France : une compétitivité nationale fortement bridée


çasuitderriere-allemagne-competitiJeudi 2 avril, à l’EISTI (Ecole internationale des sciences du traitement de l’information) de Pau, se tiendra la « Journée Nationale de l’Ingénieur » avec un sujet de choix : « Les ingénieurs et scientifiques, architectes de la compétitivité et du redressement de la France » (le programme de la JNI est publié sous l’article). 

Il y a, pour simplifier, deux types de compétitivité, celle d’un pays (ou d’un territoire) et celle d’une entreprise. Si la compétitivité des entreprises dépend principalement de la R&D, de l’innovation, des « process » ou encore de la diminution des coûts, la compétitivité d’un pays dépend de données multiples, bien différentes de l’entreprise. Avant la JNI, qui traitera de la compétitivité de notre bassin de vie et de ses entreprises, penchons-nous sur la compétitivité de la France.

La France est classée 23ᵉ dans classement mondial de la compétitivité (Global Compétitive Index 2013/2014) du World Economic Forum, forum connu par sa très médiatique réunion annuelle de Davos. Un classement bien moyen d’autant plus que 11 pays européens se trouvent devant elle. La Suisse est première du classement, les autres : Finlande 4ᵉ, Allemagne 5ᵉ, Hollande 8ᵉ, Grande-Bretagne 9ᵉ, Suède 10ᵉ, Norvège 11ᵉ, Belgique 18ᵉ, Luxembourg 19ᵉ, Autriche 21ᵉ et France 23ᵉ.

La place de 23ᵉ, sur 144 pays analysés, n’est que la résultante de la compilation de nombreuses données, classées par « socles ». Chaque socle (12 au total) a son propre classement et apporte son lot d’informations sur la compétitivité de la France dans des domaines très variés. Certaines données sont favorables à la France, d’autres franchement mauvaises…

Inventaire de ces socles, par ordre décroissant de compétitivité, pour terminer avec ceux sur lesquels la France devrait se « réformer en priorité », si elle veut regagner en compétitivité.

Ce qui va plutôt bien pour commencer :

1 et 2 – La France est classée 8ᵉ sur 144 pour son socle « Infrastructures ». Une force indiscutable. Nos routes, nos trains, nos services téléphoniques, notre approvisionnement en électricité sont jugés bons. Seules les infrastructures portuaires sont moins bien classées. La France est aussi classée 8ᵉ pour le socle : « Taille de son marché » qui prend en compte le marché national et sa part dans les marchés internationaux.

3 – L’accès à la technologie est aussi un atout de notre pays (17ᵉ). Elle serait le 4ᵉ pays au monde, pour les connexions fixes à internet pour 100 habitants.

4 – Le socle « Santé et l’éducation primaire » donne à la France la 18ᵉ position. Parmi les données prises en compte, la santé et l’espérance de vie sont bonnes (6ᵉ). Le primaire est moins bien évalué (24ᵉ).

5 – Socle « Innovation » : 19ᵉ. Parmi les données, on peut noter la qualité des instituts de recherche scientifiques (12ᵉ) et les dépôts des brevets qui donnent la quinzième place à la France. La collaboration industrie-université en R&D est jugée plus moyenne : 29ᵉ place.

6 – Le socle « Business sophistication » donne à la France la 22ᵉ place. La mauvaise note va à la capacité à déléguer d’un supérieur vers un inférieur (se reporter à l’annexe 1 pour voir la question posée en anglais) : 52ᵉ place.
Ceci n’est pas sans rappeler le phénomène de verticalité à la française mentionné dans « Démocratie verticale ou démocratie horizontale : Que voulons-nous ? ». En France, on délègue mal. On verra plus loin, que les relations management-salariés sont aussi très mal évaluées. La France, un pays où la population communique mal (politiques inclus) ! Dans ce socle, l’état du développement des clusters (Pôles de compétitivité) est jugé insuffisant (Annexe 2) : 32ᵉ place.

7 – Le socle du « marché financier » situe la France à la 23ᵉ place. Rappel : 23ᵉ est la place moyenne du pays en termes de compétitivité.

A partir de ce socle, nous entrons dans la zone de qui « tire la France vers le bas » en matière de compétitivité.

8 – Le socle « Éducation supérieure et formation » est classé 28ᵉ. Si la France à un fort taux d’éducation dans le secondaire (11ᵉ), celui-ci tombe au 46ᵉ rang mondial dans le « tertiaire » (le supérieur). Au niveau qualitatif, le pays n’est que 34ᵉ pour la préparation des jeunes à un environnement compétitif. La France serait aussi au 55ᵉ rang mondial pour l’accès à internet dans les écoles. Certainement insuffisant.

9 – Les « Institutions » : 32ᵉ sur 144 pays avec un jugement particulièrement sévère pour les dépenses de l’État (72ᵉ) ou encore le poids des contraintes administratives (121ᵉ). La transparence à la française émarge à la 70ᵉ place. Les politiques n’ont pas la confiance des Français : 42ᵉ au classement du socle.

10 – « L’efficacité du marché » donne la 46ᵉ place à la France. L’effet de l’impôt sur les décisions d’investissements est jugé catastrophique et place la France en 135ᵉ position (Annexe 3) et en 132ᵉ position pour le taux de taxation global ( 4). La France est au-bas du tableau. Comme vu précédemment, trop de dépenses de l’État (et de mauvaises dépenses) font trop d’impôts !

A ce stade, nous pouvons nous demander ce qui est pire encore pour la compétitivité de la France !

11 – Freine la compétitivité du pays : « L’efficacité du marché du travail » où la France n’est classée que 61ᵉ. Sont mis en avant comme freins : « la coopération dans les relations de travail employeurs-salarié » : 129ᵉ au classement (Annexe 5) ou encore les  « pratiques d’embauches et de licenciement » trop régulées : 134ᵉ (Annexe 6).

12 – Le dernier socle « Environnement macroéconomique » décerne à la France la 82ᵉ place. Il prend en compte le déficit budgétaire, l’épargne, l’endettement de la Nation. Des éléments connus mais qui projettent la France loin derrière dans le classement.

Trop d’État, trop gourmand, dépensant mal. Trop d’impôts à tous les niveaux. Des comptes nationaux calamiteux. Un marché du travail trop rigide. Pas assez de dialogue entre les politiques et les citoyens, entre les patrons et leurs salariés. La France était 3 ou 4ᵉ puissance mondiale au lendemain de la guerre. Les institutions de la Vᵉ république auraient-elles précipitées le déclin de la France et continueraient-elles à le faire ? Les « 30 glorieuses » ne camouflaient-elles pas en fait le « chant du Cygne (gaulois) » ?

– par Bernard BOUTIN

*Le programme de la « Journée Nationale de l’Ingénieur » du jeudi 2 avril à compter de 16h à l’EISTI située sur le campus palois. Entrée gratuite et libre pour tout le monde. Venez y nombreux. Le sujet est extrêmement actuel.

16H00 – Accueil
16H15 – Allocution d’accueil par Laurence LAMOULIE, Directrice de l’EISTI (Ecole internationale des sciences du traitement de l’information), Campus de Pau et par René BEAUSSIER, Président Union Régionale Ingénieurs et Scientifiques -IESF- du Bassin de l’Adour accompagné de Baptiste COMTE, Vice-Président Bureau Régional des Elèves-Ingénieurs Pyrénées
16H45 – Table ronde
 « Ingénieurs, scientifiques, décideurs publics : Des coopérations pour gagner en compétitivité » 
– ESC Pau : Youssef ERRAMI, Pr de Management
– AVENIA : Jérôme PORFIRIO, Directeur du Pôle de compétitivité
– UPPA : Christophe DERAIL, Vice-Président délégué valorisation de la recherche
17H45 – Réalisation d’un étudiant-ingénieur de l’EISTI, Nicolas DAGES, sur le Cloud Computing
18H00 – Témoignages d’industriels 
« Etre compétitif ! Oui, mais comment ?« 
– TIGF : Pierre CHIQUET, Ingénieur gisement et Guilhem CAUMETTE, ingénieur HSEQ
– HAULOTTE Groupe : Pierre SAUBOT, Président du Conseil d’Administration et Directeur Général
– TURBOMECA : Manuel SILVA, Chef de Projet Recherche et Technologie
19H45 – Cocktail

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Nota et précautions : Le « Global Compétitive Index 2013/2014 du World Economic Forum » est complexe à analyser et demanderait une « thèse ». La méthodologie ne m’est pas apparue clairement (par manque de temps). Il est annoncé 15.000 entrepreneurs sondés sur 144 pays. Je n’ai su trouver combien ont été sondés sur la France. Cet index est-il « statistiquement significatif à l’échelle d’un pays ? ». Ceci dit, nous pouvons retenir les grandes tendances ressorties des « socles ».

(Annexe 1) La question était : In your country, how do you assess the willingness to delegate authority to subordinates? [1 = not willing at all—senior management takes all important decisions; 7 = very willing—authority is mostly delegated to business unit heads and other lower-level managers].
(Annexe 2) In your country, how widespread are well-developed and deep clusters (geographic concentrations of firms, suppliers, producers of related products and services, and specialized institutions in a particular field)? [1 = nonexistent; 7 = widespread in many fields]
(Annexe 3) (In your country, to what extent do taxes reduce the incentive to invest? [1 = significantly reduce the incentive to invest; 7 = do not reduce the incentive to invest at all])
(Annexe 4) (Total tax rate,% profit :This variable is a combination of profit tax (% of profits), labor tax and contribution (% of profits), and other taxes (% of profits)
(Annexe 5) (In your country, how would you characterize labor-employer relations? [1 = generally confrontational; 7 = generally cooperative]
(Annexe 6) (In your country, how would you characterize the hiring and firing of workers? [1 = heavily impeded by regulations; 7 = extremely flexible]

crédit photo : http://www.ruedeschamps.net

Comments

  1. Les « paradigmes » de gauche ou de droite, ou d’autre chose… Chacun possède le sien, quelque part, mais si cela doit conduire à une incapacité à se mettre d’accord avec son voisin sur le moindre sujet, cela pose un problème important. En outre, ce sont ceux qui votent toujours pour le même parti, en ignorant les hommes et leur bilan ou programme réel, qui créent le pouvoir des partis avec tout ce que cela implique de politique politicienne et de clientélisme.

  2. HENRY says:

    Laissons à M. Vallet ses raisonnements des années 60 qui perdurent parmi certains hommes politiques et qui nous feraient regretter l’économie planifiée en vigueur dans un certain pays bien à l’est de la France. Je n’ai toujours pas digéré son appui à M. Guillebaud de Sud Ouest qui approuvait la grande grève de 1995 et qui montrait un grand courage de la part du maire de Bordeaux, pour ses réformes des retraites, et qui nous auraient évité nos déficicits publics (en partie) .

  3. PIC Frédéric says:

    Ah ! la compétitivité vue par Davos !

    vous savez ce qu’est Davos ? ce sont les puissants, les riches, ceux qui effectivement font exploser le compteur des inégalités :Y sont représentés les 80 personnes qui
    possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité. La vision de la « compétitivité » n’est pas la même dans les deux camps, ceux des inégalités monstrueuses et ceux des plus pauvres…

    En productivité horaire, les français sont champions, meilleurs que les allemands, les britanniques ou les japonais (environ 53 dollars de production contre 50 pour les allemands, environ).Et ils ne travaillent pas moins, contrairement aux idées reçues (ou du moins transmises par les médias obéissant fidèlement aux directives de Davos) :

    Selon Eurostat, en 2009, un salarié français à temps complet travaillait 39,4 heures par semaine. C’est 1 heure et 12 minutes de moins qu’un salarié allemand. Pourtant, selon les statistiques de l’OCDE, les Français travaillent 1554 heures dans l’année, contre 1390 pour les Allemands. Donc plus. Le fait est que l’Allemagne n’a pas réduit le temps de travail des salariés à temps plein mais a massivement développé le temps partiel.

    En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-35-heures-ont-elles-nui-a-la-competitivite-de-la-france_1407256.html#Pv5EhCBOBBKW5P1y.99

    la différence entre la France et l’Allemagne ? du fait des lois Harz, l’Allemagne (qui en 2002, 03 et 04 ne respectait pas les critères de déficit public, pour mémoire) l’Allemagne donc a fait du dumping salarial : elle a baissé ses salaires : voir ci-contre :http://www.captaineconomics.fr/-cout-unitaire-main-oeuvre-zone-euro

    l’Allemagne s’est donc enrichie aux dépens des allemands ! mais pas tous les allemands, uniquement aux dépens des plus pauvres, qu’elle a condamné au nom de la compétitivité à accroître leur pauvreté.

    Concernant les impôts, sous lesquels nous croulerions : entre 2000 et 2012 (rapport de Mr Gilles Carrez, rapporteur de la commissionnes finances peu suspect de gauchisme débridé) la France s’est privée par le biais de baisses d’impôt (oui je dis bien baisse) de 120 milliard d’euros. Quant on en cherche 4 ou 5 pour boucler les fins de mois du pays…

    Ajoutez-y les 5O milliards (estimés) de fraude fiscale (oui, écoutez bien, les vertueux riches, vous savez, ceux qui « créent de l’emploi » (ou qui auraient tendance à en détruire ces temps-ci) ces vertueux investisseurs sont des fraudeurs. Zut alors !
    mais non, pas tous ! pas mal quand même

    ajoutez encore 80 milliard (estimés) d’optimisation fiscale (par le biais de délocalisations des sièges ou des bénéfices) et vous verrez que nous ne sommes pas pauvres.

    Et tiens, j’en rajoute une louche : Comme ils ne sont pas assez riches, parce que leurs employés (qu’ils soient états ou salariés) ne sont pas assez compétitifs, nos amis de Davos ont fait pression (si si, ça existe, les lobbies) sur l’ami VGE qui le 4 Janvier 1973 a décrété que l’Etat français ne pouvait plus emprunter (à zéro pour cent, comme un prêt en famille) à la banque de France, mais devait emprunter aux banques privées. Avec une différence : payer les intérêts : 50 milliards d’euros par an, 2000 milliards au total, à peu près notre dette totale, c’est-y pas mignon ?

    Ajoutez à çela qu’il n’est pas vrai que « l’Etat dépense trop » : dépenses stables en % du PIB depuis 30 ans. Et quand l’Etat s’auto flagelle par une saignée comme avec le CICE, le pacte de responsabilité et le pacte de compétitivité (« sagnare, purgare « !, au secours Molière, ils reviennent !) qui rouspète en premier ? vous avez deviné : les clients de l’Etat en terme de marchés, Bouygues et Cie, qui se plaignent de la baisse de commandes après avoir été les premiers à hurler au donneur d’ordres de se restreindre

    Davos a tout pigé :

    1/ je fais baisser les impôts en hurlant que ça m’étrangle, je gagne des picaillons
    2/ recevant moins d’impôt, les Etats sont obligés de m’emprunter, je gagne encore
    3/ comme ça ne suffit pas, je hurle que les salaires sont exorbitants, qu’ils sont la cause de l’endettement des états car la concurrence bla bla bla : les salariés sont appauvris, heureusement je suis là pour…leur prêter et empocher les intérêts
    4/ je m’en mets un peu plus dans les poches, en faisant voter des lois fiscales « pour favoriser l’investissement » : on augmente la part de la valeur ajoutée annuelle versée aux dividendes comparativement aux salaires : ceux-ci ont perdu environ 7 à 10% du PIB en 25-30 ans, ce qui représente en année pleine tenez vous bien entre 150 et 200 milliards piqués par les actionnaires aux salariés : chiche, on inverse à nouveau ?
    5/ la productivité de ces braves salariés ayant augmenté de façon extraordinaire, ils produisent plus en moins de temps, donc Davos a besoin de moins de main d’oeuvre : j’augmente le chômage , ce qui incite à la modération salariale.
    6/ avec les sommes folles ainsi gagnées, je joue au casino mondial des marchés : si je gagne, je gagne, si je perds, je gagne encore en appelant les Etats au secours (environ 5% de la monnaie circulante va à la production ou échanges de biens et services, 95% à la spéculation)
    7/ « tout va mal, c’est la crise » (je ne te le fais pas dire, cher ami de Davos) donc nous dit Davos « allez les copains, on se retrousse les manches, on fait des sacrifices, et on travaille toujours plus et toujours plus dur ». CQFD.Sacré Davos!

    Il y aurait bien une solution, celle que préconise Nouvelle Donne :

    1/ il n’y a pas de croissance à espérer (hors transition énergétique volontariste) : baisse inexorable de 5,6% en 1960 à 0,7% en 2014. Il faut donc trouver ailleurs une solution au cancer du chômage : c’est
    2/ le partage du temps de travail. Autrement dit, faire ce que l’on a toujours fait depuis 1848 sans que cela ne ruine en rien les amis de Davos : passer de 84 heures travaillées par semaine à 39 (horaire moyen temps plein aujourd’hui), travailler moins pour se récompenser des gains xdd productivité : cela s’appelait « Le Progrès ». Etonnant, non ?
    3/ mais aussi le partage des richesses (Aïe, que ça fait mal à Davos, ça, pas bon du tout) et
    4/partager le lieu de vie par une vraie révolution écologique : stop à la gabegie(chez nous, 30% de denrées alimentaires jetées, obsolescence programmée des appareils, etc)
    5/ comme nous ne sommes pas hors-sol, organiser dans un 1er temps en Europe une coopération entre les partenaires que nous sommes en lieu et place de la concurrence de tous contre tous (imagine-t-on Lescamel plaquant Fumat au moment où celui-ci va marquer un essai ?) par un nouveau traité soumis à référendum d’harmonisation fiscale et sociale.

    Bon, j’espère ne pas avoir été trop long ?

    Mais franchement, la compétitivité vue par Davos, à mon avis, ça n’est pas le bon angle d’observation, tant il est vrai comme disait Coluche que « l’avenir appartient à ceux dont les employés se lèvent tôt ».
    La bonne solution, c’est comme dit ci-dessus d’avoir le courage du partage. Drôle d’idée, non (« qu’est-ce que c’est, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là, a une drôle de tête c’mec là » comme aurait dit Ricet Barrier ?)

    Bien cordialement à tous

    Frédéric PIC

  4. Georges Vallet says:

    Etude de grande qualité, particulièrement documentée, structurée, précise et pleine d’enseignement, à condition que l’on reconnaisse comme essentielle la valeur paradigmatique des critères choisis pour définir les classements.

    Chacun sait que les critères, les amplitudes, les méthodes de mesure, les types de classements….sont choisis en fonction des valeurs que l’on souhaite comparer. Ici ce sont des valeurs strictement économiques.

    «C’est une forme de rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec celles d’un autre paradigme et qui, le cas échéant, peuvent aussi faire obstacle à l’introduction de nouvelles solutions mieux adaptées.» Wikipedia

    Avec d’autres critères, dans d’autres domaines, culture, santé, pollution, biodiversité…..les classements seraient différents.

    Rendons donc à César ce qui appartient à César mais à l’humanisme ce qui appartient à l’humanisme.

    • Il s’agit du classement mondial de la compétitivité, et pas autre chose.

      Il est clair que la France est mieux classé dans le domaine de l’assistanat aux personnes

      • PierU says:

        Il est clair que les chômeurs en fin de droits sont hyper assistés.

      • Georges Vallet says:

        « Il est clair que la France est mieux classé dans le domaine de l’assistanat aux personnes »

        Tant mieux.

        • Georges Vallet says:

          Je rectifie: il faudrait préciser de quelles personnes il s’agit.
          Je dis tant mieux pour l’assistanat aux personnes en grosse difficulté, cela compense l’assistanat qui est apporté aux personnes en pleine prospérité financière!

    • Monsieur Vallet, il faudra bien, à un moment ou un autre, que l’on se pose la question de « Comment créer des richesses en France dans un contexte de mondialisation ? » avant de penser à les partager !

      Pour donner à notre population à manger, des soins, des moyens de transports, des logements, des loisirs, des biens de consommation etc. il faudra toujours des « sous » derrière ?

      Ce classement est effrayant. De combien de marches devons-nous dégringoler pour qu’on se rende compte qu’il va falloir enfin rendre leur juste place à toutes celles et tous ceux qui contribuent à notre richesse nationale et les aider à aller plus loin dans leur mission.

      Sans eux, il ne peut pas y avoir de redistribution. L’humanisme, ce n’est pas s’enfoncer dans la pauvreté.

      • Georges Vallet says:

        « Pour donner à notre population à manger, des soins, des moyens de transports, des logements, des loisirs, des biens de consommation etc. il faudra toujours des « sous » derrière ? »

        1°)Je ne le conteste absolument pas à condition que les richesses produites, et il n’en manque pas, soient utilisées à cela et non à créer les inégalités scandaleuses que l’on connaît actuellement .

        2°) Est-il raisonnable, souhaitable, que cette création de richesses nécessite de tels dégâts collatéraux? A-t-on vraiment besoin, pour être heureux, de tous les biens de consommation qui s’étalent dans les hypermarchés et les magasins de toute nature et que l’on retrouve à la poubelle, peu de temps après, pour s’en procurer d’autres ?
        je n’ai pas de tablette, de smartphone, de BMW; je ne fréquente pas les restaurants de luxe, je n’ai pas de montre branchée, je ne vais pas passer de vacances en Indonésie…et je ne suis pas malheureux; je suis malheureux, par contre, de savoir que beaucoup ne peuvent même pas avoir ce qui me suffit.
        Ce besoin sans cesse croissant de loisirs de plus en plus coûteux, de moyens de transport de plus en plus sophistiqués et polluants, de biens de consommation jetables…exigent en effet de plus en plus de sous; le pouvoir d’achat, dans cette dynamique, ne peut que diminuer, l’insatisfaction ne peut qu’augmenter, la cohésion sociale se dégrader…..
        Est-ce une conséquence ou le but? Diviser pour mieux régner!

        3°)Ce classement est effrayant dîtes-vous; un autre classement est aussi effrayant, c’est celui qui résulte de «cette efficacité nécessaire du marché»; il est décrit ce matin, dans une émission par FR3 Aquitaine; elle porte sur les conséquences économiques du réchauffement climatique en Aquitaine sur la côte, les plaines alluviales, l’habitat, l’agriculture, la viticulture, le massif forestier…, la montagne.., le tourisme…la biodiversité, la pêche (acidification des océans, surpêche..).
        Plus on fabrique de richesses dans un domaine plus on en perd par ailleurs.

        «il va falloir enfin rendre leur juste place à toutes celles et tous ceux qui contribuent à notre richesse nationale et les aider à aller plus loin dans leur mission.»

        C’est bien mon avis; ne pensez-vous pas que parmi ceux qui contribuent à créer cette richesse nationale il y a ceux qui la fabriquent, l’entretiennent.. c’est-à-dire ces travailleurs, du balayeur aux ingénieurs…?
        L’intelligence, le dynamisme, la compétence, la confiance,…, la place, du chef d’entreprise est fondamentale mais ne pourra jamais se concrétiser sans les mêmes qualités exprimées par le personnel. Sans une bonne atmosphère, une bonne santé, la sécurité, une cohésion dans le travail, un logement décent…. n’imaginons pas un instant que la motivation du personnel pour l’innovation, la compétitivité…soit possible.
        Le «socle»,que vous évoquez, du redressement de la France ne peut passer que par le redressement de toutes les forces vives de la France.

        • Croissance ou décroissance ?
          Pour le moment tout le monde choisit la croissance.
          Que fait on si on supprime LVMH, Airbus, Renault, Peugeot, Safran (turbomeca), Total bien sûr, …etc.
          Si on supprime le champagne et les bons vins …(oh que ce serait triste de ne boire que l’eau du robinet…)

        • Les inégalités scandaleuses sont marginales et, il faut les combattre. Nos médias, soixante-huitards bien pensants, excellent à les mettre en avant.

          Ce qui est scandaleux, selon moi, c’est que les gens qui ont de l’ambition soient systématiquement montrés du doigt, assommés d’impôts, étouffés par des normes et procédures et… contraint de « bosser comme des damnés » pour finir, très souvent, avec un train de vie « a minima » et peu ou pas de retraite (artisans, commerçants, patrons de PME).

          Je pense à cette France qui bosse 45 h, 55 h voire plus chaque semaine pour s’en sortir et qui ne s’en sortent pas pour les motifs mentionnés ci-dessus. Elle cherche désespérément à créer de la richesse, pour simplement bien vivre, et aussitôt on la lui reprend pour la distribuer à une moitié de la population qui profite de leur travail : les assistés.

          Moi non plus, je ne rêve pas de tablette, BMW, smartphone mais si le rêve de mon voisin passe par là : Pourquoi pas ? Laissons lui le réaliser… et faisons lui comprendre qu’il y a peut-être une autre façon « durable » de vivre. Pédagogie donc.
          Le « durable » ne doit pas être imposé, comme aimerait le faire nos écolos, mais expliqué.

          J’ai travaillé dans beaucoup de pays européen, la conception « calviniste » du travail, et de la vie en général, des Hollandais m’a toujours attiré. Oui à l’esprit d’entreprise dans le respect des autres. Beaucoup de tableaux de Brugel m’ont souvent impressionné. Les villages paraissent riches. Le population n’est pas repliée chez elle à « conserver sa cagnotte ». Elle fait la fête collectivement et respecte les uns (les riches) comme les autres (les moins riches).

          La France ne fera pas l’économie d’une révolution libérale. Reste à inventer un libéralisme de respect. Les années 68 seront bientôt derrière nous…

          • PierU says:

            Ce qui est scandaleux, selon moi, c’est que les gens qui ont de l’ambition soient systématiquement montrés du doigt, assommés d’impôts, étouffés par des normes et procédures et… contraint de « bosser comme des damnés » pour finir, très souvent, avec un train de vie « a minima » et peu ou pas de retraite (artisans, commerçants, patrons de PME).

            Si personne ne contestera je pense les lourdeurs administratives diverses auxquelles doivent faire face les travailleurs indépendants et les TPE, il ne faudrait quand même pas non les faire passer pour les nouveaux damnés de la Terre. En France, les artisans sérieux et compétents gagnent bien -voire très bien- leur vie, par exemple.

            Après, si on parle de certains commerçants improvisés qui un jour se disent que ce serait cool d’ouvrir une boutique sans se douter que c’est en réalité un vrai métier, c’est autre autre chose. Mais l’état n’y est pas pour grand-chose…

            • Les grandes surfaces, puis la concurrence d’internet, les produits pas cher « made in Asia », le consommateur de plus en plus exigeant et caractériel, le capital marque des grandes enseignes (mc do etc) aux produits pas forcément de grande qualité…, tout cela a sans doute rendu encore plus dur le métier de commerçant. Nombre d’entre eux, qui proposaient pourtant de bons produits à des prix attractifs, (et qui apportaient une certaine âme au centre-ville par exemple) ont dû jeter l’éponge, étouffés en partie par la fiscalité, et par le reste…

            • Pour avoir une idée de l’état du monde de la petite entreprises au sens large, il suffit d’aller se pencher sur les comptes de fin d’année que préparent les experts comptables et valident les commissaires aux comptes (dans certains cas). Dur, dur.
              Bien entendu, en parlant du monde des entrepreneurs, je ne voulais pas particulièrement mentionner les commerçants qui font face à la concurrence d’internet. Ceux qui ont su aussi se créer une activité e-commerce, rebondissent…

          • Georges Vallet says:

            «A chacun sa vérité»; j’ai donné la mienne, vous ne la partagez pas car nous n’avons pas la même approche du fait que nous n’utilisons pas les mêmes paradigmes; ce n’est pas grave, cela fait partie du débat d’idée.
            Il y a quand même une affirmation que j’ai du mal à laisser passer!
            «Les inégalités scandaleuses sont marginales …….»

            L’Observatoire des inégalités n’a rien, je pense d’une association mai 68:
            «Fracture sociale: ce déni qui va vous coûter très cher. 17 mars 2015 – En refusant de voir l’ampleur des difficultés des classes populaires et moyennes, notre société prend des risques. La fracture sociale s’ouvre et le ressentiment augmente.»
            10 février 2014 – Entre 2008 et 2011, si l’on considère la masse globale des revenus en France, les 10 % les plus pauvres ont perdu environ 150 millions d’euros, alors que les 10 % les plus riches se sont enrichis de 18 milliards
            <Selon l’Insee
            9 septembre 2014 – La France compte entre 5 et 8,6 millions de pauvres selon la définition adoptée. Depuis 2002, le nombre de personnes concernées a augmenté de 1,3 million.
            Secours catholique:
            1 477 000 personnes ont été reçues par le Secours catholique en 2013. Parmi elles, 692 000 enfants. L’an dernier, les bénéficiaires de l’association étaient 1 427 000, soit 50 000 de moins. Au-delà des chiffres, le constat inquiétant dressé par l’association est que les personnes reçues sont de plus en plus pauvres.
            Ne parlons pas des resto du cœur!
            Je ne m’étendrai pas sur les stock options, les retraites dorées….
            Je n’ai pas encore «ressenti» que les inégalités scandaleuses étaient marginales!!!!
            Amicalement
            Georges.

            • Je voulais dire que les « nantis » sont marginaux. Ce n’est pas en réglant ces excès que l’on va régler les problèmes de la France. Vous connaissez beaucoup de gens sur Pau qui ont des « stock options et les retraites dorées » ? Il convient de se pencher sur la France moyenne (le gros de la population) et créer les conditions pour qu’elle recrée des richesses pour elle d’abord et pour les autres ensuite.

              • larouture says:

                L’analyse me semble trop globale. Les situations sont diverses (socialement, géographiquement, économiquement). Je ne suis pas sûr que tout soit à considérer sous la même toise.
                Beaucoup d’activités (BTP, tourisme par exemple) ont pour levier principal l’argent public.
                D’autre part la classe moyenne arrivera-t-elle à créer de l’activité qui équilibrerait la balance commerciale ?
                La France moyenne me parait davantage orientée vers la consommation que vers la production. Elle croit surtout dans la pierre.

  5. Je crois que les citoyens ont commencé à s’éveiller depuis plusieurs années déjà.
    Quand Le Pen s’est retrouvé au 2e tour en 2002, c’était déjà un signal d’alarme envoyé à nos hommes politiques. Et puis Chirac a été élu avec moins de 20% d’opinions favorables mais les voix forcées du PS. Et tout est rentré dans l’ordre, avec la bonne vieille alternance programmée entre la droite et la gauche.
    Les citoyens n’ont d’autre pouvoir que celui de râler et de glisser (ou refuser de glisser) un bulletin dans l’urne. Et visiblement, aucun homme politique n’a l’air décidé à se remettre en cause. Au contraire, ils passent leur temps à construire de nouvelles fortifications pour empêcher « les autres » d’envahir leur territoire si difficilement conquis.
    Alors, au fond, on a tout essayé sauf le Front National. Si ce n’est pas la solution, cela aura au moins le mérite de renouveler la classe politique !…
    C’est ce qui nous pend au nez. Et peut-être plus tôt qu’on le pense…

  6. Rien de neuf dans l’analyse des problèmes français, mais la quantification par rapport aux autres pays a le mérite de rendre tout cela clair et incontestable.

    Le vrai problème est que tout cela est connu depuis plus de dix ans.
    Le problème est qu’a aucun moment Hollande ne changera quoi que ce soit.
    Les dépenses publiques CONTINUENT D AUGMENTER et CONTINUERONT d’AUGMENTER
    Il n’y aura AUCUNE AMELIORATION dans la flexibilité du marché du travail
    Les impôts NE BAISSERONT PAS
    Les syndicats continueront de s’arc bouter sur des positions préhistoriques.

    Holande attend que la conjonction de circonstances tout a fait incroyables : taux d’intérêt nuls, prix du pétrole divisés par deux, euro dévalué de près de 30% par rapport au dollar, quantitative easing de 1100 milliards d’euro de la BCE, produisent quelques effets sur le marché du travail. Ce qui se produira obligatoirement. avec pour seul objectif une hypothétique ré élection.
    Et rien ne sera changé. Il attend.

    Et il n’y a pas lieu d’être optimiste avec la droite qui fanfarone dans l’opposition car Sarkozy avait l’occasion de réformer lors de sa dernière année de mandat, ET IL N’A RIEN FAIT .

    Tant que nos « politiciens » se considéreront comme éligibles à vie, ils n’auront pas le courage nécessaire a une gestion moderne et efficiente du pays.
    Il faut renouveler la classe politique.

    Quand les citoyens s’éveilleront …

  7. Deux chiffres pour comprendre l’enjeu de la compétitivité :
    Le déficit 2014 de la balance commerciale de la France est de 53,8 milliards d’€
    L’excédent 2014 de la balance commerciale de l’Allemagne est de 217 milliards d’€

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