Les maires du Béarn, pas décidés à se soumettre.

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imgresLe lundi 7 septembre 2015, comme le veut la tradition, les maires du Béarn se sont retrouvés à la foire exposition de Pau pour leur réunion annuelle. L’occasion de se rencontrer et d’échanger sur les sujets les plus divers. Cette année, l’ambiance était différente à en juger par la forte représentation des édiles. Quelles en sont les raisons ?

La première tient à la baisse de la dotation de l’État. Certains maires, la main sur le cœur, jurent qu’ils ne pourront s’en sortir qu’en augmentant la fiscalité locale. Peu d’entre eux se montrent de fermes partisans de la réduction des dépenses, principalement de fonctionnement. On a ses habitudes et on ne veut pas vraiment en sortir. Alors on parle des doublons dans les compétences territoriales (Alain Rousset) qui coûtent cher.

Et puis l’actualité les inspirant, les maires ont parlé de l’accueil des migrants appelés maintenant, à l’exemple de l’Allemagne, les réfugiés. Alors là pas de divergences tout le monde affichant son esprit de générosité et voulant se donner bonne conscience, se déclare solidaire de l’élan humaniste. C’est aussi là l’occasion de redire que les moyens financiers manqueront pour satisfaire aux nécessités matérielles de cet accueil. A ce propos, autant les nobles intentions sont exposées au public pour recevoir ces réfugiés, autant d’un autre côté, ils se montrent particulièrement réticents pour se mettre en conformité avec la loi lorsqu’il s’agit de créer des aires d’accueil pour les gens du voyage. Il y a accueil et accueil.

Mais le plus gros morceau, celui qui fâche et qui les place dans le doute quant à la pérennité de leur mandat, c’est bien sûr la réforme territoriale. La loi NOTRe (Nouvel organisation territoriale de la République) inquiète et fait peser sur eux comme un climat d’incertitude. Ce sujet est délicat, voire douloureux, jusqu’à Jean Lassalle qui affirme sur un ton aussi péremptoire que divinatoire que bientôt, tous ces maires n’existeront plus. Jean-Jacques Lasserre et François Bayrou affichent, eux, haut et fort leur hostilité au projet de regroupement des communes. D’autres à la tête de petites communes ont peur de ne pas faire le poids, de ne pas être entendus et on revient sans hésiter à cette notion, plutôt fictive, de proximité.

De son côté, le Préfet va son chemin et rappelle que notre pays compte trop de communes (36700), et qu’il va falloir renforcer l’échelon intercommunal. Il fait connaître sa volonté de réduire de moitié le nombre des intercommunalités. Lorsqu’on sait que le Préfet représente l’autorité de l’État on est tenté de croire que se trouve là une réelle détermination pour arriver à mener à terme ce projet. Mais face aux élus, l’expérience a démontré que l’autorité de l’État manque un peu de poids (la disparition programmée des départements a donné lieu à un flop lamentable). Dans son rapport, la Chambre Régionale des compte va dans le même sens de regroupement lorsqu’elle préconise l’élargissement de la CDAPP de 14 à 39 communes.

Nous verrons la suite, le Préfet doit rendre sa copie le 28 septembre prochain à l’occasion de la réunion de la commission départementale de la coopération intercommunale (CDCI). Il précisera les regroupements qu’il préconise, mais cette instance, aura à se prononcer. Les débats vont commencer et se poursuivre à n’en plus finir, une fois de plus les élus feront obstruction à toute forme de modification de l’organisation territoriale. Il est plus important de défendre son mandat que de se soucier de l’intérêt général.

L’autorité de l’État sera-t-elle assez forte pour ignorer ces tergiversations ?

Pau, le 9 septembre 2015

par Joël BRAUD

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  • Nos Maires sont de petits barons égoïstes.
    Oui il faut supprimer cette organisation moyennageuse de la France et fusionner les communes pour en diviser le nombre par dix.
    En plus c’est très facile, tout le monde l’a fait en Europe, autour de nous depuis plus de trente ans!
    Oui il faut diminuer de 5% et plus l’aide de l’Etat aux communes, même Bayrou le proposait dans son programme présidentiel.

  • Nous n’étions pas à la même réunion sans doute. Il serait bon de mettre en lumière le comportement de Bayrou qui a expliqué que les réfugies il fallait les aider mais qu’au regard de la baisse des dotations de l’état c’était impossible pour les municipalités. C’est une réponse de « faux cul » et d’hypocrite. Honte à Bayrou!
    Quant aux maires du Béarn, d’un côté ils ont une piètre connaissance de l’organisation territoriale et d’un autre ils ne voient pas plus loin que le bout de leurs godasses.

    • Barthe, attaque ad-hominem! Il n’y a aucune raison de  »charger » Bayrou.
      Car le bureau et les responsables de l’Association des Maires de France (donc toutes représentations confondues) ont la même position que celle exprimée par François Bayrou. Le président de l’AMF François Baroin, maire de Troyes, insiste sur l’octroi indispensable d’une aide de l’Etat. Le vice-président socialiste de l’AMF , André Laignel, maire d’Issoudun, précise que le bureau de l’AMF « droite et gauche confondues » est unanime pour soutenir François Baroin sur la journée de protestation comme sur la question des réfugiés. Laignel insiste: le dialogue n’a jamais été aussi difficile entre l’exécutif et la puissante organisation de maires.

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