Pau. Et voilà que le carnaval Biarnés repart…


imagesAprès quelques tergiversations visant à maintenir ou à oublier définitivement cette manifestation qui se prétend festive, la municipalité de Pau a décidé de reconduire sa subvention pour que perdure le carnaval Biarnés. Alors va nous être imposée cette « Pantalonada » qui serait, à en croire ce qui nous a été claironné, une incontournable tradition béarnaise.

Il y a paraît-il trente ans cette année que ce carnaval existe. Pourtant, oubliant qu’il se prétend le fier représentant d’une identité béarnaise plutôt désuète, la municipalité de Pau avait envisagé de couper le robinet des subsides lui permettant d’exister. Et puis, se ravisant elle est revenue sur son choix à la condition qu’il prenne un visage un peu différent. Ainsi au lieu de durer dix jours comme les années précédentes, il ne durera que quatre jours du 4 au 7 février 2016. L’équipe organisatrice a aussi été rajeunie.

C’est d’ailleurs bien suffisant, quatre jours, pour nous raconter toujours la même histoire, celle de cet ivrogne à la tronche rougie et à l’embonpoint ridicule. Sent Pançard, puisqu’il s’agit de lui, revient d’Aragon retrouver son épouse prénommée Caronnha (Carohna ou Caronha) qui l’a attendu tout l’hiver et qui lui réserve un accueil lourd de reproches et de coups de bâtons. Il est passé par Oloron-Sainte-Marie où il était encore ce 30 janvier. Il vient parcourir les rues de Pau, ville dans laquelle aura lieu son procès et où il finira sur un bûcher.

Alors on nous parle de chasse à l’ours, d’un cyclope nommé Bécut et même pour faire davantage couleur locale de percussionnistes algériens et d’accordéonistes brésiliens. Pourquoi pas de Samba tant qu’on y est. Et puis si vous voulez connaître la longue litanie des animations, notez la présence de DJ set électroswing – Le Bondi Beach Pub – Jynx – Deep et folk blues – Pastors of Muppets – Old Scholl funky Family – Palavas Surfer – Atomics Rotors – Washington Dead Cats ; tout ça bien de chez nous. Les rues de Pau seront encombrées par ces défilés colorés et pas vraiment joyeux et lorsque ce sera fini, tout le monde sera content et fier d’avoir fait ce qu’il estime de son devoir pour défendre la culture béarnaise. Ah la culture locale, c’est vraiment un patrimoine !

Sans doute que cette manifestation est bon enfant et traduit le besoin de faire la fête à la césure de l’hiver qui nous semble toujours durer trop longtemps, mais je vous l’avoue d’autant plus volontiers qu’on ne me demande pas mon avis, j’ai bien du mal, malgré une grande bonne volonté, à trouver un quelconque intérêt à ce qui me semble suranné et par trop convenu.

Et dire que cette pantalonnade, pardon Pantalonada pour rester dans le ton, n’existe que par le bon vouloir de nos impôts (budget 160.000€ dont 95.000€ de la CDAPP).

Pau, le 2 février 2016
par Joël Braud

Comments

  1. Joël Braud says:

    Et dans la rubrique : »Comment économiser les sous du contribuable », il n’est pas inutile de souligner que :
    En 2015, le carnaval durait 10 jours, son budget était de 126.000€.
    En 2016, le carnaval dure 4 jours, son budget est de 160.000€.
    Va comprendre !

    • Contribuables palois says:

      Monsieur Braud, le budget du carnaval n’est pas construit que sur de la subvention publique, car dans le budget il y a aussi des ventes, des apports privés et des partenariat. Alors même s’ils sont exacts vous ne donnez pas des chiffres pertinents
       »En 2015, le carnaval durait 10 jours, son budget était de 126.000€.
      En 2016, le carnaval dure 4 jours, son budget est de 160.000€ ».

      Pour comprendre s’il y a dérive il faudrait raisonner sur la subvention réelle apportée par la ville de Pau. A combien se monte-t-elle, soit en montant apporté par cette subvention soit en pourcentage?

      • Ca va être dur de répondre à cette question, puisque la ville de Pau n’a plus publié d’état des subventions depuis 2014, l’agglo depuis 2010, et que l’association « carnaval pantalonada » n’est répertoriée dans aucun de ces documents.

        La transparence à la paloise…

  2. Emile64 says:

    Merci M. Braud, votre sentiment est sans doute largement partagé, merci également à PierU de rappeler que ce carnaval, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, ne relève même pas de la culture populaire locale.

    Pendant que l’on consacre des sommes considérables à des animations douteuses, dans un total manque de transparence, on détruit consciencieusement les rares lieux de culture à Pau, comme l’était par exemple feu le Théâtre du Monte-Charge.

    Il est vrai que le théâtre apprend à réfléchir au lieu d’abêtir et qu’il ne permet pas au Maire de Pau de jouer au roi depuis son balcon…

    • @Emile64  »on détruit consciencieusement les rares lieux de culture à Pau, comme l’était par exemple feu le Théâtre du Monte-Charge ».

      Je suis dans le doute…parce que cette affaire est un peu trop embrouillée.

      Je résume ce que j’ai cru reconstituer: une association paloise subventionnée dont l’objet est de soutenir une entreprise privée appartenant à un couple de 2 professionnels passionnés de théâtre. Mais cette entreprise privée a (ou a eu) des activités multiples, y compris une compagnie de théâtre, une école de formation, des productions au Maroc, à Cuba et au Viet-Nam. Sans négliger la gestion de sa salle de spectacle où elle exerce aussi son métier de producteurs de spectacles vivants. Et sans oublier un théâtre à Avignon sur lequel on manque de détails. (écrit de bonne foi, j’attends toutes les rectifications utiles de ceux qui en savent davantage).

      Que cette entreprise de théâtre (privée) soit contrainte de baisser son rideau est regrettable, mais comme son site internet ne fournit RIEN pour expliquer le mode de fonctionnement de cette nébuleuse je suis bêtement circonspect
      http://www.theatre-montecharge.com/

      • Emile64 says:

        Je n’ai pas d’opinion sur ce que vous avancez. La seule chose dont je suis sur c’est que le Monte-Charge constituait le seul, je dis bien le seul lieu de Pau qui proposait une véritable programmation théâtrale, à la fois exigeante et éclairée.

  3. Barou c’est mou !
    Et ça ratisse large, il faut donc faire plaisir à tout le monde y compris les occitanistes.
    Le con tribuable paiera .

  4. Le carnaval palois a été créé de toutes pièces il y a 30 ans par des militants occitanistes (cf le discours du jugement en occitan) et ne correspond à aucune tradition ancrée dans la ville comme ça peut être le cas à Nice ou Dunkerque. Quant au côté « défouloir social » avant le carême que représentent les carnavals à l’origine, il n’a plus beaucoup de sens dans la société actuelle.

  5. 160 000 €, ça ne me paraît pas beaucoup par rapport au nombre de personnes qui y participent et par rapport à d’autres évènements autrement plus ruineux.
    Quant au programme « musical » et dans son ensemble, ce n’est pas pour vous (ni pour moi), mais je me garderais bien de le critiquer car il en faut pour tous, et par rapport à tous les bénévoles qui organisent cette manifestation festive.

    • Georges Vallet says:

      Un bel exemple de « à chacun sa vérité »

      • 50 000 participants (soi-disant), donc un coût d’environ 3 € par personne… Même si c’est probablement plutôt le nombre de participations (une personne pouvant y revenir plusieurs jours).
        Disons 3 € par « entrée ». Ceux qui vont écouter l’orchestre de Pau, avec un coût public environ 10 fois plus élevé « par entrée » seraient mal avisés de critiquer le coût de cette manifestation…

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