L’élevage industriel, une nouvelle source d’énergie renouvelable !


imageEntre les particules fines devenues chroniques, l’élection américaine, les primaires de la gauche…, quelques jours ont été réservés, par les médias, aux conséquences dramatiques de l’élevage industriel dans l’activité régionale entre Garonne et Pyrénées. 

C’était, jusqu’à présent une forme d’élevage «moderne», rentable, destiné à augmenter la production de viande ou de dérivés comme le foie gras ; pour cela, on densifie les animaux sur l’exploitation en s’affranchissant plus ou moins fortement du milieu environnant (confinement).

En ce moment, une panne intervient dans le cycle de production avec le virus H5N8, elle sème la panique dans le monde des «anatidaephiles» (néologisme proposé !).

Heureusement, comme l’avait prédit Anaxagore :« Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».

La machine animale reste quand même rentable, si les uns sont en grosse difficulté, d’autres en profitent, ce n’est pas perdu pour tout le monde.

Cette méthode montre que le besoin impérieux de croissance ne se préoccupe pas des retombées négatives possibles, alors que l’application des connaissances scientifiques permettrait de les éviter. Toute une filière est ainsi sinistrée du fait d’un management incohérent de syndicats majoritaires et de grosses structures agroalimentaires. Le résultat d’une telle aberration est un désespoir des éleveurs et une demande d’indemnisation par l’État que, dans l’ensemble, les adhérents de ces syndicats critiquent en permanence.

En ce qui concerne la production de viande, chez le poulet, le porc ou les bovins, si l’élevage industriel produit de la matière «mangeable», en quantité et rapidement, elle est un non sens qualitatif.
– La qualité gustative est médiocre et la perception organoleptique est celle d’une chair molle, flasque, sans goût, car pas assez mature. La quantité d’eau rejetée dans la poêle par une escalope de veau non labellisée est impressionnante !
– Le stress permanent au cours de l’élevage et de l’abattage est tel que cela retentit aussi sur la qualité de la viande.
– La concentration en nombre sur des volumes restreints, souvent confinés, est générateur de contamination rapide de maladies d’où les traitements vétérinaires.
En ce qui concerne la production du foie gras, objet des problèmes actuels :
– La sélection génétique, pour le vite et beaucoup, implique un «tous identiques» au sytème immunitaire affaibli donc une sensibilité très grande aux maladies.
– La sélection des spécificités fait que l’élevage n’est plus suivi par le même responsable, il y a des déplacements dans le temps et l’espace, de masse d’animaux au cours desquels les contaminations sont multipliées.

«Les grosses coopératives ont taylorisé la production de canards ; le canard au cours de sa vie, trimballé en camion d’un site spécialisé à un autre ce qui augmente à chaque fois le risque de propagation du virus. Le palmipède naît dans un accouvoir géant. Les deux plus gros accouveurs en France produisent à eux seuls 8 millions de canards par an ! Le tout sous la férule du groupe Maïsadour (8000 agriculteurs et près de 1,5 milliard de chiffre d’affaires). Après avoir quitté l’accouvoir il reprend la route pour aller séjourner environ 13 semaines dans un élevage de prégavage où il va se retrouver en compagnie de plusieurs milliers d’autres palmipèdes. Puis il est de nouveau transbahuté vers un atelier d’engraissement où il sera nourri 5 ou 6 fois par jour avec des rations hyperénergétiques.» Canard enchaîné du 11 janvier 2017.

Résultat : 1 million de canards abattus en France, même ceux qui ne sont pas malades, et ce n’est pas fini, même si on n’en parle plus ; quel gaspillage, quelle perte pécuniaire, quel désastre social ! Voilà l’avantage de l’élevage industriel ! Les petits producteurs, ceux qui font de l’élevage traditionnel bien plus sécurisé car sans transport, du jeune caneton au foie gras, en subissent aussi les conséquences.

Les oiseaux migrateurs ont bon dos, ils sont plus contaminés que contaminants !

Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres. Grâce à la grippe aviaire rien ne se perd, c’est le recyclage productif « made in France». Je vous invite à lire le petit article paru dans le dernier Canard :

Conflit de canard : «Mettez du canard dans votre moteur»
«200 tonnes de canards chaque jour sont traitées par l’usine Atemax. A la sortie la pâte est récupérée donnant de la graisse liquide et de la farine protéinée qui va être utilisée comme combustible par les cimentiers ou fabricants d’électricité verte (!). La graisse liquide est vendue au prix du fioul lourd pour faire tourner les chaufferies collectives ou vendue environ 550 euros la tonne.»

La grippe aviaire, une pathologie au service du développement durable !

Que le sort de tous ces cadavres soit un réel problème, c’est un fait, mais cette hécatombe insupportable est-elle incontournable ? Cette pathologie est-elle seulement le fruit du hasard des migrations et des mutations du virus contre lequel on ne peut agir qu’a posteriori ?

Non, le principe de précaution, vivement combattu car il est une entrave à la liberté de produire, pourrait en grande partie l’éviter.

Le hasard n’existe pas, c’est la méconnaissance ou la volonté de méconnaissance qui existe.

La promiscuité et la densité de milliers de bêtes semblables dans un espace clos, la sélection de variétés plus rentables et non plus résistantes, les manipulations et les nombreux transports…, toutes ces actions favorisent les mutations et le renforcement pathogène du virus, la transmission rapide à tous les individus identiques affaiblis du fait d’un système immunitaire déficient. De plus, le virus est plus résistant qu’on l’imagine et les conditions d’hygiène dans les manipulations sont très insuffisantes ; d’après le Pr. Patrick Berche, Hôpital Necker-Enfant, Paris, la persistance du virus influenza dans l’environnement est de 30 jours à 4°C dans les excréments; 3 mois dans le fumier au froid. La contamination par les fèces dans les élevages, la manutention et le transport sont sous-estimés ; 100 à 300 virus est la dose infectante or la dose émise par ml est estimée entre 10 puissance 3 à 7. Comment faire disparaître et traiter entièrement des tonnes de lisier sans contamination, comment transporter en camion des canards à gaver sans laisser derrière du lisier se répandre sur la route ??

Réfléchir avant d’agir, c’est trop demander à bien des industriels de l’aviculture !

Georges Vallet

crédit photos : francebleu.fr

Comments

  1. HenriIV W4 says:

    Le hasard n’existe pas, c’est la méconnaissance ou la volonté de méconnaissance qui existe.

    +1

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s