Quadrature du cercle

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PanthéonLors de la cérémonie d’accueil au Panthéon des dépouilles de quatre nouveaux « résidents » – dont deux seulement étaient effectivement présentes dans les cercueils (?) – après avoir retracé leurs cheminements respectifs et rendu hommage à leur comportement héroïque et exemplaire, le Président s’est ensuite livré à un discours assez funambulesque sur la république, la laïcité, l’intégration, l’esprit du 11 janvier, l’école, la jeunesse…
Ainsi, dans le contexte actuel si, notamment, il lui semble en effet aujourd’hui opportun d’oublier que « la religion est l’opium du peuple » et l’école laïque un rempart contre « l’obscurantisme clérical », il sera peut-être plus difficile à la Gauche – sinon à la République – d’oublier qu’elle s’est en partie fondée sur ça ! Gauche pour laquelle cet œcuménisme présidentiel est probablement une nouveauté. Gauche pragmatique, qui comprend, bien sûr, que se maintenir au pouvoir impose la pratique d’une certaine amnésie sélective, mais qui aura cependant, peut-être, quelque difficulté à convaincre nombre de ses tenants de manger un chapeau aussi indigeste.
Par ailleurs, comme on ne peut faire injure au président de penser qu’il n’a d’autre projet que celui de séduire l’électorat musulman, revenir à l’admirable définition étymologique de la laïcité, facteur essentiel de l’intégration, c’est, d’abord préjuger de la volonté des Musulmans non seulement de partager ce point de vue, mais, en conséquence, de rejeter la mouvance Daesch. Mouvance dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle confirme jusqu’à la nausée que si le fanatisme politique est aussi dangereux que le fanatisme religieux, réunis, ils sont monstrueusement mortels. Singulièrement, pour la notion même de « république » ! Il ne s’agit donc pas d’une formalité. C’est la question essentielle et préalable à laquelle les intéressés devront répondre. Clairement ! Démocratiquement ! Publiquement ! Et sur ce point, « l’esprit du 11 janvier » ne semble pas encore être descendu sur les têtes.
En résumé, discours présidentiel peut-être bien plus funambulesque que mobilisateur. Mais après tout si la quadrature du cercle est un agacement mathématique, n’a-t-elle pas toujours été, toutes tendances confondues, le fondement même de la politique ? Alors…

– par Maurice Meireles
Pontacq

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