Les Kréville de Hastings à Quimper :


image-pycLe Noël de cette année 1995 allait rester ,pour la tribu des Kréville, une de ces dates terribles qui scandent l’histoire des familles. Une date phare qui fonde les mémoires inconscientes et modèle les caractères.

Dans la nuit, Guillaume Hubert, le père, qui avait à peine dépassé ses 48 ans, venait brusquement de décéder alors qu’il s’en revenait à pied de la messe de minuit.

Il avait été foudroyé par une thrombose cérébrale. Peut-être était-ce la conséquence de ce froid et de la neige si inhabituelle dans cette bonne ville de Quimper. Une ville connue pour son humidité, mais aussi pour la clémence et la douceur exceptionnelle de son climat. Cette neige duveteuse qui illuminait si joliment les austères toits d’ardoise et qui faisait la joie des enfants, avait entraîné ou, du moins, avait été concomitante à ce décès subit que rien ne laissait présager. Même si le Guillaume Hubert avait toujours été de santé plutôt fragile et jouissait d’une très faible constitution… peut-être en sa qualité de représentant d’une fin de race aux sangs insuffisamment mêlés.

Sophie, sa robuste et très charmante épouse, tenait un salon de coiffure sur les quais de l’Odet au débouché de la rue de Pont-l’Abbé, n’était pas  présente. Elle avait travaillé très tard pour coiffer toutes les dames du quartier. A 11 heures du soir elle était encore dans sa boutique pour tout nettoyer et la rendre impeccable pour les lendemains de Noël où ses clientes viendraient se faire coiffer en vue de la nouvelle année.

Pour la corporation estimable des coiffeurs pour dames, comme pour celles des pâtissiers ou des marchands de volaille, la période des fêtes reste une course contre la montre. Il n’est pas envisageable que, dans ces quelques deux semaines qui closent l’année, de ne pas rattraper les difficultés qui, en ces années de crise, tendaient à grever les chiffres d’affaire du petit comme du grand commerce.

Sophie était une fille de pêcheur, ci-devant communiste, de Douarnenez et, pour son honneur de petite patronne qu’elle était devenue, il n’était pas envisageable que son comptable lui notifie un exercice négatif. D’autant que cela l’aurait forcément conduite à licencier l’une des deux ouvrières qui, depuis vingt ans, travaillaient avec elle ou de se séparer de son apprentie qui s’avérait être sa filleule. Sa conscience de classe qui lui restait de son éducation communiste se refusait à cette funeste éventualité.

De plus c’était Sophie de Kréville qui tenait à bout de bras non seulement l’organisation mais encore les finances du ménage. Un ménage qui comptait déjà cinq enfants. Des enfants qui devaient faire bonne figure, notamment à l’institution Sainte-Ursule, où les bambins avaient été inscrits.

Sainte-Ursule était une institution plutôt onéreuse, tenue par les Jésuites, que la famille de Kréville fréquentait depuis 150 ans. Même si pour Jérôme, l’aîné, qui n’était pas le plus doué des cinq enfants, mais qui était plein d’application et semblait avoir quelques dispositions pour les mathématiques on avait fait une exception en l’inscrivant en sixième au lycée public Laënnec. Le lycée était connu pour sa section économique dont la réputation était excellente et il disposait, par ailleurs, de classes préparatoires aux grandes écoles..

Pierre Yves Couderc le 01/10/2016.

PS ; Rassurez vous il y aura au plus deux passages du présent reportage qui ne devraient choquer personne ..

La suite : Jérôme de Kréville une histoire moderne

Comments

  1. je suis que vous me lisiez attentivement heureux . Après c’est beaucoup de la littérature avec des libertés non sur la forme mais pas sur lfond..
    Le reportage complet compte plus de 10 chapitres et donne ma version personnelle de l’affaire à partir d’une documentation très sérieuse.Au plus pour ne pas saouler le lecteur il conviendra se trouver le bon passage.
    C’est un peu comme en suivant les hermines ( en corse) où néanmoins des mots innocents comme banana split vous ont heurté.
    Pour daesh et internet c’est tout sauf aisé…

    Bien à vous,

    • Ce texte est tout à fait lisible, et il faut admettre que ce n’est pas toujours le cas. Disons que c’est un docu-fiction, et non un reportage. A suivre, donc !

  2. « Rassurez vous il y aura au plus deux passages du présent reportage qui ne devraient choquer personne .. » (sic)

    Vous vous relisez avant de poster sur AltPy?

    • Dans cette histoire qui est en fait un reportage sur l’affaire Kerviel j’ai omis de mettre un chapeau plus conséquent ou Jérôme Kerviel apparait sous sa véritable identité Jérôme fe Kréville ;Une histoire où Kerviel a été très récemment presque innocenté .
      Ce qui ne clarifie pas la situation .
      Mais comme mon ami Émile n »apprécie pas forcément ma littérature il n’y aura peut-être pas de suite…

      • Mais si voyez vous, je vous lis attentivement! En tant que lecteur exigeant, j’aurais simplement voulu comprendre la signification de la phrase que j’ai mise en italique. Donc vite un 2ème épisode, et n’oubliez pas non plus l’article promis sur Daesh et internet.

        NB: Puisqu’il s’agit d’un reportage, notez qu’il n’y a pas de lycée Laennec à Quimper. Deux lycées y offrent des prépas: Le lycée Brizeux et le lycée de Cornouaille (autrefois lycée La Tour d’Auvergne). Il n’y a pas non plus d’institution Sainte-Ursule. Les enfants de Kréville fréquentent probablement le Likès, l’établissement catholique le plus ancien et le plus en vue à Quimper, mais il n’a pas été fondé par les Jésuites.

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