L’Europe unie est une belle et indispensable aventure.


Son édification va dans le sens de la dynamique générale de l’évolution de la vie ; la complexification par l’union est ce qui a permis de passer de la première molécule à l’extraordinaire intelligence humaine ; l’émergence culturelle a pris le relais et poursuivi dans cette voie. Il a fallu des milliards d’années d’avancées et de reculs, de constructions et de destructions pour en arriver là.

Vouloir anéantir cette dynamique créative de progrès qui a arrêté les massacres de millions de nos parents est proprement scandaleux.

Ce n’est pas la constitution de l’Europe qu’il faut rejeter, c’est la politique qui est et a été menée par les gouvernements des nations depuis son élaboration.

Il ne faut pas changer le contenant mais la gestion du contenu !

La situation actuelle du fonctionnement européen est basée sur la volonté, le consentement parfois, des gouvernements des Etats issus eux-mêmes du suffrage universel. L’Europe est ce que les citoyens européens ont accepté ou voulu, en désignant leurs représentants. Si l’Europe est libérale c’est bien parce que les règles du jeu ont été acceptées, par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche. La rapidité avec laquelle on a voulu laisser entrer les pays de l’Est avides de libéralisme, a accentué le déséquilibre. La dérive ultralibérale n’est pas étrangère à l’influence pressante de ceux qui veulent maintenant partir !

Un système ouvert comme le système européen est complexe :

le tout est plus que la somme des parties ;

il en résulte une émergence qui justifie le proverbe : l’union fait la force ; l’avantage obtenu, par contre, inhibe secondairement certaines propriétés préexistantes.

Le tout est donc aussi moins que la somme des parties.

Ceci explique les critiques comme la perte de maîtrise de certaines souverainetés.

Si la vie isolée est impossible pour l’homme, espèce sociale, la vie en famille, ou en groupe, impose aussi des contraintes indispensables pour la bonne marche de la communauté.

C’est une notion que les souverainistes de tout bord devraient comprendre !

>Nous avons l’Europe que nous méritons du fait du manque de vigilance dans le choix de nos représentants et dans celui des élus eux-mêmes !

>C’est une leçon qui devrait faire réfléchir ceux et celles, hélas, bien trop nombreux, qui s’abstiennent de participer aux élections, européennes particulièrement, car ils considèrent que leur vote ne sert à rien ou qui préfèrent aller se distraire !

>C’est aussi une leçon pour tous les politiciens, les journalistes, les médias en général, qui préfèrent entretenir la dissension plutôt qu’informer et expliquer, le plus complètement et objectivement possible, l’Europe aux citoyens. Les différents accords à venir, avec le Royaume-Uni, seront-ils expliqués aux Français ?

Si les avantages de l’Union européenne sont incontestables, le modèle économique choisi n’est pas celui des peuples mais celui des intérêts particuliers faisant fructifier pouvoir, puissance, inégalités ; il devrait être repensé, modifié, renégocié, pour l’adapter au bien-être des citoyens européens : il érode, uniformise, les cultures, les langues, les coutumes, la diversité et la qualité des productions agricoles et des élevages ; il favorise la production industrielle, le transport polluant sur de longues distances, la consommation générale de produits de médiocre qualité ; il disperse la pollution,  …Les frontières rendaient le commerce plus difficile pour les grandes entreprises mais favorisaient les particularités culturelles et contribuaient à protéger les producteurs et les marchés locaux, les circuits courts, la compétitivité pour la qualité ; le «consommer français» revendiqué par beaucoup est maintenant une complète utopie.

La diversité est combattue car c’est  un obstacle à l’hyper-production par la monoculture et l’élevage industriels, de produits standard(s) calibrés, adaptés aux exigences de conservation, à la résistance pour le transport, des légumes et des fruits traités, ramassés non mûrs, sans goût ….; c’est l’uniformisation et le gaspillage ; on le retrouve dans l’alimentation, animale comme humaine, l’habillement, l’architecture, la culture…, c’est déterminant pour une croissance de plus en plus rapide. Un seul marché européen de 500 millions de personnes est essentiel. Tout cela nécessite une seule monnaie et l’élimination de frontières, la mécanisation, des droits de l’homme «  assouplis», du chômage, des contraintes de surveillance et de créativité «allégées», des normes écologiques de plus en plus inexistantes.

 Tout cela n’est pas la conséquence de l’Europe mais de sa gestion.

Si l’absence de frontières a des côtés largement positifs pour la circulation des personnes, des biens, des idées, de la culture, de l’économie, la façon dont elle est gérée entraîne une contrepartie destructrice de civilisation.

Vouloir réformer la gestion politico-économique pour la mettre au service des européens, ce n’est pas rejeter l’Europe c’est au contraire la vouloir plus unie, plus respectueuse, plus forte, plus compétitive, c’est-à-dire, au fond, faire l’Europe que n’a pas pu réaliser jusqu’au bout Jacques Delors.

C’est à nous de choisir, lors des diverses élections à venir, europénnes entre autres, les candidats européens convaincus de cette orientation pour, progresssivement et non par la rupture, convaincre petit à petit nos partenaires de leur intérêt pour ce choix.

Les élections successives montrent que la France est coupée en deux ; avant c’était la droite et la gauche, maintenant c’est celle des «optimistes» et celle des «pessimistes»(Daniel Cohen), «la France ouverte et la France fermée, parce que, dans la seconde, les indicateurs économiques et sociaux (pauvreté, chômage, familles monoparentales…) sont moins bons, et qu’on a que le sentiment que la situation ne va pas s’améliorer.» Hervé Le Bras.

Permettre à ces deux France de vivre correctement est la seule solution d’un avenir optimiste. Celui qui réussira aura permis, avec une égalité de soutien gouvernemental, deux façons de vivre, actuellement très inégalitaires :

  • L’une axée sur une haute technicité, productivité,  compétitivité, pour réaliser des échanges commerciaux internationaux ; il faut alors sélectionner à l’export une qualité  haut de gamme, c’est-à-dire privilégier ce que les évolutionnistes appellent la stratégie K à la stratégie r, notion élaborée par Mac Arthur et Wilson en 1967.

  • L’autre axée sur la résurrection des régions, des terroirs, des communes, premier maillon de la chaîne sociétale et premier niveau d’apprentissage de la lecture du monde réel, les circuits courts, l’entraide, le développement des énergies renouvelables, le renouveau des villages, de l’espace public, de la vie des gens amoureux du bien fait, du fait maison, de la diversification des produits, de la qualité K saine et non polluée, du local….Toute cette économie créatrice d’emplois, source incomparable de vie et d’attraction pour un tourisme avide d’authenticité.

Le très probable futur nouveau Président, très européen, prétend être ouvert à l’union des bonnes volontés, c’est une occasion de montrer qu’il a compris ; il pourra alors gouverner dans le calme et l’efficacité.

Georges Vallet

crédit photos : lucien-pons.over-blog.com

Comments

  1. Larouture says:

    Merci pour votre article. Je pense que les deux France que vous évoquez sont déjà « en marche ». Trop lentement peut-être, mais sûrement.
    Personnellement, je n’attends pas de miracles de l’action politique. Elle suit plus qu’elle ne précède les tendances.

    Un extrait de « Quel abandon des territoires ? », Laurent Davezies ; Tous urbains ; Décembre 2016. Peut-être un peu provocateur mais réaliste :
    « La coupure de la France en deux, l’existence de territoires oubliés ou abandonnés couvre l’actualité électorale et alimente les discours des extrêmes.— les territoires les plus pénalisés (Nord et Est) ont été abandonnés d’abord par leurs entreprises et par leurs habitants. Ces territoires n’offrent pas d’avantages productifs ou résidentiels qui puissent leurs assurer un développement suffisant dans le monde d’aujourd’hui. L’Etat ne les a pas laissés tombés, ils sont tombés tous seuls.
    Au contraire, ces territoires sont aujourd’hui soutenus à bout de bras par l’Etat (au sens large, incluant les organismes de solidarité redistributive (—57% du PIB). — Pendant la crise, la solidarité a progressé plus que le business… — ». Nos territoires pénalisés sont d’autant moins oubliés qu’ils constituent une charge pour les ménages et les territoires contributeurs nets à ces solidarités.— On est loin d’un univers ultralibéral. —»

    Personnellement je me demande comment, dans un pays (la France par exemple) où le renouvellement démographique naturel est pratiquement à l’équilibre, un territoire (le Béarn par exemple) peut se féliciter d’être en croissance démographique.
    Un autre (au Nord-Est par exemple) sera forcément en décroissance.
    Il faut donc bien qu’il y ait des transferts de population entre les régions. Des personnes de ces régions parviennent, tant bien que mal, à trouver des solutions en venant chez nous et contribuent à notre prospérité. Ils font abstraction de leur désir de « vivre au pays » ou de leur « identité » et laissent des proches sur place, certainement les plus fragiles.
    Ces régions qui sont maintenant terres d’émigration ont été, au temps de l’essor de l’industrie métallurgique et charbonnière, des pays d’immigration.
    Chez nous des générations sont parties aux Amériques puis Paris ou Bordeaux avant l’essor du gaz, de l’aéronautique et de l’avantage résidentiel (tourisme, accueil de retraités).

    Il n’y a pas de mondialisation heureuse ou malheureuse. La vie a toujours été un combat avec des déterminants que l’on retrouve périodiquement. Aussi je ne crois pas que la solution soit dans l’instauration d’une « ligne Maginot » aux frontières de la France. Je ne crois pas davantage qu’il soit urgent de rencontrer M. Poutine ou autre Assad, comme d’autres se sont empressés d’aller à Munich en leur temps.

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