Les grèves des nantis

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grève contrôleurs aériens   Alors que le gouvernement demande des sacrifices aux français il existe une France qui ne connaît pas la crise et qui de surcroît paralyse le service public par des grèves injustifiées.
En France il existe deux catégories de salariés, ceux de la fonction publique ou assimilés et les autres. Les premiers, grâce à une sécurité de l’emploi totale et une tutelle démagogique, ont acquis des avantages importants par rapport aux autres français. C’est le cas des contrôleurs aériens dont le pouvoir de nuisance est réel. Ils sont aujourd’hui en grève, paralysant les aéroports. Pour quelles raisons ?
« Le SNCTA réclame l’ouverture d’une grande négociation avec les pouvoirs publics sur l’avenir des 3 800 contrôleurs aériens français. Le syndicat est d’autant plus déterminé qu’il avait levé in extremis un mot d’ordre de grève en juin contre la promesse du gouvernement d’une table ronde sur l’avenir de la profession. Or les premiers échanges n’ont «même pas permis», selon le SNCTA, de «valider un accord de méthode». Fortement syndiqués, les contrôleurs s’inquiètent de la nouvelle réglementation européenne sur la vérification de leurs compétences. Devant entrer en vigueur en 2016, elle impose un strict contrôle des temps de travail sur chaque poste. Autre motif d’inquiétude, le relèvement de l’âge de la retraite de 57 à 59 ans d’ici 2017, qui selon le SNCTA n’a fait l’objet «d’aucune étude d’impact».  » ( Libération )
« ils comptent parmi les mieux lotis de la fonction publique hexagonale, à en croire le dernier rapport de la Cour des comptes en 2010, évoquant un «système opaque»: un salaire net mensuel de 3.543 euros, un temps de travail réglementaire de trente-deux heures par semaine, dont huit heures de pause et cinquante-six jours de congés par an. »
« Les contrôleurs aériens travaillent aussi moins longtemps : un départ en retraite est possible dès 50 ans et, au plus tard, à 57. Ensuite, outre le régime additionnel de la fonction publique, qui permet de capitaliser 100 pour une cotisation de 50, et la nouvelle bonification indiciaire, ils ont obtenu en 2000 un autre complément de retraite spécifique : l’allocation temporaire complémentaire. Depuis 2000, la pension de base a ainsi augmenté de 60%. En 2007 ils accèdent à l’indice hors échelle, réservé aux cadres supérieurs de la fonction publique, issus de l’ENA ou de Polytechnique. Et ce alors que la fonction de contrôleur n’implique même pas un diplôme d’ingénieur, insistent Les Echos. » (20 minutes )
Dans un monde où la compétition internationale est la règle, ou la productivité et la performance sont indispensables, la France traîne ses inégalités criantes. Où est la justice tant prônée par le gouvernement actuel ?
En ce qui concerne les contrôleurs aériens, c’est l’Europe qui fera le travail.
Pour les nantis de Radio France engagés dans une grève totalement injustifiée on mesurera le courage du gouvernement lors du dénouement.

 par Daniel Sango

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19 commentaires

  • Merci Messieurs pour ce bel échange sur les « nantis »… Même si chacun de vous campe un peu (beaucoup ?) sur ses positions, vous avez dressé un excellent tableau de la société française du 21ème siècle. Alors mon seul souhait est que de nombreux jeunes vous lisent (et donc lisent AltPy !) et que, éclairés par vos sages et pertinentes remarques plus complémentaires que contradictoires, fassent pour leur futur le bon choix.

  • Les nantis… dites-vous :
    Base 100 en 1995, en 2014
    Indice des prix : 135,18
    Valeur du point d’indice (Base de calcul des salaires de la fonction publique) : 114,42.
    Source : INSEE Récupérez les donnez
    Les nantis le sont de moins en moins…
    Données reprises dans :
    http://www.francetvinfo.fr/france/trois-graphes-pour-comprendre-la-grogne-dans-la-fonction-publique_871075.html#xtor=EPR-2-%5Bnewsletterquotidienne%5D-20150409-%5Blestitres-colgauche/titre1%5D

    • Bien évidement ce n’est pas l’évolution du point d’indice seul qui compte.
      L’augmentation des fonctionnaires se fait par le point d’indice (augmentation générale) et l’avancement promotion. Celui ci se fait plus ou moins vite, à l’ancienneté et au mérite.
      D’autre part je parle ici des contrôleurs aériens et de personnels ultra minoritaires de Radio France.
      Concernant la fonction publique dans son ensemble il faut noter que le nombre de fonctionnaires à augmenté de plus de 500 000 ces dix dernières années.
      Et ,ceci dit la situation des fonctionnaire n’est pas si désespérée (pensons aux conditions de départ en retraite…) que cela puisque le nombre de démission pour changer de job est ultraminoritaire…

      • 500 000 personnes qui ont été convaincues par les démonstrations répétitives de Daniel Sango relatives à tous les avantages de ces « nantis » .
        Tous les « avantages » mis en avant par DS ne datent pas d’hier, et le jeune Daniel Sango pouvait rejoindre le cercle des « nantis » : il lui suffisait de passer un concours permettant d’accéder à la fonction publique.
        Forme de masochisme ou expression d’une bile accumulée au cours des années qui passent ?
        Pierre Lafon.

        • « Forme de masochisme ou expression d’une bile accumulée au cours des années qui passent ? »
          Ni l’un ni l’autre, simplement la réalité.

          • La réalité c’est aussi que tout le monde, du début à la fin de sa carrière, peut accéder à «ce monde merveilleux des privilégiés et des nantis!»; il suffit de passer les concours d’entrée!
            Tout le monde ne peut ou ne veut pas être privilégié, c’est un choix; les avantages et les inconvénients étaient connus au départ; quand j’ai fait mon choix, mon privilège était de pouvoir servir le bien commun en participant à la réalisation de l’offre donnée à tous les enfants, quelque soit l’origine, la culture, la couleur, le milieu social….., de profiter de l’ascenseur social.
            En débutant, mon privilège était que mon salaire était moitié moins important qu’en rentrant dans le monde de l’entreprise.
            Je n’envie aucunement ceux avec lesquels j’ai fait mes études, qui ont choisi une autre voie et dont le statut social est maintenant bien supérieur au mien!
            Croyez-moi, changez votre fusil de direction, les vrais nantis ne sont pas ceux que vous pensez!!!!
            Il est toujours beaucoup plus facile de s’attaquer à son voisin direct, car on le voit, qu’à celui d’en face qui se dissimule derrière une haie impénétrable!

          • suite
            .Les étudiants en sciences: math, physique, chimie…, sont vraiment maso!
            Il manque cruellement d’enseignants dans les matières scientifiques, les concours ne font pas le plein de postes offerts.
            Et bien, ils ne veulent pas être nantis et privilégiés, ils préfèrent une vie médiocre, des risques, la pauvreté, en s’orientant vers le commerce, l’agroalimentaire, la finance, les nouvelles technologies….

          • La réalité c’est aussi que tout le monde, du début à la fin de sa carrière, peut accéder à «ce monde merveilleux des privilégiés et des nantis!»; il suffit de passer les concours d’entrée!

            C’est la théorie. Dans la pratique, il y a de multiples freins si on ne le fait pas au début, en sortant de l’école :
            – Les concours administratifs c’est un monde en soi, avec ses codes. Quand on vient du privé, on ne maîtrise pas forcément ces codes.
            – Quand on a travaillé plusieurs années, se remettre dans un état d’esprit extrêmement scolaire pour passer des concours ce n’est pas évident.
            – S’ajoutent quelques petites mesures protectionnistes…
            Savez-vous par exemple qu’un salarié du privé qui rentre dans un labo du CNRS, ne se voit reconnaître que la moitié de son expérience passée en ancienneté ? Quand on connaît l’importance de l’ancienneté dans les grilles de la fonction publique, c’est une mesure tout à fait propre à décourager les candidats extérieurs : les personnes en place voudraient protéger leurs carrières qu’elles ne s’y prendraient pas autrement.

            En débutant, mon privilège était que mon salaire était moitié moins important qu’en rentrant dans le monde de l’entreprise.

            On ne peut pas en déduire que le privé est un eldorado financier pour tout le monde. Les échelles de salaires y sont beaucoup plus dilatées, mais aussi bien vers le bas que vers le haut. En gros avec des qualifications recherchées et si on occupe des postes élevés, le privé paie mieux. Pour les faibles qualifications et les postes en bas de l’échelle, mieux vaut être dans le public.
            Par ailleurs de nos jours il n’est pas rare de voir des ingénieurs embauchés à 1500€/mois, et parfois même moins.

          • Il ne vous a pas échappé que l’on parle ici des contrôleurs aériens ?
            Ou des « artistes » de Radio France a qui on demande un minimum d’effort après des années de gabegie et alors que les français sont sollicités depuis quelques années.

          • soit-dit en passant, les salariés de Radio-France ne sont pas fonctionnaires. Radio-France est une entreprise publique, pas une administration.

          • D.S.
            Cela ne m’a pas échappé mais j’élargissais la réponse en répondant à bien des propos tenus dans d’autres textes, à d’autres occasions, par vous ou d’autres.
            Je me permettrai même de revenir sur cette « insupportable » privilège dénoncé par beaucoup, de façon lancinante, sur la garantie de l’emploi des fonctionnaires.
            La décision, jadis prise et défendue depuis des années, avec acharnement, d’assurer la garantie de l’emploi aux agents de l’Etat ne doit pas être perçue comme un privilège car elle n’est absolument pas destinée à conserver l’emploi de personnes particulières mais de rendre inattaquables et indestructibles les fonctions de base que ces personnes remplissent, fonctions qui assurent: la sécurité, la défense, la justice, la santé, l’instruction, de la collectivité, c’est-à-dire des citoyens de notre pays, de façon égalitaire et sans discernement; autant de pouvoirs revendiqués par les tenants du libéralisme qui veulent s’approprier le droit de gérer au mieux de leurs intérêts ces valeurs minimales et fondamentales de la vie commune.

          • Cela n’a pas beaucoup de rapport : l’état a en principe tout pouvoir pour augmenter ou réduire le nombre de postes dans les domaines que vous citez, et c’est bien ce qu’on observe en pratique.

          • « de rendre inattaquables et indestructibles les fonctions de base que ces personnes remplissent, fonctions qui assurent: la sécurité, la défense, la justice, la santé, l’instruction, de la collectivité, »
            Non, ceci est une vision beaucoup trop large des fonctions régaliennes de l’Etat !
            Police, armée, justice, oui, pas le reste !

          • Pier U
            L’Etat peut effectivement augmenter ou réduire les postes en fonction des besoins: l’informatique peut générer des suppressions, l’augmentation du nombre de citoyens, l’insécurité urbaine et rurale, le changement de gestion des régions… peuvent entrainer des augmentations, il peut y avoir transfert régional …mais il doit absolument conserver le monopole de la fonction pour en assurer l’égalité des traitements pour tous les citoyens, ce que le privé ne veut pas faire car il ne recherche que la rentabilité financière. Le service public est forcément déficitaire et doit être géré comme tel par tous et non par quelques uns seulement.
            DS
            Je persiste et signe, l’instruction et la santé sont intégrées dans les valeurs républicaines; elles doivent être assurées par le public et non par le privé car elles ne doivent pas être soumises à des dérives inégalitaires du fait de gestionnaires intéressés,soit par une idéologie, des avidités financières……

          • Je ne vois toujours pas le rapport entre le fait que l’état doive (ou pas, peu importe) assurer les fonctions que vous dîtes, et la garantie de l’emploi des agents de l’état (*). Vous dîtes que cette garantie de l’emploi est censée rendre inattaquables ces fonctions : c’est manifestement faux.
            (*) garantie de l’emploi qui n’est d’ailleurs pas si absolue qu’on l’imagine. Il s’agit d’un usage établi, mais qui il me semble n’est gravé dans le marbre d’aucun statut.

          • Pier U
            « Vous dîtes que cette garantie de l’emploi est censée rendre inattaquable ces fonctions »
            J’ai écrit:  » la garantie de l’emploi aux agents de l’Etat n’est absolument pas destinée à conserver l’emploi de personnes particulières mais de rendre inattaquables et indestructibles les fonctions de base »
            Ce n’est donc pas la garantie de l’emploi que je défends mais la garantie de la fonction. Cette dernière passe par la garantie de l’emploi occupé par une personne ou une autre, plus tard sans doute par une machine.

          • J’ai l’impression que vous mélangez allègrement deux notions totalement différentes. La « garantie de l’emploi » protège la personne, pas le poste qu’elle occupe.

  • Ce matin 5,5 % de grévistes à Radio France (source France Info) …..

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