Un record enviable ?

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proces-verbalLa télévision nous a appris ces jours-ci que Pau détient le record d’efficacité des brigades chargées de verbaliser. C’est très heureux pour les policiers qui se voient attribuer une prime, et c’est bon pour les finances de l’État et la sécurité routière. Mais qu’en pensez-vous ?

Il n’est pas possible de commencer sans observer que réduire la mortalité sur les routes est un objectif de cruciale importance. Elle équivaut à celle observée lors de certaines guerres (ne cherchons pas les records en ce domaine, ni celle que l’on « préfère »). Il faut penser à la peine des familles, aux blessés handicapés pour la vie. Que ce fléau ait décru au cours des dernières années doit être souligné.

La peur du gendarme est certainement un facteur à ne pas négliger : l’installation de radars a eu un effet probant. Mais ce n’est pas le seul. L’obligation du port de la ceinture de sécurité, les sacs à air, les contrôles d’alcoolémie ont été efficaces. A l’inverse, l’usage du téléphone au volant est un facteur aggravant. D’autres éléments sont en jeu : la drogue, la fatigue, l’agressivité, l’état du réseau, la signalétique…Ne serait-il pas opportun de jouer sur tous ces éléments à la fois et de diffuser une culture de la prudence et de la courtoisie ?

Renforcer la pénalisation est un peu comme si l’on rétribuait le corps médical au nombre de rechutes ou les enseignants en fonction du nombre de mauvaises notes qu’ils décernent ! Compte-tenu de ce que l’on trouve comme erreurs d’orthographe ou de grammaire sur internet, des fortunes seraient en jeu !

Cette chasse aux fautifs pénalise surtout les pauvres diables qui ont un véhicule ancien, sans régulateur, avec un tableau de bord peu visible, en particulier par un temps très ensoleillé ou la nuit. Leur infliger un retrait de permis de conduire pour des dépassements de la vitesse limite de l’ordre de 5km/h, c’est risquer de les voir perdre leur emploi ou de rendre impossible leur recherche d’emploi, alors qu’ils ont conscience d’avoir roulé raisonnablement, en surveillant la route plus attentivement que leur compteur.

Le résultat de ce classement est un peu étonnant. Autour de moi, j’ai toujours entendu l’antienne :

« Les Béarnais sont des veaux ». L’opinion est sans doute discutable (les armes du Béarn comportent plutôt des vaches…), mais il est clair que le style énervé des parisiens ou le comportement agressif des marseillais ne se trouvent pas si fréquemment dans la région.

Alors, que conclure ? Décerner une palme à ceux qui ont posé des pièges à amendes ou à ceux qui les utilisent ? Ou tenter de mesurer et encourager la baisse de la dangerosité et de la mortalité ?

– par Jean-Paul Penot

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  • Ne nous plaignons pas, nous avons une police efficace… et nous en avons besoin, car le nombre de petites infractions quotidiennes et d’incivilité ne fait qu’augmenter !

  • « Leur infliger un retrait de permis de conduire pour des dépassements de la vitesse limite de l’ordre de 5km/h »….
    Le dépassement de vitesse de 5km/h donne lieu à un retrait de permis de 1 point sur 12. Donc, si mes calculs sont bons, il en reste 11…
    Cela dit, les cas vicieux ne sont pas si fréquents que ça. Il y a des endroits limités à 50 où tout le monde route à 60-65… Dans ces zones, le radar mobile est établi à 65, je crois (peut-être parfois à 60?), ce qui donne 70 au compteur.

  • Aie aie aie…
    Evidemment, seule la peur du gendarme est efficace et le gendarme est là pour nous protéger de ceux qui mettent en danger notre sécurité.
    Evidemment, il existe une minorité de cas vicieux, qu’il faudrait éliminer d’ailleurs, où le radar se trouve à un endroit où la vitesse limite est basse par rapport à un environnement qui porte à rouler plus vite. Mais cela ne remet pas en question la nécessité d’une politique de répression, qui est indispensable.

  • C’est vrai, comme vous ne le dites que partiellement que : »La peur du Gendarme est le commencement de la sagesse », tant il est vrai qu’en matière de sécurité routière, seule la répression porte ses fruits. Il faut le regretter évidemment. Le comportement des conducteurs ne peut être éduqué que de cette manière. Selon certaines études, qui portent sur des donnée difficilement vérifiables, seulement 10% des infractions au code de la route sont réprimées au pénal. Il reste donc une marge importante.

    Là où une pénalisation systématique est critiquable c’est lorsque sur certains très courts tronçons où la vitesse est limitée, se postent des radars mobiles. Il s’agit de pièges qui ne correspondent pas à l’esprit de la sécurité routière. Je pourrais citer plusieurs exemples de ces endroits.

    Quant aux « pauvres diables » dont vous parlez, qui en se voyant retirer leur permis de conduire peuvent perdre leur emploi, il faut rappeler qu’il est toujours possible de demander à passer devant un tribunal de police où la peine sera alors « personnalisée » par un juge qui aura pris connaissance du cas particulier et des conséquences possibles.

    Enfin, il n’est pas inutile de dire que le classement de la brigade la plus répressive concerne les motards de la CRS 25 de Pau. Elle exerce ses compétences sur l’ensemble du département et pas seulement sur PAU.

  • Est ce que verbaliser quelqu’un qui roule à 60 km/h sur les allèes Catherine de Bourbon, un des lieux favoris, apporte quelque chose à la sécurité? Non.
    De toute façon des progrès considérables ont été faits et il restera un niveau incomprésible d’accidents.
    Quant aux chiffres, ne serait il pas plus indispensable de s’attaquer vraiment au 60 000 morts par an du tabac ?

  • Prendre la route est devenu un véritable calvaire et non plus un plaisir. Entre les vieux qui ne savent plus comment s’engager dans les giratoires et les frimeurs qui surfent sur les bandes blanches, sans parler des limitations de vitesse parfois complètement surréalistes (exemple pour mémoire les 70 km/h de la longue ligne droite à la sortie de Sault de Navailles, direction Pau, avec son radar mobile en pied de côte), on se dit fini le temps où, pour être à Toulouse à sept heures du mat, quand les ouvriers se rassemblent dans la cour, il fallait démarrer le lundi à quatre heures trente de Pau et faire quelques pointes sur le plateau de Lannemezan, sans frimer, juste pour être à l’heure (avant les premiers bouchons). A éviter les camions qui zigzaguaient de fatigue, et tout le reste.
    Mais attention, nous pouvons tous être des assassins involontaires, par inattention, par distraction, par inadvertance. Et là, radars ou pas, les séquelles sont irrémédiables.

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