Régions, la fonction de « président délégué ».

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imgresEn écrivant un article intitulé : « Il n’y aura pas de réforme territoriale » le 18 mars 2015, je ne croyais pas que les événements me donneraient si vite raison. Actuellement se déroule une sorte de joute politique entre ceux qui souhaitent créer un poste de « président délégué » dans les futurs conseils régionaux et ceux qui s’opposent à ce qui n’est en réalité qu’une compensation faite aux présidents sortants.

 Il est un certain Dominique Reynié, politologue et professeur à Sciences po Paris qui se lance en politique. Il passe donc du statut d’observateur au statut d’acteur. Il est connu pour ses nombreuses participations à une émission du nom de « C dans l’air » diffusée quotidiennement sur la Cinq. Actuellement il constitue une liste en vue des prochaines élections régionales qui se dérouleront en décembre 2015. Le fait qu’il se réclame d’une formation politique plutôt que d’une autre n’ayant rigoureusement aucune importance, celle-ci ne sera pas mentionnée ici.

Donc ce nouveau en politique –  il voit la politique avec les yeux de Chimène et cette forme de naïveté qu’ignorent ceux qui n’ont jamais été confrontés à la dureté de ce monde – croyait que la réforme des régions serait suivie d’effet et que leur nombre passerait de 22 à 13. Erreur qu’un homme d‘un tel niveau intellectuel et d’une grande culture dans ce domaine, n’aurait jamais dû se permettre. Il découvre dans la région où il propose sa candidature que les politiques actuellement en place font de la résistance. Cette région résulte du regroupement du Midi Pyrénées (Toulouse) et du Languedoc Roussillon (Montpellier).  La fusion se fera, certes mais sans faire disparaître de la scène politique les actuels tenants d’un mandat qu’ils estiment être leur propriété. Les baronnets s’arc-boutent sur leurs privilèges.

Il résulte de ces magouilles qu’un certain Damien Alary, inconnu du grand public, mais actuel président du Languedoc-Roussillon, serait nommé « Président délégué » de cette nouvelle région. Une loi concoctée par ses amis politiques dans une discrétion qui en dit long sur la gêne qu’ils doivent ressentir, doit bientôt voir le jour. Cette fonction de « président délégué » viendrait s’ajouter à celles de vice-présidents. Donc point n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre que ces « présidents délégués » seront en réalité la résurgence des présidents de régions dans leur ancienne conformité avec les mêmes avantages, les mêmes prérogatives, le même nombre de  fonctionnaires territoriaux etc. Il n’est pas exclu également que certaines arrière-pensées politiciennes, tels que des alliances entre formations politiques, aient inspirés ce projet de loi. Avec la loi NOTRe qui a soigneusement détricoté le projet de fusions des régions voici maintenant un retour en arrière qui fait passer à la trappe une réforme indispensable pour réduire le millefeuille territorial. On ne fera donc pas d’économies d’échelle, bien au contraire, on prend le risque, ce faisant, d’accroître les dépenses.

Bien joué messieurs les politicards, vous qui nous faites comprendre que dans notre pays sauf à espérer un coup d’Etat, aucune réforme n’est possible.

« Le bon fonctionnement d’une démocratie passe par l’existence d’un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent » (Extrait de la charte déontologique du gouvernement). Eh bien messieurs les politicards, ce lien de confiance est rompu, mais vous vous en moquez l’essentiel étant pour vous d’appartenir à cette caste qui commence par être honnie par les Français.

 

Pau, le 12 Août 2015

Par Joël BRAUD

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  • … Puis, le vice-président délégué, puis adjoint au vice-président délégué… bref surtout que rien de bouge ! Et faisons des réformes dans la continuité : promis, nous ferons des économies, sans augmenter les dépenses, sauf les impôts, bien sûr !
    Ils se moquent de nous ? Nous leur rendons bien par notre non-vote !

    • Michel LACANETTE.

       » Nous leur rendons bien par notre non-vote » « Ils se moquent de nous »
      Ça c’est sûr , mais ce n’ est pas en s’ abstenant qu’ on les gêne beaucoup. Par contre voter blanc, même si c’ est pas comptabilisé ( pour l’ instant, mais espérons que ça le sera) les met bien plus dans l’ embarras, car cela signifie qu’ aucun d’ entre eux nous intéresse. Mais par contre, indique en retour que nous nous intéressons quand même à leurs affaires politiques. Cela les met très mal à l’ aise vis à vis d’ eux mêmes.
      S ‘ abstenir laisse entendre que l’ on est indifférent. Rien ne les empêche d’ exercer pleinement leur mandat avec 5% des voix à la  » majorité absolue » . Cela se vérifie
      quotidiennement.

  • M. Reyne ne découvre pas benoîtement que les politiques font de la résistance. Il utilise la « cuisine » faite par le camp opposé comme argument électoral.

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