La France, danse au bord de la falaise …


Dette  Depuis trente ans, beaucoup d’Etats vivent au dessus de leurs moyens. C’est bien sûr le cas de la Grèce, mais c’est aussi le cas de la France. Jusqu’à quand cette gabegie ?

La Grèce fait l’actualité depuis des mois, il se trouve même des hommes politiques français pour vouloir donner des leçons alors que la France se trouve en fait dans une situation analogue, et surtout, que rien n’est fait pour éviter à notre pays un scénario catastrophe.

Nous vivons à crédit, notre dette a atteint 2090 milliards d’euro soit 97,5 % du PIB. C’est gigantesque et aujourd’hui c’est seulement grâce à des taux d’intérêt anormalement bas que la France peut faire face aux échéances. Ne parlons pas de remboursement car la France aujourd’hui est dans une situation pire que la Grèce dont le solde budgétaire primaire était positif, pas celui de la France…

Par rapport à fin 2014 la dette a augmenté de 51,6 milliards d’euro et de 90,5 milliard sur un an soit + 5%. Et l’augmentation va continuer durant les prochaines années, car nos politiques sont incapables de réaliser un budget en équilibre. Ils ne sont même pas capables de stabiliser la dépense publique et ce dans aucune de ses composantes ! (voir tableau ci-dessous)

2014 T1 2014 T2 2014 T3 2014 T4 2015 T1
Ensemble des Administrations publiques 1998,9 2027,6 2035,4 2037,8 2089,4
En points PIB 94 95,2 95,3 95,6 97,5
dont, par sous secteur, consolidée
Etat 1579,2 1614,4 1609,6 1610,2 1647,3
Organismes divers d’administr. centrale 22,4 21,2 21,3 22,6 22,1
Adm publiques locales 181,2 179,6 180,2 188,2 187,4
Adm de sécurité sociale 216,3 212,4 224,4 216,8 232,6

Source : Comptes Nationaux, INSEE, DGFIP

En France rien ne se passe, la dépense publique augmente, aucune réforme structurelle significative n’est et ne sera faite d’ici 2017, les échelons du mille feuille continuent à augmenter leurs dettes comme le Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques, la Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées ou la ville de Pau avec un « André » Bayrou qui voudrait donner des leçons alors qu’il aggrave l’endettement par sa folie des grandeurs. Il commente beaucoup l’actualité « La Grèce danse au bord de la falaise » . C’est une belle image qui valait bien d’être imitée dans le titre, mais qui s’applique aussi à sa gestion laxiste de la ville et de l’Agglomération.

Aujourd’hui la France emprunte encore à des conditions acceptables autour de 1,4 % mais une dégradation est possible à tout moment car les indispensables mesures d’économie sur les dépenses publiques et les vraies réformes de structure ne sont pas faites. Lorsque le taux d’endettement atteint les 100% du PIB, une hausse du taux moyen de la dette de 1,0% équivaut à une augmentation de son coût de 1% du PIB. Avec un déficit de 3% du PIB l’augmentation annuelle de la dette est de 63 milliards d’euro et une augmentation de 2 % des taux augmenterait de 42 milliards d’euro les intérêts annuels…

La collision avec le mur de la dette serait alors effective pour la France, en faillite.

Pourtant, il y a en Europe, des pays qui ont su faire des efforts et qui montrent qu’une autre voie est possible. La France et l’Allemagne avaient une dette similaire en 2007 autour de 65 % du PIB aujourd’hui l’Allemagne est à 75% du PIB, tendance baissière, la France à 97,5% tendance haussière nette.

Tiens bon Angela !

par Daniel Sango

Comments

  1. Joël Braud says:

    En réponse à Peyo, voici des chiffres :
    France 7 millions de fonctionnaires pour 65 millions d’habitants soit un fonctionnaire pour 9 habitants.
    Grèce 825 000 (vos chiffres) fonctionnaires pour 1O.8OO.OOO habitants soit un fonctionnaires pour 13 habitants.

    En proportion il y a donc plus de fonctionnaires en France qu’en Grèce.

    Quelques précisions pour vous éviter des poser des questions inutiles :
    Un fonctionnaire est un salarié payé par l’argent public. 7 millions de fonctionnaires français soit la totalité des trois fonctions publiques – Etat, collectivités territoriale et fonction publique hospitalière.

  2. Claveau says:

    Cet article est typique de la désinformation qui entoure les dettes étatiques.

    Point 1 : il y a une différence fondamentale entre une dette publique et une dette privée (particulier ou entreprise). En effet, un Etat ne rembourse pas sa dette, il la fait « rouler ». Il emprunte pour rembourser ses échéances en permanence. Il ne paye donc que des intérêts, alors qu’un particulier paye intérêt et principal. Autrement dit, la charge de la dette est totalement différente entre Etat et particuliers. En clair, elle est beaucoup plus faible.
    Point 2 : Pour un particulier, on estime qu’un endettement est excessif quand la charge de sa dette dépasse 30 % de son revenu. Pour l’Etat français, la charge de sa dette est de l’ordre de 60 milliards d’euros par an. A comparer au revenu annuel du pays (2000 milliards) et au revenu global de l’Etat (environ 1000 milliards). Autrement dit, la charge de la dette publique pèse 3% du revenu national et 6 % du revenu de l’Etat. On est très très loin d’un surendettement. Les gouvernements successifs ont eu une gestion de père de famille. La preuve, la France n’a aucun problème pour refinancer sa dette, c’est à dire continuer d’emprunter pour faire « rouler » la dette. A tel point qu’elle emprunte à des taux toujours plus faibles, ce qui réduit la charge de la dette. La dette française est un placement sûr pour les investisseurs. Ce qu’il est impossible d’expliquer dans le schéma de pensée de l’article !
    Point 3 : La dette des particuliers et entreprises françaises est bien supérieure à 2000 milliards d’euros. Et de celle-là, dont la charge de la dette est plus importante, puisqu’il faut rembourser intérêts et principal, personne n’en parle jamais…
    Point 4 : Quel est le pays qui est le plus endetté par rapport à son PIB ? Le Japon où la dette étatique atteint aujourd’hui 230 %, vous avez bien lu 230 %, du PIB sans que ça ne pose d’état d’âme à personne.

    Conclusion : la désinformation sur la dette étatique n’est que la continuité du discours néolibéral pour qui toute intervention de l’État est à proscrire. Sauf quand il s’agit de sauver les banques comme en 2008. Où récupérer la dette de la Grèce contractée auprès de banques privées qui ont trafiqué les comptes de l’Etat grec pour continuer à lui prêter. Si en 2009 on avait laissé les banques privées qui avaient prêté n’importe comment à l’Etat grec, faire faillite, on parlerait d’autre chose aujourd’hui. Il ne faut jamais oublié que personne n’est obligé de prêter de l’argent. Derrière tout endetté, il y a un prêteur qui a accepté de prendre un risque, celui de ne pas être remboursé. Mais nos banques n’acceptent pas ce risque et viennent chercher les contribuables, c’est à dire cet Etat honni par ailleurs.

    • Tout le monde sait que la dette des Etats est différente de celle des particuliers.

      Mais si la France a aujourd’hui la chance d’emprunter à taux bas, c’est grace à certains pays d’Europe qui par une gestion plus rigoureuse maintiennent la crédibilité de l’euro.
      Une France avec du franc emprunterait au moins à 5% ou plus.

      C’est d’ailleurs ce que j’écris :
      « Avec un déficit de 3% du PIB l’augmentation annuelle de la dette est de 63 milliards d’euro et une augmentation de 2 % des taux augmenterait de 42 milliards d’euro les intérêts annuels… »

      Cette réponse est la continuité du discours d’extrême gauche, de la désinformation.

      On se demande bien pourquoi il y a un problème en Grèce… ah oui, c’est la faute des banques…

      • Claveau says:

        Tout le monde ne sait pas que la dette des états est de nature différente de celle des particuliers et tous les médias s’appliquent à ne pas le dire. Il suffit de lire les journaux ou regarder la télévision.
        Une augmentation de 63 milliards de la dette publique, à 2% d’intérêt, augmente la charge de la dette de 1,2 milliards par an. La charge de la dette passe donc de 6% du revenu de l’état à 6,12 %. C’est bien ce que savent les investisseurs qui n’ont pas besoin d’un « pays du nord » pour savoir que cette charge n’est pas excessive. Il ne faut pas oublier que la France est un pays très riche dont le patrimoine est de l’ordre de 15 000 milliards d’euros. Que représentent ces 60 milliards de charge de dette comparé à ce patrimoine ?
        En cas d’augmentation des taux, seuls les nouveaux emprunts seront concernés et l’augmentation de charge de la dette sera fonction de ceux-ci. Toute la dette n’est pas concernée. On est donc loin des 42 milliards.
        Quand à la responsabilité des banques en Grèce, c’est évident. Encore une fois, derrière tout emprunteur, il y a un prêteur. Les banques connaissaient parfaitement la situation, par ailleurs déficiente, de l’état grec. Elles ont continué à prêter en connaissance de cause. Elle se reposait sur l’idée que l’Europe viendrait au secours. Ce qui s’est produit exactement de la manière dont elle l’espérait puisque les états ont repris le problème à leur compte. Il n’est pas question de nier la responsabilité de l’état grec, mais de dire qu’il n’est pas seul en cause. Comme il ne faut pas cacher que les politiques mises en œuvre en Grèce sous l’égide de la Troîka ont aggravé le problème. Ce que le FMI admet lui-même et demande maintenant une annulation partielle de la dette grecque.
        Si dire la vérité des choses (aucun des points du message n’a été démenti, au contraire) est être d’extrême gauche, alors oui, je le suis

  3. Joël Braud says:

    Pour apporter un élément supplémentaire à la comparaison entre la gestion de la France et celle de la Grèce, il faut préciser que proportionnellement il y a moins de fonctionnaires en Grèce qu’en France ou qu’en Allemagne.
    En 2O11 les dépenses publiques de la Grèce représentaient 51,8% du PIB contre 55,9% en France.
    Restons modestes.

    • « proportionnellement il y a moins de fonctionnaires en Grèce qu’en France ou qu’en Allemagne. En 2O11 les dépenses publiques de la Grèce représentaient 51,8% du PIB contre 55,9% en France « .

      Seulement(!) 825.000 fonctionnaires d’Etat pour 10 millions d’habitants, ça fait plus que pour la France. Pour cette estimation on aimerait avoir les sources et votre mode de calcul. N’oubliez-vous pas les fonctionnaires locaux et autres employés payés par les impôts dans votre décompte?

      Chiffres dépassés, vous prenez des chiffres de … 2011, comme si rien ne s’était passé depuis lors: le PIB en berne de la Grèce, la chute contrainte des dépenses allant avec l’effondrement des rentrées d’impôts.

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