Est-il réellement indispensable d’enlaidir notre ville ?


imgresDepuis plusieurs années maintenant le projet de Bus à Haut Niveau de Service était dans les tiroirs. Ces jours-ci (Sud Ouest du 15 février 2016) un projet vient en préciser le tracé. A la vue de ce qui n’est encore pas définitif, il convient de s’inquiéter. Mais pourquoi donc vouloir ainsi enlaidir la ville de Pau ?

Si l’on regarde ce projet, le nouveau bus doit relier l’Hôpital à la gare SNCF. Il doit passer par une partie du boulevard de la Paix et s’engager ensuite dans ce que les Palois appellent la coulée verte. Celle-ci fait la fierté de ceux qui sont soucieux de donner une image de verdure à notre cité. En effet entre l’avenue Dufau et le cours Lyautey, entre les allées Condorcet et l’avenue Louis Sallenave et les allées Catherine de Bourbon existe un terre-plein d’une largeur, par endroits supérieurs à 10 mètres. Il est orné de de cèdres de l’Atlas ou de l’Himalaya et s’y trouvent des pins de différentes essences.

Faudra-t-il couper ces arbres ? Faudra-t-il bétonner ces espaces verts ? Faudra-t-il fractionner en deux parties les ronds-points qui ne sont rien moins que des massifs fleuris souvent avec beaucoup de soins ? Faudra-t-il remplacer ces décorations par des feux tricolores ? Faudra-t-il oublier cette nature au profit de bus bruyants et polluants ?

Nous savons tous que l’attrait de Pau réside en partie dans ce spectacle que les automobilistes, les cyclistes et même les piétons découvrent en entrant dans l’agglomération. Pau, ville verte, perdra un partie importante de son charme et de son caractère. Il y aura à la place un Bus à Haut Niveau de Service dont l’acronyme, BHNS, est déjà en lui-même une incongruité.

Tout le monde sait bien ici que ce nouveau moyen de transport ne convaincra pas les Palois de se rendre plus fréquemment au centre-ville. Que les commerces de celui-ci ne retrouveront pas les chalands qu’ils ont perdus. Et que, comme c’est le cas actuellement, les bus seront peu remplis et resteront ignorés.

Alors Mesdames et Messieurs les élus qui semblez n’avoir comme principal souci que le nom que vous pourrez laisser à la postérité, sachez que vous ne serez associés qu’à une destruction de notre cadre de vie
Nous ne vous avons pas élus pour cela, ressaisissez-vous ! Restez modestes, cette réalisation ne mérite pas un tel enlaidissement.

Il est des destructions sur lesquelles on ne peut revenir.

Pau, le 18 février 2016
par Joël Braud

Comments

  1. Georges Vallet says:

    réponse à Emile64 says:
    27 février 2016 à 11:49

    Oui ce texte est très intéressant car il apporte des informations qui corroborent celles évoquées précédemment. Il apporte aussi quelques chiffres et surtout il met en valeur la notion qu’on me reprochait, celle d’employer à chaque instant le «ça dépend».

    Il est évident que les plantes vertes, les arbres en particulier, n’apportent pas que des bienfaits; le métabolisme des êtres vivants a un mauvais rendement et produit des déchets; l’intérêt des plantes vertes est dans la relation, définie à propos des médicaments, de la relation bénéfices/risques. Dans ce dernier cas, en ville, les bénéfices pour l’homme sont infiniment supérieurs aux risques.

    A propos du rôle des végétaux verts, les anti-arbres pourraient avancer l’information qu’ils rejettent une substance hautement toxique: l’oxygène!
    Mais, c’est grâce à cet oxygène que nous sommes sur terre! Il est le mal nécessaire! En effet, l’oxygène peut être la meilleure et la pire des choses : il tue les anaérobies stricts mais aussi les aérobies au dessus d’une concentration critique. Certains globules blancs du sang l’utilisent d’ailleurs pour former des dérivés toxiques détruisant les microbes qu’ils ingèrent. L’oxygène peut être aussi à l’origine de redoutables pathologies pulmonaires ou inflammatoires et de cancers. De plus, il est très vraisemblablement impliqué dans les processus de vieillissement.

    Si vous le souhaitez, renseignez-vous(google?) sur les radicaux libres hautement réactifs et dangereux qui sont formés dans les cellules ainsi que sur l’intérêt des anti oxydants dans notre alimentation (fruits et légumes orangé ou rouges).

    Heureusement qu’il y a de l’hydrogène pour capter l’oxygène et faire de l’eau!!!

    • Georges Vallet says:

      J’en profite pour répondre à PierU says:
      27 février 2016 à 11:08
      « Mais le véritable problème n’est pas le bus : il est est que l’on veut à tout prix conserver quatre voies de circulation. Supprimons en deux pour le bus, comme ça pas besoin de couper les arbres et on n’enlaidira pas la ville !

      Et bien voilà! On est enfin d’accord, la solution et en effet bien là!

  2. Georges Vallet says:

    Réponse à PierU 29/02
     » ce n’est pas l’évapotranspiration qui joue un rôle quelconque dans la limitation des inondations, l’échelle de temps des deux phénomènes étant totalement différente. »

    En un sens oui, elle y participe, car en asséchant le sol, l’arbre permet à ce dernier d’être plus absorbant quand il pleut. De plus au moment où cela se produit il facilite l’élimination plus rapide de l’eau. Evidemment, cela est fonction de bien d’autres facteurs: nombre d’arbres, nature du terrain, climat…..Il n’en est qu’un des composants.
    Bien évidemment un décalage existe dans le temps, exactement comme entre le rejet des gaz à effet de serre et l’évolution de la température moyenne, ce n’est pas pour cela qu’il faut continuer à rejeter massivement ces gaz!

    « considérable. » –> ce « doit être » est tout sauf rigoureux… »
    Comment voulez-vous être précis, cela dépend de l’âge de l’arbre, de son espèce, de sa surface foliaire, de son état de santé, du climat, de la ventilation….Un fait est certain, comme je le disais, la filtration est moyennement « considérable »et doit donc être prise en compte dans un jugement.

    • Georges Vallet says:

      Suite pour PierU
      Puisque vous souhaitez des précisions je vous rappelle(ou vous apprend)que la quantité d’eau filtrée par les racines dépend de la surface foliaire et de la surface des racines(poils absorbants en fait) car l’eau du sol pénètre grâce à l’aspiration foliaire(principe de la paille!). F.Hallé, je vous le disais,estimait à 1ha la surface aérienne externe d’un grand arbre et la surface racinaire à 130 ha. Un arbre évapore donc autant d’eau qu’un champ inculte de 1ha ( Pensez à l’intérêt des nombreux arbres de Verdun, Gramont, allées de Morlaas…) . Il en résulte qu’un feuillu évapore beaucoup dès qu’il a des feuilles, et pratiquement pas l’hiver; les conifères évaporent toute l’année mais moins par unité de temps car la surface foliaire est plus faible, d’où l’intérêt, pour cet objectif, d’une diversité de plantation.

    • J’ai quelques doutes sur vos comparaisons. Il semble qu’un arbre adulte genre chêne ou hêtre évapore de l’ordre de 250 litres par jour en pleine saison : c’est pas mal, mais ce n’est pas non plus gigantesque (25 seaux d’eau) et j’ai peine à croire qu’un champs de 1ha n’évapore pas plus.

      Je note par ailleurs que vous n’avez pas de données quantitatives pour la filtration des particules/poussières, sinon que « ça varie » (ce dont on pouvait se douter !).

      • Georges Vallet says:

        1°)An niveau du site il n’y a pas la place de faire une démonstration scientifique.

        2°)Pour «simplifier», frapper les esprits, on utilise l’image(sorte de bande dessinée), le chiffre:impression, estimation, moyenne (bientôt peut-être la science par les sondages!). Résultat: tout est faux, seule l’idée est à retenir.

        3°)Il est vrai que la surface développée par l’ensemble des feuilles est considérable, il est faux de dire qu’elle est de 1ha; elle est très variable et sans doute bien plus importante:«Un arbre feuillu de 50 mètres de haut a une surface de plus de 38 hectares au contact de l’atmosphère (surface qui comprend la surface des feuilles et des lacunes internes). La surface souterraine est de 162 hectares. Cet arbre a donc une surface totale d’échanges biologiques de 200 hectares, soit à peu près la surface de Monaco.» « du bon usage des arbres, un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques » par Francis Hallé (Edition Actes sud).

        4°)Il est faux de dire qu’un hêtre vaporise 25 seaux d’eau(image) par jour(moyenne estimée, avec quelle méthode?); c’est très variable suivant la zone géographique, la nature du terrain, son orientation, si c’est une hêtraie ou des arbres isolés, si c’est en ville ou à la campagne….; la différence peut être considérable, cela ne donne même pas «une idée»). Il est vrai de dire que la quantité rejetée est inférieure à ce qu’on pourrait penser du fait de l’importance de la surface. Il faut chercher l’explication dans les structures intermédiaires (superposition des feuilles, place des feuilles sur l’arbre, densité du peuplement…).

        5°)Il est vrai de dire qu’un hêtre a une surface d’échange comparable à un champ de même surface, il est faux de dire que le champ évapore autant d’eau; là aussi, tout dépend de la nature, de la profondeur, du compactage du sol(argile, calcaire,sable, mélange).

        6°)Il est vrai de dire qu’en respirant, l’arbre épure l’atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d’azote et de soufre, l’ozone… Ceux-ci sont dissous par l’eau intérieure, puis stockés dans le bois. C’est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l’air.
        Demander de «chiffrer»(encore les chiffres!) les quantités, montre un esprit cartésien qui ne correspond pas à la réalité de la nature et des moyens humains d’évaluation.

        7°)Avec les tempêtes prévisibles, c’est important de savoir que les arbres freinent énormément la force des vents; savoir de combien, est-ce fondamental??????Peut-être pour le choix de l’espèce.

        Conclusion: Pour en revenir à notre discussion d’origine, au moins sur notre site, ne cherchons pas à chiffrer, ce que nous ne pouvons pas faire avec certitude, contentons-nous de constater les qualités incontournables des arbres dans une ville d’un point de vue hygiène de santé pour les habitants; même si leur présence nous déplait, ils sont incontournables; pour le piéton que je suis en ville, les voitures me déplaisent profondément, et pourtant je suis bien obligé de les supporter!!!!

        • Je vous pose une question précise, et plutôt que d’y répondre vous noyez le poisson avec une tonne de « ça dépend », « les chiffres c’est fait pour impressionner mais au final tout est faux » (ce qui ne vous empêche pas de sortir un tas de chiffres impressionnants concernant un arbre de 50m de haut, comme si on en rencontrait couramment en ville), etc…

          Je ne vous demande pas de faire une démonstration scientifique ici, mais au minimum de donner un lien vers une source sérieuse pour répondre à la question de la quantité de polluants et particules réellement filtrés et fixés par un arbre (dans le bois et dans le feuillage, ce qui est très différent), en comparaison de ce qui est émis en ville (*).

          Quant au chiffre de 250 litres d’eau par jour pour un hêtre adulte, il est évidemment à prendre comme un ordre de grandeur moyen. Ca me paraissait tellement évident que je n’ai pas jugé utile de le préciser. Et ça ne change rien du tout au raisonnement que j’ai exposé.

          (*) si on vous suit et si les arbres fixent autant de polluants (en quantité), ça veut dire qu’il faudrait carrément traiter le bois comme un déchet industriel.

          • Georges Vallet says:

            1°) »une question précise, et plutôt que d’y répondre vous noyez le poisson avec une tonne de « ça dépend », »

            Si vous aviez un minimum de connaissances de la nature vous sauriez que tout se tient et que par conséquent « ça dépend de tout »!
            Effectivement, les chiffres n’ont d’intérêt que pour ceux qui y attachent de l’importance; on est immergé, pour des questions économiques et politiques, dans un monde de chiffres dont l’intérêt « dépend » de la façon dont ils ont été obtenus et de la façon dont ils sont utilisés.

            2°) »si on vous suit et si les arbres fixent autant de polluants (en quantité), ça veut dire qu’il faudrait carrément traiter le bois comme un déchet industriel »

            Tout à fait, les arbres ont résolu le problème des déchets pour en profiter sans en souffrir; Les arbres n’ont pas d’organes excréteurs qui éliminent à l’extérieur les produits du métabolisme, il les stockent dans le tronc et les branches: c’est la lignine. Vous ne pouviez pas mieux dire!
            Voici l’extrait d’une interview de Francis Hallé:
            « Vous parlez aussi des excréments des arbres ! »
            « Toute machine, avec une entrée d’énergie, produit des déchets. Les thermodynamiciens, les physiciens l’ont démontré. Mais où passent les excréments des arbres ? On a dit que c’était peut-être l’oxygène, ou les feuilles mortes. Or il semblerait que ce soit le tronc, et plus précisément la lignine, qui constitue l’essentiel du bois. Il s’agit d’un produit très toxique que l’arbre dépose sur des cellules qui sont en train de mourir et qui vont se transformer en vaisseaux – ceux-là mêmes qui vont permettre la montée de l’eau dans le tronc. On peut donc dire que l’arbre repose sur la colonne de ses excréments : cette lignine qui donne aux plantes leur caractère érigé, qui leur permet de lutter contre la pesanteur et de s’élever au-dessus des végétations concurrentes. C’est très astucieux. Et c’est bien dans le style des plantes de tirer parti de façon positive de quelque chose de négatif. On dit souvent que l’arbre vient du sol. Mais en réalité, il est né d’un stock de polluants, puisqu’il est constitué à 40 % de molécules à base de carbone (le reste est de l’eau). L’arbre a cherché le carbone dans l’air, l’a épuré et transformé en bois. Alors, couper un arbre, c’est comme détruire une usine d’épuration. (Francis Hallé : « Les arbres peuvent être immortels, et ça fait peur …
            http://www.telerama.fr/…/francis-halle-les-arbres-peuvent-etre-immortels-et-ca-fait- peur,34762.php‎.

            • Georges Vallet says:

              Coïncidence, alors que je venais de vous envoyer mon message précédent, une émission sur FR3 Aquitaine montrait la fabrication des tonneaux à partir d’un chêne bicentenaire. Les qualités aromatiques de ce bois sont justement liées au sujet qu’on évoquait; les composants aromatiques sont d’autant plus abondants que le chêne est plus vieux. L’homme utilise cette particularité des arbres depuis l’antiquité sans en connaître les causes! Voyez, tout se tient!!!!!!

            • Votre discours tire fortement vers les trips New-Age, Gaïa et cie… Le « tout est dans tout » devient ici un prétexte facile, pour ne pas pas dire bateau, pour éviter d’apporter une réponse à une question précise, qui est l’importance quantitative de la filtration des polluants et particules par les arbres.

              C’est vous qui affirmez que les arbres filtrent et séquestrent « les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d’azote et de soufre, l’ozone »… La moindre des choses est de donner des ordres de grandeur à l’appui. Vous comprenez bien que si une rangée d’arbres dans une rue filtre 0.1% des polluants émis dans une rue, ce n’est pas vraiment la même choses que si elle en filtre 50%, et que dans les premier cas ce serait un peu faire passer des vessies pour des lanternes.

              Par ailleurs quand je vous pousse dans vos retranchements vous réorientez le concept de « polluant » vers le seul CO2… exit tout à coup « les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d’azote et de soufre, l’ozone » dont vous parliez dans le message d’avant. Tout le monde sait que les arbres fixent (temporairement) le carbone en utilisant le CO2, mais s’il vous plaît ne changez pas de sujet. La lignine n’est pas faite à la base de « métaux lourds, plomb, manganèse, suies, oxydes d’azote, et ozone ».

              • Georges Vallet says:

                « pour éviter d’apporter une réponse à une question précise, qui est l’importance quantitative de la filtration des polluants et particules par les arbres. »

                Vous n’avez pas encore compris que la quantifié filtrée est celle obtenue dans une expérience particulière, sur un ou des arbres particuliers, dans des conditions particulières et que des résultats sont consultables sans doute dans des thèses ou des études de doctorants. Ces résultats, je ne les ai pas mais je n’en ai pas besoin, le simple fait de savoir que les arbres filtrent les polluants me suffit pour conseiller la plantation et la conservation des arbres en ville.

                « réorientez le concept de « polluant » vers le seul CO2… exit tout à coup « les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d’azote et de soufre, l’ozone  »

                Parce que vous considérez que les métaux lourds…..ne sont pas des déchets qui empoisonneraient l’arbre s’il ne les mettait pas de côté? Dans nos excréments nous rejetons des substances toxiques que nous avons absorbées avec nos intrants, par exemple les médicaments, les substances contraceptives, les insecticides….En ce qui concerne les arbres, une autre destinée est possible; absorbée par les feuilles au niveau des stomates, une partie se retrouvera dans le sol à la chute des feuilles; l’air est filtré mais le polluant se perpétuera dans le sol!
                Pour des compléments, je vous conseille la lecture de: https://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_urbain‎, entre autres la partie intitulée « épuration de la pollution atmosphérique », vous y comprendrez peut-être pourquoi à une question simple il est difficile de donner une réponse simple, sinon la vie serait facile! Et, oui, ça dépend!!!!!!!

                • Georges Vallet says:

                  Une réflexion pour peut-être nous rapprocher.
                  La quantité de polluant qu’un arbre peut absorber est moins importante que la quantité qu’il faudrait qu’il absorbe. Mais là, cela ne dépend pas de lui!!

                • « Ces résultats, je ne les ai pas mais je n’en ai pas besoin, »

                  C’est tout sauf scientifique comme attitude ! Pourtant il me semble que vous êtes plutôt un scientifique, non ? Les charlatans et bonimenteurs de tous poils disent aussi qu’ils n’ont jamais besoin de rien démontrer.

                  « Le simple fait de savoir que les arbres filtrent les polluants me suffit pour conseiller la plantation et la conservation des arbres en ville. »

                  C’est tout sauf rationnel comme raisonnement. Si (je dis bien si) les arbres ne filtraient que 0,001% des polluants émis, il ne servirait à rien d’en planter pour la dépollution.

                  Moi je note qu’enfin vous avez donné une référence avec quelques débuts de chiffres. Comme quoi contrairement à ce que vous affirmiez plus tôt il est tout à fait possible de réaliser des études quantitatives en ce domaine, même si « ça dépend », même si « tout dépend de tout », etc… Dommage que l’accès aux sources initiales soit quasiment systématiquement payant, car on ne peut pas comprendre réellement les méthodologies et contextes des études. Je note qu’une des études dit que pour que l’effet soit significatif dans une rue en « canyon », il faut que le volume de feuillage de la rangée d’arbres soit continu dans l’alignement et occupe au moins 5m de large, ce qui n’est pas rien.

                  Pour en revenir au sujet de l’article, si le projet de bus nécessitait de couper des arbres sur le terre-plein central actuel, il faudrait « juste » être vigilant pour que des alignements soient replantés sur les côtés. Mais le véritable problème n’est pas le bus : il est est que l’on veut à tout prix conserver quatre voies de circulation. Supprimons en deux pour le bus, comme ça pas besoin de couper les arbres et on n’enlaidira pas la ville !

                • Je ne suis pas du tout versé dans ces questions, et je m’en excuse, mais il me semble que l’article dont voici le lien ( http://www.landmarkwest.org/green/David%20Nowak.pdf ) fournit l’assise scientifique nécessaire aux propos de GV sur l’absorption de la pollution par les arbres en milieu urbain.

                  L’étude en question a été réalisée par un organisme reconnu mondialement, le « USDA Forest Service ». Elle donne des indications très précises sur la quantité de polluants éliminés par les arbres en milieu urbain, à partir de mesures faites dans les grandes villes américaines (cf. la section 2 de l’article « removal of air pollutants »).

                  L’article donne aussi des informations très intéressantes concernant d’autres effets positifs des arbres sur la qualité de l’air en ville.

  3. A lire :
    http://www.strmtg.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Guide_en_ligne_CERTU.pdf

    Cela concerne les lignes de tramways, mais une ligne de bus en site propre est très similaire dans le principe. On comprend dans ce document en quoi l’implantation centrale des voies est préférable.

  4. Tant qu’à faire, autant donner un lien vers les documents disponible sur ce projet :

    http://www.agglo-pau.fr/70-divers/445-concertation-prealable-relative-a-la-modification-du-trace-de-la-ligne-de-bhns.html

    On y voit que le tracé passe de part et d’autre du terre-plein arboré entre les avenues Dufau et Lyautey, là où sont les grands arbres remarquables. Vue la largeur disponible en cet endroit il n’y aura rien à couper ni à bétonner, sinon à la marge.

    Au nord du rond-point de l’Université la largeur est moindre. et il faudra sans doute aménager différemment l’espace, et oui peut-être couper des arbres au milieu (bien que je n’en sache rien). Mais une ville a besoin d’évoluer et on ne peut pas poser comme principe intangible de ne jamais couper un arbre. Ce qu’il faut voir c’est à quoi ça ressemblera au final, on ne peut pas partir du principe que tout changement est un « enlaidissement ».

    Je passe sur les rond-points, désormais considéré comme un sommet de nature (!)… La solution des rond-points traversés en leur centre par un site propre est tout fait rationnelle et adoptée par de nombreuses villes. Cela permet de conserver l’avantage du rond-point pour les voitures, d’optimiser le site propre, et avec des feux qui ne se déclenchent qu’au passage des bus. Les parterres de petites fleurs entretenues à grands frais par des armées de jardiniers c’est bien joli, mais je m’en passerai assez bien.

    • Georges Vallet says:

      « Vue la largeur disponible en cet endroit il n’y aura rien à couper ni à bétonner, sinon à la marge. »
      Pronostic qui n’engage que vous car pour faire les travaux, il faut de la place; de plus, le « sinon à la marge » en dit long sur le traumatisme souvent irréversible aux racines.

      « (bien que je n’en sache rien) »
      .C’est vrai, vous avez raison.

      « principe intangible de ne jamais couper un arbre. »
      Si c’était limité à un arbre, je vous suivrais mais malheureusement le nombre d’arbres abattus à Pau devient vraiment préoccupant. Le « grignotage » des espaces verts se justifie souvent par le petit nombre mais en accumulant les unités on fait des hécatombes!

      • Vous avez des statistiques sur les arbres abattus sans qu’il y ait de replantation ?

        Il y a quelques années la mairie avait déclenché une levée de boucliers parce qu’elle avait décidé de couper un arbre sur deux place Gramont. Le résultat est que cette place est beaucoup plus aérée depuis que ces arbres ont été coupés : c’est une place qui a du charme par ses arcades et façades, mais ces dernières sont cachées par les arbres. D’ailleurs sur les vieilles photos de la place Gramont on voit qu’il n’y avait pas d’arbres.

        • Georges Vallet says:

          Réponse à PierU
          Tout dépend ce que l’on attend de la présence des arbres en ville!

          Si c’est simplement un côté esthétique alors le mieux c’est l’arbre en plastique, on peut lui donner la forme, la couleur, la floraison, le volume que l’on veut; il sera pérennant, il n’y aura pas de chute de feuilles, pas d’oiseaux car rien à manger….Economies importantes pour la ville car diminution des équipes d’entretien, pas de travaux d’abattage, pas de feuilles sur les toits et les trottoirs……

          Si c’est pour les propriétés hygiéniques qu’ils apportent dans un espace pollué par le bruit, les vapeurs toxiques des voitures(place Verdun!) et de plus en plus, du fait du réchauffement du climat, par la chaleur, les pluies importantes….alors la solution de l’arbre en plastique ne convient plus.
          Rappel de quelques intérêts, non exhaustifs, de l’arbre en milieu urbain:
          <Producteur d’oxygène, purificateur de l’air, grâce aux feuilles, véritables filtres à air (absorption des poussières). En effet, les polluants et les poussières en suspension dans l’air peuvent être captés par les feuilles des arbres, limitant ainsi leur circulation dans l’environnement. Ce n’est pas négligeable quand on souhaite continuer à circuler en voiture en ville.
          < Lutte contre l’érosion du sol, très fréquente en milieu urbain due notamment aux travaux de construction et au piétinement (assez fréquents à Pau!). Les racines des arbres maintiennent le sol en place dans les terrains en pente. Rappel des hécatombes des arbres dans le Parc du château.
          <Les racines des arbres préviennent ou du moins réduisent les dommages causés par les inondations.
          <Les feuilles et les racines limitent la pollution des eaux de surface qui autrement, s’écouleraient sur des espaces pavés contenant des polluants tels que le plomb ou déchets de toutes sortes et qui seraient drainés vers les cours d’eaux ou encore captés par les égouts fluviaux.
          <L’arbre participe à la régularisation des écarts extrêmes de température.
          Les arbres dégagent de la vapeur d’eau dans l’atmosphère par le processus de l’évapotranspiration. Ce phénomène influe sur le degré d’humidité locale et tempère les variations extrêmes du climat
          <L’arbre protège contre la chaleur par le rafraîchissement de l’air ambiant et freine la vitesse des vents.
          < Les arbres, par la densité de leur feuillage, forment donc un rempart efficace contre les bruits de fonds de la circulation routière.
          On peut continuer!

          «On aurait remplacer les vieux arbres par des jeunes ce qui rétablirait l’équilibre»

          Quantitativement peut-être mais pas qualitativement car, d’après Francis Hallé:

          Un jeune arbre a une surface foliaire de:
          – 340 m2 pour un jeune châtaignier de 8 m de haut ;
          – 400m2 pour un petit palmier de 3m;
          – 530 m2 pour un épicéa de 12 m.

          en estimant à 1ha la surface aérienne externe d’un grand arbre, la surface interne est de 30 ha, la surface racinaire de 130 ha et le total des surfaces d’échanges avec le milieu se monte à 160 ha !

          Quand on pense aux rôles des surfaces foliaires dans le bien-être des habitants d’une ville, on peut vraiment se poser la question de la nécessité de remplacer des vieux par des jeunes. A méditer aussi pour les humains!!!!!

          • Georges Vallet says:

            « D’ailleurs sur les vieilles photos de la place Gramont on voit qu’il n’y avait pas d’arbres. »

            et sans doute moins de voitures, à moteur thermique!

            • Aussi, oui. On peut donc dire que la place Gramont est victime de la voiture ET des arbres.

              Dans votre liste à la Prévert il y a boire et à manger.
              – La stabilisation des sols est loin d’être un problème dans la ville, en dehors des quelques talus.
              – La rétention des polluants dans les eaux de surface est juste un effet retard.
              – ce sont pas les arbres qui limitent les inondations, mais les surfaces non bétonnées
              – pour l’effet de filtration de l’air, j’aimerais voir ce que cela représente quantitativement par rapport à ce qui est émis

              Bref, je ne suis pas spécialement dendrophobe, et encore moins opposant aux espaces verts en ville, mais encore une fois on ne peut pas réduire le projet de bus à cette question des arbres existants. Le même débat avait eu lieu à Paris pour les aménagement du tram sur les boulevards des maréchaux. Sur certaines sections, tous les arbres latéraux ont été coupés, puisque toute la largeur de la rue a été réaménagée : scandale à l’époque. Quand on voit le résultat aujourd’hui plus grand-monde ne se plaint je pense. D’autres arbres ont été plantés, sur des alignements différents. Il faut dire qu’à Paris ils n’ont pas hésité à enlever une voie de circulation pour les voitures sur le parcours du tram…

              • Georges Vallet says:

                « à la Prévert »
                Dommage pour F.Hallé, je pensais qu’il avait plus de légitimité que cous pour en parler!

                « en dehors des quelques talus. »
                Et du parc du château.
                « ce sont pas les arbres qui limitent les inondations, mais les surfaces non bétonnées »
                J’en doute car les surfaces bien tassées absorbent peu d’eau, les arbres par contre vaporisent des quantités considérables.

                « cela représente quantitativement par rapport à ce qui est émis »
                Avec la surface d’échange foliaire estimée pour un arbre (F.Hallé), la filtration doit être considérable.
                « on ne peut pas réduire le projet de bus à cette question des arbres existants. »
                Bien entendu mais j’évoquais les arbres c

                • Georges Vallet says:

                  suite car l’écriture s’est brusquement bloquée!

                  «on ne peut pas réduire le projet de bus à cette question des arbres existants.»

                  Bien entendu mais j’évoquais les arbres car vous abordiez le problème dans votre intervention du 18 février.

                  «à Paris pour les aménagements du tram………Quand on voit le résultat aujourd’hui plus grand-monde ne se plaint je pense.»

                  Je ne savais pas que les parisiens ne se plaignaient pas de la pollution!

                • « les arbres par contre vaporisent des quantités considérables. » –> ce n’est pas l’évapotranspiration qui joue un rôle quelconque dans la limitation des inondations, l’échelle de temps des deux phénomènes étant totalement différente.

                  « Avec la surface d’échange foliaire estimée pour un arbre (F.Hallé), la filtration doit être considérable. » –> ce « doit être » est tout sauf rigoureux…

                  « Je ne savais pas que les parisiens ne se plaignaient pas de la pollution! » –> procédé rhétorique.

    • La page 18 (plan et annotations) est intéressante : hypothèses, parkings relais, moins values pour la ville etc. Au premier coup d’oeil beaucoup de flou sur l’ensemble. Les palois qui sont intéressés peuvent imprimer l’ensemble du dossier et il serait intéressant de voir ce que chacun en pense. Le forum est ouvert !

  5. Larouture says:

    Le terme coulée verte me paraît impropre. Il s’applique plutôt aux déplacements doux.
    Le terme « parkway » (route panoramique par exemple) serait plus adapté.
    Je trouve assez symptomatique que l’automobile s’accapare le vocabulaire du piéton. L’homme est devenu indissociable de la voiture et la ville de la conurbation. L’ère actuelle serait-elle celle de l’« hommo automobilicus ». Est-elle pérenne ? Pour certains c’est oui. Pour moi c’est non.
    Pour analyser, à défaut de comprendre, ce projet BHNS, je pense qu’il faut partir de cet état de fait.

  6. Pierre Lafon says:

    Projet ridicule qui persiste, même quand les équipes dirigeantes (?), responsables (???) changent. Je pense que de nombreux palois – et pas qu’eux – peuvent se mobiliser (pétition, manifestation, tracts, …) pour envoyer ce projet à la poubelle.

  7. La « gratuité » serait beaucoup plus efficace que ce projet…

  8. S’il n’y avait que le problème de l’enlaidissement …
    Le BHNS va réaliser l’exploit de rendre cette pénétrante aujourd’hui à peu près fluide complètement bloquée avec des feux rouges à tous les giratoires…bonjour les embouteillages à chaque croisement !

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