Le grand scandale des autoroutes – Une histoire française

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La saga des sociétés autoroutières est une nouvelle illustration du décalage entre le monde réel et les illusions d’une minorité d’élus de gauche qui, lorsqu’ils entendent le mot profit, se précipitent pour brandir sous le nez d’un peuple effaré, la tête des « profiteurs ». Peuple français qui  a toujours l’impression qu’on lui fait les poches, habitué qu’il est à ce que tout ce qui ressort d’un service dit public, soit gratuit. J’allais ajouter un couplet sur les média, mais il est inutile. Les média ne sont que le reflet amplifié et caricatural de nos propres infirmités congénitales et de notre incapacité à comprendre les mécanismes les plus simples qui président à notre activité économique.

Donc, les sociétés d’autoroute qui publient des bilans affriolants sont les coupables désignées à la vindicte publique. Nous avons la mémoire bien courte. Au point de ne pas nous souvenir de l’infernale situation de notre réseau routier à la fin des années 50, comparé à celui de tous nos voisins. Les journaux faisaient leurs titres sur le retard croissant de nos infrastructures qu’un Etat déjà impécunieux n’ était capable de combler qu’à la vitesse d’un escargot, tandis que l’insécurité routière était élevée au rang de fléau national. Les autoroutes à péage furent une réponse parfaitement libérale au problème qui était posé. En faisant payer aux utilisateurs le coût réel d’utilisation d’infrastructures publiques elles-mêmes confiées à des sociétés concessionnaires autorisées à mettre en place des péages. La gauche avait d’ailleurs bataillé ferme contre cette initiative du gouvernement Pinay, qui contrevenait selon elle au sacro-saint principe d’égalité. Au point d’obtenir que ces péages ne seraient que provisoires. Et la voici qui retrouve la mémoire.

Mais c’est semble-t-il la privatisation de ses sociétés autoroutières qu’il faudrait remettre en question. On se demande d’ailleurs au nom de qui et de quoi, dans la mesure où des contrats ont bien été signés et que nous sommes pour le moment encore dans un Etat de droit. Certes, on peut toujours rompre un contrat, mais une rupture contractuelle s’accompagne aussi toujours de légitimes indemnités, comme on le vérifiera bientôt avec l’affaire Ecomouv qui est  à l’origine de tous ces débats. Première et honteuse reculade de l’Etat grand ordonnateur de la dépense de ses partenaires privés bien trop confiants dans sa signature. On n’imagine d’ailleurs pas, à quel point toute cette gestion hasardeuse, à coups de déclarations ministérielles, toutes ces proclamations et « rapports » intempestifs de députés PS qui ne débouchent généralement sur pas grand-chose de concret influencent négativement les décisions d’investisseurs, y compris dans des domaines qui n’ont rien à voir avec celui-là. Et on nous parle ensuite de confiance ? Le premier niveau de confiance c’est bien entendu celui de la sécurité juridique que garantissent toutes les démocraties avancées. Et au premier rang , la signature de l’ Etat.

Sur  la forme. Que les contrats de privatisation aient été mal bouclés, c’est possible. Mais encore faut-il être capable pour en juger d’en consulter la teneur précise. Or on peut toujours compter sur l’ Etat et ses serviteurs pour l’avoir rendue la plus complexe possible, avec toutes sortes de paramètres et de règles visant à assurer à l’ Etat un droit de regard sur leur gestion. La bureaucratie est très tatillonne et craint toujours de voir ses règlements, si longuement élaborés, être contournés par des plus malins qu’elle. Alors elle en invente d’autres, plus raffinés encore afin de se rendre indispensable. Et quand elle n’a plus d’arguments, il lui reste l’abus de droit…Donc ces Messieurs les Ingénieurs des Ponts et Chaussée ou autre Enarques ont certainement tout prévu. Le problème, c’est qu’en face d’eux pour en discuter du côté des sociétés d’autoroutes, ils ont généralement comme interlocuteurs, leurs camarades d’école, formés au même moule et donc parfaitement capables de leur opposer des arguments tout à fait imparables, en de délicieux débats d’experts. En l’occurrence et pour ce qui concerne les augmentations de tarifs annoncées, il apparaît clairement que les augmentations de péage qui ont été prévues contractuellement étaient la contrepartie logique de l’augmentation de la redevance domaniale que l’ Etat a imposé aux sociétés d’autoroutes dans le cadre de leur contrat de concession.

Sur le fonds ensuite. Comment imaginer qu’en rendant à un Etat désargenté et hors tout contexte contractuel, le droit exclusif de gérer à son profit des autoroutes à péage, celui-ci n’en profitera pas rapidement pour satisfaire son insatiable appétit et donc ses prélèvements sur le compte des automobilistes ? Il faut être véritablement en dehors des réalités pour espérer le contraire. Nos autoroutes privatisées constituent aujourd’hui de très loin le meilleur réseau autoroutier européen , en termes sinon de densité, au moins de qualité. Elles sont parfaitement entretenues et sûres surtout si on les compare aux autoroutes allemandes qui sont particulièrement délabrées et saturées, au point que des voix s’élèvent pour proposer leur privatisation. Et à l’évidence, si l’ Etat ou pire, les régions, devaient en reprendre le contrôle nous bénéficierions très vite d’augmentations sensibles des tarifs (afin de financer la transition énergétique),  puis des effectifs dédiés à l’entretien (afin de créer des emplois même inutiles), le tout avec comme principal résultat, une baisse constante de la qualité des services (afin de garantir la paix sociale et de satisfaire les légitimes  revendications syndicales du personnel). Un triptyque infernal mais commun dès lors que l’ administration se mêle de gestion et d’entreprise.

Cession mal négociée de sociétés semi-publiques très (trop) profitables, volonté d’accaparement par la gauche populiste de ces sociétés présentées comme les symboles du « mal financier », tous les ingrédients sont réunis pour un psychodrame à la française qui tournera court mais qui nous aura fait un mal fou. L’Etat n’a ni les moyens ni intérêt à rompre ses engagements. D’autant qu’il tend et il a raison, à se délester de ses participations dans des activités pas ou peu stratégiques, comme on vient de le voir avec l’aéroport de Toulouse et d’autres à suivre. Il est clair que dans un système parfaitement ouvert, la privatisation des autoroutes aurait dû mettre en compétition non seulement des Enarques entre eux, mais éventuellement les mêmes Enarques face à des investisseurs internationaux. Et donc pas uniquement face à leurs camarades de promo chez lesquels ils entendent bien « pantoufler » confortablement un jour ou l’autre.

Mais je n’ose imaginer ce que nos journaux auraient écrit si nos autoroutes étaient désormais gérées par les Chinois. Espionnage industriel des sociétés routières ? Argent sale recyclé en liquide dans les stations de péages ? Déménagement du Pont de Tancarville ou de Viaduc de Millau à Pékin ou à Shangai pourquoi pas ? Derrière ce tapage médiatique inutile, c’est toute l’impuissance de notre démocratie qui apparait lorsque les mêmes voix qui se sont élevées contre une initiative intelligente visant à renchérir un trafic routier bien trop compétitif tant au plan économique qu’écologique  (Ecomouv), proposent sans vergogne d’aller puiser plus profondément encore dans la poche des automobilistes, au prétexte fallacieux, d’améliorer les conditions d’accès de tous les Français à leurs autoroutes.

Enorme plaisanterie.

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20 commentaires

  • Quelques chiffres : (source Ricol Lasteyrie).
    Les actionnaires des entreprises du CAC 40 ont touché les dividendes suivants :
    2012 : 36 milliards d’euros
    2013 : 37 milliards d’euros
    2014 : 39 milliards d’euros
    En 2014 ces dividendes ont donc augmenté de 2 milliards d’euros par rapport à 2013, tandis que dans le même temps, les bénéfices de ces entreprises ont baissé de 5 milliards.
    Qui prend des risques ?
    Ceci dit, personne ne conteste que l’Etat n’est sans doute pas le meilleur gestionnaire. Mais le sens du partage …

    • Monsieur Braud, Il faut savoir ce que ces 39 milliards représentent. Les dividendes rémunèrent le capital investi (et risqué) dans une entreprise française par des particuliers français, des investisseurs étrangers (les plus nombreux, hélas). En approché la capitalisation ferait plus de 2.000 milliards dont 1.000 pour les grandes entreprises du CAC40. Certaines entreprises versent régulièrement des dividendes. Mais beaucoup n’en verse qu’irrégulièrement, voire pas du tout.
      En moyenne ce dividende représente 2 à 3% du capital investi ( avec le cas exceptionnel comme Total qui verse environ 5%). Mais ces dividendes annoncés sont bien sûr AVANT retenues, CSG et imposition à l’IRPP.
      Et vous trouvez qu’elles versent trop de dividendes toutes ces entreprises -EDF, Sncf, GdF, les aéroport, Dassault, LaPoste, Renault, Orange, AirFrance, etc – qui rémunèrent leur Etat-actionnaire de quelques 8 ou 10 milliards sur les 39 que vous avez relevés?
      http://www.lesechos.fr/03/10/2012/LesEchos/21283-023-ECH_les-dividendes-verses-a-l-etat-devraient-repartir-a-la-hausse.htm
      Quant à demander en s’étouffant « qui prend des risques? » c’est montrer son ignorance des investissements industriels et financiers. Si certains investissements se portent bien pour les actionnaires avec une hausse des cours (Capgemini, Hotels Accor, Air Liquide, Crédit Agricole, Essilor, GdF) depuis le 1er janvier le capital investi à fondu pour d’autres (Airbus -25%, SaintGobain -12%, Technip -25%, Alcatel -10%, Vinci -4%, etc),
      Alors moi pour agrémenter ma retraite, payée intégralement par le privé-non-subventionné-et-sans-droits-acquis , je suis fier d’avoir modestement placé un peu de mes économies dans des entreprises FRANÇAISES. Car tant qu’à faire je préfère encaisser mes dividendes à 2% de rentabilité (plus un plus-value incertaine) que de laisser bêtement les étrangers profiter du travail des Français!

  • Pour généraliser, parce que les autoroutes ne sont que le petit bout de la lorgnette…
    Attention au balancier : un coup tout à l’état, un coup tout à l’entrepreneur (je préfère entrepreneur à entreprise, le premier, c’est l’homme qui entreprend, la seconde, c’est l’entité décideur(s) et exécutants, capitaliste(s) et salariés). L’Etat entrepreneur, difficile de continuer à y croire, trop d’échecs. Mais le pouvoir régalien de l’Etat, ne lui confère-t-il pas l’obligation de contrôler certains domaines d’activité sans que personne ne conteste : drogue, armes… parce qu’il y va de la sécurité publique ? Mais laisser des millions de personnes sur le carreau sans rien tenter n’est-ce pas mettre en danger la sécurité publique ? Voir la Révolution Française ! Attention, je ne dis pas qu’il faut faire du social à outrance, surtout pas, ça aussi c’est la ruine de la Société toute entière. Mais dans la mesure où l’Etat, c’est le Peuple, il doit pouvoir non pas tout contrôler mais impulser, orienter. Dommage que la planification indicative ait sombré dans la crise pétrolière des années 70. Son modèle pour le XXIème siècle reste à inventer. A moins que pour certains le Général de Gaulle n’ait été un dangereux marxiste et Margaret Thatcher la Sainte Vierge !
    En France actuellement, nous n’avons plus les politiques pour trouver la juste voie et c’est le balancier qui, depuis plus de 30 ans, fait la loi… Le rôle de l’Etat reste à réinventer.

  • Dans les projets d’infrastructures de transports, je doute que la concurrence soit parfaite. Les coûts sont sous-estimés et les bénéfices surestimés. Les évaluations coûts-bénéfices ne sont pas toujours considérées comme crédibles. Idem pour les enquêtes publiques qui arrivent quand l’essentiel est joué.
    Le problème est complexe. Il y a certainement d’autres choses à voir que l’illustration d’une confrontation entre thèses libérales et collectivistes. Mais ce n’est pas le but de l’article.
    Néanmoins, n’y a-t-il pas un parallèle avec le rail ou l’énergie ? Ne pourrait-on pas séparer l’exploitation de la construction ? La compétitivité de nos entreprises de BTP à l’export ne dépend-elle pas (trop) d’une
    « rente domestique » ? Etc…
    Un exemple d’imperfection du système collectivité/Travaux Publics: Le parking de covoiturage à Lescar n’aurait-il pas dû être prévu (et intégré) au diffuseur de Lescar ?
    Ni les politiques, ni les professionnels n’ont pris en compte les modifications comportementales des usagers. Peut-on croire que ces évolutions n’étaient pas connues des professionnels?
    Ce parking, voire cette zone, risque de ressembler à du rafistolage sans projection pour l’avenir.
    « Elles(les autoroutes françaises) sont parfaitement entretenues et sûres surtout si on les compare aux autoroutes allemandes qui sont particulièrement délabrées et saturées ».
    Je note que les problèmes de mobilité sur autoroutes n’ont pas d’effets négatifs sur l’économie allemande. Symétriquement, la qualité de notre réseau autoroutier en France ne se retrouve pas dans notre économie. La relation mobilité- croissance n’est donc pas immédiate.
    Pour continuer sur le « hors sujet » et le flou de la relation « infrastructures de transport, mobilité et croissance »: Une possible limitation de la vitesse sur route à 80 km/h au lieu de 90 km/h est annoncée. Ce projet a toujours des opposants, y compris au niveau sécurité. Il est aussi considéré par certains comme néfaste pour la croissance : Diminuer la vitesse reviendrait à diminuer les opportunités de choix. Cette raison aurait contribué à repousser une proposition équivalente en 2004.
    Mais peut-être que la vitesse n’est toujours pas limitée sur les autoroutes allemandes.

  • Je ne suis qu’un enfant, un gros naïf face à cet article, ces données et ces commentaires. Je comprends que nul, sur la blogosphère d’Altpy, n’ait la moindre envie de regarder un doc de 49 minutes sur une chaîne certainement très à gauche, Public Sénat. Donc, je m’interroge, tout simplement, sur la question de savoir pourquoi, à l’époque (2005), des gens comme Gilles de Robien, ministre de l’Equipement, Raffarin, premier ministre, Bayrou, étaient opposés à la privatisation. (Mitterrand les avait nationalisées en 1981). En 2002, il s’agissait pour le nouveau gouvernement (Chirac) de récupérer de l’argent pour financer les retraites , remplir les caisses déjà vides de l’Etat.
    Hormis le passage un peu longuet du fraudeur au péage, l’ensemble du documentaire est assez révélateur du pourquoi et du comment se sont passées les choses.
    Enfin, pour ce que j’en dis… autant qu’en dirait 1,8288 Davis : TUTÛ(t) https://www.youtube.com/watch?v=sAMJy-PHzKE
    Bien le bonjour!
    http://blogs.mediapart.fr/blog/henry-moreigne/010211/autoroutes-bayrou-avait-raison

    • Désolé de vous contrarier cher Karouge, mais je ne me souviens pas que la vocation d’ Altpy soit de diffuser des émissions de TV dont le contenu peut être justement mesuré à l’aune de ce que certains ici ont essayer de faire valoir, ni de relayer les pensées de M Bayrou lorsqu’elle sont soutenues par Mediapart. Le même Bayrou qui se dépêche de poser la première pierre de son Grobus sans savoir où il ira, juste pour ne pas perdre le bénéfice des Grosses Taxes qui ont été infusés par sa prédécesseure aux entreprises paloises et qu’il entend bien conserver tout en la gratifiant de son meilleur mépris. Ne déclare-t-il pas lui même que “Les sociétés d’autoroutes sont le bien de l’Etat qui rapporte le plus“. On imagine la suite si lui ou d’autres posaient leur main dessus. Alors les leçons d’économies de Monsieur Bayrou, je me les réserve pour les jours de gros ennui et pas pour les veilles de fêtes que je vous souhaite néanplus excellentes.
      Deux trucs tout bêtes juste en passant. Les « grands profits » des entreprises ne sont pas destinés à être convertis en lingots d’or entassés dans les caves d’ affreux actionnaires alors qu’ils seraient tellement mieux dépensés par l’ Etat.. Ça c’est le monde de Mme Chabanne. Dans la réalité du monde-vrai-qui-existe-partout-ailleurs, les profits des entreprises servent à financer leurs investissements et à travers eux à créer des richesses supplémentaires et donc des emplois. Et pas uniquement des emplois de caissiers, postés, faiblement rémunérés et soumis à d’affreuses conditions de travail dans des fumées de gazole. Les profits des entreprises sont par essence porteurs de croissance et de développement. La part de ces profits qui revient à l’état au travers de l’impôt ne sert qu’à financer ses dépenses et ne produit donc strictement rien. Cet argument tout simple et qui est parfaitement factuel devrait nous convaincre de laisser à l’ Etat son rôle régalien et de ne surtout pas lui laisser prendre la main sur des activités économiques qu’il est tout juste capable de stériliser. Ce n’est pas de la politique, c’est du simple bon sens

      • « Dans la réalité du monde-vrai-qui-existe-partout-ailleurs, les profits des entreprises servent à financer leurs investissements et à travers eux à créer des richesses supplémentaires et donc des emplois. »
        Je ne demanderais qu’à vous croire, si ce n’est que la réalité de « mon » monde, tout aussi vrai que le vôtre, en est tout le contraire. Mais ce n’est pas votre faute, ni, sans doute, la mienne. Il suffit de ne pas répondre aux questions, de n’en poser qu’aux autres, qui ont toujours la bonne solution : celle qui les arrange.
        Bon Noël ( attention, le chien est bruxellois) !
        https://www.flickr.com/photos/120467423@N02/15876630148/

  • Bien évidement les contrats d’autoroute resteront ce qu’ils sont.
    Mieux l’Etat ferait bien de s’inspirer du fonctionnement des concessionnaires pour diminuer la dépense publique.
    Estt ce que l’Etat aurait été capable de supprimer les milliers de postes aux péages en automatisant le paiement, ce qui a eu un impact majeur sur la productivité ?
    Certainement pas, il ne l’a fait dans aucune de ses administrations.
    Et si on concédait la Sécu, l’ANPE, etc…

    • Supprimer des milliers de postes, c’est valable si le référentiel est l’économie, c’est nul si le référentiel est l’humain.

      • autoroutes à péage automatisé, hyper et supermarchés à péage en libre service, prisons modèles sans personnel de proximité, répondeurs automatiques ( pour un appel concernant…tapez sur la touche…), commerces en ligne, bornes billets SNCF (consultation des horaires, tarifs), métro. numéros en 08 pour contact assurances, banques, etc. Il n’y a plus personne.
        Au secours, Mona Lisa ! https://www.youtube.com/watch?v=v7bLoVQqD94

      • Aïe, le système au référentiel le plus satisfaisant serait celui qui donne toujours le plein emploi….
        On a connu cela, on a vu le résultat.
        Cela existe encore un peu, à Cuba. Pas vraiment enviable.

      • @G Vallet « Supprimer des milliers de postes, c’est valable si le référentiel est l’économie, c’est nul si le référentiel est l’humain ». Pas de soucis nos élus et politiques, petits et grands, fait dans l’humain comme vous dites
        http://www.slate.fr/story/96039/france-creer-emplois-fonction-publique
        Mais en l’absence d’indications sur les postes créés je suis enclin à penser qu’il ne s’agit nullement des juges, des infirmières, des policiers, des professeurs dans le 93, qui manquent tellement, mais plutôt des postes du tertiaire à l’utilité mal identifiable qu’on voit passer sur le portail de la Fonction publique: les adjoints d’animation, les « instructeurs d’agence publique de gestion locale » (5 postes ouverts en 2015 dans le 64!), des chargés de communication, des « instructeurs pour instruire et programmer les dossiers de l’axe 4 européen du PO FEDER-FSE 2014-2020 partie Climat-Energie – Energies renouvelables (biomasse et géothermie) » pour l’agriculture dans la Région, etc, etc

  • Oscar: « Et à l’évidence, si l’ Etat ou pire, les régions, devaient en reprendre le contrôle nous bénéficierions très vite d’augmentations sensibles des tarifs (afin de financer la transition énergétique), d’une augmentation sensible des effectifs dédiés à l’entretien (afin de créer des emplois même inutiles), le tout avec comme principal résultat, une baisse constante de la qualité des services (afin de garantir la paix sociale et de satisfaire les légitimes revendications syndicales du personnel) ».
    Oui. Seule remarque: la transition énergétique est nécessaire pour l’avenir de la planète. Mais elle doit être menée de manière intelligente, et là effectivement, on peut se méfier de l’Etat… Où trouver l’argent ? Le FN propose une création monétaire pour la financer…

  • L’émission « C dans l’air » de ce jour 19 décembre, traitait précisément de ce sujet, les autoroutes. J’y ai appris qu’il y avait cinq fois moins de morts sur autoroute que sur nationales et départementales. Important non !
    Mais surtout, j’y ai appris que 45% du prix du péage allait dans les caisses de l’Etat. Le privé rapporte donc dans une quantité non négligeable à la communauté.

  • Je lis avec retard un de mes blogs favoris, celui de mon Député Madame Nathalie Chabanne qui bien évidemment traite également de ce sujet d’importance, j’aurais dû m’en douter. J’en recommande chaudement la lecture car elle constitue un florilège de tout ce que la fonction publique peut produire de pire lorsqu’elle se mêle de politique. Socialisme pur et dur et charabia administratif. Quelques citations en vrac qui laissent pantois:

    Lors de la privatisation, conclue en quelques mois entre 2005 et 2006, les clauses qui étaient favorable à l’Etat, alors actionnaire majoritaire des sociétés d’autoroutes, n’ont pas été modifiées. Elles bénéficient donc aujourd’hui aux sociétés privées autoroutières sans avoir été adaptées à la qualité de droit privé des concessionnaires.

    Il faut oser soutenir que des clauses supposées être favorables à des sociétés semi-publiques (et non pas à l’ Etat), ne devraient plus bénéficier à des sociétés privées qui font le même travail et qui ont été vendues par l’ Etat actionnaire AVEC tous leurs contrats. Du pur Walter Ulbricht

    Prévue lors de la signature des contrats, une résiliation au nom de l’intérêt général se justifie totalement aujourd’hui. Cet intérêt général, celui de l’Etat et des citoyens qu’il représente, doit reprendre ses droits sur les intérêts particuliers des actionnaires des sociétés autoroutières.

    Pas entendu non plus depuis 1981

    L’alternative existe et peut prendre deux formes : soit, après la rupture des contrats actuels, la « renégociation intégrale avec les sociétés sur la base de cahiers des charges refondus , soit, en cas de refus de ces dernières, la création d’un EPCI, établissement public qui pourrait en assurer la gestion.

    Voilà nous y sommes. Le triptyque maudit se met en place
    http://www.nathaliechabanne.fr/concessions-autoroutieres-lettre-ouverte-au-premier-ministre/

    • Dans la vulgate marxiste le profit réalisé par le privé est un gros mot, tandis qu’un déficit public est un investissement d’avenir! Nuance.
      Trop facile pour Mme Chabanne de tirer ses conclusions en réécrivant SON histoire. C’est surtout le refus absolu d’admettre qu’une gestion faite par le privé puisse être nettement plus performante que celle de l’Etat, et que les sociétés privées ont surtout mettre en place une gestion performante dont elles ont profité quand les conditions économiques générales ont changé. D’où cette explication totalitaire qu’avance Mme Chabanne: des profits indécent, la rente, voire magouilles . Pourtant ça n’est pas ça…
      Lors de la privatisation les sociétés privées ont acquis les autoroutes en versant 17 milliards en cash à l’État mais aussi repris la dette de 20 milliards que le même Etat avait contractée. De plus les concessionnaires s’étaient engagés à réaliser 15 milliards d’euros d’investissements que l’Etat avait différés.
      L’évaluation du rachat à l’État s’est faite en prenant en compte les données de la gestion qui se faisait sous l’égide des sociétés semi-publiques adossées à l’Etat, avec des chiffrages basées sur les conditions économiques de l’époque et les projections d’évolution du trafic de l’époque. Et là les spécialistes de l’Etat n’ont pas bien anticipé les évolutions à venir.
      Depuis lors le taux de l’argent a très fortement baissé, la gestion menée par les sociétés privées a été plus efficace que lorsque l’État ou ses sociétés étaient aux commandes. Puisque des fonctionnaires agissant pour l’État ne peuvent se tromper, c’est donc qu’il y a quelque chose de trouble dans le privé! CQFD.

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