André Bayrou Maire de Pau


stade-jean-bouin-2013-08-29    Décidément Pau est dans le Top 14… des investissements inutiles. André Bayrou est bien l’héritier de Labarrère.
La ville de Pau figure en excellente place pour ses impôts locaux, parmi les plus élevés de France et les contribuables ne voient toujours pas de baisse sur leurs avis d’imposition de la taxe foncière et d’habitation. Et ce n’est pas prêt de baisser !

Après le bus tram dont l’utilité est discutée par beaucoup, (mais il faut bien se souvenir que cette affaire est lancée depuis 2003 ! ) et la réfection des Halles qui semble quand même, si le budget est raisonnable, un investissement souhaitable, on aura droit à une nouvelle foire exposition dont le taux d’utilisation sera, comme la majorité des investissements palois, ridiculement bas, une nouvelle salle de spectacle, …etc. On pouvait penser que la capacité d’investissement de la ville et de l’agglomération était maintenant limitée compte tenu de la conjoncture.

Mais non ! Voilà qu’André Bayrou sort de son chapeau un projet inutile et surtout injustifié : faire du stade du Hameau le Jean Bouin de l’Agglomération ! Pire, totalement payé par le contribuable !

André Bayrou veut son Colisée pour que le peuple puisse oublier les vrais problèmes. Le peuple chantant en béarnais pour soutenir ses gladiateurs venus des Fidji, des Tonga, de Georgie, de Nouvelle Zélande ou d’Afrique du sud qui d’ailleurs n’en entendent pas un mot, alors que quelques privilégiés sableraient le champagne dans des loges à 2,5 millions d’euros, discutant affaire, en pensant …
Martine Lignières Cassou, elle aussi sensible au sirènes du clientélisme et de la démagogie, avait lancé son idée d’un stade aussi grand que celui du voisin Toulousain et plus grand que Mayol…  Au moins il y avait dans son projet une logique financière : les propriétaires des gladiateurs qui assurent le spectacle et engrangent les éventuels bénéfices payaient leur outil de travail.

Là, c’est bayrouesque, c’est le contribuable qui paye les travaux, en totalité !  Plus effarant encore les bonimenteurs de notre millefeuille y vont de leur financement : l’Agglomération où Pau règne en maître, mais aussi le Conseil Général ou la Région Aquitaine dont ce ne sont absolument pas les compétences !  Et pour nous faire rire, enfin, pas vraiment, vous entendrez ces deux dernières strates du mille feuille vous dire que suite aux minuscules restrictions de l’Etat en faillite elles n’ont plus d’argent pour payer ce dont elles ont la charge !  André Bayrou, sans doute enivré par son projet, voudrait en plus que les communes béarnaises mettent la main à la poche pour financer sa folie des grandeurs alors que les contribuables payent déjà comme dit plus haut via le département et la région. Il est pourtant une règle facile à appliquer, et très logique : que ceux qui utilisent le stade payent.

Je ne comprends toujours pas pourquoi les commerçants du centre ville n’exigent pas d’André Bayrou qu’il refasse complètement les rues de Pau qui sont dans un état lamentable et qui font fuir les habitants du centre ville (Montpensier, Foirail, 14 juillet, etc…) cela serait sans doute bien plus utile pour l’attractivité de Pau et surtout pour tous les palois.

Aujourd’hui le stade peut accueillir 13 000 personnes. Combien de fois dans l’année en accueillera-t-il 18 000 ? Quatre ou cinq fois lors de la venue des têtes d’affiche du top 14 ? Et surtout pendant combien d’années ? Sur 20 ans soyons généreux et disons que Pau restera 10 ans en top 14. Mais ce sera plus vraisemblablement beaucoup moins, ou peut être jamais… les gros bras y font la loi, les miséreux font du yo-yo et jouent les faire-valoir. Le top 14 ne laisse pas de place au hasard, l’importance du budget et du bassin de vie font la pérennité (aujourd’hui, les quatre derniers sont Oyonnax, Castres, Bayonne et La Rochelle, édifiant; et Biarritz ou Perpignan évoluent en division inférieure…). On verrait donc un spectateur sur ces places supplémentaires 50 fois en 20 ans, pour un coût estimé aujourd’hui à 12 millions d’euros, qui passera après les appels d’offres à 16 millions d’euros et à la fin des travaux à 20 millions d’euros. Ou plus si André Bayrou, voulant laisser son Colisée à la postérité, fait appel à Zaha Hadid…

Un point important, disons même majeur, est passé sous silence, et cela n’interpelle jamais les media locaux : quel sera le montant de la facturation de l’utilisation de ce stade à la Section Paloise, et pour quelle durée? Car on pourrait à la rigueur comprendre la démarche si, simultanément, le club professionnel palois s’engageait contractuellement sur un loyer pour une durée correspondant à l’amortissement de l’investissement. Quinze millions d’euro sur vingt ans (plus le coût des installations actuelles et les coûts de fonctionnement ), en gros 1 million d’euros de loyer par an. Est ce le cas ? Tout en ne se faisant aucune illusion sur les conséquences d’une faillite, certaine en cas de descente…

Le cas du stade Jean Bouin est édifiant. La ville de Paris a fait la même démarche en termes de financement, et aussi en termes de dépassement du budget… sans régler a priori le problème du coût de la location. Les élus de l’opposition, menés par JF Lamour (et peut être quelques élus MoDem ?) sont scandalisés par le cadeau fait au club professionnel,  qui fait un chantage à la survie pour payer un loyer minimal, sans rapport avec l’investissement.

Palais des sports, Zénith, Jaï Alaï, Foire Exposition, Stade d’eaux vives, Stade André Bayrou, des équipements sous utilisés, Pau est bien dans le Top 14, des villes aux investissements dispendieux. D’autant que le dernier audit des finances paloises par le cabinet Michel Klopfer montre une grave dégradation des finances de l’agglomération, l’épargne brute est nulle en 2020 et au plan comptable l’équilibre budgétaire n’est plus atteint dès 2017….Et l’agglomération c’est avant tout la ville de Pau. Contribuables palois votre calvaire ne fait que commencer !

Il est loin le François Bayrou de la dernière présidentielle qui proclamait que la France était en faillite, qu’il fallait économiser 50 milliards d’euros sur les dépenses publiques et qui affirmait face aux chantres de la relance keynésienne : réduire les coûts de 5% c’est rien du tout. ( « Bayrou apprends l’arithmétique » AP du 23 janvier 2012 )

« il faut redresser les comptes de 100 milliards d’euro, 50 milliards de coupes budgétaires et 50 milliards d’impôts supplémentaires, ceci en deux ans… »

« ce n’est pas avec une diminution de 5% des dépenses que la France va s’arrêter de fonctionner… »

On aura l’occasion de reparler des finances de l’agglomération et de la ville de Pau quand François Bayrou donnera une suite, qu’on ne peut imaginer que positive, à la demande d’Alternatives Pyrénées du 11 décembre 2014 ( « Brouillard sur Pau et son agglomération : lettre à F Bayrou » ) et publiera les divers documents budgétaires indispensables pour comprendre ce qui se passe réellement…

 

 

                                            par Daniel Sango

Comments

  1. Je crois qu’il n’y a pas véritablement d’élection sensée ici. Chaque candidat promet tout (et ne présente pas de choix). L’élection devient une sorte de religion. « On » vote pour untel ou untel parce que c’est comme ça, selon de vagues émotions générées par une campagne publicitaire scientifiquement orchestrée. Ensuite, c’est pour le roitelet élu la porte ouverte au n’importe quoi car le bon peuple ne sait rien des coûts engagés, même s’il a vent de quelques chiffres par la presse, qui ne retiennent pas son attention car trop abstraits et donc immédiatement oubliés. Mais il est charmé par le chant du roitelet. La démocratie locale en est là, dans cet état lamentable, tout comme nombre de rues…

  2. Bernard says:

    Comme vous le dites, Daniel, ces dépenses de stade sont un peu anachroniques. Le rugby n’est plus un sport local, régional, c’est devenu un spectacle. Comme le rappelait un entraineur du Top 14, ces jours-ci, prendre de face un adversaire de 90 kilos lancé à 20 à l’heure comme on le voyait courageusement faire par quelques gazelles égarées, il y a encore 20 ans, aujourd’hui ce sont des Golgotha de 110 kilos, à 30 à l’heure, qu’il faut arrêter net ! C’est un spectacles et ce n’est plus un sport apportant ses bienfaits au corps. Devenu spectacle, il n’y revient donc que des ressources provenant des recettes des matchs, des apports de sponsors, autres recette commerciales. Ce n’est plus du domaine du contribuable. A-t-on vu des villes sponsoriser Johnny, et autres. De ce point de vue André Bayrou comme vous dites, se mélange un peu les pinceaux.

    Que pourrait faire François ? Il pourrait offrir un cadre extraordinaire pour que les Ours s’affrontent. On l’a sous les yeux tous les jours. C’est le Gave ( on pourrait toujours y mettre l’arbitre!) Un spectacle, il faut viser 20 000 spectateurs par matchs, il y faut un budget de 40 Millions d’Euros, pour 20 spectacles à Pau, durant l’année, Mais cela fait tout juste 8 à 10 millions de recettes, Il y faut des recettes de TV, et en plus il y faut 20 ME de sponsors. Ce sont les grandes lignes du budget. Cela ne peut pas se passer dans un stade quelconque. Il y faut un décor, et il faut que cela vive.

    Pour cela, plutôt que d’avoir un stade dans la steppe à 10 km du centre, on peut penser que le stade serait mieux en centre ville, tout près de la Gare, pour attirer même les biarrots à voir les matchs à Pau, et les Tarbais, et les Lourdais ,et les Basques et les Hauts Béarnais. Cela serait le Stade des Ours. Au moins on les ferait revivre tous les quinze jours. Mettez le stade au Gave, il y faut des parkings utilisables en semaine à 100 m du stade et du Boulevard des Pyrénées. La ville voit alors débarquer des Ours en pagaille en plein centre, la Ville s’anime, l’Ours se régale. Un Parking cela peut rapporter à l’investisseur 4 à 5 millions de recettes par an. Dans une année, il y a 500 000 spectateurs. L’investisseur peut recevoir 5 E par matchs par spectateur en moyenne, c’est une recette totale annuelle de 6 à 7 ME pour financer le stade. A raison de remboursement de capital en 20 ans l’investisseur peut financer quasiment 100 millions pour arrondir. Il a alors les moyens de respirer. Et on peut avoir les moyens d’accompagner une équipe qui met 40 mE dans le vestiaire !Il faut à Pau alors une véritable société de production de spectacle. Il y aura des palois pour vouloir y être actionnaire.

    Aujourd’hui on a tendance à avoir une vue triste des choses. Alain Pierrefitte avait écrit (1995 à peu près ) un bouquin sur Les Miracles du Développement et il y démontrait que le monde évoluait sous la direction de 3 types de leader. D’abord les producteurs ( paysans, artisans), ensuite les commerçants ( pour vendre ce qu’on a produit ) et ensuite les gestionnaires qui comptent les sous gagnés. Et la fin de la croissance arrivait, c’est Peyrefitte qui le disait, avec les gestionnaires, car ne faisant que compter, ils ne produisaient aucune valeur ajouté bancable. C’est peut – être ce que nous visons. Les gestionnaires qui se croient les plus intelligents nous privent des Golgotha ! On les vire en leur en envoyant une paire d’Ours !

    • Faut-il rappeler que Pau n’a pas les moyens d’entretenir 2 clubs de haut niveau… et que le basket coûte proportionnellement encore plus cher que le rugby… Donc, garder le rugby, d’autant plus qu’il fait partie de la culture locale, mais à un coût raisonnable.
      Il y a longtemps que la ville n’est plus gérée de manière « raisonnable », mais de manière « vaniteuse » et « clientéliste ».

      • Bernard says:

        Le rugby Top 14 est professionnel, c’est un spectacle. La Ville n’a pas à financer le club Top 14. Par contre si la Ville considère que ce spectacle apporte quelque chose à la communauté, elle peut se sentir concernée. Il y a un spectacle. On ne vas pas voir des « ânes ». Dans cet esprit, c’est plus facile de trouver et d’assurer un projet à 100 ME qu’un projet à 20 ME. Un stade à la Porte des Gaves apporterait énormément à la Ville. Des équipements, des parkings à 100 m du centre ville.

        A la gare il y avait déjà plus d’Hôtel, il n’ y a plus de bistrots maintenant, le Train sifflera-t-il 3 fois avant qu’on se réveille ou pour qu’on se réveille ?

        Après sur le stade du Hameau, il faut le laisser aux amateurs, et l’équiper correctement. Cela c’est du domaine de la Ville.

  3. larouture says:

    L’argumentation développée fait souvent consensus sur ce site. Si elle me parait correcte, elle ne me semble pas suffisante.
    Considérer le développement sous le seul prisme de l’économie, vouloir même qu’une Nation, une région ou une commune fonctionne comme une entreprise, ne résoudra pas tout (et peut-être rien).
    « Il arrive en effet que le business ne fasse pas le bonheur et qu’on ait besoin, en point de fuite, de grandes choses inutiles ». (Régis Debray).

    • Certes, certes… Le problème c’est qu’en matière de « grandes choses inutiles », à Pau on a eu largement plus que notre dose ces 30 dernières années.

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