Inondations dans la vallée de l'Ousse.

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OusseIl y a quelques jours la presse locale s’est faite l’écho de l’inquiétude d’un nombre grandissant de riverains de la vallée de l’Ousse à propos des débordements de la rivière éponyme.
Grandissant parce que, si ce problème concerne évidemment tout le monde, il affecte plus particulièrement les « nouveaux habitants » des lotissements près de laquelle ils poussent comme des champignons. Apparente ségrégation qui ne procède pas d’une malveillance particulière de l’Ousse à leur égard, mais d’un particularisme local. Car si, ici comme ailleurs il est dans la nature des cours d’eau de sortir de leur lit, depuis la nuit des temps, comme en témoigne la multitude de moulins qui borde l’Ousse, l’activité humaine s’est créée et développée tout au bord et à partir de l’eau et de sa force motrice. Et les « anciens », profitant de cet avantage, en ont donc aussi, tant bien que mal, géré les contraintes notamment au plan de l’habitat. Mais aujourd’hui, force est cependant de constater que pour eux, les choses s’aggravent également.

Elles se sont peu à peu aggravées par de profonds changements dans les modes de culture qui tiennent à la foi à l’augmentation des surfaces cultivées, souvent, il faut l’entendre, au détriment des bois, haies, talus…et d’une manière générale, ce qui constitue l’ environnement naturel – changements des types de cultures, des moyens et des techniques mises en œuvre. Changements qui, ajoutés à la pente naturelle, précipitent, très vite, une énorme quantité d’eau vers l’unique exutoire que constitue l’Ousse.

Aggravées par des dizaines d’hectares imperméabilisés par les constructions, les voiries, les parkings…, assortis des nécessaires dispositifs de collecte d’eaux pluviales d’une urbanisation qui s’est développée (et continue de se développer), à la périphérie des villages existants, déjà potentiellement inondables.

Face à un tel constat, ancien maire de Pontacq, plusieurs fois confronté à cette détresse qui résulte des conséquences désastreuse d’une inondation, j’en ai tiré un certain nombre d’enseignements qui ne relèvent d’ailleurs pas d’une grande expertise.

Le premier est qu’en trop grande quantité, pour le particulier comme pour la collectivité, l’eau pose un problème dont, il s’agit, essentiellement, de se « débarrasser » avant qu’il ne devienne critique. Gouttières, canalisations, drains, fossés, canaux… n’ont donc d’autre rôle que celui de « transporter », le plus rapidement possible, un maximum d’eau vers… l’aval. Mais comme dans une vallée chaque village est à l’aval d’un autre, il en résulte une aggravation générale pour tout le monde. Singulièrement, plus grave pour ceux qui sont en bas. Les plus nombreux !

Le second, pour avoir, comme beaucoup d’élus, avec l’aide du Département et celle de l’inoxydable Président Sabin, expérimenté à grands frais divers moyens de protection (digues, bassins écrêteurs, enrochements, curages, recalibrages et nettoyages divers…), je pense, comme lui, qu’au-delà de travaux de mise en sécurité des habitations existantes ,« menus » au regard de l’étendue du problème mais cependant très coûteux – et parce que les cours d’eau continueront de déborder, naturellement, avec ou sans notre avis – il faut à l’évidence, formaliser une concertation à propos de la seule réponse raisonnable : les zones d’expansion de crues – à l’intérieur de celle, globale, sur le développement de l’urbanisation sur l’ensemble du bassin versant qui constitue la vallée de l’Ousse.

Formalisations difficiles en ce qu’elles impactent directement d’une part les propriétaires du foncier concerné. Propriétaires qui doivent peut-être se dire qu’en l’état, leurs terrains, aujourd’hui, à l’évidence, inondables, donc, inconstructibles, sont invendables aux fins d’urbanisation. Et qu’un bon arrangement…

D’autre part, les maires dont on comprend que l’urbanisation soit souvent une précieuse variable d’ajustement de leur politique communale mais qui ne peuvent ignorer ni des risques clairement identifiés (PPRI) – ni que leur fonction a toujours engagé leur responsabilité pénale – ni à ces égards, que la sanction infligée récemment à l’ex-maire de la Faute sur Mer fera inévitablement jurisprudence. Alors…

 

– par Maurice Meireles – PONTACQ.

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3 commentaires

  • Bon c’est bien beau tout ça ….mais ça n’avance pas . Le cours de l’Ousse est toujours aussi encombré et mal entretenu et Mr Sabin aux abonnés absents . Que faut-il faire pour que ça bouge un peu ????

  • Une très bonne analyse et de très bonnes réflexions. Ce sont des propos marqués par l’expérience; ils ouvrent un sujet général auquel sont et seront confrontés un grand nombre d’élus et de citoyens.
    La confluence de l’évolution économique, sociale et environnementale doit amener à ce constat que, dans les années à venir, des situations comme celle évoquée vont se répéter avec des conséquences, si on de réagit pas d’une manière pragmatique, de plus en plus redoutables pour les habitants; la caractéristique climatique sera marquée par des épisodes paroxystiques plus fréquents, déjà vécus d’ailleurs, il n’y a pas bien longtemps, dans des régions prédisposées du fait de leur situation géographique et de l’amplitude de l’urbanisation.
    Il faut prendre conscience, et c’est une révolution culturelle pour notre époque, que l’homme doit s’adapter à l’eau et non l’inverse. Par son intelligence toute relative, il a cru qu’il pouvait maitriser son énergie et en tirer uniquement des profits; il s’aperçoit qu’il a été trop loin et qu’il doit, avec modestie, le reconnaître, et s’adapter a ces débordements qu’il a en grande partie créés par toutes sortes de comportements évoqués dans le texte.
    Effectivement, le comportement des gestionnaires locaux est loin d’être simple car ils sont confrontés à des pressions multiples et souvent alléchantes!
    Le bon sens devrait consister à:

    Faire un bilan géographique et historique, au niveau régional, en consultant les études faites sur les différentes crues au cours des temps. L’histoire apprend souvent que les villages, dans certaines régions, étaient toujours sur les coteaux et non dans la plaine alluviale; l’expérience, le bon sens, en étaient la raison.
    Pour le futur, il faut en tenir compte, et se montrer rigoureux et inflexible vis-à-vis des pressions reçues; la jurisprudence évoquée peut constituer un argument pour un comportement explicatif et vertueux.
    Pour gérer le présent, la diffusion de la connaissance, la persuasion, l’aide financière par les différentes instances publiques et privées, la collaboration de tous,…doivent prendre les choses en main le plus rapidement possible car, comme dans tous les domaines, la nature va toujours plus vite que l’administration!
    La gestion communale est un vrai sacerdoce qui devient de plus en plus difficile à assumer car, à la bonne volonté, le dévouement, s’ajoutent de plus en plus la connaissance technique, scientifique, juridique et on comprend la réticence de beaucoup pour s’y engager.

  • Bien d’accord avec Mr Meireles. Habitant a 100 mts de l’Ousse , quartier du Buisson ,j ai avec les voisins, eu a subir les caprices de la rivière le 25 janvier (80 cm d’eau dans la cave ) ce n’est, certes, pas grave comparé a ce qu’on subit les riverains de Bizanos mais tout de même ! Suite a ça j’ aurai, avec d’autres ,souhaité rencontré Mr Sabin « l’inoxydable  » pour lui faire part de notre inquiétude sur l’état de la rivière ,de son lit dans notre secteur . Il a tapé en touche a chaque fois .Le lit de l’Ousse est mal entretenu , Arbres en travers du cours d’eau ,et autres branchages qui gênent l’écoulement de l’eau et ,en aval du pont, sur l’avenue de Barèges un îlot s’est formé ,il ne cesse de se développer avec des grands arbres en son milieu ce qui gène le passage de l’eau quand il y a des crues . Il serait temps que nous soyons entendus et surtout écoutés . Cette petite rivière est bien agréable sauf quand ça déborde

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