Élections départementales, sombres perspectives


 imagesNous savons tous maintenant, ou à peu près tous, que les prochaines élections sont appelées élections départementales et qu’elles se dérouleront les 22 et 29 mars 2015. Actuellement, comme toujours dans des circonstances comparables, sortent de nombreux sondages qui en disent long sur l’état d’esprit des électeurs. Il n’est pas question ici de s’intéresser aux probables ou problématiques résultats du scrutin mais de se pencher sur les difficultés que nous avons, nous citoyens informés ou pas, à correctement percevoir l’enjeu de ces départementales.

 Sur l’information des électeurs. Il ressort qu’un tiers des Français ne sait pas qu’il y aura une élection au mois de mars. Et 50% de ceux-ci ne veulent pas se déplacer pour mettre un bulletin dans l’urne. D’autres sondages évoquent la possibilité d’un taux d’abstention situé à environ 70 %.

 Le mode de scrutin est à la fois inédit et compliqué.  Le fait d’obliger, par la règle du binôme, à  respecter la parité homme et femme est ressenti comme un moyen artificiel, une limitation du choix de chacun. Par ailleurs les conditions imposées pour être élu au premier tour (majorité absolue plus 25% des inscrits) rendent  improbable un résultat définitif le 22 mars au soir. De même que des triangulaires au second tour sont peu envisageables.

 Existe également ce que l’on pourrait appeler « la crise de la promesse électorale ». Il y a tellement eu de promesses, d’engagements dans tous les sens que personne n’y croit plus. Par le passé, il s’est fréquemment vérifié que les promesses n’étaient que rarement, voire pas du tout tenues.

 La lassitude. Les citoyens considèrent que les politiques ne peuvent rien pour eux. La gauche est actuellement aux manettes. Elle succède à la droite et rien ne change. A quoi bon se prononcer pour les partis traditionnels, l’enjeu des départementales n’est pas crucial pour la vie politique du pays, alors les électeurs osent tenter autre chose, une troisième force alternative qui n’a jamais été au pouvoir.

 La crise du résultat. Régulièrement les politiques annoncent une amélioration qui ne vient pas. Le chômage est toujours en augmentation et même les politiques reconnaissent que tout a été essayé. Ils admettent donc implicitement leur incapacité à faire bouger les lignes. Et si le réel pouvoir, économique et politique se trouvait ailleurs.

 Le comportement des politiques est un terreau fertile pour un autre choix. Il est question ici des condamnations, des tricheries, du cumul des mandats, du professionnalisme de la politique, du manque de transparence, d’élus qui considèrent ne pas avoir de comptes à rendre, de revenus jugés exagérés, de certains qui profitent d’avantages indus (voyages, utilisation de fonds à des fins non prévues).  Le comportement de la caste politique est la principale cause de la défiance des électeurs à son égard.

 Enfin et ce n’est pas là la moindre raison, cette élection se fait à l’aveugle. Actuellement on ne sait pas quelles seront les compétences des conseils départementaux. La loi sur la répartition de celles-ci (NOTRe) est actuellement débattue au parlement. La navette entre l’assemblée générale et le sénat n’a pas trouvé sa forme définitive et elle ne la trouvera pas avant le scrutin. Certains, à tort, pensent que la compétence générale n’est pas abandonnée. C’est une erreur car si son principe était maintenu, il n’y aurait pas nécessité de débattre sur la répartition des compétences des collectivités territoriales. Il en découle fort logiquement que les candidats sont dans l’incapacité de présenter un  programme. Ils s’en tiennent lamentablement à des principes généraux qui ont pour nom : solidarité, entraide, plus grande proximité, troisième âge. Quand il n’y a pas de vrai programme, il ne peut y avoir de véritable engagement.

 Mais le plus grave et qui conduit à estimer qu’on nous considère comme des pantins c’est qu’il est dit ici ou là, d’une façon définitive ou pas, que ces conseils départementaux qui doivent être élus sont programmés pour disparaître en 2017. Un vote pour pas grand-chose en quelque sorte.

 Jamais  les électeurs n’ont été pris pour des imbéciles avec autant d’outrecuidance.

 

Pau, le 4 mars 2015

            Par Joël BRAUD

Comments

  1. Très bon article, bravo !
    Il existe, ici ou là, des élus compétents et qui ne mentent pas, mais globalement, la parole politique n’a plus aucune valeur.

  2. Michel LACANETTE says:

    Encore une sombre affaire de » la République de l’ entre soi », sans vrai programme pour préparer l’ avenir, juste ce qu’ il faut pour assurer le quotidien au jour le jour sans avoir à rendre des comptes.
    Ce qui aura pour résultat, que les heureux élus, le seront à la » majorité  » avec en gros 20 % de voix de l’ électorat . Une fois de plus, Marine a de beaux jours devant elle.

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