La politique et le droit ? Un conflit d’actualité !


!cid_F41BA33D-AC16-47DF-9D33-7DCE8E132FA0@homeSud Ouest du 23 juin titrait : Allocations familiales, le bilan annuel de la CAF de l’Aquitaine montre une hausse vertigineuse en 6 ans, près de 30%, des allocataires du RSA.
Pour apporter un peu de sang neuf dans les réflexions et propos diffusés dans toutes les directions par «ceux qui disent tout savoir» et veulent nous conditionner à leur idéologie, j’ai eu l’occasion d’aborder des lectures «rafraîchissantes», diffusant une autre approche des «nécessités»pour la France et le Monde.
Parmi ces lectures, citons :
«L’esprit de Philadelphie», «La justice sociale face au marché total» Ed. Du Seuil.
Alain Supiot est un juriste français spécialiste du droit du travail, de la sécurité sociale et de théorie du droit. Il est depuis 2012 professeur au Collège de France.

1°) Ce qui a d’abord attiré mon attention, c’est une prise de position sur une actualité toute chaude: «la loi travail».
Si, du fait de l’évolution technologique et de la demande, la nécessité économique de licencier peut se comprendre, une autre nécessité, humaine cette fois, est de mettre en place une formation rémunérée du personnel au chômage et un suivi pour une réinsertion la plus rapide possible: on parlait, pendant un temps, de «la flexisécurité». Or, il n’est programmé que la flexibilité. Ceci justifie les propos lus :
«La loi attise la course au moins-disant social». A. Supiot conteste «Le raisonnement néolibéral, rabâché ces temps ci, selon lequel il faudrait rendre plus faciles les licenciements pour favoriser l’emploi.» Quel emploi ?
«La fameuse loi El Khomri a pour fonction d’envoyer aux marchés financiers et aux lobbys européens «les signaux qu’ils attendent en diminuant les garanties juridiques dont bénéficient les salariés.»
Le transformisme considéré comme indispensable ne cherche qu’à convaincre qu’il faut s’adapter aux contraintes imposées par la liberté des marchés et de la spéculation.
«L’une des causes de l’atonie actuelle de l’activité réside dans l’aggravation des inégalités qui appauvrit un nombre croissant de citoyens et provoque la stagnation de l’économie».
Dans les échanges entre le gouvernement et les partenaires sociaux qui devaient se situer avant et non au moment de la présentation de la loi, l’agacement syndical et des salariés est grande; d’autre part, la notion même de compromis, jugé normal dans des relations de ce type, est insupportable de la façon dont il est présenté.

        Si on veut des serviettes il faut accepter de payer des torchons !

Pour faire passer l’intérêt du compte personnel d’activité ou la garantie jeunes et d’autres mesures pouvant être un plus, il faut accepter des moins, redoutables !
>«L’accord majoritaire signé primera sur le contrat de travail, y compris en matière de rémunération et durée du travail. Les salariés refusant de tels accords feront l’objet d’un licenciement individuel pour motif économique.»
Le chantage de la direction d’entreprise est largement ouvert avec l’application de l’article 2. Contrairement à ce que dit la CFDT, «Soit on considère que le dialogue social dans notre pays est mature et on fait confiance aux acteurs de terrain pour prendre les bonnes dispositions, soit on n’y croit pas et on ne le fait pas, nous on y croît !»
Les antécédents de chantage et les revirements de promesses, par le patronat, ont été suffisamment nombreux dans le passé pour penser que «la maturité» n’est pas synonyme de confiance mais au contraire de méfiance !

>«Les critères des licenciements économiques sont précisés et différenciés selon la taille des entreprises. Il sera possible en cas de « baisse significative des commandes ou du chiffre d’affaires », en comparaison avec la même période de l’année précédente.»

Est-ce normal d’être obligé de choisir entre le sort des jeunes et celui des adultes expérimentés, parents sans doute de jeunes en recherche d’emploi à la maison ?
           

 Il faut tuer le père pour sauver le fils ! C’est un drame familial cornélien !

On peut négocier séparément au sein du domaine du « plus »et celui du « moins », mais pas entre le plus et le moins! C’est de l’arnaque intellectuelle !
La vraie réforme estime Supiot,«consiste à agir pour faire advenir une société plus juste, qui fasse profiter le plus grand nombre du progrès technique et respecte notre particularisme anthropologique.»
2°)Par la suite, on trouve dans le texte, un développement qui généralise l’interprétation du dysfonctionnement social et économique par l’orientation politique, tant au niveau de la France, de L’Europe, du Monde.
Il remet à l’honneur la Déclaration de Philadelphie proclamée en 1944 par l’Organisation internationale du travail (OIT). Ce texte affirme que «le travail n’est pas une marchandise» et qu’«une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale»
La liberté du commerce et la mise en concurrence généralisée l’emportent sur toute considération de dignité: « Liquider toute espèce d’interdit au nom de la liberté économique ne peut engendrer que l’écrasement du faible par le fort et ouvrir les vannes de la violence. »

Nous sommes en plein dans l’actualité

Or, sous l’influence de l’ultra-libéralisme anglo-américain, la doctrine a opéré une privatisation de l’État-providence et une mise en concurrence, à l’échelle internationale, des travailleurs, des droits et des cultures. Le principe de justice sociale a disparu au profit de l’économie de marché. «La privatisation des produits ou services qui, comme l’électricité, le gaz, la poste, les autoroutes, les chemins de fer, répondent à des besoins également partagés par toute la population et dont l’entretien s’inscrit dans un temps long qui n’est pas celui des marchés, apparaît comme une régression, après leur nationalisation dans l’après-guerre.»
3°) Après la critique, des propositions.
Pour l’un des plus grands juristes du droit du travail, il n’y a pas de doute:
« C’est au droit qu’incombe d’élargir ou de restreindre le jeu du libre-échange, selon qu’il sert à fertiliser le travail des hommes (…) ou à les plonger dans la misère ». Il plaide donc en faveur d’une Europe veillant « au respect des objectifs de justice sociale », alors que la Cour de justice européenne (et la Commission européenne) fait l’inverse en absolvant les firmes qui jouent les prédateurs. « Réformer, écrit-il, ne consiste pas à s’adapter à l’injustice du monde, mais à se donner les moyens (…) de la faire reculer ».
                     Ce serait le moment de rendre la Justice indépendante de la politique !
Ce plaidoyer en faveur de la prééminence du droit social fera sourire nombre d’économistes et autres, persuadés que la dynamique économique est bien plus efficace pour améliorer le sort de chacun.
«La catastrophe sociale provoquée par l’esprit de lucre, le désastre sociologique, environnemental, économique,… devraient pourtant faire douter.»

   Par  Georges Vallet

crédit photo : droit-travail-licencie.

Comments

  1. Émile says:

    Bien écrit et intéressant, oui, mais pas écrit par M. Vallet. M. Vallet caviarde à qui mieux mieux un article de Guillebaud paru dans SO le 5 juin dernier, une critique de Clerc parue dans Alternatives économiques et un ou deux autres papiers. Il recopie directement certains passages, en omettant bien sur les guillemets et les auteurs, en se les appropriant ou pire, en attribuant à Supiot des mots écrits par d’autres. Du reste, « L’Esprit de Philadelphie » datant de 2010, il aurait été bien difficile que Supiot y évoque la loi travail.

    Un exemple de la façon dont M. Vallet travaille? Voici donc la conclusion de l’article d’Alternatives économiques, écrit par Denis Clerc, que je vous propose de comparer avec les 13 dernières lignes du papier de M. Vallet:

    CITATION
    Pour Alain Supiot, pas de doute, « c’est au droit qu’incombe d’élargir ou de restreindre le jeu du libre-échange, selon qu’il sert à fertiliser le travail des hommes (…) ou à les plonger dans la misère ». Il plaide donc en faveur d’une Europe veillant « au respect des objectifs de justice sociale », alors que la Cour de justice européenne (et la Commission européenne) fait l’inverse en absolvant les firmes qui jouent les prédateurs. « Réformer, écrit-il, ne consiste pas à s’adapter à l’injustice du monde, mais à se donner les moyens (…) de la faire reculer ».
    Parmi les nombreuses propositions, retenons celle visant à confier les rênes de l’assurance maladie aux mutuelles, pour sortir de l’opposition désastreuse entre bureaucratie publique et corporatisme médical qui aboutit à exclure les pauvres des soins. Ce plaidoyer en faveur de la prééminence du droit social fera sourire nombre d’économistes, persuadés que la dynamique économique est bien plus efficace pour améliorer le sort de chacun. La catastrophe sociale provoquée par l’esprit de lucre devrait pourtant les en faire douter.
    FIN DE CITATION

    Tout le reste est à l’avenant, sauf sans doute les premières lignes….

    • Georges Vallet says:

      Parce que vous n’ utilisez jamais des mots prononcés par d’autres!

      Roland Barthes a même dit qu’«un écrivain est quelqu’un qui arrange des citations en retirant les guillemets!»

      Je n’ai pas la prétention d’être un écrivain mais notre culture, par nos études, nos lectures et écoutes, n’est que le résultat d’une appropriation personnelle du travail des autres!
      Je n’ai jamais caché que je m’inspirais, parce que je les partageais, des propos et la pensée d’Alain Supiot, de J-Cl Guillebaud et de bien d’autres.

      M’appuyer sur la compétence d’un professeur au Collège de France dont la vision me semble plus solide que celle développée par d’autres, même si ce professeur est un dangereux gauchiste comme je l’ai lu, est un soutien de choix!

      Merci en tous les cas d’avoir joint le texte de Denis Clerc que je ne connaissais pas; il confirme bien l’idée que je souhaitais faire connaître.

      Quant à la position d’Alain Supiot sur la loi travail, je n’ai pas dit qu’elle était évoquée dans l’Esprit de Philadelphie mais dans des lectures «rafraîchissantes»!
      La position d’A.Supiot sur la loi travail est bien connue et diffusée largement.

      Dommage d’avoir à perdre du temps à se disculper vis-à-vis de critiques de forme qui ne changent rien au fond.

      • Émile says:

        Vous vous fichez du monde M. Vallet. Vous ne connaissiez pas le texte de Denis Clerc? Donc vous avez écrit mot pour mot, à quelques années d’intervalle, les mêmes phrases, je cite « Ce plaidoyer en faveur de la prééminence du droit social fera sourire nombre d’économistes, persuadés que la dynamique économique est bien plus efficace pour améliorer le sort de chacun. La catastrophe sociale provoquée par l’esprit de lucre devrait pourtant les en faire douter. » Et vous voudriez que l’on vous croit? En vérité, 90% de votre texte a été recopié, ici ou là, c’est très facile à démontrer.

        Vous avez la même argumentation que tous les plagiaires. Hélas pour vous, il y a une grande différence entre développer sa propre analyse en s’inspirant de textes existants, tout en les citant, et ce que vous faites ici qui n’est que du vulgaire plagiat à base de copier-coller. Certes, je vous comprends, il est toujours gênant de se faire prendre la main dans le sac.

        • Georges Vallet says:

          Je viens de faire des recherches et suis tombé sur le fameux texte que j’ai évoqué intitulé:
          L’esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total, par Alain Supiot
          Coll. Débats, éd. du Seuil, 2010, 180 p., 13 euros.
          Effectivement, ce texte était publié par Denis Clerc dans Alternatives économiques.
          Comme seul le texte me préoccupait je n’ai pas conservé en mémoire celui qui le publiait.
          Croyez bien que je ne me fichais pas du monde; dans ces productions seul le fond m’intéresse, je le rejette ou le partage et il me permet d’échafauder mon opinion.
          90%? Merci pour cette mansuétude!
          Merci aussi pour votre contribution constructive qui fait avancer le débat sur le fond du problème qui était, je vous le rappelle: la politique et le droit.
          Je n’ai pas encore réussi à savoir si vous partagez le fond du texte proposé ou si vous le rejetez.

          • Émile says:

            C’est donc encore pire ce que je croyais: non seulement vous recopiez des textes à tout-va mais en plus vous ne vous préoccupez même pas de savoir d’où ils sortent! Vous avez à peu près le même niveau d’exigence méthodologique qu’un collégien de 5ème qui fait du copier-coller sur internet pour écrire ses devoirs!

            J’ai réagi à « votre » texte sur la méthode. C’est mon droit. Comme je vous l’ai déjà dit, vous n’avez en fait rien proposé sur le fond. Vous vous êtes juste contenté de copier-coller, avec plus ou moins de cohérence, des textes écrits et pensés par d’autres, et, à vrai dire, bien plus compréhensibles dans leur version originale. Il n’y a donc rien à commenter de votre part. .

            Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi « vos » textes attirent si peu de commentaires en général? Tout simplement parce que l’on voit bien qu’ils ne sont pas de vous.

            • Georges Vallet says:

              Comme disait Sarkozy à propos de l’environnement, maintenant………..
              Entre nous c’est l’exit!

              • Emile : »Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi « vos » textes attirent si peu de commentaires en général? Tout simplement parce que l’on voit bien qu’ils ne sont pas de vous. ».
                Ne vous en faites pas, Georges, moi ce sont mes chats qui écrivent mes textes mais comme peu de matous savent lire et écrire je n’ai pas plus de commentaires!
                Emile est peut-être le double « nuisible » d’Alternatives Pyrénées, comme l’est le porc épic du roman d’Alain Mabanckou: « mémoires de porc-épic » (en poche, pour les pauvres)

                Extrait : « j’appartiens plutôt au groupe des doubles nuisibles, nous sommes les plus agités des doubles, les plus redoutables, les plus répandus aussi, et comme tu peux le deviner la transmission d’un tel double est plus compliquée, plus restreinte, elle s’opère au cours de la dixième année du gamin, encore faut-il parvenir à lui faire avaler le breuvage initiatique appelé « mayamvumbi ». « …/…ensuite, il faut lire Mabanckou, un orfèvre qui, assez exceptionnellement (à mes yeux), comment dire, quand tu le lis tu l’entends parler. Mais toi, qui que tu sois, tu ne dis rien. Tu le laisses parler. Même si tu connais déjà les phrases qu’il va prononcer, les citations qu’il va utiliser, et les femmes qui, à la fin de son intervention, seront distribuées aux hommes qui se sont rebellés. (pour comprendre, cliquer ici ou restez ignorants !
                Calmos : https://www.youtube.com/watch?v=MAx64qjE8YY

                • Émile says:

                  Merci de cet éclairage. J’imagine que vous êtes un « double pacifique », animé par le Bien, beaucoup plus rare et très précieux. Quant à moi, je n’ai toujours pas trouvé le baobab à qui raconter mon histoire. C’est sans doute là le fond du problème.

  2. Émile says:

    Vous connaissez surement la célèbre citation du R.P. Lacordaire: « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit « . Elle date de 1848 mais elle est toujours d’une brûlante actualité.

  3. Pierre Lafon says:

    Il a de la chance ce Monsieur Sango de rire aussi facilement …
    Son commentaire est une caricature primaire d’un article réfléchi, bien écrit dont la lecture est intéressante

    • Vous avez parfaitement le droit de trouver cela intéressant, il n’empêche que ces positions d’extrême gauche qui qualifient d’ultra libéralisme les politique menées dans nos pays sont une honte et une contre vérité.
      Comment peut on oser ce type de vocabulaire pour un pays dont la dépense publique est de 57 % du PIB !!!
      Nous sommes dans un pays d’assistanat maximum dans tous les domaines.
      Et les contre vérités continuent sur la loi travail, je ne commenterai pas, tout ceci est basé sur les écrits d’une personnalité d’extrême gauche qui ferait mieux de se demander pourquoi dans le monde aucun pays ne veut suivre ces idées irréalistes.

      • Georges Vallet says:

        1°) «la dépense publique est de 57 % du PIB»
        Il y a un fossé entre la macroéconomie et la microéconomie.
        Vous utilisez un thermomètre, qui ne mange pas, qui ne se loge pas, qui n’a pas de jeunes à nourrir et qui utilise des chiffres définis par un code de référence international.
        J’utilise un ressenti non chiffré, mais bien vécu, non par une minorité mais une majorité de citoyens, de la conséquence désastreuse d’une politique qui fait passer l’argent avant l’humain. Non, le ressenti n’est pas une contre vérité!

        Or, on ne fait pas la révolution avec des chiffres mais avec des ressentis.

        2°)«d’une personnalité d’extrême gauche»
        Quelle horreur n’est-ce pas!!!!!!». A vos yeux, Il est nul par définition! Quel sectarisme!

        3)°«pourquoi dans le monde aucun pays ne veut suivre ces idées irréalistes.»

        Parce que c’est imposé par la force du pot de fer par rapport au pot de terre. Quand on tient les gouvernes, qu’on a l’argent, qu’on maîtrise la communication et la publicité, qu’on peut donc conditionner à une idéologie, on est le pot de fer.

        4°)«un pays d’assistanat maximum»
        Permettre la vie de ceux qui sont rejetés par l’économie d’une société en versant une allocation chômage ou le RSA, je n’appelle pas cela de l’assistanat mais de l’entraide et du partage, avec ceux qui accumulent des profits, cherchent à dissimuler et à ne pas payer l’impôt.
        La honte que vous évoquez, elle est au contraire dans le silence et le mépris de la conception de la fraternité que vous n’évoquez jamais.

  4. On serait donc dans un pays ultra libéral et la CFDT un syndicat de droite.
    Il vaut mieux en rire…
    Heureusement ceux qui croient cela sont très minoritaires.
    On se demande bien pourquoi.

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