Mauvais gestionnaires les Maires ?

0
(0)

dépenses  « Les Maires s’insurgent » tel est le titre de l’article du Sud Ouest du 11/07/2015. Ainsi donc nos Maires des Pyrénées Atlantiques seraient maltraités par l’Etat qui leur demande, comme à tout le monde d’ailleurs, de faire quelques menues économies.

Les maires de France ont pour leur immense majorité une vision très égoïste du fonctionnement de l’Etat. Pourtant, depuis des décennies la France, et donc les communes, vivent très au dessus du nécessaire. Pire, ils n’ont fait durant ces trente dernières années aucun effort pour améliorer et rendre performant le fonctionnement de leurs communes, et l’intercommunalité qui devait permettre de faire des économies par mutualisation des moyens est un vrai fiasco. Nos partis politiques ont toujours capitulé devant les Maires car ce sont eux qui constituent le maillage du clientélisme, qui décident des rentes de sénateur, ou des signatures pour les présidentielles, et constituent aussi un bassin d’emploi non négligeable pour leurs encartés …

Ils n’ont jamais voulu fusionner entre communes pour faire de réelles économies d’échelle et de moyens, chose que tous les États européens comparables ont fait depuis plusieurs décennies. Quant à la compétitivité, ou ici la performance, elle est inexistante.

Quelques chiffres :

En 2009 déjà, la Cour des Comptes avait enfoncé le clou et rappelé que l’emploi territorial avait bondi entre 1980 et 2007 de 71,2 % ! A comparer avec les + 14 % constatés dans le même temps dans la fonction publique d’État.

Plus récemment la Cour des Comptes a donné des chiffres sur l’évolution ces dernières années, les collectivités locales ont globalement créé 287 000 postes entre 2004 et 2010 (+ 2,9 % par an), 152 000 de ces postes l’ont été hors décentralisation, soit une augmentation de 1,6 % en moyenne annuelle (+ 25 000 postes par an).

L’emploi a surtout augmenté dans le bloc communal. Dans les communes, il est passé de 956 000 postes en 1998 à 1,14 million en 2010. Et dans les intercommunalités, les effectifs ont bondi durant la même période de 50 000 à 171 000. Pour compléter le panorama de cette gabegie, il faut citer ce que disait Didier Migaud Président de la Cour des Comptes et homme de gauche le 2/07 /2012 en présentant son rapport : « Hors transferts de compétences, les effectifs des collectivités territoriales se sont accrus de plus de 260 000 postes depuis 2002, dont près des trois quarts concernent les communes et intercommunalités ».

 

  « On est à l’os. Que le préfet vienne regarder nos budgets, et qu’il nous dise quelles dépenses sont indues », lance, comme un défi, Jean-Yves Lalanne (Maire de Billère)

Bon, on va regarder …

Comme dans toutes les municipalités, le cancer est constitué par les coûts de fonctionnement et principalement la masse salariale. Evidemment on pourrait trouver de nombreuses sources d’économies dans tous les secteurs, mais la Mairie de Billère ne donne aucune indication sérieuse sur ses budgets et leur évolution.

Il n’y a ni Budget primitif, ni Comptes Administratifs, ni même les délibérations concernant ces budgets sur le site Internet de la Mairie !… Où est la transparence à Billère ? Des choses à cacher ?

Regardons donc quand même a partir du site national « Collectivités-locales.gouv.fr » et le journal publicitaire de la Mairie.

Depuis le création de l’agglomération paloise, la masse salariale de Billère s’est accrue de 42% (5,5 M€ en 2000 à 7,8 M€ en 2013). Pendant le même temps, la masse salariale de la CDAPP, partie de rien, est arrivée à 27,7 M€. L’agglomération est la mise en commun de différents service pour chacune des communes. Billère avec ses 14 000 habitants compte pour environ 10% dans l’agglomération, sa quote-part « masse salariale »est donc de 2,7 M€ a rajouter à l’augmentation communale. Ce qui donne une augmentation de 5,5 à 10,5 M€ soit 5 M€, près d’un doublement de la masse salariale !

D’un autre côté JY Lalanne nous dit que Billère devrait voir sa dotation globale de fonctionnement (DGF) passer de 2,3 millions en 2014 à 1,8 million en 2016 soit une baisse de 0,5 M€

C’est pas sérieux ! C’est rien du tout, et la masse salariale doit sans problème absorber cette baisse, et même bien plus !

Car, en plus, JY Lalanne augmente sans cesse les impôts locaux : le taux communal a augmenté de 1,64%/an de 2000 à 2007 de 1,03 % de 2007 à 2014 et de 2% en 2015 !!! Sachant bien sûr que la base imposable augmente automatiquement comme l’inflation. Produit fiscal supplémentaire : 140 000 € pour 2015. Ceci sans compter les recettes supplémentaires liées à l’augmentation des tarifs dans certaines activités. La baisse de recettes est donc inférieure à 0,36 M€ pour un budget total de 22 M€ soit – 1,6% ! C’est à dire invisible.

On a d’ailleurs déjà démontré, avec l’exemple de la ville de Pau, que l’incidence de la diminution de dotation de l’État était négligeable dans le budget communal : « Bayrou et le budget de la ville de Pau : où est la vérité ? » (AP du 22/4/2015).

JY Lalanne est donc un mauvais gestionnaire, tout comme « André » Bayrou, car il ne diminue pas les coûts exorbitants de fonctionnement mais diffère les investissements. Réflexe de la facilité lié sans doute à son passé de syndicaliste professionnel à la CGT…

Ainsi le budget d’investissement de Billère va évoluer autour de 2 M€ pour les années à venir ce qui est vraiment bas, conséquence de coûts de fonctionnement disproportionnés. Mettons cependant à son crédit la volonté de mutualiser les services municipaux avec l’agglomération ou les communes voisines. Mais il se garde bien de dire comment et combien de postes il pourrait supprimer …

Il est clair qu’une commune comme Billère aurait dû depuis longtemps fusionner avec Pau. Quelle différence entre deux habitants de l’avenue Jean Mermoz ? L’un est palois et celui d’en face Billerois … Ridicule, mais caractéristique de notre invraisemblable désorganisation communale.

Il faut dire à la décharge des maires de l’agglomération que la mauvaise gestion de la ville de Pau et le niveau invraisemblable de ses impôts locaux n’encourage pas à cette démarche pourtant indispensable et inévitable. Et « La folie des grandeurs » d’André Bayrou n’arrange rien !

Pour terminer, il faut mettre une nouvelle fois en exergue le manque de transparence dans le fonctionnement des collectivités territoriales et Billère est gravement coupable, puisqu’on ne trouve rien sur le site Internet de la ville. On attend donc au minimum, les budgets primitifs (M14) et les Comptes Administratifs (pour les 5 dernières années), et avec ces documents, il y aura la possibilité de trouver de très nombreuses autres sources d’économie…

On en profite pour relancer le Conseil Départemental qui, malgré les promesses écrites de JJ Lasserre n’a toujours rien publié, ou la ville de Pau et la CDAPP où malgré nos nombreuses relances les informations sont toujours très incomplètes.

Vous ne croyez pas ce que vous disent vos élus, et vous avez raison. La plainte des Maires est un vilain mensonge, à moins qu’ils ne soient réellement incompétents ou démagogues, ou les deux à la fois…

 

par Daniel sango

Notez cet article

Cliquez sur une étoile

Note moyenne 0 / 5. Nombre de note : 0

Aucun vote jusqu'à présent ! Soyez le premier à noter cet article.

Nous sommes désolé que cet article ne vous ait pas intéressé ...

Votre avis compte !

Souhaitez vous nous partager un avis plus détaillé ?

5 commentaires

  • réponse à Georges Vallet : qui a coulé le paquebot France, qui va couler la SNCM, je pourrais citer d’autres exemples. Qui pratique la culture de la grève av ec parfois des piquets pour empêcher les non grévistes de travailler. etc…

  • Comme il est dit dans l’article, le maire de Billère est un ancien syndicaliste C GT, c’est-à-dire une culture du toujours plus de dépenses, plus de déficit, plus de dettes. Nos enfants se débrouillerons avec, s’ils le peuvent.

    • « syndicaliste CGT, c’est-à-dire une culture du toujours plus de dépenses, plus de déficit, plus de dettes »

      Je ne prétends pas défendre la CGT, elle n’a jamais été ma centrale favorite, mais votre intervention n’est qu’une opinion, une affirmation péremptoire qui reste à démontrer.
      Je n’ai pas l’impression que la CGT soit responsable:

      de la spéculation (plus de dépenses).
      des traités qui interdisent à la BCE de prêter directement aux États. Sans les charges d’intérêt accumulées fixées par ces marchés, ou avec des taux d’intérêt très faibles, aucun État européen n’aurait de dette insupportable. (plus de dépenses)
      de l’existence des paradis fiscaux privant les États de recettes énormes. Rien que pour l’UE, entre 1500 et 2000 milliards d’euros sont ainsi mis à l’abri de toute fiscalité.(plus de déficit).
      Des grands projets inutiles ou nuisibles financés par le PPP (dette) : dépenses de prestige, nucléaire, certains grands équipements et infrastructures, grands stades, aéroports surdimensionnés..(plus de dépenses)
      Des «niches fiscales».
      Régime société mères et filiales qui a permis aux grands groupes de diminuer leur impôt.
      Régime d’intégration fiscale qui a permis aux grands groupes d’économiser des milliards d’euros.
      La «niche Copé» sur la défiscalisation d’une partie des plus-values réalisées par les grands entreprises lors de la vente d’une de leurs filiales qui a coûté 3,4 milliards d’euros à l’État en 2009.
      La défiscalisation des heures supplémentaires a eu non seulement un effet très néfaste sur l’emploi en rendant les heures supplémentaires moins coûteuses que l’embauche mais a aussi coûté 4 milliards d’euros à l’État en 2009.
      La baisse de la TVA dans la restauration n’a entraîné aucune baisse des prix à la consommation, aucune amélioration de la situation de l’emploi dans ce secteur mais a coûté 3 milliards d’euros aux finances publiques.
      Le «bouclier fiscal» mis en place par Sarkozy a permis à 47% des bénéficiaires (ceux payant l’impôt sur la fortune) de percevoir 90% des reversements effectués par le Trésor public, soit près de 680 millions d’euros en 2009.
      Transformation de la dette privée en dette publique pour sauver le système bancaire et les actionnaires des banques.
      etc.,etc…

  • «Depuis des décennies la France, et donc les communes, vivent très au dessus du nécessaire»

    Quand on voit le remplissage des caddies à la sortie des grandes surfaces, je tiens le même raisonnement, et pourtant j’ai tort puisqu’il faut consommer toujours plus! Or la somme des citoyens représente les communes et la France. Quand la décroissance de la consommation inutile et que le gaspillage deviendront prioritaires, dans les mœurs des électeurs, nos élus feront de même puisqu’ils en sont issus! Ce ne sont pas les maires qui dépensent trop, ce sont les citoyens qui le réclament puisqu’ils votent pour eux. Ils leur reprocheront s’ils ne font rien pour la commune!

    «Les maires de France ont pour leur immense majorité une vision très égoïste du fonctionnement de l’Etat.»

    La réciproque est vraie:«L’Etat a une vision très égoïste du fonctionnement des communes»

    Les collectivités territoriales ont dû supporter des charges supplémentaires:
    Les cas sociaux sont de plus en plus nombreux et dramatiques, il faut y faire face, c’est une mission de service public. Logement, nutrition,éducation, lutte préventive et curative contre la hausse de la délinquance dans les petites communes…
    Les désastres environnementaux sont aussi de plus en plus nombreux et les retombées, dans le contexte local, importantes: secours aux sinistrés, aides aux collectifs, bénévoles ou pas, qui participent. Dernièrement deux voitures de pompiers ont été brulées lors des feux près de Bordeaux, il a fallu assurer la protection des habitants, le relogement provisoire; les retombées des inondations, des tempêtes nécessitent des remises en état (téléphone, électricité, routes, bord de mer, digue..).

    Les charges induites par des réglementations toujours plus contraignantes grèvent également lourdement les budgets locaux, entre autres l’application de normes nouvelles imposées par l’Union européenne. Une étude menée par le cabinet Arthur Andersen pour le compte de la Fédération des villes moyennes et le Crédit local de France a permis d’évaluer l’impact financier, pour les communes, de la mise aux normes dans les secteurs de l’environnement, de la voirie, des équipements sportifs, des bâtiments publics et de la restauration collective. En extrapolant ces résultats obtenus à partir de l’examen approfondi de 10 villes moyennes, l’étude fait apparaître un coût oscillant entre 19 et 22 milliards d’euros sur la période 1999-2005 (2013 pour les travaux liés à la teneur en plomb de l’eau.)
    etc.,etc.

  • Un exemple qui va dans votre sens, relevé dans le bulletin municipal de ma commune (225 hab.) de Juin 2015 :
    « Projets communaux :
    Le conseil municipal a réfléchi à la construction d’une nouvelle mairie afin de …mettre aux normes les bâtiments communaux et agrandir l’espace réservé au rangement. …. …. Surface de 70 m2 environ.
    Le coût de l’opération serait subventionné … : DETR (Etat), Communauté de Communes, réserve parlementaire, FIPHFP (fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique).
    Nous sommes en attente d’un devis estimatif. »
    La plupart des communes ont des projets de ce style. Il faut aussi donner du travail aux entreprises locales du bâtiment.
    Et puis, si la commune refuse ce projet, les subventions iront vers une commune voisine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *