Pau 2030 la ville rêvée de Bayrou


 francois-bayrou-et-son-adjoint-charge-de-lurbanisme-jean-paul-brin-presentaient-lexposition-hier-soirLa gestion des communes françaises est d’une manière générale mauvaise. La Cour des Comptes a clairement sanctionné depuis des années la gabegie financière associée au développement des intercommunalités. Il existe bien sûr des différences dans la manière de gérer une cité, petite comparaison entre Pau et Bordeaux.

Gérer c’est prévoir, et d’une manière générale nos politiciens n’utilisent que bien peu les objectifs clairs et chiffrés. Pourtant, c’est la base de toute gestion efficiente.

A l’occasion de ces présidentielles, comme tous les cinq ans, F Bayrou est pris d’une l’agitation fébrile, il lui arrive même de mettre en avant ce qu’il pense être son bilan à Pau. Quel bilan ?

Les Halles ou le bus à haut niveau de service sont des projets qui sont en route depuis dix ans au moins, ils ne doivent rien à F Bayrou. La poursuite du maquillage du centre ville n’a rien de nouveau et ne parlons pas des mini projets destinés à amuser les citoyens comme le parking de Verdun ou la boucle…

Où est le bilan de celui qui se verrait Chef d’Etat en terme de fiscalité à Pau ? Nul, avec en prime la création d’un nouvel impôt intercommunal foncier !

Où est son bilan en termes de gestion quand ses fonctionnaires sont beaucoup trop nombreux avec un taux d’absentéisme de 12,5 %, le triple d’une valeur du privé ? Et surtout aucun courage pour proposer des mesures correctives efficaces, et encore moins un objectif chiffré.

Alors quand il n’y a pas de résultat concret on fait croire qu’il y en aura…

Une exposition Pau 2030 a débuté le 21 janvier on en retrouve le contenu en fin d’article avec le dossier de presse « Pau 2030, Imaginer la ville de demain »

 » Pour François Bayrou, l’enjeu consiste tout aussi bien à s’adresser aux habitants qu’à convaincre les investisseurs. Son opération de séduction va dans le sens de la priorité qu’il rappelle régulièrement : relancer l’attractivité et recouvrer la croissance du nombre d’habitants. « Gouverner, c’est prévoir », dit-il… »(Sud Ouest 13/1/2017)

On y parle la langue de Bayrou : au futur, sans aucun chiffre, sans aucun objectif clair et sans vision sur les financements. Des descriptions ampoulées de documents publicitaires d’une autre époque.

Pas question ici de développement économique chiffré: « L’objectif de Pau 2030 est de mieux anticiper la ville future pour la rendre plus attractive. » Sous entendu, ce sera tellement beau que les employeurs vont arriver en courant… Pas question d’engagements financiers clairs, on ne sait ni qui investira ni combien ni quand. Un document sans chiffres : le rêve absolu.

Pas question de stratégie de déplacement on peut simplement lire :

« Le centre-ville de Pau sera accessible plus facilement grâce à la desserte du Bus à Haut Niveau de Service. Il sera le trait d’union entre le cœur et les quartiers plus périphériques au nord, vers le quartier Université-Technopôle, et vers le sud où le nouveau quartier des Rives du Gave se déploie désormais. » Bon, on pense que quand même, d’ici 2030, la ligne de BHNS lancée en 2004 sera opérationnelle …

Mais cela veut donc dire que la seconde ligne de bus Est Ouest proposée dans le PDU de 2004 et absolument indispensable ne se fera pas !

Comment croire qu’en termes de déplacement on n’aura même pas réalisé en 2030 ce qu’on trouvait indispensable en 2004 ?

Car cette ligne Est Ouest à fréquence élevée est le minimum indispensable si on veut pouvoir se déplacer en bus dans l’agglomération. Elles auraient d’ailleurs due être réalisées simultanément pour avoir un impact significatif (sans parler des parkings relais) Et ceci doit aussi être accompagné d’une amélioration majeure des voies de circulation autour et vers Pau car la circulation automobile continuera d’exister très majoritairement comme le montre l’évolution à Bordeaux ( « Le Plan de Déplacement Urbain fait fausse route » AP du 3/12/2012). Mais il est beaucoup plus facile et moins coûteux de construire des salles de spectacles inutiles ou des tribunes pour les gladiateurs de la Section…toujours le cirque pour le peuple…

Pour la Plaine du Cami Salié « Les voies de communications seront repensées pour favoriser les déplacements est-ouest. » . Ah, on pensera donc qu’il y a un problème de déplacement Est / Ouest…d’ici 2030. Les cocus seront comme toujours Idron, Lons Lescar, etc… Ils auront payé pour la ligne de bus à haut niveau de service qui sera uniquement et entièrement paloise. Une agglomération ne peut fonctionner harmonieusement que si elle est multipolaire et non pas ego centrée !

On retrouve souvent par contre « les mobilités douces ». Evidemment, marcher à pied ne coûte pas cher … Mais rien concernant un indispensable doublement du « sentier » périphérique actuel, indigne d’une agglomération comme Pau.

Pour François Bayrou, l’enjeu consiste à adresser aux habitants un catalogue de dessins, de maquettes, un livre d’images pour enfant, histoire de meubler le vide de sa politique, bref rien de professionnel.

A l’occasion des vœux, Alain Juppé et Virginie Calmels son adjointe ont présenté les objectifs prioritaires pour Bordeaux 2030. En résumé :

– L’emploi : Créer 7000 emplois par an soit 100 000 de plus en 2030 (objectif atteint pour 2016)

– La mobilité : mise à 2 fois 3 voies de la rocade, construction d’un nouveau pont, réalisation de deux lignes supplémentaires de tram

– Le logement : lutter contre la flambée immobilière par construction de 7500 logements/an sur la métropole dont 2500 à Bordeaux (dont 35% de social et 25% d’accession sociale à la propriété)

Bon, c’est clair et chiffré. De plus les années passées montrent la réalité tangible de cette politique où les déplacements occupent une place prépondérante pour une réussite économique, et le logement doit suivre.

On notera que pour François Bayrou, ce plan s’applique à la seule ville de Pau, comme si aujourd’hui encore il n’existait pas une agglomération. Là se situe aussi la malhonnêteté de ce livre de contes car il prend dans son bilan des réalisations qui sont en fait celles de l’agglomération, donc financées par les autres communes et comme toujours réalisées sur le territoire de la ville : le BHNS, le stade du Hameau (avec financement également du Conseil Départemental), le futur Parc des Expositions, …etc.

On voit là aussi l’étroitesse de la réflexion et la différence avec l’indispensable vision globale du bassin de vie.

C’est vrai que dans un match de double par équipe on ne donnait pas cher de l’équipe Bayrou / Poeyto face à Juppé / Calmels.

Daniel Sango

PJ  : cliquer sur le titre : pau-2030-dossier-de-presse

Crédit photo : Sud Ouest

Comments

  1. Pierre GRAND says:

    Bien sûr que l’on va rêver de notre Ville mais il faudra être patient car comme il est bien dit tout n’est que récupération parce que l’on était contre pendant la campagne électorale et puis petit à petit cela a touché son cerveau non sans mal et pour quels résultats.
    A chaque fois on reprend le projet initial mais pour qu’il soit recevable on le modifie de qui retarde son exécution et en général le coût prend un bon coup !!
    Le BHNS devrait être en cours de finition mais là Martine a une part de responsabilité car elle aurait dû l’entreprendre avant la fin de son mandat et on n’en parlerait d’une autre façon pour la gêne provoquée par les travaux. Là on va connaitre prochainement.
    La déviation par la rue Palassou est inutile. Elle permet d’éviter les Halles, paradoxe lorsque l’on observe les usagers qui les fréquentent.
    Le prétexte a été de créer le nouveau circuit automobile de Pau pour ne pas piétonniser l’espace entre les Halles et la Médiathèque. Il est vrai qu’il n’y a pas de piétons dans cet espace.
    Je pensais stupidement que la Ville en avait déjà un et de plus il faut le parcourir en quinze minutes. Bravo pour l’incitation aux excès de vitesse. Piètons et cyclistes gare à vous !!
    Les Halles dont les travaux commencent. Mais combien cela a-t-il coûté avant de les démarrer. Il est vrai que ce futur chef-d’oeuvre a été primé.
    Autre chef-d’oeuvre à venir c’est le Hédas annoncé comme une « voie verte » utilisable par les piétons, les personnes à mobilité réduite, les enfants et les cyclistes de tous ages permettant ainsi de traverser la ville sans rencontrer de voitures.
    Or si côté Place la Monnaie l’accès est correct et libre, côté place d’Espagne il ne l’ai plus. Et pourquoi ?
    Eh bien il faut savoir qu’un beau « S » était prévu pour en faciliter l’accès. Il ne reste que la première partie haute du « S » car au lieu de décaler le projet vers la Place d’Espagne pour permettre de répondre à la demande justifiée des Pompiers de bénéficier d’une zone de retournement, il a été décidé, sans concertation mais au fait est-ce que c’est un mot connu du Seigneur, de supprimer cet aménagement.
    Evidemment pour faire croire à une compensation, il est adjoint à l’escalier une rigole devant permettre au cycliste de faire descendre ou monter son vélo à pied, bien sûr, et non plus en selle !!
    Après on change de vocabulaire pour définir cet aménagement raté.
    Il sera intéressant que lors de l’inauguration qui ne manquera d’être effectuée en grande pompe les grands manitous nous montrent l’exemple de la facilité d’utiliser un vélo !!
    On peut rêver à la Ville rêvée !!

  2. Quand on pense que F Bayrou n’est pas capable de gérer l’interdiction des planches à roulettes place Clémenceau, alors Président de la République…

  3. Larouture says:

    Difficile de mettre en parallèle Bordeaux et Pau. L’une est une métropole, l’autre une ville moyenne et l’avantage est clairement aux métropoles.
    Mais la ville, quelle que soit sa taille, est le lieu où se construit l’avenir.
    Voir le développement d’une ville sous l’angle de la mobilité automobile n’est pas satisfaisant. La mobilité automobile n’est pas le facteur principal. Ce thème, même si l’électeur y est très sensible, cache tous les autres.

    Pour info :
    Comment la France peut sauver ses villes

    Conférence-débat avec Olivier Razemon, journaliste et Stephan Muzika, débatteur,
    directeur général de Citivia (Mulhouse). Programme conçu et animé par Ariella Masboungi, inspectrice générale de l’administration du Développement durable, Grand Prix de l’urbanisme 2016.
    17 h à 19 h 27 avril 2017.

    Si vous souhaitez y participer, merci de vous inscrire sur le site suivant :
    http://bit.ly/2kwtLGN
    J’ai déjà suivi ce type de débat sur « you tube ».

  4. Question « embouteillages », j’ai pas mal circulé dans le sud de la France pour mon boulot. Pour Toulouse, il fallait être sur la rocade vers 6h30 pour être présent à 7h 10 au dépôt, cinq sorties plus loin. Auch était un enfer dans la traversée obligée du centre ville. Perpignan, qui comptait alors de nombreux – et récents- ronds-points ne faisait qu’engranger les flots accessoires de véhicules venus des voies annexes. Cela pour dire que les villes de « province » ne sont pas construites pour affronter ce genre de problèmes. Ce sont des territoires qui ont, au départ, une origine agricole, tournée vers le centre ville ses gares routières gorgées d’ autobus (rue Gachet, place Clémenceau) et ses ménagères qui faisaient le trajet pour aller vendre (ou acheter) au marché poulets canards, faire des achats de confort (les bas nylon d’après guerre, les fredaines féminines, les sandales pour remplacer les sabots la cravate du mari pour le dimanche à la messe etc). Ces paysans de la ligne Pontacq Pau descendaient parfois des wagons pour pousser le train dans les rampes.
    Rien n’est possible, structurellement parlant, pour dégager des espaces à la fois proches de la ville et qui permettraient de la contourner. Le nord et éventuellement l’est de Pau (si on inclut Morlaàs-Berlanne) pourrait ouvrir quelques échappatoires. Le sud nécessiterait de lourds travaux (tunnels et voies en souterrain).
    Donc, pour en terminer avec ce commentaire, 2030 offrira une autre donnée : la voiture qui vole (mais bonjour les dégâts). A l’heure actuelle, elle est hors de prix…

    http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/28/ne-riez-pas-2017-pourrait-bien-etre-lannee-de-la-voiture-volan/

    • « Rien n’est possible, structurellement parlant, pour dégager des espaces à la fois proches de la ville et qui permettraient de la contourner. »

      Beaucoup de choses sont possibles, heureusement, si non on devrait admettre que rien ne changera jamais …
      Certes on sait depuis longtemps que Bayrou n’arrivera pas à la cheville d’Haussmann, mais quand même !
      Tout le périphérique peut être doublé, c’est une question d’argent de même pour les entrées Nord et Sud de Pau et ce n’est pas si compliqué que cela
      Mais évidement Bayrou la boucle …

  5. Dans la Rep aujourd’hui : Pau dans le classement mondial des villes les plus embouteillées… le journaliste écrit :
    « Alors que Pau tente de combattre les bouchons, par différents aménagements comme la nouvelle Boucle, le spécialiste américain du trafic Inrix vient justement de publier ses données annuelles sur les embouteillages dans le monde. »

    Quel humour ! La boucle pour lutter contre les embouteillages à Pau …
    Au vu de Pau 2030 il aurait dû écrire :
    Comme rien n’est prévu d’ici 2030 Pau va bien progresser vers la tête du classement.
    Merci François !

    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/02/20/pau-dans-un-classement-mondial-des-villes-embouteillees,2099576.php

  6. Monsieur Sango nous rapporte  » La Cour des Comptes a clairement sanctionnée[sic] depuis des années la gabegie financière associée au développement des intercommunalités ».

    Que Monsieur Sango nous donne les références de ces sanctions.

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