(vieux) Palois, le savez-vous ?


IMGP0177Le savez-vous ?La mairie de Pau s’intéresse actuellement à un grand projet, dont personne n’est, à cette heure, au courant, sauf votre serviteur, humble lanceur peu alerte.

Il s’agit de placer une petite bestiole électronique (voir image en en-tête) dans ou sur un des bras des personnes âgées valides, indépendantes, logeant dans la ville royale, et de les employer bénévolement à parcourir une ou deux rues de leur quartier, trois fois par jour, exceptionnellement la nuit, afin de renseigner la municipalité sur tous les débordements, arrêts intempestifs, incivilités, et autres maladies contagieuses qui rendent la vie impossible aux habitants, qu’ils paient ou non des impôts.

Contactés individuellement par courrier, plus d’une centaine de petits vieux et de grandes vieilles ont d’ores et déjà répondu positivement à cet appel. Selon mes sources, chaque membre adhérent recevra en cadeau de bienvenue un petit chien électronique, électrique et non polluant, pouvant japper ou aboyer (il suffit d’appuyer sur le bouton idoine), l’ensemble étant relié à leur puce et bestiole RFID. Cela permettra aux personnes âgées d’être réveillées à la bonne heure et qui ainsi, par trois promenades quotidiennes, pourront entretenir leur santé et leur sagacité à observer tout ce qui bouge et sent mauvais autour d’elles.

La laisse du chien électronique sera truffée de capteurs qui, centralisés dans la (fausse) truffe du toutou, permettront d’envoyer des milliers de messages à tous les organismes chargés de la surveillance du monde réel, bien que l’expérience soit pour l’instant limitée à la ville (mais le Maire la généralisera à la Planète dès qu’elle sera jugée efficiente et le mode d’emploi traduit du Béarnais en Volapük). Dès les premières alarmes reçues, des équipes spécialisées, qui ne travaillaient jusque là que deux heures par jour (quand l’ombre le permettait, les jours de canicule), augmentées éventuellement d’entreprises locales du BTP spécialisées dans le maniement de la truelle à crottes, de la pelle à gâteux et du râteau spécial feuilles mortes, interviendront dans des délais qui seront inférieurs à celui du lait qui risque de tourner quand on le laisse hors du réfrigérateur (surtout que les toutous électroniques, contrairement aux petits matous, ne boivent pas une goutte de quelque liquide que ce soit -mais cela se vérifiera, ou pas, quand ils seront dotés d’intelligence artificielle-)

Une fois la ville nettoyée et pacifiée grâce au bénévolat intense des seniors (rétribués par quelques boîtes de chocolat, et pour les plus valeureux, une bouteille de Jurançon doux), il faudra exporter le modèle. Mais cela ne sera pas simple : la durée de vie d’un vieux est très limitée ; quant aux chiens électroniques, leur technologie est très complexe et leurs réactions parfois inattendues, voire dangereuses (quelques exemplaires mis sur le marché japonais ont montré qu’ils mordaient parfois les mollets des geishas). Leur réparation est un gros problème, tout comme leur entretien (ils ne captent pas l’appli Cortana en langue béarnaise). Pour les puces et les bestioles, pas de soucis : nous en avons localement à foison.

Conjointement à ce projet, un cabinet conseil en Phraséologie étudie la possibilité de remplacer les seniors par de jeunes loups chasublés de T-shirts orange (constituant à 95% le coût du projet car on oublie alors les toutous électroniques et les boîtes de chocolat) expérimentés dans la distribution de prospectus pseudo-informatifs visant les citoyens de la Cité à mettre dans la grande urne le bon papier, initiant ainsi le tri sélectif. Peut leur être adjoint (selon les subventions accordées par le Conseil Régional, l’Europe etc) quelques pistolets en vue d’effaroucher les pigeons et autres étourneaux politiques, ainsi que les semeurs de troubles, dont on sait pertinemment qu’ils envahissent les rues de temps en temps, hors Carnaval Béarnais. Quant aux vieux, toujours aux aguets, surveillant le ventilateur qui emportera leur dernier souffle, ils font l’amour avec leur petite vieille, à l’heure de la sieste, puis, du balcon, ils regardent passer les cons. Un spectacle dont on ne se lasse guère.

-par AK Pô

16 08 2016

Ptcq

Comments

  1. Georges Vallet says:

    Comme c’est une « bestiole » électronique, fort bien faite d’ailleurs; on dirait la copie de l’insecte réel, je ne peux que donner le nom de sa possible sœur biologique.
    Disons, pour aller vite, que c’est une punaise verte, mais, comme je sais que mon interlocuteur ne se contente jamais de l’approximatif, je me dois d’approfondir.
    En fait, deux noms scientifiques sont possibles:
    Palomena pralina, punaise verte très commune des jardins et des bois
    ou
    la Punaise verte puante (Nezara viridula), parasite des légumes; cette dernière a souvent 3 petits points blancs bien visibles à la limite du pronotum sur la partie dorsale, sur l’écusson.
    Du fait de l’orientation de la prise de vue, on ne peut le percevoir.

    Si c’est la seconde, j’ai des doutes sur la détection possible de l’origine réelle des mauvaises odeurs: odeur de la personne âgée, odeur de la punaise, odeur environnementale?

  2. Georges Vallet says:

    « Contactés individuellement par courrier, plus d’une centaine de petits vieux et de grandes vieilles ont d’ores et déjà répondu positivement à cet appel. Selon mes sources, chaque membre adhérent recevra en cadeau de bienvenue un petit chien électronique »

    Je n’ai pas été contacté, j’aurais pourtant bien aimé recevoir ce petit chien électronique! J’aurais pu le faire aboyer pour éloigner les démarcheurs qui veulent tous les jours tailler mes arbres!

    La démarche de notre Maire doit venir du fait qu’il a dû lire et apprécier un certain commentaire sur notre site où il était affirmé «que les retraités n’avaient rien à faire (appréciation très contestée!) et qu’ils pouvaient de ce fait, consacrer leur temps à observer leurs voisins  »
    Les retraités peuvent donc, pourquoi pas, aussi «renseigner la municipalité sur tous les débordements, arrêts intempestifs, incivilités, et autres maladies contagieuses qui rendent la vie impossible aux habitants, qu’ils paient ou non des impôts».
    Les risques importants encourus lors de ces activités non rémunérées sont-ils couverts par les finances municipales?

    • GV: « Les risques importants encourus lors de ces activités non rémunérées sont-ils couverts par les finances municipales? »

      Les personnes engagées auront un statut d’auto-entreprenants et seront dispensées de taxe d’habitation (mais pas de taxe foncière).

      Par ailleurs, nous attendons impatiemment de connaître le nom de la bestiole photographiée, professeur !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s