Un déplacement à Berlin, un déplacement aberrant

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noble causeLe nombre et la vigueur des réactions au déplacement de Manuel Valls à Berlin aux frais des contribuables ne peuvent que réjouir le citoyen qui aspire véritablement à une république exemplaire.

Manuel Valls a envoyé au trésor public un chèque de 2.500 euros pour tenir compte de la présence de ses enfants dans l’avion emprunté par le ministre. Le compte n’y est pas, car on réalise bien que le voyage avec ou sans eux a le même coût (environ 18.000 euros). La seule question qui vaille est : ce déplacement avait-il un intérêt pour le pays? Si ce n’est pas le cas, et les premières déclarations du ministre tendaient à le montrer, c’est l’intégralité du coût qui doit être remboursée. Il reste une zone d’ombre, mais elle est bien mince, en raison de toutes les affaires liées au football. On ne peut écarter totalement l’hypothèse (peu agréable) de compromissions, peut-être en lien avec le Qatar, qui justifieraient un examen au plus haut niveau de l’État. Mais pourquoi fallait-il un déplacement à Berlin alors que Michel Platini se rendait à Paris dans les deux jours qui suivaient ?

Le temps d’un premier ministre est compté ; on ne peut le blâmer de prendre quelques instants de détente. Il est même touchant qu’il l’ait fait avec ses enfants. Mais le faire aux frais des contribuables n’est pas acceptable et constitue un bien mauvais exemple. Par ailleurs, et cela n’a guère été observé, ce faux pas n’est-il pas un signe que le communautarisme n’est en rien banni des cercles dirigeants, car ce match engageait la contrée d’origine de M. Valls. Gageons que les réactions des Français eussent été bien différentes s’il s’était agit d’aller soutenir une équipe nationale. Pour ma part, je vois un soutien à une addiction à ce qui s’apparente à « l’opium du peuple ». Et malheureusement, cet opium sent mauvais, avec toutes les affaires qui ont illustré le football (et quelques autres sports médiatiques).

Passons sur ces aspects secondaires. La leçon qu’il faut tirer de cette affaire est qu’un grand désir de transparence et de moralisation de la vie publique anime nos concitoyens. De sorte qu’il faut absolument prendre des mesures drastiques pour juguler les abus et les coulages, à tous les niveaux. Si l’on veut que les citoyens ne se détournent pas de la politique, qui effectivement doit appréhender des sujets bien plus importants, le redressement est à ce prix, y compris au niveau local.

                                                                                                                                                              –  par  Paul Itaulog

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