Un communiqué de presse de Ferus et Pays de l’Ours – Adet


compresseCommuniqué :
Ours : Ferus et Pays de l’Ours – Adet mettent Ségolène Royal devant ses responsabilités :
« Si elle ne fait pas le bon choix, nous saisirons les tribunaux … »

Ségolène Royal va bientôt devoir choisir : restaurer la population d’ours dans les Pyrénées ou continuer à ne rien faire et laisser la situation se dégrader encore.

Pourtant, la situation est claire :

• L’ours brun est une espèce protégée, prioritaire au niveau européen, ce qui implique une obligation de protection en France ;
• Toutes les études sont formelles : l’ours brun est « en danger critique d’extinction » en France. Aucun des deux noyaux de population n’est viable, celui des Pyrénées occidentales étant même condamné à très court terme ;
• Nous n’avons plus de plan de restauration depuis 5 ans ;
• Sous le coup d’une mise en demeure de la Commission Européenne depuis novembre 2012, le Ministre de l’Ecologie Philippe Martin avait promis un nouveau « plan ours » avant fin 2014. Le gouvernement vient une nouvelle fois d’en repousser la publication …

Le choix présenté actuellement pour avis aux instances du Comité de Massif est ainsi incohérent et incompréhensible : suite à la concertation du printemps, et prétextant une absence de consensus, les services de l’Etat leur proposent de s’exprimer entre : intervenir pour sauver l’ours, ou « miser sur l’accroissement naturel de la population » (sic !).

La question n’est pourtant plus de savoir s’il faut sauver l’ours, mais comment le faire, et les études scientifiques montrent toutes que l’accroissement naturel ne le permettra pas.

Ferus et Pays de l’Ours – Adet, deux associations partenaires historiques de l’Etat pour le dossier Ours, dressent un bilan négatif des dernières années : depuis 5 ans, les gouvernements successifs nous baladent, nous et la Commission Européenne, d’évaluation en mission et d’expertise en concertation, chacune n’étant qu’un prétexte pour reporter les décisions d’une année sur l’autre. Le gouvernement suivant invente alors à son tour une nouvelle procédure …
Nous ne demandons pourtant rien d’autre que l’application de la Loi !

C’est dire si la décision que prendra Ségolène Royal est attendue, des Pyrénées jusqu’à Bruxelles. Un nouveau renoncement serait injustifiable.

Craignant donc un nouveau rendez-vous manqué, nous avons décidé de prendre les devants en prévenant le Ministère : si aucune mesure concrète de restauration de la population d’ours n’est annoncée le 31 mars 2015, nous saisirons le Tribunal Administratif pour manquement de l’Etat à son obligation de conservation de l’ours.

D’ici là, nous restons disponibles, comme nous l’avons toujours été, pour enfin échanger et discuter avec le gouvernement des nombreuses propositions restées sans réponse, tant dans le domaine de la cohabitation que de la restauration de la population d’ours.

Ferus et Pays de l’Ours – Adet
Arbas, le 15 décembre 2014

Pour aller plus loin (documents à télécharger) :
La lettre envoyée à Ségolène Royal le 12 décembre 2014
La lettre de mise en demeure de la Commission Européenne à l’Etat français (Nov 2012)

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Comments

  1. PierU écrit « les associations citées ont des délégations de l’état pour remplir des missions de soutien au… pastoralisme » .

    Un fort doute sur le « ont des délégations de l’Etat » . Des délégations à ces associations peu transparentes?

    Je crois bien qu’il faut un décret en Conseil d’état pour pouvoir accorder une délégation, et on trouverait alors obligatoirement des conventions, les budgets, les comptes rendus, etc.

    • Le terme « délégation » est peut-être mal choisi, je ne sais pas. Le fait est -et c’est ce que je voulais souligner- que les subventions apparemment élevées s’expliquent par des missions remplies pour le compte de l’état, quelle ce soit la forme administrative de tout ça. Ce qui n’empêche pas que là comme ailleurs, plus de transparence ne nuirait pas, on est d’accord.

      Et encore une fois, intéressez-vous aussi aux financements de l’IPHB, la pompe à fric du Haut-Béarn : http://www.sudouest.fr/2014/09/24/l-iphb-est-sur-le-fil-1681396-4321.php

  2. Jack Fagot-Barraly says:

    Réintroduire l’ours dans nos montagnes ? Et pourquoi pas les lions dans l’Atlas ? Ils n’y en a plus !allons chercher des Grizzlis au Canada

    • Ben oui, pourquoi pas des lions dans l’Atlas, d’ailleurs ? La différence c’est qu’il y a encore des ours dans les Pyrénées.

      Quand on aura éliminé avec acharnement toutes les grandes espèces sauvages de la planète, j’ai du mal à croire que le monde sera meilleur. On montrera à, nos petits enfants des photos d’ours, de lions, de girafes, de rhinocéros, de pandas, et on leur dira « Oui ils était jolis, mais ils gênaient ». Ca fait rêver.

  3. Ça ressemble fort à une intimidation! Où l’ours n’est pas le seul soucis.
    Faute de voir reconduite les subventions annuelles versées par le Ministère, ADET sort une menace.
    note: quand même 400.000 euros pour ces associations qui « protègent » l’ours et payent des permanents… Mais ADET ne publiant pas son budget ni ses comptes on ne sait à quoi c’est employé

    Une vieille affaire qui continue, où ADET-Pays de l’ours a déposé plusieurs « plaintes » à Bruxelles, avec ADET qui va maintenant attaquer l’Etat qui n’aurait pas suffisamment réagi au courrier de Bruxelles. Espérons que les farceurs vont en être pour leurs frais
    http://www.pyrenees-pireneus.com/Ecologistes-Ecologie/Financement-associations/2013-07-23-ours-machine-a-sous-des-associations.html

    • L’ADET et Ferus s’étant donné pour mission de défendre la présence de l’Ours dans les Pyrénées, il est tout à fait conforme à cette mission d’attaquer l’état si il y a manquement à la protection de l’espèce de la part de l’état. La justice tranchera.

      Et ce que ne dit pas l’auteur du site pyrenees-pireneus (*) c’est que les associations citées ont des délégations de l’état pour remplir des missions de soutien au… pastoralisme ! D’où le montant étrangement élevé au premier abord des subventions : ce n’est en fait que de l’argent qui transite par les associations. Par exemple l’ADET organise et finance le placement de patous chez les éleveurs de moutons en pyrénées centrales. Le FIEP en Béarn a participé aux programmes de rénovation et modernisation des cabanes d’estives, et aux héliportages ou muletage de matériel en début et fin de saison. Toutes ces missions, sur des crédits de l’état, étaient censées faciliter l’acceptation de l’ours en échange d’une amélioration des conditions de vie des bergers.

      L’auteur ne se demande pas non plus combien a touché l’IPHB, le jouet de Jean Lassalle et instrument au service des opposants à l’ours, au fil des ans. Argent qui est allé là aussi très majoritairement à l’élevage.

      Ce qui n’empêche pas, et c’est tout à fait légitime de le demander, que ces associations devraient publier leurs comptes. Comme devrait le faire toute association recevant des subventions publiques si les choses étaient normales. Mais il y a du boulot, et pas que dans les associations écolos, loin de là.

      (*) opposant acharné à l’ours et récemment condamné par la justice pour diffamation envers les associations en question : http://www.buvettedesalpages.be/2014/10/louis-dollo-condamne-pour-diffamation.html

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