances européennes. L’Europe n’a pas changé le fait que 8 millions d’Andalous sont moins bien lotis que 2 millions d’Alsaciens.

          Le postulat sous-jacent est qu’une collectivité sans Toulouse et Bordeaux serait trop petite. Pour faire quoi?
          La communauté autonome Basque a une superficie équivalente aux Pyrénées-Atlantiques. Le Luxembourg une population comparable.
          En terme de notoriété et d’image? Identifiez-vous mieux la Corse ou Rhône-Alpes?

          Ce « big is beautiful » n’est-il pas finalement assez conceptuel?
          J’essaie d’être pragmatique.
          Si nous avions eu une collectivité propre et unique il y a 20 ou 30 ans, nous aurions fait un aéroport Pau-Tarbes-Lourdes et mutualisé nos moyens avec Guipuzcoa pour en faire un autre transfrontalier à Hendaye ou Fontarrabie.
          Si nous l’avions eu il y a cinq ans, nous aurions négocié les dossiers ferroviaires selon nos intérêts qui en la matière ne sont pas ceux d’un transit à grande vitesse sans escale entre Bordeaux et Donostia.
          Sans le dialogue de sourd avec Aquitaine nous aurions avancé au même rythme que l’Aragon sur l’axe E8 ou la traversée centrale des Pyrénées.
          Avec les moyens d’une région en terme de politique d’enseignement supérieur, nous aurions pu développer plus tôt une Université de Navarre transfrontalière qui aurait eu de la gueule.
          Allez sur les pages tourisme et culture des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. Vous y verrez les grandes fêtes, la côte, la gastronomie, les montagnes, le rugby, les bastides… Qui a besoin de qui? Ne saurions-nous faire cette publicité nous-même?
          Et puis le développement des grandes métropoles n’est pas toujours un choix d’avenir. L’explosion galopante du grand Toulouse est en train transformer le Comminges en un sinistre banlieue-dortoir sans âme. Avec des déplacements pendulaires de plus d’une heure et demie. Cela n’est pas durable. Auch, Saint-Gaudens sont satellisées, incapables d’initiative.

          Encore un mot sur une hiérarchisation, une opposition un peu bébête que vous faites: l’aéroport international c’est important, la culture basque ou gasconne c’est moyenâgeux. Vous avez conscience en écrivant cela que pour une majorité d’habitants c’est un acte plus habituel de côtoyer une de ces langues que de prendre l’avion? Certains font même les deux, si vous pouvez le concevoir. La collectivité doit traiter un sujet et pas l’autre?

          J’aurais pu vous dire tout ça en gascon Daniel. Mais je n’ai aucune envie de procurer un sentiment d’exclusion et je suis un type ouvert sur le monde, si ce sont mes trois mots de patois qui me déconsidèrent à vos yeux. So I’m ready to do it in English, and even in a plane! Would you be more pleased with me then? O si a usted mas le gustara lo podriamos hacer en castellano. A mi no me molestaria. Bon, je n’est pas encore appris le mandarin. Et vous?

          • Quelques points complémentaires.

            Tout d’abord, en même temps que l’on parle de découpage basé sur une logique, on pose le problème des limites?
            Il est une évidence que lorsqu’on se trouve à la limite d’un bassin de vie ou d’une région, on a, par définition autant de logique d’être dans l’une ou dans l’autre.
            C’est d’ailleurs cela le problème : il faut choisir et c’est discutable.
            On trouvera toujours dans cette zone frontière des arguments pour pencher d’un côté ou de l’autre.

            Le bassin de vie a une vraie logique, c’est la logique fiscale (encore faut il que les élus aient envie de vraiment mutualiser dans une agglo « équitable »). Alors bien sûr on retrouve les problèmes cités plus haut, mais il est clair par exemple que Serres Castet ou Montardon ont obligatoirement leur place dans l’agglo de Pau.
            Pour le reste tout se discute.
            Il en va de même pour une région qui est structurée par une métropole.
            Et ici aussi il est vrai que Pau et Tarbes sont aux limites.
            Le Pays Basque étant lui réellement dans la sphère bordelaise.

            Pour ce qui est des aéroports, aucun de ceux des Pyrénées Atlantiques ou des Hautes Pyrénées n’a un avenir. La cour des Comptes l’a écrit à de multiples reprises, et ce même s’il n’y avait qu’un aéroport unique.
            Seuls Bordeaux et Toulouse peuvent jouer dans la cour européenne.

            Quant aux rêves de LGV ou autres TCP, il faut être sérieux.
            Les infrastructures coûteuses ne se décident pas par des caprices mais par des critères de rentabilité et d’efficience.

            • Alors l’Europe est une affaire réservée aux grandes villes? Le reste du pays est en Afrique? On attend bien sagement que les richesses redescendent? Ben tiens…
              Je vis donc dans un monde destiné aux CSP+ péri-urbains et je ne m’en étais jamais rendu compte. Vite que je déménage à Serres-Castet, non à Pessac ou à Blagnac pour être efficient et avoir un avenir!
              Attends, efficient… pas sûr: deux heures par jour dans les transports, seul dans ma voiture, le pavillon, la piscine, le centre commercial, les dizaines d’appareils que j’utilise une fois par an, l’indispensable crossover pour emmener les enfants à l’école, l’avion régulièrement, l’écran plat grand format pour m’évader, le coût de mon stress et de l’air que je respire pour la sécu, celui de l’insécurité et du non-vivre ensemble, la ou les maisons secondaires chez les bouseux pour « déconnecter » mais sans trop les croiser si possible, ils sont moyenâgeux et parlent des dialectes incompréhensibles …
              Mais c’est l’avenir… alors pourquoi tant de gens n’y sont que par contrainte et ne rêvent que d’en partir?

              Une infrastructure se décide en fonction de ce qu’elle coûte mais aussi des services qu’elles rend et des retombées qu’elle génère. Je n’ai pas prêché pour la LGV, deuxième fois que vous me le faîtes dire. Quant à la TCP, je n’ai pas utilisé ce sigle à dessein par ce qu’il désigne une réponse technique précise parmi plusieurs possibles à la question des échanges à travers les Pyrénées centrales que oui, j’ai évoquée.
              Décidément vous lisez vite, et vous jugez vite. C’est sérieux?

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