« Arrêtez de nous compliquer l’existence »


imgresSous le titre de son dernier livre, « Arrêtez de nous compliquer l’existence »* Max Moreau nous propose 115 préconisations concrètes pour redresser notre économie. Ce Béarnais de souche, de sang et de cœur, sportif éclectique, est un économiste averti. Economiste dans la majorité de ses publications il sait également être romancier. D’ailleurs en même temps que ce dernier livre, il publie un roman sous le titre « Ascendances »**. Cette vingt quatrième publication est pour Alternatives Pyrénées l’occasion d’un entretien avec l’auteur.

A noter que les droits d’auteur de ces deux livres seront reversés à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière.

 1) Votre livre « Arrêtez de nous compliquer l’existence » comporte 115 préconisations que vous qualifiez de concrètes pour redresser l’économie de la France. Quelle est celle que vous jugez à la fois la plus importante et la plus urgente ?

Réponse : Je pense qu’il y a 2 Mesures essentielles :

  1. L’axiome fondamental est d’atteindre dans des délais raisonnables (2à 3 ans afin de ne pas paralyser notre activité économique par trop de contraintes budgétaires) L’EQUILIBRE BUDGETAIRE.

Car si actuellement nous bénéficions d’une période favorable pour le taux d’emprunt français à 10 ans (0,26% au 26 Avril 2015), le coût du pétrole risque fort de remonter, le taux de change de l’Euro ne va pas rester longtemps aussi bas pour favoriser nos exportations industrielles et agroalimentaires, les incertitudes planent sur le devenir de l’UNION EUROPÉENNE et le contrecoup de l’assouplissement quantitatif QE, de la BCE (mesure artificielle de déversement de liquidités à certaines conséquence négatives : revenus des rentiers euthanasiés et qui n’investissent plus, consommation des ménages en baisse), ce qui entraîne déjà une remontée des taux d’emprunt à 10 ans (0,84% au 6 mai 2015).

Nous courrons UN RISQUE de CRACK OBLIGATAIRE PROBABLE.

Seul l’équilibre budgétaire donnera les moyens de bâtir un ETA-ACTIF-PROTECTEUR.

  1. L’élaboration d’un MASTER-PLAN (6 & 3 ans) qui fige les grandes orientations économiques de la Nation, un Plan qui s’interdit la surabondance d’impôts et de taxes, les changements fiscaux conjoncturels aléatoires et les effets rétroactifs qui détruisent la confiance.

2) Vous dites qu’il faut répartir clairement les compétences et les missions territoriales et celles de l’Etat. Pouvez-vous préciser les missions que l’Etat ne peut ni céder ni partager avec les collectivités territoriales ?

Réponse : Fonctions régaliennes de l’Etat :

  • Diplomatie et Défense pour assurent la sécurité extérieure du territoire.
  • Sécurité intérieure.
  • Droit et Justice.
  • Orientation éducative.

3) Dans la même rubrique (n°6) vous listez ainsi la composition du gouvernement (15 ministres), du sénat (250 au lieu de 348), de l’assemblée nationale (125 au lieu de 577), la suppression des départements, la diminution du nombre des communes (10.000 au lieu de 36.700) et enfin la limitation à 2 du nombre des mandats. Récemment le projet de suppression des départements a échoué. A-t-on actuellement les moyens politiques de mettre en place ces réformes et si oui, comment ?

Réponse : Un échec provisoire n’entraîne pas le renoncement.

Le Régime minceur de l’Etat est une obligation. Pour l’engager, il faut avoir le sens de l’Etat, du courage, de l’obstination et de l’abnégation pour faire abstraction des conséquences électives négatives pour ceux qui les mettent en place.

4) La proposition n° 10 parle d’une gestion publique raisonnable. Vous y préconisez une diminution du nombre des fonctionnaires de 6 à 4 millions en 8 ans. Peut-on engager cette réforme sans que la paix sociale ne soit menacée ?

Réponse : En France on est apte à réformer pour tous les secteurs, SAUF le SIEN.

Les comparaisons avec les 5 pays de l’OCEDE où il y a le plus de fonctionnaires sont alarmantes (voir page 19).

Il s’agit de mieux répartir les fonctionnaires, de les former à la connectivité numérique, d’engager progressivement leur diminution et de mieux les rémunérer à la contribution.

5) Éradiquer la corruption dites-vous (page 116) et vous visez principalement le monde politique. Est-ce que cela signifie que l’action de la justice dans ce domaine est insuffisante ou que les lois pénales ne sont plus adaptées ?

Réponse : – Considérer le harcèlement corrupteur comme un délit pénal.

  • Déclencher une opération « Mains propres ».
  • Formuler des Standards d’éthique type anglo-saxon
  • Recourir aux Clignotants d’alerte pour les délits pénaux.
  • Un quinquennat renouvelable une fois pour tous les mandats électifs.
  • Déclaration patrimoniale des élus (en cours).
  • Encadrer d’une manière contraignante le lobbying parlementaire.
  • Définition stricte des conflits d’intérêts.
  • Accroître la pénalisation des trafics illicites de drogue et de blanchiment d’argent sale.

6) Napoléon disait : « La guerre est un art tout d’exécution ». Pensez-vous vraiment qu’il suffise d’énoncer des préconisations pour mettre en place des réformes de nature à redresser le pays ? Est-ce-que cela n’est pas utopique ? A votre avis, que nous manque-t-il pour réformer nos institutions, une volonté politique, un changement de nos mentalités, un homme fort ?

Réponse : Non, ça ne me paraît pas utopique, si j’en juge par le nombre de mes préconisations mises en application :

– Création de l’ASFO en 1962, levain de la Formation Continue de J. Chaban-Delmas.

– Appréciation des Mérites (Loi Mesmer sur l’intéressement 1969 – Notation du Personnel Fonction Publique 2003.

– Répartition des Profits nets de l’entreprise en 3 tiers : actionnariat, management, salariés, appliqué dans de nombreuses entreprises dont DASSAULT. 1964.

– Renoncement au programme du surgénérateur Super-Phoenix par  Pierre Raffarin, 1er Ministre, (arrêté 21 ans après).

– Loi sur la Création d’entreprise de Dominique Stauss-Kahn, d’après le cours d’HEC.

Et bien d’autres…

Pour cela il faut un HOMME FORT avec LE SENS de L’ETAT, et…patienter avec le changement progressif des mentalités !

En France le temps de latence d’incubation d’une préconisation économique est de plusieurs années !!!!

La réflexion économique, c’est 364 jours de doute et 1 seul d’espérance…

Propos recueillis pas Joël Braud

Pau, le 15 juin 2015

 

*Edition l’Harmattan – sorti en mai 2015 – 152 pages – prix 16,50 €

** Edition l’Harmattan – 358 pages – 29 €

Comments

  1. Georges Vallet says:

    Un expert économique de plus, après des masses d’autres, aux préconisations différentes, des préconisations générales sans contenu si on s’en tient à ces généralités; du fait de la superficialité, c’est une présentation qui ne peut, dans son ensemble, que trouver un consensus en l’état. Pour un avis plus précis, une lecture s’impose donc.

    1°) «L’axiome fondamental est l’équilibre budgétaire»

    Qui pourrait être contre? Tout dépend des mesures pour le réaliser!

    2°) «Un Plan qui s’interdit la surabondance d’impôts et de taxes, les changements fiscaux conjoncturels aléatoires et les effets rétroactifs qui détruisent la confiance.»

    Même commentaire exactement.

    3°) Fonctions régaliennes de l’Etat:
    «Diplomatie et Défense pour assurent la sécurité extérieure du territoire.
    Sécurité intérieure.
    Droit et Justice.
    Orientation éducative.»

    Tout le monde peut être d’accord en précisant ce qu’on met dedans! Que l’éducation reste une fonction régalienne, pas de problème. L’orientation est à définir!

    4°)« Composition du gouvernement (15 ministres), du sénat (250 au lieu de 348), de l’assemblée nationale (125 au lieu de 577), la suppression des départements, la diminution du nombre des communes (10.000 au lieu de 36.700) et enfin la limitation à 2 du nombre des mandats.»

    Affirmations autoritaires d’une assurance qui sème le doute. Encore des chiffres, toujours des chiffres! Pourquoi 15 et pas 10 ou 17?
    On ne dirige pas un peuple avec des chiffres mais grâce à des relations qualitatives entre tous les composants! A moins que seule la finance soit l’objectif et l’instrument directeur; on ne parle plus alors la même langue!

    5)) «une gestion publique raisonnable. Vous y préconisez une diminution du nombre des fonctionnaires de 6 à 4 millions en 8 ans»`

    Comment connaître le nombre de fonctionnaires qui sera nécessaire dans 8 ans? Ce n’est pas le nombre qui importe c’est l’évaluation des besoins qualitatifs du public à ce moment là. Qui peut le dire?

    6°) «Éradiquer la corruption dites-vous et vous visez principalement le monde politique.»

    D’accord pour la cible définie mais pourquoi pas élargir la cible à d’autres domaines? Il n’en manque pas!

    7°)«que nous manque-t-il pour réformer nos institutions, une volonté politique, un changement de nos mentalités, un homme fort?»

    Changer le monde intellectuel des idées, développer une autre conception de la gestion d’un ensemble, passer d’un raisonnement linéaire à systémique.
    Une volonté institutionnelle appliquant ce raisonnement, convaincante pour les mentalités, chacun y trouvant son intérêt et non certains seulement.
    La volonté politique suivra.
    Fort? Cela veut dire quoi? Violent, imposant les changements par la force des lois et de la police? La dictature donc! Non!
    Une équipe convaincue qui explique, qui a le temps de convaincre, qui a le temps d’agir, qui ne cède pas aux lobbies des clans, des partis…le poussant constamment de changer d’orientation…..

    • Georges Vallet says:

      Un complément à propos des fonctions régaliennes.

      Si le contenant exprimé peut être partagé, le contenu reste à remplir! En effet, à propos des fonctions régaliennes, on constate que les droits régaliens peuvent varier suivant les systèmes ou courants de pensées politiques.

      On constate qu’en dépit de l’apparence incontestable des mots, c’est le flou intégral.
      Il est de tradition, en science politique comme économique, que les fonctions régaliennes- donnent à la puissance publique le droit d’intervenir, et le monopole de l’intervention.
      Habituellement, la liste des droits régaliens est très courte : police, justice, défense.
      On voit ce que ces trois fonctions ont en commun : assurer la sécurité des personnes et des biens, donc garantir leur vie, leur liberté et leur propriété.

      Tout revient à expliciter le contenu de ces termes car on se trouve confronté, là encore, à la valeur et au contenu des mots. Max Moreau a jugé bon d’y introduire l’orientation éducative par exemple car elle remplit pleinement les fonctions ci-dessus.
      En effet, si on considère «la sécurité des personnes», et «de garantir la vie», on se doit de rattacher aux fonctions de l’Etat la préservation des «biens communs», appelés aussi «patrimoine commun», ces enjeux cruciaux pour le maintien et l’amélioration de la vie humaine: énergie, l’environnement, air, l’eau dans toute sa répartition (phréatique, rivière, mer), la santé, la biodiversité, la sécurité, la lutte contre les pesticides et tous le polluants…

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