Politique – France-Espagne : Vers la rétrogradation des Partis Socialistes ?


Etat de guerre entre Pedro Sanchez et Pablo Iglesias

Etat de guerre entre Pedro Sanchez et Pablo Iglesias

L’observation des PS français et espagnol fait apparaître des similitudes inquiétantes pour les dirigeants de ces formations. Tous les deux sont actuellement « débordés » sur leur gauche. Seraient-ils trop « conservateurs » et pas assez « anti-austérité »  ?

La situation française du PS vient de nous offrir un spectacle d’un genre surprenant avec 30 députés de son « aile gauche » essayant de mettre en place une motion de censure contre un gouvernement composé principalement de « camarades du parti » ! Une situation incroyable qui en d’autres temps, celui où l’honneur et la cohérence passait avant tout, aurait conduit à l’exclusion du parti des signataires, et à la démission du patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui ne tient pas ses troupes.

Face à cette « vendetta », soulevée par le projet de loi Travail, qui a aussi de multiples traductions dans la rue, le gouvernement va utiliser le 49.3 pour le « faire passer ». Une décision peu démocratique que d’imposer une loi en faisant fi du Parlement !
Que penser par ailleurs, à l’heure des réseaux sociaux, de tels archaïsmes que le 49,3, mais aussi des ordonnances que nous promet Alain Juppé, s’il venait à être élu ?

Le PS est donc bousculé par sa gauche. Les 56 signataires du projet de motion de gauche vont-ils aller plus loin et tenter de déborder le processus présidentiel qui voudrait imposer, en ne passant pas par une primaire, le Président Hollande comme candidat du PS ?

N’allons-nous pas voir émerger une regroupement des frondeurs du PS avec le reste de la gauche (Ecologistes et communistes) ? Une candidature, anti-austérité, à gauche du PS ne serait-elle pas une conséquence logique de la contestation, au Parlement comme dans la rue ?

En tout cas, pour la gauche au pouvoir, les 12 mois qui s’ouvrent, seront loin d’être de tout repos.

Ce qui se passe en Espagne devrait inquiéter le PS français. Les élections du 26 juin au « Congrès des Députés » sont, en effet, celles de tous les dangers pour le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) qui, lui aussi, se voit débordé à sa gauche par PODEMOS. Les adhérents de cette formation viennent en effet de voter, à une écrasante majorité  de 98%, la constitution d’une coalition avec IU (Izquierda Unida), petit parti minoritaire « écolo-communiste », qui pourrait, avec ses quelques députés, permettre à la coalition PODEMOS-IU de passer devant le PSOE en nombre d’élus au Congrès.

Si c’était le cas, alors qu’il y a 6 mois, Pablo Iglesias, leader de PODEMOS, demandait à Pedro Sanchez, secrétaire général du PSOE, d’une façon peu académique par voie de presse, de lui attribuer un poste de Vice-Président, c’est tout à fait l’inverse qui pourrait se produire aux nouvelles élections.

D’ailleurs, sans attendre, Pablo Iglesias n’a-t-il pas déjà proposé un poste de Vice-Président à Pedro Sanchez pour former un gouvernement de « cambio y progreso », dès le mois de juin !

Si la coalition PODEMOS-IU venait à passer devant le PSOE, gageons que cela donnerait des idées aux 56 élus qui étaient disposés, à mettre en place la motion de censure de gauche, contre la loi Travail. Le 26-J (comme disent les Espagnols) sera aussi important pour la France.

– par Bernard Boutin

crédit photo : AMERICA 2.1

Comments

  1. quidam says:

    Inquiétant ? Les socialistes nous démontrent une fois de plus leur incompétence à gouverner dans le monde réel. Non, mais ce qui est inquiétant, ce sont ceux qui votent pour des incapables, juste parce qu’ils vous ont promis la lune ! Il faudrait prévoir un cours d’économie élémentaire depuis le CM1 pour comprendre que l’argent ne vient pas tout seul, par un tour de passe-passe !
    Comment ? Ah ! J’entends déjà que tout va bien… quand tout va mal…

    • Georges Vallet says:

       » Il faudrait prévoir un cours d’économie élémentaire depuis le CM1 pour comprendre que l’argent ne vient pas tout seul, par un tour de passe-passe »

      C’est vrai, il faudrait leur apprendre en leur donnant des modèles de réussite, par exemple!!!!!!

      Ceux qui en gagnent énormément en spéculant ou en le faisant fructifier dans des paradis fiscaux.
      Ceux qui récupèrent l’argent sale:drogue………
      Ceux qui font travailler les autres, des sous-traitants par exemple, ou qui emploient des étrangers non déclarés avec des salaires de misère..
      Ceux qui fraudent le fisc ou qui détournent l’argent public.
      …..!!!!!!!!!!
      Il est bien évident qu’il ne faudrait pas livrer une autre triste réalité!!!
      Ceux qui voudraient travailler et qui ne le peuvent pas car ils ne trouvent pas de travail ou un petit travail précaire, sont malades ou déjà sans domicile fixe…..Ceux que j’entends parfois appelés les fainéants!!!!!!

      Avant les cours d’économie, il conviendrait d’apprendre la morale, le partage, le respect, les valeurs républicaines pour résumer.
      Après, en effet, on pourrait enseigner que l’argent ne doit être que le produit d’un travail honnête qui sert à la collectivité, qui augmente la richesse de la société et non de certains seulement.

  2. Michel LACANETTE. says:

    Ce qui se passe en France n’est que le reflet de ce qui se passe dans le monde.
    Pour ce qui concerne la France les partis traditionnels de gouvernements n’ ont pas du tout compris qu’ ils sont en fin d’ un cycle d’ or, qui dure depuis la fin de la guerre de 39/45.
    Aujourd’ hui la population constate qu’ entre les programmes éternellement proposés par les partis politiques et la réalité du terrain il y a un fossé énorme, qui s’ élargit tout les jours.
    D’ ici peu, comme comme avec la tectonique des plaques, il risque d’ y avoir un gros tremblement, pas de terre, mais d’ idées. Voir ce qui se passe au sein du gouvernement entre Valls et Macron qui n’ est pas du tout fait pour arranger les choses.
    Le malheur dans tout ça c’ est qu’ il n’ y a actuellement personne capable de créer une dynamique raisonnable pour canaliser ce déferlement. Pour la France, beaucoup placent leurs espoirs dans Juppé, mais il ne pourra que prolonger ce système en l’ améliorant
    ( réformettes, avec aussitôt tout le monde dans la rue), mais sûrement pas le changer profondément, car trop imprégné de ce système. Hors, c’ est le changer profondément
    qu’ il faut, pour couper ses travers, sans renier la démocratie et en respectant les citoyens, sans renier les fondements républicains.
    L’ équation est difficile à résoudre.
    Les seuls capables, sont systématiquement balayés, par les instances en place, encore trop fortes pour céder contre ce déferlement, ce qui laisse la porte ouverte aux extrémismes, d’ où le danger qui se prépare un peu partout dans le monde occidental.
    ( Autriche, Pologne,Etats-Unis, Espagne)

    • Il ne nous reste plus qu’inventer un « libéralisme à la française ». Il-y-a du travail car mis à part le libéralisme anglo-saxon, je ne vois guère d’autres pistes apparaitre en France. C’est vraiment dommage que nos medias ne nous décortiquent pas le fonctionnement des pays « occidentaux » avec chômage contrôlé et maintient des équilibres sociaux.
      Ici en France, on semble ne pas avoir beaucoup d’idées, si ce n’est rêver de la stabilité et relative « opulence » des années De Gaulle. Or, ce sont les institutions qu’il a mise en place qui ont conduit la France sur la lente, mais bien réelle glissade, qu’elle connait.

      • Michel LACANETTE. says:

        Il ne nous reste plus qu’inventer un « libéralisme à la française ».
        Tout à fait d’ accord .
        Ce  » libéralisme à la française » certains l’ ont porté partiellement par le passé.
        Il y a eu Chaban-Delmas pour le social, Raymon Barre pour l’ économie, Jacques Delors pour l’ Europe, mais également Jean Lecanuet pour la politique. Cela prouve que l’ on peut optimiser intelligemment, sans globaliser bêtement.
        Malheureusement tous ces gens là ont été vite mis sur la touche par leurs propres partis politiques, même dénigrés et pour cause,. Mais jamais soutenus par les partis opposés qui auraient pu voir là la possibilité de faire bouger les lignes.
        Tout le monde a préféré s’ embourber dans un passé révolu, qui offrait plus de chance
        d’ obtenir des places d’ élus, sans avoir à faire l’ effort de se creuser la tête.
        J’ espère que ces idées, peut être trop novatrices pour l’ époque, seront reprises prochainement par un nouveau leader politique. Sa difficulté sera qu’ il devra en représenter l’ ensemble, s’ il souhaite être crédible. C’est pas gagné.
        Dommage qu’ en cette période de contestation permanente de l’ ordre établi, personne ne reprenne ce thème de » libéralisme à la française », car demain c’ est là que se trouveront les réponses à nos problèmes et non pas dans la mondialisation que l’ on veut nous imposer à marche forcée. Voir TAFTA entre autre.

      • Joël Braud says:

        Je ne vois pas en quoi les institutions que de Gaulle a mises en place ont conduit la France sur la lente mais bien réelle glissade. Il a su mettre en place une constitution qui a fait la preuve, face à des événements graves, de sa solidité et de son adaptabilité. Je vous renvoie à ce propos à ce que disait ici, lors d’une interview; Denys de Béchillon constitutionnaliste de réputation.
        Il faut davantage chercher les causes d’un déclin, qui est certain, chez les partis politiques. De Gaulle se disait au dessus des partis et il avait compris le danger que représentent ces structures (Michel Lacanette a raison).
        La constitution a été réformée à plusieurs reprises après le départ de de Gaulle et la plus dommageable de ces réformes a certainement été la transformation du septennat en quinquennat. Depuis,nous sommes continuellement dans un climat électorale, voir électoraliste.
        Mais la France est irréformable. La suppression de Sénat n’a pas eu lieu en 69, plus récemment la disparition des départements a été impossible. Il faudra que nous changions nos mentalités et que les partis politiques ne trouvent pas à chaque fois qu’une réforme s’engage l’occasion de faire parler d’eux en faisant obstruction.
        De Gaulle n’a rien à voir la dedans.

      • Emile says:

        Le libéralisme à la française, le peuple français en fait les frais depuis 2008.

  3. En France, l’agitation qui est entretenue dans la rue l’est par une petite minorité de syndicalistes et autres gauchistes.
    Au parti socialiste il existe une minorité qui vit encore sur des idées d’un autre siècle, elle agit avec en plus l’arrière pensée d’empêcher Hollande de se présenter mais n’a rien de réaliste à proposer. D’ailleurs ces frondeurs, mais aussi les écolos le PC ou le Front de gauche n’ont des élus que parce que le PS l’a bien voulu, il ne faut pas l’oublier. Et demain, dans une élection où la droite sera largement dominante on risque de ne plus voir ces partis représentés au parlement…

    Quant à l’Espagne, Podemos est loin du pouvoir. D’ailleurs ce genre de parti qui rase gratis demain, confronté à la réalité du pouvoir est obligé d’en rabattre, et pas qu’un peu …voir Syriza et Tsipras en Grèce …

    • Georges Vallet says:

      « En France, l’agitation qui est entretenue dans la rue l’est par une petite minorité de syndicalistes et autres gauchistes. »

      Complément «un peu différent!!!», à propos de nuit debout, donné par le politologue Gaël Brustier, jeune chercheur en science politique (tout aussi légitime que d’autres donneurs de vérités). SUD OUEST 10 mai 2016.
      « Le noyau dur paraît très générationnel: jeunesse des métropoles, beaucoup de «sur-diplômés sous-employés». Thésards, doctorants, graphistes, salariés des boîtes d’internet, d’agences de communication….ce sont des enfants des classes moyennes qui ont fait de longues études, mais les emplois qu’ils visent sont de plus en plus précaires, et habiter Paris leur est de moins en moins accessible….Le mouvement représente, pour l’heure, cette jeunesse des métropoles connectées à la globalisation, là où se trouve désormais la production de richesses mais là aussi où se constatent les inégalités les plus criantes, là où réside, pour ce qui est de la capitale, le pouvoir institutionnel et là où sont l’essentiel des grands médias. »
      Bien sûr, il s’ajoute des provocateurs, des casseurs, des tentatives de récupération…mais, partout, cela existe, y compris dans les milieux « respectables »!

      • « Ils sont plusieurs centaines −500 selon la police− à avoir répondu à l’appel de Nuit debout sur les réseaux sociaux. Parmi eux, des militants de la CGT, de SUD, du Parti communiste, du Parti de gauche, du NPA, mais aussi de simples citoyens opposés à la loi El Khomri. »

        Ouf! il y avait qqs citoyens non encartés … Mais 500 personnes à Paris cela équivaut à rien du tout à Pau … Mais heureusement l’homme providentiel survint …

        « Vers 20 heures, une rumeur parcourt la foule : un parlementaire est là, parmi les manifestants. Il s’agit de Jean Lassalle, récent démissionnaire du Modem de François Bayrou et candidat à l’élection présidentielle de 2017.

        Sous le regard interloqué des CRS, le député en costume cravate discute avec quelques jeunes en colère. Il en prend même certains dans ses bras. Le député des Pyrénées-Atlantiques a beau avoir voté pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle en 2012, il se sent aujourd’hui en phase avec les manifestants : « Je soutiens Nuit debout de tout mon cœur. Je vais d’ailleurs à République presque tous les soirs. Ces jeunes ont raison, la finance a pris trop de place dans notre société. La loi travail est une loi au service du monde de l’argent. »

        Comme la plupart de ces jeunes manifestants, le député souhaite-t-il faire la révolution ? « Je suis pour une transition pacifique, mais le régime doit changer. C’est pour cela que je voterai la motion de censure. Et je suis favorable à une dissolution, il est aujourd’hui trop tard pour le président Hollande. » (Le Monde)

        Jean Lassalle va t il faire un ticket avec Besancenot ?
        Nuit debout : une histoire a dormir debout .

        En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/05/11/quand-le-depute-jean-lassalle-vient-soutenir-nuit-debout-devant-l-assemblee-nationale_4917431_823448.html#IRyU3uvoOcSJJ1SO.99

        • Georges Vallet says:

          Cette information est intéressante car elle montre comment des politiques, dans ce cas, se ridiculisent en s’efforçant de récupérer un mouvement qui les rejette.

          Elle confirme aussi ce que disait Gaël Brustier que j’évoquais, à savoir:«Le public change de soir en soir, il y a des AG, des sympathisants, des curieux mais le noyau dur (mon texte précédent)…..»
          Effectivement, ponctuellement, dans le temps et dans l’espace, l’animation qualitative et quantitative peut être activée par les uns ou les autres; c’est pourquoi on n’a pas le droit, si l’on veut être objectif, d’être aussi restrictif et partisan en affirmant:
          «En France, l’agitation qui est entretenue dans la rue l’est par une petite minorité de syndicalistes et autres gauchistes.»
          Si cette agitation dans la rue, reste modeste, très limitée par rapport à l’ensemble de la population, ne la minimisons pas, elle est un feu de souffrance et de révolte qui couve, se nourrit et se propage dans dans toutes les sphères de la population, du monde du travail entre autres!

      • Larouture says:

        « Le noyau dur paraît très générationnel: — »
        Il s’agit du profil type du « bobo ».
        « — mais les emplois qu’ils visent sont de plus en plus précaires, et habiter Paris leur est de moins en moins accessible…. »
        D’un côté, je lis ou j’entends que la précarité touche plutôt la province où les emplois sont dispersés et moins qualifiés.
        D’un autre côté, les métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille sont moins touchées par le chômage parce que les emplois sont plus concentrés et aussi parce qu’on y trouve des activités bien en phase avec la mondialisation, comme par exemple les métiers de la création.
        C’est-à-dire le contraire de ce que vous rapportez. Il me semble qu’il y a un biais quelque part.

        • Georges Vallet says:

          « D’un côté, je lis ou j’entends que la précarité touche plutôt la province »

          Il faut élargir le domaine de vos lectures et de vos écoutes pour avoir une vue plus réaliste de la situation. Paris, Lyon , Marseille que vous citez, ce n’est pas que le centre ville ou Neuilly, il y a aussi « les banlieues »!!!!!

          • Larouture says:

            Lire Christophe Guilluy par exemple? Qui d’autre ?
            D’autre part, les activités les plus compétitives ne sont pas à Paris ou à Neuilly mais en banlieue. La banlieue ne se résume pas aux quartiers sensibles.
            Quand je dis qu’il y a un biais (Un biais statistique en quelque sorte), c’est que le problème est multivariable avec justement des interactions et qu’il faudrait l’aborder ainsi.

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