Des hauts et des bas dans ce débat


imagesJe n’en attendais pas beaucoup. Mais l’audience fournie m’a impressionné. Comment un tel sujet, si rebattu pouvait-il mobiliser tant d’auditeurs et d’auditrices ?

L’explication est sans doute à trouver dans le fait que l’audience était sans doute composée majoritairement de parents des élèves de l’Institution Saint Dominique de Pau. Pour d’autres, c’était une occasion de découvrir cet établissement au style délicieusement normand évoquant les bâtiments hippiques de la fin du 19eme siècle.

Le sujet était la situation au Moyen-Orient. Pas vraiment un sujet ignoré des médias en ce début de janvier. Mais on pouvait espérer une remise en perspective et des témoignages directs, puisque les orateurs étaient deux journalistes qui ont été retenus plus d’une centaine de jours en otages. Las, leur talent pédagogique s’est révélé bien mince : phrases inachevées et confuses, répétitions innombrables, manque de vision d’ensemble. Car omettre de mentionner les accords Sykes-Picot qui ont découpé le Moyen-Orient en deux (ou plutôt quatre) zones, la Palestine et la Mésopotamie pour l’Angleterre et le Liban et la Syrie pour la France, c’est occulter les racines de conflits qui se prolongent jusqu’à nos jours. Ne pas expliciter la rivalité entre Chiites et Sunnites qui dure depuis quelque 12 siècles, le rôle du Hezbollah, de l’Iran et de l’Arabie Saoudite, c’est fermer la porte à une compréhension de la situation. Certes, on peut excuser l’absence de référence au conflit israélo-palestinien, car il ne semble pas être un moteur puissant des conflits actuels ; mais il a été un détonateur dans la montée de l’extrémisme musulman anti-occidental.

Les précédentes critiques peuvent être excusées ou atténuées par le fait qu’il est probable que les élèves avaient eu droit à des exposés plus pédagogiques dans la journée ou à une préparation de qualité qui ne pouvait être répétée.

Par ailleurs, s’il a fallu attendre plus d’une heure avant que les intervenants abordent le sujet, on peut les louer d’avoir entrepris une campagne de dénonciation de la cupidité, pour ne pas dire de la corruption ou de la concussion d’une partie de la classe politique française à l’égard du Qatar. Ce n’est pas sur ce site qu’on se plaindra du fait que des journalistes d’investigation cherchent à mobiliser les citoyens pour assainir les pratiques publiques. A condition de ne pas jeter l’opprobre sur tous les élus, le slogan « tous pourris » n’étant guère constructif.

 

Paul Itaulog

Georges Malbrunot (Le Figaro) et Christian Chesnot (France Inter) dans Nos très chers émirs mettent en cause notamment Rachida Dati et Jean-Marie Le Guen

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Comments

  1. HenriIV W4 says:

    On peut crier au scandale de laisser Bachar en place, pas besoin d’ aller si loin…..cela en arrange trop!!!

  2. HenriIV W4 says:

    le slogan « tous pourris » n’étant guère constructif.
    Certes mais il en suffit de très très peu de pourris…
    Comme ils roulent tous à contre sens car ils sont TRES MAUVAIS et donc MANIPULABLES, CACHEZ vous!!!!

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