Prenons soin de nos vieux


imagesPour de basses raisons d’économies, il a été décidé dans deux foyers logements de la ville de Pau de supprimer purement et simplement toute surveillance humaine la nuit. Quand des aides électroniques remplacent une présence effective. Nos vieux méritent-ils un tel désintérêt ?

Jusque là, pendant la nuit dans ces établissements gérés par le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Pau, une présence humaine, un gardien ainsi qu’un membre de la direction assumaient toutes les nuits une réelle présence. Depuis quelques jours, nos vieux sont seuls la nuit, entre 21 h et 7 h avec comme seul recours en cas de danger que de confier leur problème à un appareil genre télé alarme à la chaleur humaine bien différente.

Le dialogue c’est bien évident n’est pas le même, mais si ce n’était que cela. La sécurité est-elle identique à celle assurée par des personnes qualifiées capables de prendre des initiatives, voire de porter secours ? Une anecdote récente, survenue le vendredi 19 février 2016 permet de comprendre que les conséquences de ces nouvelles dispositions n’ont pas été correctement évaluées.

Ce jour là en fin de journée, une résidente, Mme J. est conduite à l’hôpital pour un problème cardiaque. Reçue aux urgences et, comme cela arrive souvent, après quelques heures, le service compétent estime que son état lui permet de revenir chez elle. Il est fait appel à un taxi médical qui la reconduit devant le foyer logement « Beth Ceü », rue de la Gendarmerie à Pau. Seulement il est 21 h 00 dépassées et cette pauvre dame partie quelques heures plus tôt n’avait pas pris soin en raison de la précipitation, de se munir des clefs de l’établissement. Elle se retrouve donc à la rue et ne sait que faire, personne ne répond à ses appels. Il fait nuit, deux passants l’aperçoivent et, jugeant que son comportement traduit un désarroi, la conduisent au commissariat de police situé à quelques encablures.

Bonne réaction certes. Mais les policiers à qui elle dit qu’elle est résidente du foyer Beth Ceü, ne peuvent joindre aucune personne et pour cause. Il ne leur a pas été signalé que ce foyer ne bénéficiait plus la nuit d’une permanence humaine. Alors c’est l’hôtel « Le Postillon » qui est sollicité pour recevoir Mme J. Elle y terminera une nuit bien mal débutée.

Sa fille, informée du transport à l’hôpital de sa maman, téléphone aux urgences où on lui apprend qu’elle a été reconduite chez elle. Elle appelle sa chambre et, devant l’absence de réponse et peut-être en raison d’une audition défaillante, finit par penser qu’elle s’est endormie.

Le lendemain le concierge qui, rappelons-le, n’assure plus depuis le 1er janvier 2016 une présence effective la nuit, apprend des policiers la mésaventure de Mme J. Il constate qu’effectivement elle n’est plus dans sa chambre et organise son retour dans ses pénates.

Plusieurs manquements dans cette affaire authentique peuvent en effet être constatés et on pourra épiloguer à l’envie sur ce qu’il aurait convenu de faire ou de ne pas faire. Cependant réaliser des économies certes c’est une bonne chose, mais sont-elles toutes souhaitables et leurs conséquences sont-elles objectivement évaluées ?

Pau, le 25 février 2016
par Joël Braud

Comments

  1. Duchateau André says:

    Merci à Monsieur Joël Brau de ce signalement . Il est malheuresement vrai , pire d’après le témoignage qui m’est revenu et consécutif à autre chose qu’une simple perte de clé ou qu’un simple enchainement de circonstances malheureuses .
    Le dénommé Peyo inscrit dans un déni défensif des réalités aux profit de ces idoles locales sans doute , ne doit pas savoir qu’il y a parmis les personnes agées réputées autonomes , des personnes qui déclenchent un processus de dégradation de leurs capacités et qui en sont plus ou moins conscientes . Ces personnes d’instinct , arrivent à masquer leurs troubles , au moins envers ceux qui ne les connaissent pas trop …
    En fonction des soins et des personnes , ce camouflage peut fonctionner jusqu’à ce que la multiplication des petits ou gros incidents du quotidien ne finissent par faire prendre des décisions à l’entourage pour une autre organisation de vie .
    C’est semble t’il , exactement le profil de madame J qui s’est retrouvée perdue dans le hall d’entrée du foyer logement à 20h 20 , le 19 février 2016 , cherchant une personne à l’accueil car elle ne se sentait pas bien . Tellement pas bien qu’elle ne savait pas utiliser
    son médaillon de téléalarme et n’y avait même pas pensé d’ailleurs.
    A 20 h 20 me diront les esprits chagrins , c’est pas possible , le personnel est là ! Eh oui , sauf que c’était le W E et la vice présidente avait oublié de vous dire que le W E ,
    c’est zéro personnel entre 18 h 00 et 7 h 00 le lendemain , depuis le 1 er janvier 2016 et si je comprends bien , le vendredi est compté W E …
    C’est donc une résidente qui déclencha la téléalarme , puis l’astreinte arriva , puis le samu , puis urgences hospitaliéres vers 21 h 00 .
    L’heure du retour de madame J au foyer logement n’est pas à ma connaissance élucidée , pas plus que le  » qui  » l’a ramené ?
    On peut tout de même supposer que les urgences ont bien du la garder une , deux ou trois heures et que le retour s’est donc réaliser vers 22 h , 23 h ou minuit .
    Sachant que madame J ( mr Brau , même info ?? ) aurait été accueilli entre 3 et 4 h du matin à l’hotel Postillon, on peut aussi supposer qu’elle a été conduite au commissariat une à deux heures auparavant , c’est à dire vers deux heures du matin …
    Cela laisse à chacun la possibilité d’évaluer combien de temps madame J est restée
    dehors , par un temps exécrable ( même la météo est vérifiable ! ) .
    Je précise que de multiples autres incidents , moins démonstratifs que celui là , ont eu lieu mais qui ont une caractéristique commune : La personne agée , même autonome ,
    perd ses moyens en situation de difficulté , au point de ne pas savoir déclencher la téléalarme . Souvent , instinctivement , elle recherche une présence pour l’aider .
    Tout médecin gérontologue devrait savoir cela … Mais à Pau vraissemblablement , ça
    n’indigne pas grand monde . Cette situation est LAMENTABLE !!!
    Autre précision , malgré un tarif mensuel parmis les plus bas des foyers logements des Pyrénées Atlantiques , les budgets de nos deux foyers sont parfaitement équilibrés depuis plusieurs années … L’augmentation appliquée depuis le 1 er janvier sur les loyers de nos résidents va produire une recette de 34 000 € environ . Une vraie marge de manoeuvre pour financer une présence de nuit , sans compter la mise en loyer future des anciens logements de fonction délaissés il y a peu qui produira une nouvelle recette annuelle de 20 000 € environ .
    Quand j’aurai définitivement réussi à éclaircir précisément et totalement cette affaire , je ne manquerai pas d’ interpeller à nouveau le président du CCAS , François Bayrou , sur l’abérration de la mesure qu’il a prise et ses conséquences et je remercie par avance ceux qui pourront m’aider à le faire revenir sur ces dispositions aberrantes et fort peu humaines .

    André Duchateau Conseiller municipal de Pau
    Conseiller départemental de Pau 1

  2. Joël Braud says:

    En réponse à Larouture,
    Ce serait une erreur de généraliser et de tirer comme conséquence que la ville de Pau a abandonné son programme de ville durable et solidaire pour les personnes âgées. Il s’agit d’un incident provoqué certes par un certain nombre de manquements qui ne se renouvelleront pas forcément. Mais les personnes âgées ont besoin de proximité et toutes ne sont pas en capacité de faire face seule à des situations inhabituelles. D’autre part ce foyer-logement accueille des personnes valides mais également des personnes plus fragiles. Il reste que si le concierge avait été présent…

    • Robert Contrucci says:

      Pour information et/ou rappel : veuillez svp trouver ci-après un autre site web, susceptible d’intéresser beaucoup de personnes….
      En effet , compte-tenu « du temps qui passe » (…), je vous informe de l’existence du site suivant : « Vivre en aidant »
      URL : http://www.vivreenaidant.fr/am%C3%A9nagement

      Brève description : Section « Aménagement » du site vivreenaidant.fr (site Internet proposé par « La Banque Postale ») : « Des idées pratiques et sécurisées pour optimiser l’aménagement de la maison et l’adapter aux besoins de votre proche pour faciliter le maintien à domicile des personnes âgées, handicapées ou malades. »
      Editeur : La Banque Postale (115 rue de Sèvres 75275 Paris Cedex 06, France)

      Rubriques du site « Vivre en aidant » : Maison (Chambre, Cuisine, Isolation), Innovations (Gérontotechnologie, Petits objets pratiques, Sécuriser la maison, Salle de bain – WC).
      + autres sections du site :
      . Santé (Maladies : Alzheimer, AVC, Cancer…)
      . Quotidien (Aides aux personnes âgées ou handicapées, Les bons gestes, Hygiène, Fuite urinaire, Médicaments et traitements)
      . Pratique (Droits des malades, handicapés et personnes âgées, Maison Hébergement pour personnes âgées, Aide à la personne, Présenter ses condoléances)
      . Psycho (Personnes âgées dépendantes, Comprendre, Parler et échanger, Se ménager)
      + Annuaire, Glossaire (de A pour « Accueil de jour » à V pour « Voies aériennes »).

  3. Larouture says:

    Pau est pourtant ville lauréate du programme « Ville durable et solidaire (notamment pour les personnes âgées), excellence environnementale du renouvellement urbain ».

  4. Débat lancé sur des bases incertaines à partir d’un cas particulier non vérifié. A ce train on va équiper tous les vieux d’une balise au cas où ils n’auraient pas un portable avec eux, aussi bien pour pouvoir appeler que pour être joignables.
    L’oubli des clés, que ce soit quand on habite un immeuble ou un foyer-logement, amène des désagréments quand on est devant porte close, et ce quel que soit son âge. Il n’a pas été dit qu’il s’agissait d’une personne vulnérable, et on n’a pas parlé non plus d’une personne sous assistance (voire plus tutelle, curatelle) . Sauf que pointer le CCAS pour l’absence d’une personne physique de permanence joignable dès la tombée du jour est une tartufferie de bons sentiments.
    Autant qu’on le sache les foyers logement n’accueillent que des personnes autonomes (c’est à dire ayant des capacités pour rester hors du système de santé organisé) et pouvant aller et venir à leur guise. On peut postuler dans le cas présent que les urgences de l’hôpital ont fait leur boulot quand elles ont estimé que le retour était possible au domicile.

    Et d’abord qu’est-ce qu’un vieux? Jugé d’après le nombre d’années d’activité professionnelles , modulées en fonction du diplôme, en fonction des mandats électifs collectionnés? Comme pour les autos faudra-t-il faire tamponner un certificat d’aptitude à rester dans le circuit des « vieux encore bons pour la vie en société »?
    Faut-il faire une discrimination envers les vieux, les classer par catégories (V1, V2, V3, comme pour les cartes de ravitaillement) avec des modulations définissant ce dont ils sont censés être capables et leur limiter, voire interdire certaines autres activités?

    Doit-on, a priori, mettre tous les vieux sous observation voire sous contrôle? Doit-on laisser un vieux conduire son auto passé un certain âge alors que le code de la route a changé? Doit-on laisser son droit de vote à un vieux, des fois que son discernement altéré l’amènerait à voter pour une « mauvaise » liste? Peut-on laisser un vieux côtoyer l’autre sexe, des fois qu’un remariage changerait des dispositions d’héritage sur lesquelles la famille comptait?
    Au fait, des association paloises attendent de bénévoles pour des permanences d’accueil de nuit. Dès fois que…

    • Joël Braud says:

      A Peyo.
      Le cas particulier, comme vous dites, a été vérifié et je dispose d’informations complémentaires de nature à en apporter la preuve. Je n’accepte pas que vous m’accusiez de travestir la vérité.
      D’autre part, je vous laisse l’entière responsabilité de vos élucubrations qui portent à rire plus qu’autre chose.

    • PierU says:

      @Peyo : l’autonomie ce n’est pas 0 ou 1. Les foyer-logements sont destinés à des personnes certes essentiellement autonomes, mais qui d’une certaine manière ont souvent besoin d’une présence autour d’elles, et de quelques services (sinon elles habiteraient en logements classiques). Présence qui la plupart du temps n’a pas d’autre rôle que de rassurer, mais c’est déjà beaucoup.

  5. Michel LACANETTE says:

    Indignons nous pour qu’ une telle situation ne se renouvelle pas, car si nous ne prenons pas garde, elle se généralisera.
    Il y’ a en France 3 millions de chômeurs, quantité d’ entre eux ont la capacité d’ assurer ce type de surveillance et s’ ils n’ en ont pas la capacité, il faut les former.
    Les mêmes, qui aujourd’ hui prennent ce genre de décisions, ne se rendent pas compte qu’ un jour ils se retrouveront dans la même situation et peut être encore pire.
    La vie des anciens ne doit pas se résumer à une équation mathématique prise autour
    d’ une table entre la poire et le fromage.
    Un pays qui ne respecte pas ses anciens est un pays mort. La France risque avant longtemps d’ être dans ce cas là.

  6. Merci à M. Braud, une fois encore, de cet article très bien documenté et fort instructif sur le fonctionnement de notre collectivité, avec des informations de première main que nous serions bien incapables de trouver ailleurs.

    Comme le dit l’auteur lui même, on pourrait gloser longtemps sur les différentes responsabilités de chacun dans cet enchaînement catastrophique (la vieille dame qui a oublié sa clé, l’hôpital qui la renvoie sans se préoccuper de sa prise en charge, le chauffeur de taxi peu scrupuleux, etc…). Mais cela ne mène pas bien loin.

    La question de fond est effectivement celle du bon équilibre entre les principes budgétaires et les services rendus à la collectivité. Harcelés par tous ceux qui demandent toujours moins d’impôt, les responsables des services publics peuvent être amenés à prendre des décisions critiquables.

    A mon sens, ce genre de problèmes ne peut être résolu pour le bien de tous que par plus de démocratie dans la prise de décision. La consultation directe des intéressés et de leurs associations, une meilleure transparence vis-à-vis du public permettraient certainement aux décideurs de faire des choix plus appropriés. Encore faudrait-il qu’ils en fassent l’effort.

  7. Apparemment, foyer-logement ou pas, c’est d’abord un problème d’oubli des clés de sa porte d’entrée.
    Pour moi la grave lacune: comment un taxi médical (donc conventionné par toutes las autorités) et appelé par le secrétariat du service des urgences de l’hôpital peut-il laisser sur le bord du trottoir la personne qu’il a prise en charge à l’hôpital sans vérifier qu’elle réintègre son immeuble et au moins a été capable de passer la porte d’entrée? Ce n’est pas sa mission bien sur, mais avec un minimum de bon sens et d’empathie il aurait pu attendre 30 secondes avant de repartir.

  8. Georges Vallet says:

    Voilà une mise en lumière qui justifie qu’on la diffuse sans modération.
    N’y aurait-il pas une demande d’information sur la suite que la CCAS et la mairie comptent donner à cette situation?

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