Dégustation quotidienne de nitrates et pesticides dans le Nord de Pau


hand pours water into a glass from faucetNous vivons près des Pyrénées, mais la qualité de l’eau potable est médiocre, en fait mauvaise. Pourtant, il est très facile d’obtenir de l’eau de qualité. Les élus qui gèrent le Syndicat des Eaux, le SIAEP Luy Gabas Lées qui alimente le nord de Pau ont une grande responsabilité dans cette situation scandaleuse.

L’agglomération paloise a fait le bon choix en terme d’approvisionnement en eau potable. Une résurgence d’eau venant de la vallée d’Ossau délivre une eau intacte de tout nitrate et pesticide. Pas de gros traitement et un tarif intéressant en plus de la qualité.

Le bon sens me direz vous, on est dans les Pyrénées, pas en Beauce. Pourtant il n’en est plus du tout de même dans les communes du Nord de Pau : Uzein, Sauvagnon, Montardon, Serres Castet,Navailles Angos, Buros, Saint Castin, …etc.

Ces communes adhérent en majorité au Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau « Potable » Luy Gabas Lées qui sous-traite l’alimentation à la SAUR. Le Président en est depuis des années JP Peys, Maire de Sauvagnon, bien connu pour son action dans « la mise en valeur » de la plaine de Sauvagnon, pas très écologique ( « L’agonie de la plaine de Sauvagnon » AP du 8 janvier 2017 ).

La qualité de l’eau distribuée est jugée médiocre dans la dernière publication de « Que Choisir »( La qualité de l’eau chez vous : https://www.quechoisir.org/carte-interactive-qualite-eau-n21241/ ).

Dans le dernier rapport de l’ARS (Agence Régionale de Santé) que les abonnés ont reçu avec la facture de janvier 2017 (rapport de l’année 2015 en PJ.  On se demande pourquoi un retard d’un an !) On note :

Le taux de nitrates est élevé, jusqu’à 30 mg/l ( avec une limite autorisée à 50 mg/l)

« La présence de pesticides à un taux supérieur à la limite de qualité a été détecté. Cependant le niveau atteint ne présente pas de danger pour la santé. Valeur maximale relevée 0,930 µg/l « 

La teneur ne doit pas excéder 0,1µg/l. Dix fois la valeur autorisée…

Plus loin :

« Eau de qualité physico chimique ayant été momentanément hors normes. Sur l’eau de la station de Bordes, des teneurs en pesticides (ESA-alachlore et ESA métolachlore) ont été mesurées supérieures à la valeur maximale autorisée qui est de 0,1 µg/l par substances individualisées. Selon l’avis sanitaire et scientifique de la Direction Générale de la Santé, ces molécules ne présentent pas un risque pour la santé aux teneurs retrouvées. »

On se demande bien pourquoi fixer une limite dix fois plus faible puisqu’il n’y a pas de problème…

La cause en est très simple. L’eau provient de forages à Bordes (plaine agricole de l’est de Pau) dans la nappe phréatique qui est très contaminée par les nitrates et les pesticides de l’agriculture intensive. Un complément d’eau provient des captages plus montagnards d’Aygue Blanque et Aygue Nègre ainsi que de l’Ouzom, qui descend des Pyrénées avec une eau de très bonne qualité. C’est cette eau qui, mélangée avec l’eau infecte des puits, permet de faire redescendre les concentrations en dessous des valeurs admissibles.

En fait, dans le Nord de Pau, on boit un premier verre d’eau potable, comme à Pau, puis un second verre d’eau totalement impropre à la consommation…

Et bien entendu, il n’y a aucun risque…

Ce qui est scandaleux, c’est qu’il existe bien sûr une solution simple : fermer les forages, prendre plus d’eau dans l’Ouzom et augmenter les captages.

Il y a 6 ans, je m’étais inquiété de cette situation inadmissible. J’avais écrit aux élus et bien sûr à M Peys, déjà le Président du SIAEP. Dans sa réponse du 4/10/2010 il m’indiquait :

« le Syndicat Mixte du Nord Est de Pau vient de lancer la réalisation d’un nouveau Schéma Directeur qui prendrait en compte progressivement la substitution de certaines des ressources »

Ouf ! Ce que je suggérais était bien pris en compte, c’était même en cours… Mais en six ans : rien de neuf. On voit ainsi l’incapacité de ces élus à traiter un problème pourtant grave, de santé publique. J’ai pris ma plume à nouveau…on verra bien la réponse.

En attendant, la dégustation continue. Est-ce que comme moi vous aimez bien ce petit goût de noisette que donne les acides sulfoniques et oxaniliques de l’alachlore et du métolachlore, et cette finale légèrement tannique des nitrates qui apportent une belle structure et de la longueur en bouche, le tout sur un fond chloré du plus bel effet ?

Vous êtes concerné par ce doux nectar ? Alors diffusez largement cet article à vos amis et mettez donc votre Maire face à ses responsabilités.

Daniel Sango

PJ : Rapport de l’ARS 2015 : eau-potable-2015

Comments

  1. Intéressant mais M.Sango part d’un pré-supposé faux : l’eau de la résurgence est déjà polluée… les estives ne sont pas indemnes de toute pollution, qui plus est après le passage des troupeaux.

    Bonjour le sort de l’Ouzom… alors que les rivières ont la capacité quand elles sont en bon état de conserver leur capacité de dépolluer l’eau :

    http://www.onema.fr/rubrique/preserver-et-restaurer-l-hydromorphologie-et-la-continuite-des-cours-d-eau

    http://www.afbiodiversite.fr/fr/actualites/restauration-des-rivieres-adhesion-du-centre-national-au-reseau-europeen

    Une question : qui travaille sur le sort des saligues du Gave de Pau (il y avait eu un projet de « forêt de protection », notamment pour la ressource en eau, mais aussi comme rempart contre les crues, etc.) ? Continue-t-on à y créer des carrières ?

    • Pascale JOLY says:

      Une association, Anim’oussère, travaille sur le sujet des zones humides dans la région depuis 10 ans. Elle a fourni un travail scientifique important et l’a porté à la connaissance de toutes les autorités concernées par ce problème des crues et de la ressource en eau, démontrant l’importance et l’urgence de ce sujet. En vain. La seule chose qui intéresse nos décideurs, c’est de construire encore et toujours, bétonner toutes les zones « tampons » (cf hôpital de Pau et prochainement zone nord de Pau vers la prise d’autoroute). Quand les gros accidents arriveront, ils ne pourront cependant pas dire qu’ils ne savaient pas ou qu’ils ne pouvaient pas prévoir…

      • HenriIV W4 says:

        La Sateg est l’ opérateur historique(devenue SAUR) du Nord de Pau(demandez à l’ asso ACENIR qui lutte contre ce qu’ ils appellent le racket organisé dans l’ assainissement non collectif).
        Le boss historique de cette Sateg fait entre autre le promoteur et équipe les terrains dont ceux du Maire, Président du SMNEP.
        Je croyais que la réforme des Intercommunalités à travers la loi NOTRe permettait de se passer de ces syndicats .

        • HenriIV W4 says:

          Une transaction immobilière entre les deux( au profit du Maire) a tout de même laissé un terrain libre de toute construction en plein centre du village ,depuis 2000.
          Si vous êtes intéressée…..

      • HenriIV W4 says:

        Soyez rassurée, non seulement notre Maire vous alimente en eau mais il vous gére les conduites de Gaz le long de l ‘aéroport.
        Il fait Ceausescu et Bachar à la fois……

    • Je ne sais quelle est l’influence des troupeaux qui paissent en montagne, mais les mesures qui sont faites sur l’Ouzom et les deux captages opérationnels d’Aygue Blanque et Aygue Nègre montrent des quantités négligeables de nitrates et pesticides.
      Au plan bactériologique le traitement au chlore permet d’obtenir une eau que je qualifie de bonne.
      Où est le problème ?

      • Pascale TOSON-JOLY says:

        Le problème, c’est le chlore, fortement suspecté d’interagir avec notre fonctionnement thyroïdien. Et il est inefficace sur bon nombre de germes pathogènes, certains virus notamment.

        • PierU says:

          Attention : le chlore est un désinfectant parmi les plus puissants connus, quand on parle ici d’inefficacité sur certains germes, c’est aux doses admissibles pour le traitement de l’eau potable.

  2. je ne suis guère étonnée alors que l’eau que nous buvons, tirée du robinet, a le goût de chlore … souvent et régulièrement alimentée sans doute par ce dernier afin de la rendre buvable … il faudrait peut-être lancer une pétition afin de faire prendre plus conscience aux habitants de Sauvagnon (ainsi qu’à son maire) de ce qu’il se passe au niveau de la qualité de l’eau qu’ils boivent … quoique nombreux sont ceux qui doivent acheter leur bouteille d’eau de source dans les supermarchés … en tous cas, merci de nous tenir informés Daniel Sango 🙂 et pour ce que vous faites afin de nous éclairer à ce sujet …

    • Pascale JOLY says:

      J’aimerais savoir s’il est possible de mener une action contre la SATEG pour non conformité du service qu’elle nous vend. L’eau du robinet n’a en effet pas la qualité requise, or nous la payons le prix d’une eau « potable » selon la définition réglementaire. Y aurait-il un juriste parmi les personnes sur ce blog pouvant préciser les termes exacts à utiliser pour mener une telle action? Serait-il possible de mener une action de type « class action »?
      Je pense que le maire de Sauvagnon est parfaitement au courant du problème de qualité d’eau, étant président du syndicat intercommunal d’alimentation en eau « potable » (…?) (SIAEP) Luy-Gabas-Lées depuis de nombreuses années. Une solution à ce problème ne viendra pas de lui, du moins pas spontanément. Il faut toucher au porte-monnaie de la SATEG, c’est pour cela que je pense à une action devant le tribunal administratif.
      Au niveau technique, seul un procédé d’osmose pourra nous fournir une eau de qualité, les sols étant trop chargés de pesticides à rémanence très longue. C’est très onéreux, mais depuis le temps que la Sateg fait du profit en surfacturant son eau, elle peut investir dans cette technologie.

      • Vous semblez ne pas savoir que la production d’eau est de la responsabilité du SMNEP (Syndicat Mixte du Nord Est de Pau) qui délègue à la SAUR.
        Et le Président de ce syndicat est aussi JP Peys Maire de Sauvagnon.
        Sa responsabilité, avec celle des élus qui siègent au SMNEP est totale. La SAUR exécute.
        J’ai enquêté auprès de ces syndicats et surtout auprès de l’ARS et vais diffuser très prochainement un article qui complète le sujet.

        • Pascale TOSON-JOLY says:

          Merci. Je pense sincèrement qu’il faut mettre la pression sur ces personnes qui ont les mains un peu trop libres pour l’instant. L’eau est un enjeu trop important pour la confier à des instances privées ou à des politiciens peu scrupuleux.

  3. Georges Vallet says:

    une solution simple : fermer les forages, prendre plus d’eau dans l’Ouzoum et augmenter les captages.

    Simple??

    Un fait est certain, les besoins en eau augmentent régulièrement du fait de prélèvements dans tous les domaines, en particulier par les fuites des canalisations vétustes!
    Un autre fait est certain, c’est que les nappes phréatiques sont toutes contaminées.

    Nous avons la chance, c’est vrai, d’être en piémont pyrénéen et la tentation est grande de profiter de cette eau pure qui descend de la montagne. L’oeil du Neez a des limites si on ne veut pas trop perturber l’aval. Pourquoi alors, c’est vrai, ne pas pomper davantage dans l’Ouzoum?

    Je n’ai pas de connaissances particulières à propos des réserves potentielles en eau de l’Ouzoum mais je sais que c’est une rivière à débit modeste, plus alimentée par les pluies que par la neige et que c’est donc en été que ses ressources sont les plus faibles(étiage), or c’est une rivière à truites Fario sauvages (pêche); de plus, je crois qu’il y a une ou deux centrales hydroélectriques au moins(peut-être plus?), des prélèvements peut-être aussi le long de son cours.
    Or, on constate qu’il y a de moins en moins de neige, des sécheresses estivales fréquentes; ce n’est guère compatible avec un renforcement important des pompages!

    Encore un problème que doit résoudre la croissance!
    Pour à nouveau pouvoir utiliser les nappes phréatiques, il y aurait peut-être à creuser des pistes pour lutter contre:
    +Le gaspillage urbain.
    +La pollution des nappes phréatiques en plaine par l’agriculture industrielle.
    +Le gaspillage par l’irrigation en été, du fait de l’arrosage de terres agricoles polluées.

    Dans des régions proches, depuis l’apparition de la grippe aviaire, des tonnes d’eau sont déversées pour les traitements de désinfection, bien superficiels d’ailleurs! Où vont les eaux contaminées?

  4. A déguster sans modération (et sans risque d’attraper des boutons) :

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