Un beau spectacle de campagne à Pontacq : la Cène !


IMGP4790La campagne a ceci de plaisant, c’est que chaque commune y élève à la fois un clocher et une mairie. Mais les spectacles, comme les messes, y sont assez rares. Alors Chinette et Chinou, quand ils ont vu les têtes d’affiche (François Bayrou et Gérard Trémège,+Nicolas Patriarche prévu sur les flyers mais absent) venus soutenir le maire de Pontacq (Didier Larrazabal) et ses colistiers pour les élections départementales, ont sauté de leur canapé pour aller se régaler d’un spectacle qui, certainement, fut sensiblement le même durant la trentaine de prestations précédentes que celui de ce jeudi 19 mars 2015, salle du théâtre, le dernier avant le premier tour.
Mais les acteurs, ici, furent surpris par l’affluence de spectateurs : environ deux cents personnes , 15% en deçà de la quarantaine, 85% (bien) au delà. Sept intervenants sur la scène. Bon son, bonne lumière, ambiance conviviale. Inutile de prêcher pour des convertis.
Messieurs, mesdames, vous allez voter pour une élection qui est très importante : les départements. (S’ensuit un diaporama : les compétences conservées, celles enlevées, et les « on ne sait pas quoi restera ou partira bref on ne sait rien, flou complet, ce n’est pas de notre faute, aucune loi n’est votée à ce jour). MAIS il faut défendre notre territoire, car nous sommes au fin fond de deux régions titanesques : l’Aquitaine jusqu’à Poitiers, et Midi-Pyrénées jusqu’à Nîmes. Autant dire que nous sommes les derniers au fond de la classe et qu’il vaudrait mieux être rattachés à l’Espagne, où le désert des Monegros nous attend pour y construire la Silicon Vallée et le Las Végas way of life, avec nos cousins aragonais.
Les sept intervenants prennent la parole durant une vingtaine de minutes chacun. Un CV rapide dans lequel se regroupe pêle-mêle : naissance dans le canton dans lequel ils se présentent (sauf Larrazabal, né à Ferrières de parents basques espagnols ayant atterri au camp de Gurs du temps de Franco), donc « enracinés au pays », pas des parachutés, origine sociale modeste, rurale (pas des fils de ministre), formation basique pour certain(e) , C. Baddou,-un CAP de coiffure qui s’est transformé depuis en directrice de Pole Emploi à Tarbes-, et toujours les mêmes chemins de traverse pour les autres : enseignante, C. Ladagnous, ancien banquier reconverti dans le conseil, M. Labat. Le maire de Pontacq étant entrepreneur ( recherche internet : gérant de sarl à Aureilhan, co-gérant de 2 sci à Pontacq).
Là-dessus, chacun entonne son petit couplet sur ses colistiers, des amis, des potes, des gens sérieux, responsables, fiables, qui connaissent la réalité du terrain, ne font pas de la politique politicienne, d’ailleurs la politique n’est pas un métier, c’est un engagement (etc. etc.), le tout entrecoupé d’anecdotes liées au « terroir », amusantes, rigolotes (Bayrou, détendu, nous a même fait rire). C’est convivial, inutile de prêcher pour des convertis. Une fois le speach des locaux terminé, Trémège prend la parole, politique plus générale (donc rien de spécial sur quoi que ce soit qu’on ne sache déjà, genre il faut que Tarbes et Pau se rapprochent, c’est vital, face aux métropoles que sont Bordeaux, Toulouse, Montpellier…).
A 23 heures, fermez le ban. La phrase rituelle : « y a t’il des personnes qui souhaitent intervenir dans la salle ? » est remplacée par : « nous vous convions à passer dans la salle d’à-côté pour y boire le verre de l’amitié. » Pif pof, la boucle est bouclée. Donc, comme toujours, on votera dimanche pour des tronches, et non pour des idées. Des idées, il n’y en a pas, mais des intentions personnelles, certainement !
De mémoire, lors de l’intervention de D. Larrazabal : « je suis chef d’entreprise. 40 personnes travaillent dans celle-ci. Etre maire est un gros travail. J’ai donc pris sur mes indemnités pour que l’on puisse créer un poste d’adjoint, qui me seconde. Si je suis élu au conseil départemental, je prendrai sur mes indemnités pour embaucher un adjoint à ma fonction. » (en résumé). Bref, le cumul des mandats n’est pas prêt de cesser… Là-dessus, comme pour la transparence, poser une question en réunion publique (constituée de 90% de sympathisants) n’amènera rien. Il faut attendre les réunions de travail, les séances publiques dans lesquelles sont exposés les projets, les budgets, les problèmes, etc.
Mais au-delà de tout cela, ce qui a le plus effaré Chinou, c’est l’immense toile d’araignée que le monde du rugby a su tisser depuis des décennies entre tous ces politiques, et ceux qui vont avec au niveau entrepreneurial, des embauches et des relations interactives qui en forment le terreau vivace. Et c’est là que l’on retrouve l’esprit de clocher, de caste si chère à notre petit pays : dans l’ovale d’un ballon que l’on se transmet de génération en génération.

-par AK Pô
21 03 2015

Ptcq

Comments

  1. larouture says:

    Poème désabusé.
    Cela dit la cène s’est terminée de manière tragique pour au moins deux participants. Toutefois, un état de grâce a saisi la majorité des participants une quarantaine de jours plus tard.
    Concernant l’ovalie, c’est aussi un réseau de confiance propice aux affaires et à l’économie.
    Il y a bien d’autres réseaux en Béarn et ailleurs (Syndicats agricoles ou autres, CCI, etc…).
    Leur fonctionnement est davantage à caractère clanique que transparent.
    D’ailleurs un réseau est constitué de nœuds. Comme dans un sac.

    • « Poème désabusé. »
      Ce doit être un poème en prose… Mais le terme me rappelle le dernier album de Nino Ferrer: « la Désabusion ». Là-dessus, il est parti dans les champs de blé, son fusil en main…

      extrait de Wikipedia : « En juin 1998, cinq ans après le dernier album de Nino, sa mère Mounette meurt « des suites d’une longue maladie », à l’âge de 86 ans. Deux mois après le décès de celle-ci, le 13 août 1998, le chanteur se tire une balle dans le cœur au milieu d’un champ de blé situé à quelques kilomètres de chez lui. Il aurait eu 64 ans deux jours plus tard.

      Richard Bennett raconte que quelques mois avant sa disparition, Nino lui téléphone car il passe dans une boîte, où il va le retrouver. Il est désabusé et déclare : « La prochaine fois que l’on va se voir, ça sera pour se raconter nos maladies, nos histoires de prostate ». J’essaie de lui remonter le moral, mais il ajoute : « Tu te rends compte, j’ai écrit composé et produit près de deux cents chansons, et les gens n’en connaissent que trois. C’est comme un peintre prolifique dont on ne connaîtrait que trois tableaux, car tous les autres sont dans des coffres ». Nino a toujours été excessif, ultra-sensible et contradictoire et sa situation le minait.

  2. Georges Vallet says:

    « dans l’ovale d’un ballon que l’on se transmet de génération en génération. »

    L’inconvénient c’est qu’au rugby la passe doit se faire toujours pour aller vers l’arrière, jamais en avant!

  3. Ja seule différence notoire que je vois avec la réunion du 19 mars à Jurançon réside dans la présentation que David Habib a faite des futures compétences du conseil départemental. Bien que la loi ne soit pas encore votée, il était précis et affirmatif, comme si le résultat du vote final à venir était déjà connu. Sa seule incertitude concernait le développement économique qui serait probablement porté par les régions. Mais, en gros, tout le reste resterait aux départements. Il n’a même pas mentionné la suppression de la clause de compétence générale. Il est vrai que, de par sa position à l’Assemblée Nationale, il a participé activement au détricotage du projet initial de la loi NOTRe et il est bien placé pour savoir à l’avance ce qu’il en restera lorsqu’elle sera votée. Il faut toutefois lui reconnaître le fait que, lorsqu’il a été élu député en 2002, il a démissionné de son mandat de conseiller général pour se mettre « en conformité avec la loi sur le cumul des mandats ». C’est assez rare pour être mentionné !… J’avais lu dans un récent article de Sud Ouest que malgré cette loi qui interdit le cumul entre un mandat national et un mandat local ou régional, il y a encore plus de 200 députés ou sénateurs qui cumulent leur mandat parlementaire avec un mandat de conseiller général. Depuis 2000, ils ne se sont pas encore « mis en conformité avec la loi ». Je m’interroge : faut-il y voir une relation de cause à effet avec le maintien, contre toute logique, des assemblées départementales qu’on devait supprimer ?… Je le dis avec toute la prudence requise, pour qu’on ne vienne pas encore m’accuser de faire du mauvais esprit…

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