Pyrénées : Brouillard et GPS


cabane d’Isarce

Cabane d’Isarce

Huit heures du matin, le jour commence tout juste à se lever, au Cot de Bellocq (430m) situé au-dessus des Grottes de Bétharram. Le brouillard est à couper au couteau. Il bruine. Difficile même de trouver le point de départ en voiture. Atmosphère 110% écossaise ! La météo annonçait pourtant du beau temps pour la journée. Mon projet : monter au Soum de la Génie Braque et au lieu dit des «Tres Crouts*». Une randonnée de plus de 1400m de dénivelé et près de 20 kms aller et retour. Je ne connais absolument pas le coin.

Faisant le pari que le temps va s’améliorer, je commence à gripper. Si le sentier est bien visible au début, très vite, il devient moins évident : Peu de cairns, un marquage jaune espacé, des feuilles mortes qui le recouvrent et un brouillard épais. Le parfait cocktail pour se perdre. La progression est plus qu’aléatoire. Avec une carte, boussole et altimètre, l’orientation dans une telle « poisse blanche » est compliquée.

Reste le miracle du GPS dans lequel j’avais chargé la trace de la randonnée sur le site topopyrennes.com de Mariano. Le petit curseur indique très exactement sur l’écran où je me situe par rapport à la carte et la trace dessinées.

Un incroyable confort pour faire face aux éléments contraires. La forêt est longue et reste emmitouflée dans le brouillard. Le curseur avance le long de la trace au fur et à mesure de mes pas. Si je m’éloigne du sentier, il « quitte la route » car il me suit. A moi, de prendre la mesure corrective pour revenir à la trace.

Dans l’ambiance, pas franchement chaleureuse crée par le brouillard, le besoin de s’arrêter un instant, après 900m de dénivelé, se fait sentir. La cabane d’Isarce n’est pas loin selon le GPS. Je ne la vois nulle part et pourtant son petit icône se rapproche sur l’écran du GPS et… la voilà qui apparait, tel un fantôme dans le brouillard, à seulement 15 mètres, dans l’axe de mes pas. Magie de la technologie !

Dix minutes d’arrêt avant de poursuivre vers le Soum de Marti Veyras, le Soum de Mâle Taule, l’emplacement des « Trois Crouts» et la destination finale : le Soum de la Génie Braque (1520m). Le brouillard se déchire enfin. Au sommet, après 4 heures de marche !

Sans le GPS, cette sortie n’aurait pas été rendue possible. Bien entendu, il n’est pas d’un grand intérêt de marcher de longues heures entouré d’une « purée de poix » mais il faut savoir que le randonneur ne choisit pas le temps. Une sortie, démarrée par un très beau soleil, peut vite passer à une brouillard total. Tous les randonneurs savent avec quelle facilité ils peuvent se perdre à ce moment-là,  tourner en rond et galérer de longs moments. Certains finissent par dormir dans un recoin, trouvé sur place. Des accidents sont possibles.

Le GPS est une indiscutable sécurité pour les randonneurs en montagne. Il ne faut cependant pas oublier que leurs piles peuvent se décharger. Il convient donc d’avoir avec soi toujours des piles de rechanges. Par ailleurs, dans les forêts denses, les satellites peuvent avoir des difficultés à repérer le GPS, de même dans les lieux encaissés. Les ondes peuvent aussi être perturbées par les affleurements ferrugineux et la proximités des lignes électriques.

Le GPS n’est donc pas la panacée absolue mais une aide supplémentaire de taille, pour s’orienter, à la disposition du randonneur.

– par Bernard Boutin

* « Trois Crouts» (Trois Croix en gascon). Retour sur histoire : « Béarnais et Bigourdans se sont longtemps battus pour la possession de la Forêt de Tres Crouts. En 1569 les protestants béarnais de la vallée d’Asson décident d’attaquer les Bigourdans de l’Estrèms de Salles auxquels ils disputaient les montagnes d’Azun et de Maumula.
Les 1500 hommes avaient le dessein de mettre à feu et à sang le village de Salles et d’enlever tout le bétail de Vergoun. Mais la bataille fût remportée par les Bigourdans.
Ces conflits prenaient une telle importance qu’il fallait faire intervenir l’armée du Roi. Il était impossible à l’évêque de Tarbes d’instaurer la concorde. Au lieu dit « Tres Crots » venaient converger sur cette montagne les évêchés de Tarbes, de Lescar et d’Oloron. Aujourd’hui, il en reste 3 croix gravées sur une roche et l’inscription 1716. »

Comments

  1. Bonjour Bernard,
    A défaut de voir un joli panorama, tu auras au moins vu les 3 croix !
    Quelle persévérance, moi j’aurai déjà fait demi-tour à la cabane, bravo à toi !
    Amitiés

    Topopyrénées Mariano

    • Quand j’ai un os, je le ronge… et puis, je pensais que le brouillard allait se lever.
      Merci de m’avoir permis de découvrir le coin. Là encore : un rêve d’enfance. Pendant 4 ans, au collège de Bétharram, ces lieux m’ont dominé… et attiré. Il fallait bien, quelques décennies plus tard, que j’y pénétre. Il me faut maintenant y revenir parce que la vue était réduite à rien mardi.

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