La Tyre, ça roule !


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Ce week end, traditionnelles Portes Ouvertes en Madiran, l’occasion d’aller goûter les productions de nos amis vignerons. J’avais choisi l’un des plus emblématique, Brumont, au Château Montus.

On ne présente plus Alain Brumont, visionnaire et grand promoteur du tannat, ce cépage local qui produisait des vins imbuvables dans notre jeunesse…

Ses portes ouvertes au Château Montus sont un feu d’artifice des sens : dégustation de sa très large gamme de vins, repas gastronomique, concert, dégustation des Icônes (une dégustation à l’aveugle de 10 très grands crus, dont trois vins de Brumont), dégustation gratuite d’une verticale de La Tyre, le vin haut de gamme de la propriété. La Tyre est une parcelle (forte pente exposée Sud Ouest, galets roulés et argiles rouges et bigarrées) qui donne lieu à ce grand vin quand les conditions sont bonnes, sinon il va rejoindre le Montus, un grand vin lui aussi.

La verticale montre cette évolution où la puissance du tannat de la fin des années 90 laisse peu à peu place à un vin plus complexe, plus élégant, toujours très frais, prêt à vivre longtemps. Un tournant s’est fait dans les années 2005 avec un allongement de l’élevage, et curieusement, cet allongement ne produit pas un boisé plus présent, au contraire. C’est grâce à des échanges avec Véga Sicilia, le célébrissime producteur de Ribera del Duero que s’est faite cette évolution. On n’en est pas encore à l’élevage de « El Unico », leur grand vin qui lui est élevé 8 à 10 ans alternativement en fûts et cuves avant d’être proposé à la vente.

La Tyre n’est plus un Madiran, c’est un très grand vin. C’est un vin qui tire vers le haut les Montus Prestige et Bouscassé Vieilles Vignes, les autres grands vins de Brumont, plus abordables ceux là. C’est d’ailleurs confirmé par la dégustation en aveugle où trois de ces vins sont dégustés avec les plus grands vins de la planète et font quasiment jeu égal, voire mieux (Cette année Opus One, La Mouline, Hermitage de Chave, Lynch Bages, …etc)

Mon préféré de la verticale, La Tyre 2010, très frais, fruité, encore une toute petite pointe de boisé vanillé il allie puissance et élégance, il peut se boire dès maintenant, et pendant longtemps.

Beaucoup moins cher, le Bouscassé Vieilles Vignes est une valeur sûre, un tannat plus « classique ».

Bonne dégustation, avec modération.

Daniel Sango

Comments

  1. Larouture says:

    Le vin local que j’apprécie le plus est … le Tursan.

  2. bois sans soif says:

    Si ma mémoire est bonne, Daniel Sango faisait déjà l’annéé dernière la promotion des vins de Brumont. Peut-être est-ilrécompensé en échantillons gratuits à boire toutefois avec modération.Est-ce ici la mission d’Alternatives Pyrénées?

    • Que Bois sans soif se console, il peut se rendre tous les ans pour les Portes Ouvertes en Madiran chez Brumont (et les autres), les dégustations sont gratuites.
      Pas besoin d’échantillons gratuits. Il pourra aussi faire ses commentaires sur ses dégustations sur AP.

    • Joël Braud says:

      La mission d’Alternatives Pyrénées est ce que vous en ferez, cher « bois sans soif. Nous attendons tous avec une très grande impatience l’article que vous ne manquerez pas de produire qui sera, sans aucun doute, parfaitement dans la mission d’Alternatives Pyrénées.

  3. Joël Braud says:

    C’est enrichissant de lire ces formules pour décrire le plaisir que procure le vin. Comparer la qualité de maintenant à ce qu’elle était autrefois démontre que les viticulteurs et vinificateurs ont fait d’énormes progrès. A force de trouver des bons vins partout en France on peut s’interroger pour savoir ce que vont devenir les appellations bordelaises par exemple. Elle vont être soumises à une rude concurrence.

  4. Contribuable Palois says:

    Vous vous la  »pétez » largement Monsieur Sango.
    Que ce soit lors d’une dégustation verticale, en compagnie de collègues connaisseurs, vous avez quand même descendu des flacons à plus de 100 euros LA BOUTEILLE…
    Pour ce prix on est satisfait d’apprendre que ce Madiran La Tyre est puissant mais élégant et souple.

    • Je ne comprends pas votre expression, mais le message n’est pas du tout celui là.
      Le message en résumé est :
      Le niveau des Madirans ne cesse de s’améliorer, une des preuve en est le très bon comportement de ces vins (Le Bouscassé VV est plutôt dans les 20 euros) ils font jeu égal avec des vins de renommée mondiale bien plus hors de prix…

  5. O Bouteille,
    Pleine toute
    De mystères,
    D’une oreille
    Je t’écoute :
    Ne diffère,
    Et le mot profère
    Auquel pend mon cœur
    En la tant divine liqueur,
    Qui est dedans tes flancs reclose,
    Bacchus, qui fut d’Inde vainqueur,
    Tient toute vérité enclose.
    Vin tant divin, loin de toi est forclose
    Toute mensonge et toute tromperie.
    En joie soit l’aire de Noach close,
    Lequel de toi nous fit la tempérie.
    Sonne le beau mot, je t’en prie,
    Qui me doit ôter de misère.
    Ainsi ne se perde une goutte
    De toi, soit blanche ou soit vermeille.
    O Bouteille,
    Pleine toute
    De mystères,
    D’une oreille
    Je t’écoute :
    Ne diffère.

    (Rabelais :  » la Dive Bouteille « , Cinquième Livre (XVIème siècle))

  6. Publicité gratuite, on l’espère.
    Quant à écrire « Un tournant s’est fait dans les années 2005 avec un allongement de l’élevage, et curieusement, cet allongement ne produit pas un boisé plus présent, au contraire » il y a maldonne car l’évolution est plus ancienne.
    Les tanins se sont fait effectivement plus souples, et plus rapidement, et ce vin de Madiran devient agréable à boire en 3 ans là où il fallait parfois 10 ans autrefois mais c’est parce qu’une percée technologique (sans pharmacie!) le permet. La dégradation des tanins doit moins à la durée, puisque cette atténuation est quand même largement aidée dans les chais. Cette méthode est naturelle et optimisée, on veut bien. Mais c’est un élevage du vin totalement différent, gagné par la maîtrise des processus de dégradation (méthode à la fois tout à fait chimique et technologique) des tanins autrefois trop présents dans le Madiran.

    • Non, il n’y a pas maldonne, vous parlez de l’évolution du Madiran liée au développement de la micro oxygénation dans les années 90 (découverte justement pour atténuer les tanins des Madirans en 91), pas moi.

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