La Rep : Press’ à louer


Cachet "À Louer"Quand le quotidien de référence de Pau et du Béarn se lance dans l’investigation au sujet des futures halles de Pau, l’humour est clairement au rendez-vous  :

« Quant au coût des travaux, il reste dans les clous par rapport aux annonces chiffrées faites par le maire de Pau. Il y a un an, pour les seuls travaux de rénovation des halles et de la tour du complexe, le coût estimé était de 21 279 297 € hors taxe. « Il sera de 20,2 millions d’euros HT », assure ce lundi matin le maire de Pau. Après l’ouverture des plis, il est actuellement de 20,9 millions d’euros HT, mais les élus comptent bien faire encore quelques économies. » (1 – La République du 27/02/2017)

Soit trois perles en quelques lignes :

  • Même à l’époque de l’informatique reine, remonter de 4 ans dans les archives du journal semble être un effort surhumain pour les apprenti-stagiaires. Pourtant cela permet de rappeler qu’en 2013, en pleine campagne des municipales, François Bayrou promettait (oui oui, je sais…) un coût entre 12 et 15M€ (2) : on en est donc à un surcoût de 50% avant même de commencer les travaux. Mais on ne va pas se fâcher avec not’ bon maire pour si peu…
  • De même qu’il serait inconvenant de rappeler que qui dit travaux sur les halles dit travaux sur le parking sous les halles : 5M€ de plus (3), une broutille sans doute.
  • Mais le passage le plus comique est indiscutablement celui qui prédit un coût final inférieur à celui annoncé au départ : « Ecoutez bien Mesdames et Messieurs, pour la première fois au monde non seulement un grand chantier n’aura pas de surcoût en cours de route mais il coûtera moins cher que ce qui a été prévu au départ ! Et ça se passe à Pau, c’est formidable, le monde entier aura les yeux tournés vers nous pour cet événement majeur ! D’où tire-t-on cette information ? Mais des élus eux-mêmes Mesdames et Messieurs : s’ils le disent c’est que c’est vrai ! »

Merci La République de nous faire rire ainsi, car une journée sans rire est une journée perdue.

Mais pas de panique, je tiens à rassurer nos lecteurs inquiets de cette nouvelle ligne éditoriale comique : l’investigation, la vraie, a toujours sa place dans La République. Pour preuve cette formidable enquête sans concession concernant une entreprise locale de service aux personnes, parue le 10 février sur une pleine page. Le journaliste n’a en effet pas hésité pas à cuisiner les dirigeants pour leur faire avouer à quel point leurs services étaient innovants, d’une grande qualité, et pas du tout sexistes. Ce à quoi ils répugnaient clairement au départ à cause de leur modestie naturelle. Il a donc fallu toute l’obstination de ce grand reporter pour porter enfin à la connaissance des clients lecteurs tout l’intérêt qu’il y aurait à faire appel à cette entreprise.

Des esprits chagrins, sans doute jaloux par avance du prix Albert Londres qui se profile, ont fait remarquer qu’il s’agissait d’un vulgaire publi-reportage : que la honte soit sur eux ! Comment peuvent-ils mettre ainsi en cause l’honneur d’un journal respectable, alors même que la mention « Publi-reportage » ne figure pas sur la page -page qui présente par ailleurs la même apparence (mise en page, typographie) que tout le reste du journal- : non, clairement tout indique qu’il s’agit là d’un véritable journalisme d’investigation. Et la présence des encarts publicitaires (à l’humour de sous-préfecture) de cette même entreprise sur la même page, répondent les esprits chagrins, alors que la déontologie journalistique exige une séparation stricte entre la régie publicitaire et la rédaction ? Pure coïncidence, bien évidemment ! Comment soupçonner un journal respectable de ne pas respecter la déontologie ?

De toutes façons il y a eu un vrai travail pour réaliser cette page, non ? Si le journal s’est fait un peu rémunérer pour couvrir ses frais, ce n’est pas si grave après tout. Les grands principe c’est bien, mais un peu de souplesse est parfois nécessaire pour pouvoir continuer à informer. Vous préférez que le journal disparaisse, c’est ça ?

Je le dis donc avec conviction : les Béarnais peuvent dormir tranquille, la presse locale veille. Et ceux qui veulent la soutenir peuvent eux aussi louer une page dans La République pour qu’un journaliste enquête sur eux sans concession.

PierU

(1) http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2017/02/27/le-grand-chantier-des-halles-demarre,2101542.php
(2) http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2013/12/17/municipales-a-pau-francois-bayrou-presente-son-projet-pour-les-halles,1170210.php
(3) http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2016/07/01/halles-de-pau-l-opposition-annonce-un-nouveau-surcout,2037933.php

Comments

  1. Larouture says:

    Dans La République d’hier (27/04), cahier spécial « Pyrénées événement » : « LUYS EN BÉARN A la rencontre du nouveau territoire en 4 pages.

  2. l'ours-du -bois says:

    si vous n’aimez pas la république….
    lisez l’éclair

  3. Excellente analyse de la pauvreté de nos media locaux.
    Comment peut on faire vivre en Béarn un vrai débat démocratique ?
    Et puis, il faut quand même s’apitoyer sur le sort des « journalistes » qui travaillent à la Rep, SO, Bleu Béarn, FR3 Pau Sud Aquitaine, … condamnés a ne s’intéresser qu’aux commentaires et états d’âme des gladiateurs étrangers de la Section ou des mercenaires américains de l’Elan Béarnais Pau Lacq Orthez Buros…Ah non, pas Buros !

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