Rédhibitoire


Voter, ce n’est pas choisir entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable. (Raymond ARON). Le premier tour de l’élection présidentielle nous a conduit à une situation inédite où les partis traditionnels ont été exclus du paysage politique. Restent deux candidats, l’un n’a jamais assumé un mandat, l’autre n’a jamais exercé de fonctions au sein d’un gouvernement. Alors s’il fallait faire un choix à partir de leurs engagements que serait le préférable, que serait le détestable ?

Le journal Sud Ouest, dans son édition du dimanche 30 avril 2017, présente le programme des deux candidats à la loupe. Dix domaines sont analysés, ce sont : l’éducation, la défense et la sécurité, la justice et l’immigration, l’emploi et les retraites, l’économie et la fiscalité, l’environnement, la santé, l’Europe et l’international, la vie politique et enfin la culture. On peut débattre à l’envi de ces programmes en notant au passage que certains engagements sont comparables. Mais il en est un proposé par Marine le Pen, qui sera lourd de conséquences : « mettre en place un scrutin proportionnel à toutes les élections ».

Qui en lisant cela aura la curiosité de se demander ce que cette mesure implique ? Qui sera soucieux de se souvenir que cette forme d’élection à la proportionnelle a existé par le passé ? Qui sera capable de faire référence à l’instabilité qui en a découlé ? Pas grand monde en vérité. Beaucoup préfèrent dire que cette forme d’élection est plus juste parce que toutes les tendances sont représentées. Et parmi ceux qui tiennent ce raisonnement figurent bien évidemment les petits partis politiques qui avec un scrutin uninominal majoritaire à deux tours, disposent de peu d’élus à l’assemblée nationale. Le besoin d’exister en quelque sorte. François Bayrou d’ailleurs figure parmi les tenants de ce mode d’élection.

Mais souvenons-nous de la IV° République. Même si l’histoire ne ressert jamais deux fois les plats il existe des constantes. Lors de ce régime (1946 – 1958) parlementaire, les députés étaient élus à la proportionnelle. Les gouvernements ne disposaient pas d’une majorité dans une assemblée disparate où les députés négociaient entre eux avant d’adopter les textes. Il en résultait une instabilité ministérielle importante. La durée moyenne d’un gouvernement était de sept mois. On peut évidemment se demander comment, dans de telles conditions, un pouvoir peut entreprendre des réformes. Les guerres d’Indochine puis d’Algérie ont eu raison de cette République.

Plus récemment, pour mettre en œuvre l’une des ses propositions, en 1986, Mitterrand a modifié le mode électoral aux législatives. La proportionnelle a donc été instituée pour la première fois dans la V° République. Résultat l’union RPR-UDF obtient la majorité absolue (291/577) tandis que 35 députés FN siègent à l’assemblée. Se met alors en place la première cohabitation, Jacques Chirac devient premier ministre. A noter que c’est à cette occasion que le nombre des députés passe de 491 à 577 (+ 17,50%). Cette chambre sera dissoute par Mitterrand lui-même après l’élection présidentielle de 1988 qui lui a permis d’être réélu. Retour à l’élection de l’assemblée nationale au scrutin majoritaire.

Ce qui est impératif est de faire en sorte que les institutions fonctionnent et que l’État dispose d’un pouvoir suffisamment fort pour mettre en œuvre les réformes nécessaires. Or lorsque l’assemblée nationale est composée de tendances politiques disparates, il est difficile de pouvoir y parvenir. Les partis s’entendent avec des arrangements des accords, des connivences, des accommodements, des négociations en interne et, dans certains cas, des tambouilles d’arrières cuisines. Les combines et les alliances prennent le pas sur le souci de l’intérêt général. Les politiques sont ainsi faits…

Il serait contradictoire qu’une candidate qui prône un État fort et autoritaire, mette en place un système électoral qui affaiblisse de manière notoire l’exécutif. Cette disposition qui vise à faire élire les députés au scrutin proportionnel est détestable, donc rédhibitoire.

Pau, le 3 mai 2017
par Joël Braud

Crédit image : nw-science.com

Comments

  1. Bon, voilà, le FN à 35% au second tour… Ca fait à peu près une personne sur trois…
    Il semble que, lors du débat final, sa stratégie de communication, incompréhensible, y compris pour son électorat, lui ait coûté un certain nombre de points.
    J’en connais qui d’habitude votent FN, et qui ont voté blanc cette fois-ci, ayant trouvé son attitude ridicule.

    • PierU says:

      Plutôt 1 personne sur 4 ou 5 si on considère l’abstention et les bulletins blancs. Mais bon, c’est beaucoup quand même.

      • Marc says:

        Un peu plus de 20% des inscrits pour Mme Fille et un peu plus de 40% pour M. Finance.

        Si l’on enlève à ces derniers 40% les votes de tous ceux qui ont voté Macron uniquement pour bloquer le FN, on s’aperçoit que la base électorale du Président est des plus réduites. Et c’est tant mieux!

        Au moment des législatives, il sera temps de s’écrier: un mois ça suffit !

      • Et encore, il y aurait 9,5 millions de non-inscrits ou mal-inscrits, ce qui paraît énorme.
        http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/sept-millions-de-non-inscrits-ou-mal-inscrits-sur-les-listes-electorales_1800307.html.
        Je mettrais dans la catégorie « sans préférence de vote » ceux qui ne sont pas inscrits, qui s’abstiennent ou qui votent blanc.
        Ca ferait, sur l’ensemble de la population en âge de voter:
        FN: 18, Macron 36, « sans préférence de vote » 46.

      • Enfin, peut-être que les « mal inscrits » sont comptabilisés dans l’abstention.
        Ce qui est frappant aussi, ce sont les résultats d’un petit village à l’autre: dans certains, LP gagne et dans d’autres, elle ne fait aucune voie !
        LP gagne quand même nettement dans 2 départements: l’Aisne (53%) et le Pas de Calais (52%). Par contre, à Paris, Macron fait 90% !

        • rdv: elle ne fait aucune voie ! l’un passe et l’autre est dans l’impasse !

          Allez écouter la chanson de Lavilliers « les mains d’or » que j’ai placée dans « le défouloir. » Je pense qu’elle révèle la situation et l’état d’esprit des prolos du Nord (chanson qui date de 2001)

      • Joël Braud says:

        Selon mes calculs et les infos disponibles, MACRON est élus avec 43,60% des inscrits et LE PEN est battue avec 22,79% des mêmes inscrits.
        Sondage qui paraît aujourd’hui : 61% des personnes interrogées ne veulent pas donner une majorité au nouveau président pour les législatives.
        C’est ça la démocratie. Que disait Churchill à son propos ?

  2. Montbulaà says:

    Depuis la mort de Louis XVI, la France n’a jamais cessé d’entretenir deux sentiments contradictoires :
    – le désir de voir continué l’absolutisme royal à travers Bonaparte (le 18 brumaire en est sans doute l’acte fondateur), puis son neveu, Louis-Napoléon Bonaparte, unique président de la seconde république élu au suffrage universel, puis empereur des Français. Un bonapartisme référendaire que l’on retrouve, quoi qu’en puisse en penser, dans le gaullisme installé du second mandat (1965), mouvement qui n’a jamais cessé de préexister à travers ces successeurs (Mitterrand n’a pas dérogé à la règle, bien au contraire).
    – la volonté désordonnée, toujours à l’œuvre, de vouloir en découdre avec ce pouvoir, père putatif sévère mais magnanime, qui s’exprima à maintes reprises : la plus caractéristique fut Mai 68, événements extraordinairement étonnants, voire sidérants qui finissent dans les bras de Debré, Malraux à la manifestation monstre du 30 mai 1968. Cette bipolarité est toujours à l’œuvre. Continuera-t-elle demain et après-demain ?
     » N’ac sèi pas briga ! »

  3. Michel Lacanette. says:

    Le consensus suisse peut-il inspirer Emmanuel Macron ?
    Depuis des décennies, les socialistes, la droite et l’extrême droite gouvernent ensemble en Suisse, au niveau fédéral comme aux niveaux cantonal et municipal.
    Le canton de Fribourg, en Suisse centrale, présente la particularité d’être bilingue, 70 % de francophones et le reste d’alémaniques. À la chancellerie d’État, Antoinette de Weck, la vice-syndique de la ville de Fribourg, comprenez la vice-maire, et Pierre-Olivier Nobs, conseiller communal, c’est-à-dire adjoint au maire, accueillent un groupe de journalistes français. Leur objectif ? Expliquer comment deux socialistes, un chrétien-social, une libérale-radicale et un démocrate-chrétien gèrent ensemble et en bonne entente, depuis 2016 et jusqu’à 2021, la ville de Fribourg (40 000 habitants…)

    La Suisse, un pays de rêve…
    Merci à la France
    C’est l’occupation française sois Napoléon I qui a obligé les Suisses à être unis. Les cantons étaient comme l’EU, la diète (équivalent de la commission) se querellait pour chaque problème. Napoléon a exigé qu’il donnerait des instructions avec une seul lettre. Ce lien contre nature à permis la rédaction de la constitution de 1848 qui a créé le système toujours actuel. Les cantons de langue française ne manquent de ce rappeler cet événement et c’est aussi une des raisons de l’intérêt de la politique française qu’ils connaissent parfaitement bien.

    Peut être que tout cela pourrait aussi nous faire réfléchir . Dommage que nos prophètes le soient ailleurs …. A coeur vaillant rien d’ impossible.

    • Entre le lac Léman, le lac de Neuchâtel, le lac de Constance, et le lac Majeur ( Locarno), how many rivers do we have to cross?

    • Larouture says:

      Ce commentaire confirme que la pratique démocratique d’un peuple est intimement liée à son histoire. Je me demande si la France a vraiment intégré le fait démocratique.
      Nous contestons systématiquement les règles (scrutin majoritaires, proportionnels, scrutins de listes, 49/3, nous parlons de « coups d’état permanent, etc…, etc…. ).
      Alors que le scrutin de la présidentielle n’est même pas clos, il faudrait contrer le résultat lors des prochaines législatives, voire par un autre tour social. On peut le déplorer mais c’est ainsi.
      La France semble vouloir rejouer en permanence la Révolution de 1789 comme si elle avait un goût d’inachevé. Certes la Révolution a mis fin à l’ordre ancien mais elle a été dirigée par la bourgeoisie (libéraux) à son profit, et confisquée par Napoléon. Ainsi le peuple n’a pas beaucoup bénéficié des biens nationaux (cf. métayers landais par exemple). Ils ont été accaparés par les plus fortunés. C’est notre héritage.
      Les projets de changement de Constitution me laissent dubitatif. Il n’y aura jamais de Constitution qui fera l’unanimité. Les partis politiques s’arrangeront surtout pour verrouiller le fonctionnement de la démocratie. D’ailleurs c’est ce qu’ils ont fait avec la République actuelle. Ils ont obtenu une maîtrise financière pour financer les campagnes électorales. Ce sont des écuries.
      Le fonctionnement des partis me semble le point critique à améliorer. Le non cumul, la diminution du nombre d’élus, la parité, la moralisation de la vie publique, même les primaires avec leurs défauts, me semblent constituer des avancées.
      Les partis politiques ne devraient-ils pas être des laboratoires de nouvelles pratiques démocratiques avant de le demander un changement de la Constitution ?

  4. Penot says:

    Joêl,
    Vous êtes un peu en avance. La question des élections parlementaires viendra en son temps. Il me semble qu’il y a bien d’autres raisons d’éliminer la candidate de l’extrême droite que celle du mode de scrutin aux élections législatives.
    On peut concevoir divers modes d’introduction de proportionnelle sans que ce soit de la proportionnelle pure; je peux vous proposer plusieurs formules.
    J’aurais préféré que M. Macron se déclare comme non ennemi de la finance (le pays a besoin d’investissements) mais non ami de la finance au point de la laisser orienter les décisions. Il y a beaucoup à faire encore pour lutter contre ses dérives et ses tricheries. Il est bien placé pour le faire tandis que Mme Le Pen n’aurait le soutien que de M. Orban. Un sinistre exemple.

    • Joël Braud says:

      En effet, il faut déjà penser aux élections législatives. A ce jour on peut considérer sans grand risque de se tromper que les jeux sont faits pour la présidentielle. Ce qui occupe mon esprit c’est que les Français vont élire un Président de la République et qu’ensuite ils risquent ne pas lui donner les moyens d’exercer son mandat. Il lui faudra une majorité, c’est évident. Mieux vaut le dire très tôt. En face ils sont nombreux à vouloir lui barrer le chemin. Les législatives vont être à l’image du débat Le Pen – Macron, violentes et sans concessions. Des oppositions se sont déjà fait entendre.
      En effet, il y a bien d’autres raisons d’éliminer (comme vous l’écrivez) la candidate de l’extrême droite. J’aurais pu en citer sans doute une dizaine ou plus. Mais il se trouve que je me suis volontairement limité à une, justement en référence aux prochaines législatives.
      Quant à la proportionnelle, je dis à son propos ce que disent les plus grands constitutionnalistes actuels. On entend dire un peu n’importe quoi à son sujet. Aucun système n’est parfait mais l’expérience, l’histoire, je le dis, a démontré que la proportionnelle, en France ça ne marche pas. Le but d’une constitution est de répartir les pouvoirs entre l’exécutif et le législatif. L’instabilité gouvernementale de la IV° République était patente. Entre 86 et 88 on a connu la première cohabitation. En politique la théorie, l’idéologie ne doivent pas se départir d’un minimum de réalisme. Brasser de belles idées généreuses et tout ce qu’on veut c’est bien beau mais si ça ne fonctionne pas il faut aller voir ailleurs. Dire que toutes les tendances doivent être représentées est une aberration, combien cela ferait-il de partis à l’assemblée nationale ? Autant que d’électeurs sans doute. Nous sommes ainsi faits nous les Français que ce qui nous intéresse en premier lieu et quasi exclusivement c’est ce qui nous concerne personnellement. Nous n’avons pas ou très peu le sens de l’intérêt général.
      Tiens lors du débat la candidate a avancé des mesures qui sont ce qu’elles sont : fermeture des frontières, expulsion des fichés S, déchéance de la nationalité etc. sauf que ces mesures ne sont pas matériellement applicables ou sont d’un effet nul. Une loi qui ne prévoit pas, qui n’organise pas les moyens répressifs est une loi inutile. Il en existe.
      La politique doit avant tout être guidée par le réalisme et le réalisme est éclairé par l’expérience, par l’histoire.

      • Marc says:

        Nous votons Macron en tant que Républicains parce qu’ il faut faire barrage au fascisme. S’abstenir serait signifier que nous nous accommodons aussi bien d’un candidat que de l’autre, ce qui n’est pas le cas.

        Une fois le danger FN écarté (une nouvelle fois, pour combien de temps?), il faudra voter aux législatives pour des candidats de progrès, le vrai, celui qui tient compte des exigences de fraternité et de solidarité, celui qui vise à émanciper les travailleurs, celui qui favorise la transition énergétique et la protection de notre environnement pour un développement durable. Ainsi, nous serons en mesure de faire payer le plus cher possible à M. Macron sa victoire par défaut.

        • anecdotique mais pas que :
          cet après midi, je suis allé faire quelques petites courses chez Lidl, à Bénéjacq. Une seule caisse ouverte, donc la queue. Annonce au micro : mesdames messieurs la caisse 4 va ouvrir. Du coup, ceux qui étaient à l’arrière en profitent pour se présenter à la caisse 4. Une femme, très réactive bien qu’en arrière de la file, juste après un papi,, l’atteint la première. Une autre femme, derrière la première, laisse passer le papi qui est plus long de la comprenette, à son tour se diriger vers la caisse (j’étais moi-même derrière cette femme), et demande à la ménagère véloce si elle veut bien reprendre la file à la caisse 4 telle qu’elle était à la caisse 1 avant l’annonce. Donc, faire passer le papi qui la devançait caisse 1, puis elle (la véloce), puis la femme qui propose, puis moi (et d’autres suivants).
          La femme n’est pas d’accord, » je n’ai jamais vu ça, je suis arrivée la première, c’est tout! » La seconde ménagère lui dit que c’est de la simple courtoisie, que reprendre la position que nous avions initialement sur l’autre caisse respecte tout le monde. « Bon, alors allez-y, passez, je n’ai jamais vu ça, mais enfin je ne suis pas pressée (mais très agacée), enfin, chacun a sa façon de voir les choses différemment, mais ce n’est pas ma façon de voir.  »
          La femme courtoise lui demande de passer à la suite du papi, retrouvant ainsi sa place. L’autre refuse, maugrée, » non non allez-y, moi je ne suis pas pressée, mais enfin, je ne comprends pas ! » Entre temps, j’appuie la femme courtoise, ce qui sans doute résigne la femme au caddie à renoncer. Derrière nous, une dame et sa fille semblent appuyer la femme au caddie (elles ne comprennent pas pourquoi il faudrait céder sa place alors qu’on est arrivé le premier, quand on passe d’une file à l’autre).
          Bref, nous passons devant la râleuse et je dis à la femme courtoise : « on comprend pourquoi le FN fait 40% ». Elle me répond avec un grand sourire : « j’allais le dire, mais j’ai préféré ne pas envenimer les choses! »
          Mon propos est un peu compliqué à saisir dans son déroulé, mais voilà où on en est, dans « la vraie vie » !

          • Marc says:

            Karouge, vous êtes un grand provocateur!
            D’autant plus qu’à Lidl j’imagine que le FN fait beaucoup mieux que son score local. Faites quand même attention à ne pas vous faire casser la gueule par un nervi du FN venu acheter son pack de Kro.
            En ce qui me concerne, mon arthrose au genou m’empêche de courir pour récupérer les premières places. Peut-être était-ce moi le papi?

            • Wikipédia: Jusqu’au milieu des années 1990, la plupart des enseignes Lidl avaient des vitres teintées pour que les classes les plus populaires puissent faire leurs courses en toute discrétion
              Je m’en fiche (il n’y a pas de packs de Kro, au Lidl-Lorelei) j’ai mes lunettes Fillon quand je fais les courses. Chez Aldi, je mets un faux-nez Jean Lassalle. Mais en règle générale, je ne fais pas les « grosses courses », c’est mon petit bouchon liégeois qui s’en occupe, avec ses cannes anglaises (je ne plaisante qu’à moitié). Alors, gare à vos fesses, si vous la croisez en caisse !

              • Pardon, monsieur Braud, de ne pas faire de commentaire constructif. Mais vu la situation, il vaut mieux faire des provisions ! (je plaisante)

  5. PierU says:

    Le scrutin majoritaire uninominal pur a plein d’effets pervers.

    A commencer par le fait justement qu’il donne tous les pouvoirs pendant 5 ans au vainqueur, comme si ce vainqueur représentaient une majorité de français sur TOUS les sujets, ce qui est une illusion complète : il peut représenter une majorité sur les questions économiques, mais pas forcément sociétales. Ou l’inverse. Ou sur les questions de politique étrangère. Etc, etc… Donc la logique serait de rechercher DES majorités qui pourraient être différentes suivant les sujets traités, mais rien de tel n’est possible dans le scrutin majoritaire : le vainqueur fait tout ce qu’il veut, quitte à défaire tout ce que le précédent vainqueur a fait. Le parlement n’est la plupart du temps qu’une chambre d’enregistrement, et le seul contre-pouvoir possible c’est finalement la rue (manifestations, grèves…), et c’est bien ce qu’on voit en France… Tout se tient.

    Donc rien d’étonnant que dans ce système l’obsession de la réélection soit importante : c’est la condition sine qua non pour peser, car être dans l’opposition c’est à peu près pisser dans violon pendant 5 ans.

    L’autre effet pervers, lié au premier, est de polariser la vie politique sur une grille de lecture unique et très réductrice gauche-droite et de pousser au bipartisme. Et quand le bipartisme faiblit, comme c’est le cas actuellement, les votes sont biaisés : même au premier tour on ne vote pas forcément suivant ses convictions, mais en pensant au deuxième tour. Hamon en a été la victime la plus flagrante, en voyant son électorat potentiel siphonné par le vote utile pour Mélenchon ou Macron, de peur d’avoir un second tour Fillon-Le Pen. On ne vote plus suivant nos convictions mais en fonction de stratégies électorales.

    Après, pour limiter les comportements d’élus qui agissent pour leur carrière politique plus que dans l’intérêt de la nation, il n’y a pas 36 solutions : il faut limiter les cumuls de mandats aussi bien à un moment donné que dans le temps.

  6. Si vous considérez en Monsieur « préférable » cet homme qui a aidé a promulgué la Loi El Khomri qui franchement n’est pas très favorable aux ouvriers franchement le mot préférable n’est pas adéquat en sachant qu’il a annoncé que des le lendemain il la ferait durcir par « obligations » alors désolé le mot préférable me coince un peu beaucoup la gorge moi qui à 60 ans vient de me faire licencié alors que mon jeune patron fait par mois un chiffre d’affaires plus qu’honorable !! Quand au détestable c’est Monsieur préférable » qui pousse les petites gens à voter pour !!
    Moi ne pouvant me décider suite à mon licenciement BRUTAL et au vu du chiffre d’affaire de mon gentil patron je vais m’abstenir de gaspiller mon gaz oïl pour cause de lendemain incertain comme ce vote !!

    • Marc says:

      J’imagine que le rapport avec l’article c’est l’âge du capitaine (à son départ en retraite)?

  7. Marc says:

    Il est assez ahurissant de voir qu’un ancien haut fonctionnaire de la République estime que le point « détestable » ou « rédhibitoire » du programme du FN est celui du mode de scrutin aux élections législatives.

    Il y a mille autres raisons bien plus importantes de voter contre un parti anti-démocratique, nationaliste, raciste, xénophobe qui une fois au pouvoir ruinerait la France à moins qu’il ne l’entraîne vers la guerre.

    • Joël Braud says:

      Mon pauvre Marc, toujours la comprenette un peu bouchée. Dans mon article je parle d’une promesse qui, à mon avis est rédhibitoire, pour être plus clair puisque vous en comprenez pas tout, cela veut dire que je ne voterai pas Le Pen. Cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec les autres engagements tels qu’ils figurent dans le journal Sud Ouest. Et je ne tiens compte que de ces promesses. Maintenant je ne vous permets pas de considérer que je suis raciste. La bêtise, n’excuse pas tout. Vous allez trop loin. Allez lire ce journal et si vous ne comprenez pas tout, demandez on vous expliquera.

      • Marc says:

        Cher Monsieur, je crains que vous n’ayez également des problèmes de lecture. Votre article présente la question du mode de scrutin comme une raison essentielle de ne pas voter FN alors que j’estime que ce problème, s’il en est un, n’est qu’un détail parmi toutes les raisons bien plus importantes de ne pas donner son vote à ce parti.

        Libre à vous de déformer mes propos mais je ne vous ai jamais traité de raciste ou d’autre chose, j’ai simplement écrit que le fait que le FN soit un parti raciste, etc..justifiait en soi que l’on ne vote pas pour lui. Cela ne vous visait évidemment pas personnellement.

        Je vous remercie de parler de ma bêtise, effectivement sans fond. En l’occurrence, c’est vous qui perdez votre sang-froid et maniez l’injure gratuite, pas moi.

        Bonne journée.

  8. Montbulaà says:

    Il faudrait malgré tout, quoi que vous puissiez penser ou imaginer, permettre à plus 60 % de nos concitoyens qui ne sont jamais représentés à l’Assemblée Nationale, de se voir enfin représentés. On s’étonne du résultat incroyable du 7 mai, et bien une des raisons qui ont fait éclater le vieux système électoral bâti sur mesure pour Charles de Gaulle. Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. La république française depuis fort longtemps et elle en paie lourdement les conséquences.

  9. Ne regarder la proportionnelle qu’au travers de la IVéme république est une erreur.
    De très nombreux pays pratiquent une proportionnelle et réussissent à gouverner, a faire des réformes dans une certaine sérénité. D’abord personne ne parle d’une proportionnelle intégrale.
    Prenons le cas de l’Allemagne :
    « Le mode de scrutin allemand est un système mixte à finalité proportionnelle. Il prévoit l’élection d’une première moitié d’élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour, puis l’élection d’une seconde moitié au scrutin proportionnel plurinominal. L’élection de la seconde moitié dépend des résultats découlant de l’élection de la première : la part proportionnelle est répartie de manière à corriger la mauvaise transcription des voix en sièges de la part majoritaire. Une fois cette opération réalisée la composition de l’assemblée correspond, à quelques détails près, au vote du peuple. Il s’agit donc d’une représentation proportionnelle dite personnalisée, non d’un mode de scrutin mixte à proprement parler. Ces particularités ont contribué à la formation d’un système de partis original dans lequel coexistent deux partis dominants et plusieurs partis « moyens ». » (Wikipedia)
    C’est un exemple de fonctionnement et de nombreuses réformes ont pu être faites dans la sérénité.

    « Ce qui est impératif est de faire en sorte que les institutions fonctionnent et que l’État dispose d’un pouvoir suffisamment fort pour mettre en œuvre les réformes nécessaires. »

    Nous avons eu tout cela depuis des décennies et ces 20 dernières années aucune réforme sérieuse n’a été faite en France. Bizarre non ?
    Sous Mitterand, Chirac, Sarkozy les présidents ont eu cette majorité de godillots. A quoi servent les 300 ou 350 élus d’une majorité monolithique qui doit voter comme l’a indiqué « le chef » ?
    Il en a résulté une incapacité française totale au compromis positif.
    Bref une paralysie depuis 20 ans.

    Et puis le concept même de démocratie implique une représentation de toutes les tendances et une dose de proportionnelle est indispensable pour un vrai débat démocratique.

    Ce n’est pas la faute à la proportionnelle si on a les partis les plus cons du monde où les dirigeants (toujours les mêmes) n’ont qu’un objectif : être ré élu ou attendre que son tour vienne …

    On peut y associer certains syndicats, là aussi la comparaison avec l’Allemagne est peu flatteuse pour la France.

    • Marc says:

      Merci à M. Sango de rappeler que proportionnelle n’est pas synonyme de 4ème République et que partout dans le monde, y compris chez nos voisins, le scrutin proportionnel fonctionne bien et permet à toutes les minorités d’être représentées de manière équitable.

      Au delà de la question du mode de scrutin, la paralysie de la politique française, de plus en plus coupée des citoyens, nécessite de revoir totalement le fonctionnement des institutions. A quand la 6ème République?

    • Joël Braud says:

      Comparez l’Allemagne à la France n’est qu’un exercice intellectuel. Il faut tenir compte des mentalités. Pour avoir beaucoup fréquenté ce pays, pour des raisons professionnelles, entre autres, je puis dire que les Allemands sont bien plus disciplinés, respectueux des règlements et qu’ils ont le sens de l’intérêt général. Nous sommes des latins et gaulois de surcroît. Serait-il possible qu’en France un gouvernement de coalition fonctionne comme en Allemagne ? La réponse est évidemment non. Nous aimons le disputes, les chamailleries comme en témoigne d’ailleurs les interventions sur ce forum. Dans notre pays il y a autant de partis politiques (ou d’opinions) qu’il y a d’électeurs. Chacun n’a qu’un souci son nombril.
      N’est-il pas contradictoire d’un côté de dire que nous avons la plus mauvaise classe politique d’Europe et dans le même temps louer le comportement de nos voisins germaniques. Sans doute que chez nos voisins allemands, les électeurs se sont réveillés (en référence à votre très juste formule). Regardez et comparez le rôle des syndicats par exemple et vous comprendrez très vite. Chez nous le président n’est pas encore élu que beaucoup, syndicats et partis politiques font savoir qu’ils ne se laisseront pas faire. La contestation est déjà en marche.
      Pourquoi croyez-vous que de Gaulle a créé la cinquième république ? Simplement parce que dans notre pays la prééminence des partis politiques étouffait toute organisation des institutions. La cinquième dure depuis plus de 20 ans, depuis presque 60 ans. La troisième République au suffrage majoritaire a duré elle 70 ans. La longévité ne serait-elle pas une preuve ?
      Maintenant dire que sous la cinquième République il n’y a pas eu de réforme est quand même une vue de l’esprit dont vous avez seul la responsabilité.
      Si nos politiques ne sont pas à la hauteur, ce n’est pas en raison du mode de scrutin des législatives mais bien parce que nos politiques n’ont pas ce sens de l’intérêt général. Il pensent comme vous le dites si souvent en premier lieu à leur réélection.
      Dans cet article pour que ce soit clair, j’ai voulu à partir de la lecture d’un journal (Sud Ouest 30/4/17) comparer les engagements. Tout n’est pas recevable chez l’un ou chez l’autre, mais comme beaucoup je choisis en fonction de ce que je considère comme acceptable et inacceptable.

      • Montbulaà says:

        Juste un détail d’une histoire confuse, les Béarnais, néanmoins gascons, n’ont jamais eu d’ancêtres gaulois. Ils étaient pour l’essentiel aquitains et parlaient avant la romanisation ce que les linguistes dénomment  » proto-basque ».

  10. Helene Lafon says:

    Les Français ont la mémoire courte… leur rappeler le passé, l’Histoire de leurs institutions est une bonne chose ! Merci !

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