Promenade à bâtons pas tout à fait rompus, dans l'actualité.

mille vacheCes «vaudevilles clochemerlesques» évoqués par Joel Braud alternent, hélas de plus en plus, avec des événements «cauchemardesques», s’enchaînant les uns après les autres, se superposant, s’intriquant à vive allure, à la grande satisfaction des médias et des réseaux sociaux qui les catalysent et les diffusent:
«Il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse !» Beaumarchais : Le barbier de Séville, la calomnie, acte II.

La rumeur remplace la réalité, la suspicion prime sur la confiance, l’ignorance sur la connaissance, l’analyse destructrice sur la synthèse constructrice, le buzz sur la sobriété et l’information désintéressée…Les exemples ne manquent pas.

>Pour des raisons fort différentes, 85% de ceux qui ont répondu à un sondage se disent, d’après les médias, mécontents de F.Hollande. On est passé de la doctrine des mousquetaires à :

Tous contre un, un contre tous !

L’union ne fait plus la force, c’est la désunion pour le chaos. Dans cet individualisme pur et dur, je demande à ces 85% de dire ce qu’il conviendrait de faire pour obtenir 85% de satisfaits ?
La critique est aisée mais l’art est difficile. (Philippe Néricault dit Destouches)

>Le temps et l’espace médiatique sont occupés, à un rythme effréné, par l’émotion ; les égorgeurs sont à la une sur les ondes ; les tenants du califat n’en demandent pas plus ! Les experts, les psychologues, les spécialistes du terrorisme sont devenus des professionnels de l’image et du son ; on passe, souvent sans virgule, sur le même ton, de l’horreur à la banalité : de l’assassinat de la copine, du père qui jette son enfant dans la Garonne, à la catastrophe puisque que la France a perdu la coupe Davis !

Combien de nos «héros raquettophiles», chantant ou pas la marseillaise, sont physiquement et financièrement domiciliés en France ?

> Chez Dassault, 53 millions d’argent liquide coulent en rafale et les «Rafale» coulent notre budget. Début octobre, la France a acquis dix nouveaux avions, à la pointe de la technologie (Figaro du 10/10), sûrement pas au prix des invendus !

>«En 2012, la France comptait 112.000 SDF, dont 31.000 enfants,…., un chiffre en hausse de 44% en 11 ans, selon une étude de l’Insee.»19/11/2014, Nvl Obs.
La responsable du centre de Pau des restos du cœur signale une progression des bénéficiaires de 35% par rapport à 2013. Sud Ouest du 25/11/2014.

Mourir dans la dignité ne suffit pas, il faudrait aussi pouvoir vivre dans la dignité !

Les associations bénévoles d’aide aux plus démunis n’ont rien appris de la publication de l’Insee ; par contre, incapables par manque de moyens financiers et techniques, de gérer la mise à disponibilité des 29.000 nuitées/jour, dont la moitié d’enfants, le Samu social a dû sous-traiter les recherches de logements à des intermédiaires comme des agences de voyage. Ces intermédiaires n’étant pas des associations à but non lucratif, le Samu a déboursé 142,5 millions d’euros en 2013, pour 23000 nuitées. Canard enchaîné du 19/11/2014.

La pauvreté est devenue une source de revenus !

>A l’émission «C dans l’air», le 20/11/14, Yves Calvi invitait Antoine Peillon, journaliste au journal la Croix. Il estime à 590 milliards d’euros l’ensemble des avoirs français dissimulés dans les paradis fiscaux, particuliers et entreprises. Il cible le démarchage de chargés d’affaires suisses : «Depuis 2000, UBS France a privé le fisc français de 85 millions d’euros en moyenne chaque année..». Il soutient que bien d’autres établissements bancaires participent à ce genre d’activité ; 150 milliards/an représenteraient la fraude fiscale en France ! Il n’a pas encore eu de procès sur les bras ! Curieux si c’est faux !

Comment faire admettre aux français honnêtes que, pour entretenir ce privilège, il faut réduire le bien commun : école, santé, justice, culture, recherche…!

Le 4/06/2012, A.Peillon, prétendait qu’auditionné le 23 mai par la commission d’enquête sénatoriale sur l’évasion fiscale, le juge Guillaume Daieff :

• «regrettait que le nombre de juges d’instruction du pôle financier parisien soit passé de 12 en 2009… à 8 en 2012.
• insistait sur l’existence d’un « verrou » dans les affaires de fraude fiscale : le procureur ne peut pas, de lui-même, engager de poursuites, mais doit attendre une plainte du ministre du Budget.»

N’oublions pas que parmi les causes de la révolution française, on cite en général une crise institutionnelle, morale et sociale !!

>Le parlement européen, «conseillé» par le puissant lobbying de la pêche industrielle, a reconduit la pêche en eau profonde. Des filets géants de 150 mètres de large alourdis de plaques métalliques de plusieurs tonnes raclent les fonds marins jusqu’à 1500 mètres de profondeur. Sur 60 tonnes ramenés à bord en 20 minutes, plus de 10 tonnes invendables ou appartenant à des espèces protégées, sont rejetées sans espoir de survie. Destruction des écosystèmes fournisseurs des pêches de l’avenir, gaspillage, destruction de faune en danger, 5 fois plus de gasoil consommé que pour une pêche normale… telles sont les autorisations données par Bruxelles et soutenues par Matignon. Canard du 19/11/14.

>Passons des «vaudevilles» aux «veaux des champs».
Il y avait le plateau des Millevaches en Limousin, il y a maintenant la ferme des mille vaches dans la Somme : ferme industrielle conçue pour abriter environ 1000 vaches laitières et une unité de méthanisation de 1,3 mégawatt. L’objectif est-il de produire de l’énergie ou du lait ? Les deux, mon général !

>> Ce type d’élevage présente des risques sanitaires énormes. Les animaux élevés en confinement, dotés d’une très faible variabilité génétique du fait de la sélection, créent des conditions idéales pour l’émergence et la propagation de nouveaux pathogènes.

Ce sont des incubateurs et des diffuseurs de virus, listeria, monocytogènes, salmonelles, campylobacters, E. coli, et autres promoteurs de « grippes » en tout genre. Employés à titre préventif et curatif les médicaments vétérinaires se retrouveront dans le lait.

>> Si cet exemple est destiné à se multiplier pour produire du lait en grande quantité et à meilleur coût, il faut s’attendre à la disparition des petits et moyens producteurs (chômage !), à la chute des cours, à la régulation par Bruxelles des surplus.

Des défilés de contestation en vue !!

>> Si c’est pour produire du méthane, on estime que les vaches françaises émettent déjà autant de gaz en un an que 15 millions de voitures ! C’est peu réjouissant! Le méthane émis est en grande partie éructé par la vache, en moins grande quantité par l’intestin.1000 vaches, dans une enceinte limitée, cela devient préoccupant pour la qualité de l’air respiré ; une bonne ventilation canalisée (énergie !) s’avère nécessaire pour l’éliminer ou le récupérer !

>>La méthanisation envisagée porte sur la transformation en méthane (CH4), par fermentation, des digestats recueillis, c’est-à-dire les lisiers.

• Cette technique ne résout pas le problème des nitrates car ils ne sont pas transformés.
• Le méthane ainsi obtenu donnera, par combustion, du : CO2 (!) et de l’énergie électrique qui n’est donc pas totalement vertueuse.
Depuis l’été dernier, Bruxelles a durci la lutte contre la pollution des rivières et des nappes phréatiques par les nitrates. Les agriculteurs de la FNSEA manifestent contre cette directive au cri de «Stop aux contraintes environnementales». Tant pis pour les 21,5 millions d’euros d’amende assortie d’une astreinte de 3,5 millions par mois, tant pis si la pollution des terres, des nappes et de la côte s’amplifie.

Les pollueurs refusent d’être les payeurs !

Un petit village breton, Trebrivan, en rajoute une couche ; la ferme aux mille truies produit chaque année 23000 porcelets, 5 millions de litres de lisier et 7 tonnes d’ammoniac ; les nitrates font la prospérité des algues vertes si préjudiciables au tourisme ! Le préfet des Côtes d’Armor, département qui accueille 33% du cheptel breton, a promulgué l’arrêté d’autorisation d’exploitation !

>>L’élevage des bovins, pour le lait ou pour la viande pose des problèmes dérivés, besoins en eau, entre autres.
D’après Futura Environnement, Wikipedia et plein d’autres : Il faut 3 ans pour faire un bœuf adulte et produire environ 200 kg de viande. Il a consommé 1300 kg de grains (blé, maïs, soja, avoine…) et 7200 kg d’herbe. Pour cultiver les champs, il a fallu environ 3 millions de litres d’eau. A cela ajoutons les 24 000 litres d’eau bus par le bœuf et les 7 000 litres supplémentaires pour son entretien.

Bref, pour obtenir 1 kg de bœuf, il aura fallu 15 340 litres d’eau.

Il a suffi de 5000 litres pour 1 kg de fromage, 3300 l pour 1 kg d’œufs, 1300 pour du pain, 900 pour des pommes de terre. Combien a-t-il fallu aussi d’antibiotiques, d’engrais et de pesticides pour les cultures fourragères ?

>>La FNSEA réclame d’acheter français ! D’autres, avant eux y avaient pensé !!!
• A part des productions régionales très précises et limitées, directement accessibles, aucun produit n’est, actuellement, entièrement élaboré dans un seul pays.
• Avant de donner des conseils aux autres, il conviendrait de montrer l’exemple. Le monde agricole est incapable de fonctionner, matériellement, fonctionnellement et énergétiquement à partir de productions françaises !

Heureusement, il est possible de terminer, non pas par une note optimiste mais par une symphonie pour un nouveau monde, orchestrée par le pape François, au parlement européen. De mémoire de rédacteur à A@P aucun pape n’a autant quitté ses nuages pour descendre sur terre faire de la politique et défendre auprès des représentants européens, non pas la charité chrétienne, mais la solidarité laïque des états. Rappeler qu’un être humain n’est pas un simple objet que l’on formate, exploite puis jette quand on n’a plus besoin de lui peut être ressenti par tous, croyants ou non. Sur cette base, une nouvelle voie fondée sur les valeurs et les idées, et non sur l’argent et l’économie, devient possible, c’est celle d’un humanisme peu connu par beaucoup de représentants élus présents dans les assemblées visitées. Nous devrions donc tous être concernés par cet appel afin d’en mettre d’autres à la place.

– par Georges Vallet

Crédit photos: sillon38.com.

Notez cet article

Cliquez sur une étoile

Note moyenne / 5. Nombre de note :

Nous sommes désolé que cet article ne vous ait pas intéressé ...

Votre avis compte !

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *