Un jour tu te réveilleras mort !


ils me fatiguent, ces lecteurs de devinette !

ils me fatiguent, ces lecteurs de devinette !

Je m’apprêtais à faire la sieste dans le jardin lorsqu’une idée fulminante a traversé mon crâne de vieillard souffrant de canicule chronique. Je me suis senti frais. Pire, je me suis senti en état de naguère. Allongé sous l’ombrageux marronnier, qui est en vérité un exceptionnel châtaigner (qui permet la fabrication de marrons glacés) soudain la question s’est posée : y aura-t-il de la bagarre, de la violence incontrôlable ces jours-ci dans le pays ?

Un vent doux balayait mes genoux fatigués par tous ces matches de foot sans intérêt ni hématomes médiatiques, ces émissions en continu de commentaires qui ne font tourner la terre que sur des plateaux télé (le monde est plat, mais rondelette la galette), et tout en regardant les chats dormir d’un œil à l’ombre des pommiers j’ai fermé les paupières. J’avais encore la rétine scotchée à l’ordinateur, les images de Dupont-Dupond à Bordeaux, de la manif à Paris, de King Jon Il ravi de l’explosion de ses missiles, du Brexit et de toutes ces incohérences que l’humain porte en soi, humain sans H car il a en main sa propre barbarie dans un monde qui retourne aux grottes des ours et aux antres des ogres, dont il se croit le maître.

L’homme est bon, c’est pour ça qu’il est cannibale (quelqu’un a dû le dire avant moi), et s’il est si pinailleur (je veux un défilé, non, je veux que vous restiez sans bouger, la phlébite se soigne très bien à l’hôpital Necker, à l’hôpital Tenon, rue de la Chine, arrêtez d’être si exigeants, vous vivrez 140 ans de misère, deux ou trois guerres et conserverez ad vitam aeternam votre envie d’être toujours plus riches, plus vieux, plus bandards, plus jeunes dans vos têtes, enfin, plutôt dans vos slips, pour faire l’amour avec des femmes qui ne vous aiment pas, ne jouissent pas, avec des hommes qui se satisfont de l’argent qui coule à flot, des petits costards des belles cylindrées des apparts haut de gamme (et tout le contraire aussi, le jardin des jaloux, des envieux) et dire que je m’apprêtais à faire la sieste sans déranger personne une grosse mouche tournoie et se pose sur ma peau. « Ta ta ta, tu t’es trompée d’adresse, je suis dans la Dèche, pas encore ciblée par Daesh, j’habite 33 lessive Dash Avenue, London Brexit, je lave mon code postal six fois par semaine, et je suis une tapette à mouches. » Mais je sens que je n’ai pas frappé le cœur de cible…

Derrière mes yeux clos, j’analyse rapidement la situation. En l’état (je suis dans le jardin), je ne peux appeler le RAID (marque déposée) pour réduire cette mouche qui me terrorise et use de ma fragilité et de ma faiblesse. Ni téléphoner à Martinet, qui gobe en ce jeudi un petit verre de Bordeaux pendant que les autres font le tour du bassin de l’Arsenal, à Paris. (à Venise, l’Arsenal et un quartier où il faut se promener à l’aube, avant le flux touristique) Attendre le soir et les pipistrelles, impossible, j’ai sommeil, il fait chaud. Appeler Bobby Lapointe pour faire venir la fée, trop tard, la fée de la Musique est partie avec saint Jean brûler les planches dans le foin des médias qui partent en fumée. Seul. Seul face à l’adversité. Moment terrible de l’homme qui, entamant une bonne sieste sous l’air sans nano particules, à l’ombre des arbres que d’autres ont plantés pour les générations futures (dont je fais partie, me susurrent le marronnier et son pote le noyer (que les pies espiègles qui ont toutes lues Apollinaire surnomment le noyer belles noix) , moment terrible où les oiseaux dans les branches permettent aux bookmakers de gagner des tonnes de livres (j’ai une Encyclopédia Universalis de 1984 à céder) sur les paris entre l’euro et le brexit selon le sens dans lequel ils froissent le hasard (objectif primordial des bookmakers, ancêtres des traders).

Ceci dit, la mouche a été croquée par Trompette, ma minette qui devrait passer le BAC en 2017 dès qu’elle obtiendra son laisser dire et savoir écrire français (encore une année à moduler les sons). Nous échangeons nos données 2.0 tous les jours et la mouche djihadiste qui m’empêchait de dormir (le manque de sommeil est une torture encore utilisée), a l’instar de 63% de gens interrogés en faveur de celles-ci (les mouches et la torture) selon un sondage effectué par la bande à Gégène .

Des mouches, il y en a des millions sur un seul cadavre, humain ou animal. Mais s’endormir au pied d’un arbre, quand il fait chaud qu’un vent séraphin balaie les misères d’un monde qui s’oublie par ce qu’il a oublié qu’il en était un, et que ce même arbre raconte sous les branches l’histoire, avec des feuilles sans cesse renouvelées, et toujours écrites dans le sommaire des automnes. Jamais dans la sommation. Pourquoi ? Parce que nous sommes des milliards de mouches qui majoritairement, nous aimons à en crever !

AK Pô

23 06 2016

Ptcq

Higelin

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