Le coût de la vie, le coût de la mort


imgresCe n’est pas seulement au début du mois de novembre que celles et ceux qui sont bien dans la vie pensent à la mort. Mais le font-ils du point de vue économique ? Probablement pas.

Pourtant cet aspect pourrait figurer dans leur réflexion. Seulement les questions de croissance, d’inflation, de Q.E. (quantitative easing), de P.I.B. (produit intérieur brut) paraissent souvent bien abstraites. Ce que le citoyen moyen ressent, c’est la stagnation des retraites et des salaires (cinq ans pour la fonction publique…), la hausse du prix de la viande ou la baisse du prix du carburant. Alors que le Q.E. Représente une somme colossale, de l’ordre de mille milliards d’euros déversés par la Banque centrale européenne pour soutenir l’économie européenne. Avec pour effet une baisse de l’euro favorable aux exportations, mais jouant aussi à la hausse sur les importations.

Plusieurs économistes, dont notre fleuron local Jacques Le Cacheux, soulignent les faiblesses du mode de calcul du P.I.B. qui ne représente que partiellement la richesse d’un pays et son bien-être. Par exemple, une amélioration de l’offre de transport en commun, comme c’est le cas en région parisienne où la validité de la carte Navigo a été étendue de la petite couronne à la grande couronne peut se traduire par une baisse du P.I.B. puisque la consommation de carburant devrait avoir baissé à la faveur de cette offre plus accessible.

Mais l’attention du public est attirée par d’autres faits comme des faits divers ou les manifestations de telle ou telle catégorie sociale. Certains accidents impliquant des autocars ou des poids lourds devraient évidemment souligner la dangerosité d’une politique centrée sur la route et le profit. S’interroge-t-on sur la question des temps de repos des chauffeurs, pourtant cruciale en matière de sécurité ? Pour ce qui est du conflit chez Air France, met-on en avant le point de vue du voyageur ? Pourtant, pour qui a goûté à la qualité du service offert par Transavia, une filiale bas-coût d’Air France, et à l’accessibilité des vols à destination de bien de villes européennes ou non (souvent à partir de 40 à 50 euros), la dispute entre la direction et les pilotes paraît une sale histoire de provocation et de manque de dialogue. Du genre « T’vas voir ta gueule à la récrée ». Pas très bon pour l’image de marque de la France, pas plus que la cherté de la petite bouteille d’eau à l’aéroport de Paris (70 à 80% plus chère que son prix en vol chez Transavia, soit 2,50 euros, un comble !). Idem sur les autoroutes. Tout (ou presque tout) concours à faire apparaître comme chère, sophistiquée et peu fiable la production française. Jusqu’aux restaurants français, notamment à l’étranger, mais aussi ici, en raison d’une course au raffinement.

S’il est bien un domaine pour lequel la ponction sur les ressources des Français est peu productive, c’est bien la question de la mort. Je ne vise pas seulement les frais d’obsèques, dont on nous dit qu’ils devraient baisser grâce à internet. Comme si toutes les familles pensaient à faire jouer la concurrence en de tels moments ! Je pense aux contrats de prévoyance pour les obsèques qui attirent des personnes âgées soucieuses de ne pas créer une gêne financière au moment de leur disparition. L’allongement de la durée de vie conduit bien souvent au versement de sommes trop élevées qui ne font qu’enrichir sans frein des compagnies.

On peut aussi penser à certaine professions comme celle des notaires. Leur rôle social n’est pas en cause : il est clair qu’il y a un besoin de médiation et de conseil pour les familles. Mais lorsqu’un notaire perçoit des droits pour une succession pour un bien qui est encore couvert par un emprunt, alors que l’Etat s’abstient de percevoir des droits sur la dette restante, on est en droit de se demander si ce n’est pas abusif. Et la lettre de menace de mort envoyée par un notaire au moment d’un conflit avec le gouvernement n’a rien fait pour rehausser le prestige de la profession. Oui, Messieurs les notaires (la féminisation de la profession ne semble pas avoir beaucoup progressé), vous faites quelques efforts pour gagner la confiance du public. Vous en avez bien besoin.

Et l’on pourrait en dire autant de bien des secteurs de notre économie.

Paul Itaulog

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