Indigne bouffonnerie


imgresIl n’y a pas de mots assez forts pour qualifier le comportement de certains politiques qui profitent du drame de Nice pour se lancer dans une vaste campagne de démago-politicaillerie. Les politicards avancent tous d’un pas supplémentaire vers la déconsidération la plus totale de la part des citoyens français. Mais où cela va-t-il nous conduire ?

Qu’il y ait eu des défaillances dans le dispositif de sécurité mis en place à l’occasion du feu d’artifice du 14 juillet sur la promenade des Anglais, personne n’en doute. Que la coordination entre la police nationale et la police municipale doive être repensée d’un façon générale et au plan national, cela devient un impératif. Que la mise en place de caméras de surveillance n’ait pas permis de détecter le premier embryon d’une folie qui a conduit à ce massacre, on le savait. Mais enfin il y a les douleurs des familles et des proches des 84 morts qu’il faut respecter. Le temps n’est pas à ces ridicules chamailleries qui n’ont pour but que de rechercher un avantage électoral à partir d’un drame. Le moment est venu de tirer un enseignement et nourrir une réflexion afin de diminuer les probabilités de voir se renouveler une telle catastrophe.

Alors réfléchissons sur ce qui devrait être entrepris pour se prémunir efficacement de telles catastrophes.

D’abord, comment faire en sorte que le renseignement soit récolté et exploité ? Sur ce plan, les torts sont partagés chez les politiques surtout lorsqu’on revient vers les années 2008. C’est à cette date en effet que les renseignements généraux ont été démantelés pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec l’intérêt général. La fusion de deux services, DST et RG, a échoué. La démarche de proximité qui était faite d’une présence sur le terrain et de recrutement d’informateurs a été oubliée. La police de proximité si précieuse pour être à l’écoute et sentir certaines évolutions ou dérives a été rayée de la carte. Il importe maintenant de réorganiser la récolte du renseignement. D’inciter les citoyens à signaler tout comportement qu’ils jugent inquiétants en regard de la menace terroriste. Et surtout que les fonctionnaires chargés du recueil des ces signalements soient à l’écoute de leurs concitoyens.

Ensuite réfléchir à une meilleure coopération entre police nationale et polices municipales. Certaines données, vraies ou fausses, sur le drame de Nice laissent comprendre qu’entre ces deux unités, une véritable coordination n’a pu être mise en place lors de l’organisation du service d’ordre. Ces deux polices ne sont pas réellement complémentaires, l’une dépend de l’État, l’autre est placée sous l’autorité de politiques. Ces derniers ont plus tendance à l’instrumentaliser en en faisant un argument électoral, qu’à lui confier des missions à la hauteur des enjeux actuels. Il y a d’ailleurs trop de polices municipales. Elles sont généralement bien mieux équipées que la police nationale. Cet état de fait entraîne un effet pervers dans la mesure où il n’existe aucune définition du partage des tâches. Il faudra, dans cet esprit, éviter les déclarations aussi imbéciles que tonitruantes, laissant croire que les caméras de surveillance sont le remède absolu.

La procédure pénale accumule les contraintes depuis plusieurs années, au point maintenant de se montrer chronophage et ainsi de limiter la disponibilité des policiers. Ceux-ci sont empêtrés dans la gestion des procédures, elles deviennent très compliquées et souvent sont perçues comme des tracasseries inutiles et au seul l’avantage des mis en cause. Ce sont les politiques, qui, par un souci de protection des libertés individuelles, sont à l’origine de cette complexification. Il s’en suit une véritable démotivation des enquêteurs avec comme corollaire que certains services qui étaient jugés comme prestigieux peinent à étoffer leurs effectifs. Des postes restent vacants. Le législateur ne doit pas seulement polariser ses décisions sur la seule protection des libertés individuelles mais doit impérativement prendre en compte la faisabilité des lois et règlements dans un contexte particulier.

Repenser la partition libertés – sécurité à la lumière de l’état de guerre dans lequel nous nous trouvons maintenant. Il est certain que l’état d’urgence, qui est aussi qualifié d’état de guerre entraîne, qu’on le souhaite ou qu’on le rejette, une modification de l’exercice des libertés individuelles. Notre dispositif législatif est-il adapté ? Ces nouvelles données sont-elles prises en compte par la justice dans l’application des peines et des mesures de restriction des libertés ? Il ne s’agit pas d’empêcher que les libertés fondamentales puissent s’exercer mais il faut toujours avoir à l’esprit qu’elles comportent des risques. Il conviendra donc d’organiser les rassemblements qu’ils soient festifs, syndicaux, cultuels ou politiques avec cette contrainte que des mesures particulières de sécurité s’imposeront désormais.

Réorganiser les services de sécurité doit enfin être envisagé. La fusion des RG et de la DST, présentée comme permettant une plus grande efficacité n’a pas donné les résultats espérés. Les politiques encore une fois dans ce domaine se sont trompés. Les missions et les cultures professionnelles de ces deux entités font que la mayonnaise n’a pas pris. Il faut en tirer les conséquences. Pourtant cela n’a pas été fait et, au lieu de conserver la structure « direction centrale » du renseignement intérieur, on en a fait une direction générale. Cette administration est maintenant placée au même plan que la Direction générale de la police nationale ou de la Gendarmerie nationale. On divise, on segmente les services au lieu de les regrouper et ce faisant on doublonne. Il faut en réalité constituer un maillage qui fait remonter vers une entité unique ce qu’il est convenu d’appeler les « signaux faibles ». Une organisation centralisée est la seule chance de faire en sorte que ces informations du bas de l’escalier récoltées par une police à l’ancienne, parviennent à des spécialistes formés à l’analyse et par conséquent à leur exploitation.

Nous sommes dans une situation de guerre qui selon les spécialistes est appelée à durer pour la raison qu’en face se trouve une idéologie. Celle-ci a une visée expansionniste ? Aucun dispositif de sécurité ne sera jamais parfaitement étanche. Nous ne devons pas perdre nos valeurs de démocratie, de liberté et de laïcité ; la folie sécuritaire ne doit pas nous diviser. Mais certains politiques, qui ne sont guidés que par une surenchère électoraliste en cette période de primaires, se comportent comme des minables, des petits, des diviseurs, des vecteurs de conflit. Ils ne se rendent même pas compte que leurs propos portent en germe les bases d’une guerre civile.

La sécurité, notre sécurité, est une chose bien trop sérieuse pour continuer à être confiée à des politiques. Ils se sont d’eux-mêmes disqualifiés.

Pau, le 28 juillet 2016
par Joël Braud

Comments

  1. quidam says:

    Chut ! Surtout ne rien dire ! Ne pensons pas ! Surtout pas d’opinion ! pas d’idée non plus ! Rien ! Voilà, soyons rien et acceptons bêtement tout ce qui se dit, car la parole gouvernementale est sacrée  !Chut !

  2. HenriIV 3/4 says:

    GV se rend compte que l’ article trés professionnel (de son auteur) n’ est pas loin du record d’ Audimat interne!
    Depuis le temps que l’ on attend le Wake Up!
    Bayrou comparait ,il y a encore peu, le camp de l ‘Est(abandonné ) à BEYROUTH.
    Il y a encore quelques jours un Local ,dans le Finistère d’ Urvoas, m’ a rappelé qu’il y avait efféctué son service militaire et me demandait ce que cela devenait!
    Est ce pour cela que le Roi arme sa Police municipale?
    Alors que le CD64 LACHE sur la sécurité!
    Au moins avec Cabane et Brin, il est en mode sauveteur!

    • HenriIV 3/4 says:

      PS:
      Et de grâce Mr Brin:
      Dites à vos équipes d’ éviter l’ erreur d’ alimenter mon compte bancaire personnel aprés avoir classé les affaires(Trackfin sur PAU).
      Cela vous évitera de passer du multitache à le grosse TACHE!!!!
      Comme à votre entourage de sous rang,on va vous louer des cerveaux à la seconde…. vous ferez des économies!!!!
      Bad God Day!!!!

      • HenriIV 3/4 says:

        « Jeux
        A quelle vitesse pensez-vous ? Testez la performance de votre cerveau !

        Il y a deux types de façons de prendre des décisions. L’une est rapide mais plus sujette aux erreurs. L’autre est plus lente mais beaucoup plus réfléchie. »

        Bonjour Mr Brin,
        Je profite de la pluie…..
        Mes Co-lyglottes d’ Occitanie n’ont pas tardé à réagir dès Lundi en vous proposant de jouer…
        Je vous connais 1 spécialiste eologue en process longue durée Réflexion-Décision-Exécution(humus imprimé au dos).

        Enfin les bases de la compétitivité mondiales sont lancées:Mr Saubot fils reconnait que « l’ avenir de nos industries sont dans la révolution technologique ».
        Annoncé cela ,à Pau, est la victoire des xerfi!

        Reste à passer du discours à l’action notamment concernant le capital immatériel.

        Et que Mr Saubot père et son entourage changent de calibre de la Kalach entre Pau et Oloron!

        • encore un commentaire sans queue ni tête. A moins que le commentateur n’ait mis sa queue en tête, mais ce serait plutôt le contraire. En trois mots : ras le bol !

  3. Hotoctone says:

    Que les politiciens d’aujourd’hui se soient disqualifiés, ce n’est pas une raison pour dire que le problème n’est pas politique. Il est avant tout politique, les psys ne faisant ne faisant qu’un travail d’appoint, si nécessaire.
    Quant à la décision de Bayrou d’armer sa police municipale elle n’est que dérisoire, pitoyable, cachant le manque d’analyse. Alternatives Pyrénées n’en dit mot…

    • Hotoctone : et si vous écriviez un article sur ce sujet (de la décision d’armer la police municipale) ?

    • Joël Braud says:

      Oui, Hoctoctone, je vous sens bien sur ce sujet. C’est chaud et brûlant.
      A vous la parole, ou plutôt l’écrit.

  4. Joël Braud says:

    En réponse à Georges Vallet.

    Vous avez, par deux commentaires longs et élaborés, fait connaître votre analyse sur les causes des dérives terroristes ayant entraînée les événements que l’on sait.

    La théorie de la pathologie mentale et des dérives sociales (environnement, drogues etc.) est une théorie dont actuellement tous les responsables en charge de la politique sécuritaire se méfient. Beaucoup considèrent que même si ces terroristes sont d’un niveau intellectuel particulièrement bas au point de frôler la débilité, ils n’entrent pas pour autant dans la catégories des irresponsables pénaux. Ce n’est d’ailleurs que par une expertise psychiatrique que celle-ci peut être admise. Il y aurait une difficulté supplémentaire à raisonner sur une seule cause de maladie. La prévention serait alors confiée à des services médicaux et des travailleurs sociaux. Ceux-ci imbus du principe de secret professionnel auquel ils accordent une interprétation bien plus large que ce que considère le droit, n’agiraient qu’en regard du problème individuel du malade. Ils ne se sentiraient pas responsables des conséquences sécuritaires et de ce fait ne signaleraient pas, comme c’est la cas actuellement, les potentielles dangerosités de leurs patients. La sécurité n’y trouverait aucun avantage. Il faut rappeler que la médecine psychiatrique se dit incapable d’évaluer le degré de dangerosité d’un patient. A partir de là leur irresponsabilité rend difficile toute forme de prévention.
    Le souci actuel est de prévenir tout acte de terrorisme.
    La travailleurs sociaux ont comme principe absolu de ne pas avoir de liens ou contacts avec les services de sécurité. C’est ce qu’on leur apprend en institut de formation (je n’invente pas). Ils considèrent qu’ils perdraient en audiences et seraient disqualifiés par les personnes aidées s’ils se livraient à cette forme de coopération. C’est ainsi, c’est leur culture, elle est basée également sur le secret professionnel.

    En la matière rien n’est simple.

    • Georges Vallet says:

      Tout à fait d’accord avec vos propos, en particulier la conclusion: « rien n’est simple »

      Je ne voudrais surtout pas laisser penser, comme la phrase:«fait connaître votre analyse sur «les causes des dérives terroristes» peut le laisser supposer, que je voulais démontrer, dans mes deux interventions, que les causes du terrorisme étaient d’ordre psychopathologique. Ce serait aller à l’inverse de ce que je répète sans arrêt à savoir qu’à un problème donné correspond toujours à de très nombreuses causes qui interfèrent.

      Je soutenais initialement que «parmi» les pistes prises en compte en général, il y avait, en plus, et encore uniquement pour ceux qui commettent ces horreurs, à chaque fois annoncé , un passé déstabilisant et des psychopathologies qui étaient connu et connues. Pour reprendre une expression qui a fait son temps, la tête pensante( décideurs et organisateurs) n’a rien à voir avec cela, elle est au contraire hautement organisée et structurée, ses motivations sont à puiser dans de nombreux autres domaines, ce sont les jambes que j’évoquais, ceux en état de déséquilibre psychopathologique latent qui sont embrasés par des idéologues et la drogue.
      Il y a là, comme vous le signaliez dans votre article de base et que vous rappelez sous une autre forme maintenant:«Ceux-ci imbus du principe de secret professionnel», «Les travailleurs sociaux ont comme principe absolu de ne pas avoir de liens ou contacts avec les services de sécurité», une anomalie à laquelle, comme en cas de guerre, il conviendrait d’adapter aux circonstances. Vous écriviez: «On divise, on segmente les services au lieu de les regrouper et ce faisant on doublonne. Il faut en réalité constituer un maillage qui fait remonter vers une entité unique ce qu’il est convenu d’appeler les «signaux faibles».
      Les périodes d’état d’urgence ne devraient-elles pas faire sauter un certain nombre de verrous?
      Malheureusement, comme vous l’écriviez en boutade: »La sécurité, notre sécurité, est une chose bien trop sérieuse pour continuer à être confiée à des politiques. Ils se sont d’eux-mêmes disqualifiés. » et cela empire, surtout dans l’opposition actuellement!

      • HenriIV 3/4 says:

        Dupont Aignan dit qu’il faut nettoyer la politique.
        Je pense plutôt qu’il faut nettoyer LE politique(fonction)!!!!

  5. Ô pauvres bouffons que nous sommes ! La la, lala, la la…maintenant nous pleurons!
    Adesso non ridete !

  6. Georges Vallet says:

    «Il faut en réalité constituer un maillage qui fait remonter vers une entité unique ce qu’il est convenu d’appeler les «signaux faibles». Une organisation centralisée est la seule chance de faire en sorte que ces informations du bas de l’escalier récoltées par une police à l’ancienne, remontent vers des spécialistes formés à l’analyse et par conséquent à leur exploitation»

    C’est bien mon avis, j’ajouterai que ces informations recherchées «du bas de l’escalier», à inclure dans un maillage, devraient aussi comporter une collecte plus affirmée des pathologies mentales de la part: du milieu médical, partout où il est présent, des services sociaux, milieu familial et environnemental, école, vie passée et présente.
    Je constate qu’à chaque fois qu’un drame survient, on évoque, sans le reprendre vraiment, l’association entre pathologie mentale, drogue et souvent précédent environnemental déficient(famille ou autre). A Saint-Etienne-du-Rouvray on parle encore, comme un «détail!» de terroriste atteint de dysfonctionnement psychique depuis l’âge de 12 ans!
    Le monde médical, psychiatrique, policier, associatif … s’inquiète de la montée, dans notre société, de la «fragilité psychologique» allant d’une inadaptation comportementale inoffensive à la véritable pathologie, la délinquance, la violence…et l’acte criminel:38% de la population est atteinte de maladies mentales, 2% sont schizophrènes…Ce n’est pas rien! La schizophrénie a hélas fait ses preuves à Pau par manque de suivi sérieux pourtant demandé par la mère.
    Le schizophrène «se manifeste dans la vie courante par une baisse du rendement intellectuel, des échecs aux examens, l’isolement de la vie familiale, la rupture avec les amis. Il prend des décisions incompréhensibles, comme l’arrêt d’un emploi; il est pris d’engouement pour des idéologies étranges, des courants de pensées marginaux: le satanisme, les courants religieux mystiques, les sectes, l’occultisme» (www.e-santé.fr)
    Les facteurs de déclenchement du pire sont nombreux dans notre société: familial, relationnel, travail, politique, religieux, environnemental…, Internet et réseaux sociaux; médiatique aussi qui passe en boucle les horreurs, les pleurs, les lamentables récupérations politiques qui stimulent l’exaltation des jeunes en rupture sociale .
    Ils stimulent en boucle l’individu en situation de rupture infraliminaire.
    Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la France compterait 3,9 millions de consommateurs dont 1,2 million de réguliers.
    Beyrouth est devenue la plaque tournante du Captagon, une drogue à base d’amphétamines, dont se servent les djihadistes en Syrie pour doper leurs combattants. En 2014, plus de 50 millions de pilules auraient été vendues. Ce business très lucratif rapporte 10 à 20 millions de dollars. Un reportage de Wissam Charaf. info.arte.tv/fr/la-drogue-de-daech.
    Si tous les malades mentaux ne deviennent pas des terroristes, Daech recrute chez eux, non pas ses têtes pensantes, mais une grande partie de «ses soldats».
    Dernièrement, Agora Vox titrait: «Terroristes ou malades mentaux? par Desmaretz Gérard (son site))mardi 21 juin 2016»
    Je ne sous-estime pas toutes les pistes évoquées, bien au contraire, elles sont complémentaires; mais, à côté de la recherche de la protection sécuritaire, quand on veut aborder un problème complexe il faut rechercher aussi toutes les causes possibles des attaques; la pathologie psychologique en est une insuffisamment incorporée dans les critères d’identification d’un éventuel candidat: terreau initial islamiste, psychopathologie, utilisateur de drogue, assiduité aux sites islamistes…Tous ces critères doivent être évalués non seulement par des structures «officielles» reconnues mais surtout par un investissement citoyen qu’il faut encourager, recueillir et inclure en les faisant remonter «vers des spécialistes formés à l’analyse et par conséquent à leur exploitation»

    • Et après ?
      Nous ne sommes pas plus avancé. Les terroristes « potentiels » sont souvent repérés (les deux derniers étaient fichés S), mais que faire ?
      Notre état de droit est aujourd’hui totalement impuissant

      • Gildard says:

        imaginons qu’il y ait partout des complicités dans… la presse, la police, la justice…. l’industrie… Imaginons une société gangrènée… une société avec des pouvoirs et des intérêts tellement contradictoires que tout ne peut que s’annuler… et donc tout est bloqué ! Mais il nous reste encore les rustines… et tellement de naïveté et de bons sentiments…

      • Georges Vallet says:

        Et après?
        Comme on est intelligent, on réfléchit!
        D’abord admettre que la situation actuelle est un problème global et qu’il ne doit pas être abordé sous l’angle du seul terrorisme qui serait religieux. Le Pape a parfaitement raison.

        Quand il se présente un problème complexe comme celui-là, il convient de rechercher et d’analyser les causes et les conséquences afin de faire face aux deux, en parallèle.

        Actuellement, on ne traite pas les causes, on s’efforce, le mieux possible, de s’attaquer aux conséquences avec un risque 0 impossible à atteindre, même avec «la grande compétence» et les critiques d’une opposition honteuse, ridicule et irresponsable qui sait tout!!!!
        Évoquons les causes:

        Le passé, ancien et très récent, dans les régions du Moyen-Orient, a préparé, par des comportements irréfléchis et coupables, les conséquences actuelles. Impossible bien sûr de revenir en arrière, il faut le gérer. La lutte contre Daech, sur le terrain, y est indispensable. Une entente et une participation internationale active de l’Europe serait encore mieux, au moins au niveau financier et humain.

        Le passé ancien, récent et la dynamique en cours, de l’économie a complètement déstabilisé l’environnement, les corps et les esprits.
        L’environnement a été de plus en plus pollué (industrie, agriculture productiviste, commerce..) par des masses de nouvelles molécules, des grosses(polymères, hydrocarbures..), aux plus petites comme les nanoparticules qui pénètrent jusqu’au cœur de notre sang, de notre cerveau, de nos organes reproducteurs…L’air, la mer, les eaux des nappes phréatiques, des fossés, des rivières perturbent les animaux dont on se nourrit, les pesticides et herbicides retentissent sur la biodiversité et la qualité de notre nourriture…Le climat de la température aux tempêtes, au niveau de la mer, de l’intensité des pluies à la sécheresse sont autant de facteurs qui génèrent les conflits d’intérêts, des guerres et des souffrances, les déplacements de populations que notre société riche et individualiste ne veut pas, d’où la montée en puissance de l’amertume et les réactions violentes de certains.
        Les corps sont meurtris par les cancers, l’extension de nouvelles maladies opportunistes, la famine ou les maladies qui résultent de la malbouffe ou de la trop grosse bouffe…, les séquelles des traumatismes vécus par les migrants….
        Les esprits sont sournoisement déstabilisés par:
        + La pollution chimique avec les perturbateurs endocriniens, au niveau des adultes mais aussi des jeunes: obésité, diabète, psychopathologies…
        + Les inégalités sociales qui conduisent à l’abandon sur le pavé d’une quantité accrue de personnes en recherche d’emplois et qui sombrent dans l’alcoolisme, la drogue, la violence, le crime, l’addiction aux messages des idéologies destructrices. La famille éclate, les relations sociales sont complètement détériorées….Il en résulte un accroissement significatif des maladies mentales où viennent puiser les ennemis de notre civilisation.
        Alors, que faire?
        Dans un premier temps, ce qu’on fait, c’est-à-dire prendre des mesures s’efforçant de limiter le plus possible les attaques grâce aux renseignements, à leur coordination, aux précautions vis-à-vis des zones sensibles, en fournissant les moyens grâce aux transferts des fonds de la croissance économique vers la croissance de la sécurité.
        Prendre la décision qu’il faut changer de mode de vie, à la fois au niveau social, économique, financier, relationnel, environnemental…Cela demandera beaucoup de temps mais il en a fallu pour en arriver là!

        C’est impossible, dira-t-on! On ne veut pas perdre toute cette nébuleuse de nouveautés ludiques qui ne font que passer et qu’on a le plaisir de changer sans cesse, au moins pour ceux qui peuvent payer!
        On ne veut pas admettre que lorsqu’on vit en société le tout est plus que la somme des parties mais aussi un moins car la coexistence impose une liberté surveillée afin que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres.
        Quand on mange trop ou mal, on tombe malade; nos organes réagissent et nous imposent de faire une diète et de changer de régime. L’écosystème culturel fonctionne de même.
        Nous subissons actuellement un feed back consécutif à une totale inconscience; tout n’est pas possible dans notre monde complexe, pour perdurer en équilibre, il doit être manipuler avec intelligence et modération!

        • Je ne vois pas ce que la pollution de l’environnement, les nanoparticules, la malbouffe, etc, ont à voir avec Daesh ! Chercher des causes profondes à un problème c’est bien, mais il ne faut pas tomber dans le n’importe quoi non plus…

          • Georges Vallet says:

            Si vous ne voyez pas, il n’y a pas que vous, hélas! La complexité n’est pas non plus votre truc! C’est pourquoi on en est là!

            • C’est toujours la même chose :
              Le monde est complexe (on le sait !)
              Les causes sont multiples ( on le sait aussi)
              Pour changer, il faut que tout le monde change que l’ensemble des humains appréhende simultanément le monde comme GV (strictement impossible et bien au delà de l’utopie…)
              Point final.

              Avec cela on n’est pas avancé…
              Du concret Georges, du concret, on est condamné a avancer (si on peut dire) par approximations successives.

  7. A lire les derniers éditos de Jean Marcel Bouguereau (dont celui d’aujourd’hui, assez curieux de sa part -commentaires fermés-) sur la Rép:
    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2016/07/28/assez-de-recueillement-agissons,2044326.php#xtor=EPR-8-%5BNewsletter%5D-28072016

  8. Joël Braud says:

    En réponse à Gildard et à Lacanette.
    La dernière phrase, comme je pensais que tout le monde la comprendrait, est une provocation. Cela n’est visiblement pas le cas. Malgré cela, je ne suis pas de ceux qui soutiennent la police sécuritaire mise en place dans la ville Beziers. Je n’approuve pas non plus les récents propos du FLNC.

    • Michel LACANETTE. says:

      C’ est bien d’ apporter cette clarification, mais le problème est d’ actualité et les hommes politiques fuient leurs responsabilités, en se disputant, à la grande joie des terroristes.
      Alors, qui devra assurer la sécurité ? Peut être demain un gouvernement de coalition nationale,(?), qui aura réellement pris conscience du problème au delà des idéologies politiques
      Ce qu’ il y a de sûr c’ est que cette situation trouble ne peut plus durer, surtout que nous entrons en période électorale, propice à la surenchère démagogique.

  9. Excellent.
    Les polices municipales ne devraient pas exister, d’ailleurs elles ne servent pas à grand chose, en particulier pour les problèmes sérieux. Mais ce sont les danseuses de nos politiciens de pacotille.
    Ceci dit il reste un problème de fond, jusqu’au moment où un fanatique commet un attentat, même s’il est fiché voire surveillé, il est innocent et donc intouchable.
    C’est le débat qui est en cours et pas de solution vraiment satisfaisante…

  10. Michel LACANETTE. says:

    La réponse claire à mes précédents propos n’ a pas tardé …….

    Corse : le FLNC du 22 octobre met en garde les « islamistes radicaux »
    Toute attaque de leur part déclencherait « une réponse déterminée, sans aucun état d’âme », prévient le mouvement clandestin nationaliste corse.
    SOURCE AFP
    Publié le 28/07/2016 à 07:04 | Le Point.fr

    Trois militants masqués du Front de libération nationale de la Corse (FLNC). Photo d’illustration. © AFP PHOTO

    Le mouvement clandestin nationaliste corse du FLNC du 22 octobre a averti jeudi dans un communiqué les « islamistes radicaux de Corse » que toute attaque de leur part déclencherait « une réponse déterminée, sans aucun état d’âme ».

  11. Michel LACANETTE. says:

    La sécurité, notre sécurité, est une chose bien trop sérieuse pour continuer à être confiée à des politiques. Ils se sont d’eux-mêmes disqualifiés.

    Si les politiques ne sont pas capables d’ assurer notre sécurité va t’ on devoir installer des milices, comme certains le souhaite. Le remède serait pire que le mal et les terroristes
    n’ en seraient que renforcés dans leur mission morbide. Cela serait la porte ouverte à tous les abus et serait la fin de la démocratie. Tout cela fait froid dans le dos.

  12. Gildard says:

    C’est une très bonne analyse qui nous éclaire, mais la conclusion nous laisse perplexe ! En effet si la sécurité du Pays n’est pas du ressort du « Politique » de qui peut-elle être ?

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