Le cimeterre des éléphants


_igp2950Je ne sais quelle idée saugrenue a traversé le crâne de Marinette, mais quand elle m’a dit qu’elle monterait bien sur le dos d’un éléphant je me suis immédiatement mis à quatre pattes et je n’oublierai jamais son grand rire moqueur et ses paroles presque ingénues : « pour les oreilles, ça va, mais pour la trompe c’est pas ça. ». Je n’allais pas me ridiculiser plus avant en lui posant la question imbécile : « même pas un éléphant d’Asie ? » . Non, c’était fini, le jeu s’arrêtait là. Je me suis relevé, ai défait ma ceinture, fait riper ma braguette, et le pantalon est tombé à mes pieds, en compagnie de son inséparable caleçon en pur coton des colonies. J’ai hurlé : « et la lanterne du sans-culotte, elle te plaît ? » Mais Marinette était déjà descendue dans la rue.

Voilà comment je me suis retrouvé dans la foule se rendant au cimetière des éléphants, menée par un édito de Jean Marcel Bouguereau , noyé parmi des centaines de congénères dont la plupart croyaient qu’on les menait vers les grands magasins faire leurs achats de Noël, munis de bons d’achats offerts par l’opposition municipale. Des crottes en chocolat jalonnaient la piste à suivre, et nous marchions courbés, à l’affût d’une douceur pralinée, ne comprenant pas que la piste suivie était fausse, tracée par des agents municipaux tenant en laisse des biquettes déguisées en rennes empruntées à l’état Major de l’homme aux oreilles de chou.

Alors que nous passions devant les galeries Farfouillette j’aperçus Marinette aux bras d’un vieux tigre moustachu qui avait, me susurra un compagnon de route, donné son nom à la place que nous traversions. Marinette était vêtue comme une cocotte des années 1900 battant le pavé à Mouilleron en Pareds, avec un père allumeur de réverbères et une mère blanchisseuse de chemises de nuit. Elle avait du charme (carpinus) – Le pouvoir calorifique du charme est parmi les plus élevés des espèces d’arbres européennes (wikipédia)- plus que du sapin de Noël avec ses décorations (le vieux tigre en avait pour deux).

Croquant des boulettes de biquettes nous arrivâmes au château, où neuf manchots empereurs battaient des ailes en jacassant, se disputant la plus haute marche d’un podium improvisé en haut duquel trônait un micro, semblable à cette barre latérale dont sont munis les bandits manchots que les joueurs invétérés manipulent en foule pour tenter de gagner le jackpot. Quelques quidams, harnachés comme des animaux de cirque, les uns placés du côté gauche, les autres du côté droit, s’amusaient à houspiller les belligérants. Des fenêtres entrebaillées du château sourdait une bonne odeur de poule au pot que la brise légère convoyait dans de grands bols d’air vers le cimetière municipal où ils s’incrusteraient dans de vieux paniers dégarnis qui seraient servis aux morts et aux éléphants trompés par les idées saugrenues des Marinette aux tétons pointus, voire des tigres de papier à l’éloquence origamique bien connue.

AK Pô
16 12 2016
Ptcq

Comments

  1. il faut cliquer sur le lien (en bleu) pour la relation avec l’histoire ici racontée…mais les lecteurs sont trop fainéants !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :