Pau, les seniors imposables n’ont pas besoin d’aide


imgresDans la rubrique : comment faire pour inciter les Palois à davantage fréquenter le centre-ville et par là permettre aux commerces de renaître, la municipalité de Pau a trouvé un nouveau moyen. Les retraités imposables paieront le bus plus cher. Mais quelle est donc cette logique ?

Dans le but de faire des économies, le conseil d’administration du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Pau a, lors de sa dernière réunion, décidé de limiter dans des proportions considérables l’aide qu’elle pouvait apporter aux Palois de plus de 65 ans, imposables, en modifiant les conditions d’abonnement aux transports en commun, Idelis. Que ceux qui seraient tentés de comparer ces 56 000€ d’économies aux 500 000€ généreusement attribués à la section paloise, se ravisent immédiatement ; cela n’a rien à voir.

Auparavant un senior imposable domicilié à Pau avait la possibilité d’acheter pour la somme de 55 € une carte d’abonnement valable pour une durée d’un an et sans limitation du nombre des trajets. Cette investissement correspondait à 65 trajets, le 66 ème et les suivants étant gratuits. Désormais ce même abonnement sera de 99,60 € ce qui fait que la gratuité ne sera acquise qu’à partir du 119 ème trajet. Une augmentation de 45 % imposée à cette catégorie de Palois qui fait suite à une augmentation très récente de 2,43% du montant du billet (de 082 € à 0,84 €).

Après tout pourquoi pas ! Mais là où l’on a du mal à comprendre c’est lorsque Josy Poueyto, présidente du CCAS, affirme de façon péremptoire : « L’effort est à fournir par tout le monde et nous ne sommes pas là pour payer le bus à des gens qui n’en ont pas besoin ». Dont acte ! pour cette leçon de solidarité. Sauf que les Palois imposables sont ceux qui justement consentent un effort de solidarité parmi les plus importants en France. Rappelons simplement que Pau se classe dans les villes les plus chères compte tenu du montant des taxes locales. Alors on aura beau nous dire que c’est 10% moins cher que les 111 € qu’on aurait pu leur réclamer, on reste perplexe. Il faut néanmoins s’interroger sur ce qui avait conduit la municipalité précédente à mettre en place cette tarification avantageuse.

La raisons ne sont pas difficiles à comprendre, il s’agissait alors de trouver un moyen d’inciter à l’usage des transports en commun d’une part et d’augmenter le volume des chalands dans le centre-ville, d’autre part. Les bus sont peu utilisés. Les commerces palois souffrent, ce n’est un secret pour personne. Déambuler rue des Cordeliers, rue Carnot, rue Serviez et dans le centre commercial Bosquet en fournit le triste spectacle. Rien ne laisse penser qu’une revitalisation est possible. Alors faire payer plus cher les transports en commun ainsi que les prix des stationnements ne semble pas relever de la meilleure logique. On pourra toujours considérer que, sur le plan électoral seulement 1000 contribuables de cette catégorie des seniors sont concernés, alors…

Ajoutons à cela que des services de la mairie, auparavant installés dans le centre-ville, ont déménagé dans les locaux du piano et que la CCI (Chambre de Commerce et d’industrie) envisage de déménager, nous n’aurons pas fini de ne pas comprendre. Pour ma part je me demande ce qui pourrait encore m’inciter à fréquenter le centre-ville et à utiliser les transports en commun.

Pau, le 20 janvier 2016
par Joël Braud

Comments

  1. Freulon says:

    C’est lamentable de faire payer les « vieux » avec le prétexte qu’ils ont de l’argent.

    • Vous pourriez développer ? Pourquoi les « vieux », comme vous dîtes, ne paieraient pas les services qu’ils utilisent au même titre que tout le monde ?

  2. En ce qui concerne les transports en commun, c’est la « gratuité » pour tous + des parkings relais qu’il faut, ce qui va bénéficier aux actifs, à la classe moyenne (par rapport à la situation actuelle). Cela permet de doubler ou tripler la fréquentation.
    Il faut ce genre de signal fort pour faire évoluer la ville.
    Mais la preuve que la volonté n’y est pas.

  3. Emile64 says:

    Merci à M. Braud de cet article édifiant. De plus en plus, les citoyens imposables sont confrontés à la double peine: non seulement ils s’acquittent de l’Impôt sur le revenu et, en corollaire, des impôts locaux à plein tarif, mais en plus ils sont progressivement privés de toutes les aides qu’ils financent.

    C’est tout à fait injustifiable, surtout quand il s’agit d’aides de type incitatif à portée universelle. La recherche incessante d’économies dites « indolores » conduit de plus en plus souvent nos gouvernants à mélanger politiques d’incitation et politiques de redistribution. La récente réduction drastique des allocations familiales pour les familles dites « à haut revenu » fournit un autre exemple, au niveau national, de cette confusion. Les politiques d’incitation, que ce soit en matière de famille, de transports publics ou dans tout autre domaine, ne devraient pas être mises à mal par l’introduction de mesures à caractère redistributif qui en détruisent la logique et en amoindrissent fortement l’efficacité.

    Hélas, alors que les pères de la nation réfléchissaient à l’aune d’une, voire plusieurs générations, .les médiocres gestionnaires qui les ont remplacés n’ont d’horizon que celui de leur réélection.

    • Vous pratiquez vous-même le mélange que vous dénoncez entre politique d’incitation et politique de redistribution, car si l’aide en question était réellement (je vous cite) « de type incitatif à portée universelle », pourquoi était-elle réservée aux retraités palois ?

      Les retraités sont déjà incités à utiliser le bus, car même sans cette aide ils ne paieront que 40% du tarif d’abonnement plein (111€ contre 262).

  4. Il y a ici deux sujets totalement distincts qui sont mélangés :
    — d’une part la politique d’incitation à utiliser les transports en commun, mise en oeuvre par Idelis sur la base d’une convention avec l’agglo de Pau et quelques communes limitrophes
    — d’autre part la politique sociale en faveur des retraités, mise en oeuvre par le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de la ville de Pau

    Dans les tarifs d’Idelis, le prix de l’abonnement annuel pour les plus de 65 ans a toujours été de 111€. Si les retraités palois ne payaient que 55€, c’est parce que le CCAS de Pau payait la différence (56€) au titre de la politique sociale de la ville. Cela ne concernait pas les retraités des autres communes de l’agglo, chacune ayant sa propre politique en la matière.

    Aujourd’hui le CCAS de Pau a décidé de ne plus accorder cette subvention à tous les retraités indistinctement, mais uniquement à ceux qui sont non-imposables, d’où l’augmentation constatée pour les autres. Cela parait assez normal, le rôle de l’action sociale étant à la base de protéger les populations les plus fragiles et non d’arroser tout le monde (*). Sur le fond je ne vois rien à redire à cette décision de la municipalité.

    A noter que l’abonnement Idelis plein tarif est de 262€ : donc même en perdant la subvention du CCAS, les retraités palois imposables ne payeront que 42% du plein tarif (111€), ce qui correspond déjà à une politique d’incitation à prendre le bus.

    (*) il faut se souvenir que le CCAS de Pau était le jouet d’André Labarrère pour sa politique clientéliste… Et que Josy Poueyto en était le fidèle lieutenant. Aujourd’hui elle annonce et justifie avec sa diplomatie habituelle cette révision de subvention, ce en quoi elle mange son chapeau. Mais elle s’en fiche, sa collection de veste réversibles est inépuisable.

  5. Joël Braud est beaucoup trop gentil pour décrire la stupidité de J Poeyto.

    Dans un réseau de transport en commun il y a des notions de base qu’il faut intégrer avant de légiférer, mais cela a l’air d’échapper a cette dame championne du retournement de veste, mais pas plus.

    1 Il n’y aura pas d’économie significative en doublant le coût pour les retraités imposable. C’est simple, une partie importante n’ira plus au centre ville comme dit par JB (disons la moitié)
    L’autre moitié paiera le double, ce qui équilibrera les rentrées. Certes au niveau du CCAS il y aura un bénéfice, mais IDELIS c’est aussi le contribuable…

    2 Dans un transport en commun de ce type ce que l’on gère c’est le déficit (disons 75% des coûts) et donc on doit travailler en coût marginal.
    Le réseau existe et il fonctionne. Que les bus soit pleins ou vide, le coût est le même pour le contribuable (ces vieux retraités entre autres)
    Donc le but est de savoir ce que l’on cherche.

    Vise t on a augmenter le nombre d’usagers ? Oui bien sûr (Josy a tout faux )
    Vise t on a faire vivre le centre ville par apport de personnes à fort pouvoir d’achat ? oui bien sûr (Josy a tout faux)
    Vise t on a développer le réseau sur des bases financières acceptables dans un cercle vertueux : Plus de monde donc plus de fréquences de bus, donc transports plus attractifs ? oui bien sûr (Josy a tout faux )

    Vous avez compris le niveau de stupidité de cette mesure.
    Je prends le pari qu’elle sera supprimée.

    Dans certaines villes, les transports en commun sont gratuits pour les plus de 65 ans. Voilà qui est intelligent pour favoriser le commerce en centre ville.

    Mais au fait, qu’en pensent les commerçants du CV ?

    • Daniel, ce n’est pas au CCAS de s’occuper de la politique des transports urbains, ni de la revitalisation du centre-ville, ne mélangeons pas tout. Le CCAS c’est l’action sociale, rien d’autre, et ce n’est pas l’action sociale qui doit piloter le développement du réseau, l’augmentation des fréquences, de la fréquentation, etc…

  6. « Que ceux qui seraient tentés de comparer ces 56 000€ d’économies aux 500 000€ généreusement attribués à la section paloise, se ravisent immédiatement ; cela n’a rien à voir. »

    Mais oui cela a parfaitement à voir !
    D’abord les subventions à la section paloise c’est beaucoup, beaucoup plus que cela non seulement en fonctionnement mais aussi en investissement au stade du Hameau.
    500 000 euro c’est le seul salaire annuel de C Smith (néo zélandais) On a donc le droit de subventionner une entreprise privée avec de l’argent public ?

    • Georges Vallet says:

      Nous n’avons pas, entre nous, que des oppositions, loin de là! Cette fois, par exemple, à propos du sujet évoqué, je suis entièrement d’accord avec vous.

  7. rattez christian says:

    les retraiter son souvent montrée du doigts la ville de pau devient de plus en plus pourrie il y a que la politique qui trone sa deviens lamantable poueyto a la lange bien pendu de venir faire la morale aux autre leffort et a fournir par tout le monde la belle affaire elle elle reste le cul dans un fauteille ou je pense ce fait conduire pas trop de souci de voir comment les personne qui on la charge de pau mecoeur aux plus au point

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