Baccalauréat, options à mention à gogo


Les résultats du bac 2017 vont parait-il une nouvelle fois battre le record du nombre de mentions. Exigences en baisse parait-il aussi, mais c’est également le résultat de la politique des options, qui permet de réaliser des moissons de points.

Il y a quelques années, l’académie de Créteil avait imaginé payer des lycéens pour qu’ils assistent aux cours, afin de lutter contre l’absentéisme scolaire dans certaines zones. Expérimenté dans trois lycées, le dispositif avait fait long feu.

Pourtant ce système de rétribution fonctionne à plein régime dans l’ensemble des lycées français depuis des années : il consiste à rémunérer les élèves avec des points au Bac s’ils choisissent des options facultatives.

Certes ce n’est pas nouveau, les options au Bac existent depuis très longtemps. Mais le système s’est un poil emballé : à côté des options habituelles de langues vivantes ou mortes, ou de musique, danse, etc, on trouve aussi les options échecs, ski, surf, pétanque, chasse, lutte bretonne, et j’en passe… Pratiquement n’importe quel loisir peut rapporter des points. Dans les langues, même les plus improbables peuvent être choisies.

Et pour ne pas paraître pingre, on multiplie les points : à une époque, les options facultatives avaient un coefficient 1, mais actuellement la première option a un coefficient 2. Et à ce jeu il existe des options de prestige qui ont même droit à un coefficient 3 : le Latin et le Grec. Il s’agit de reconnaître le rôle majeur de ces grandes civilisations… à moins qu’il s’agisse plus prosaïquement de sauver les postes des professeurs de lettres classiques, qui voyaient les classes de Latin et de Grec se réduire comme peau de chagrin avant ce coup de pouce venu fort à propos ! Faut ce qu’il faut.

Certes encore, les points ne sont pas gratuits : il faut travailler pour les obtenir ! Oui, en théorie. En pratique, tout le monde sait que la notation des options est très bienveillante : « Il y a un contrat tacite avec les enseignants qui veut que les options soient bien notées« . On en revient donc à ce que je disais plus haut : on paye les élèves avec des points pour les récompenser de leur participation, comme à l’Ecole des Fans.

A part ça, le niveau en mathématiques des lycéens n’a cessé de baisser depuis 1995. Mais ce n’est pas grave : avec l’option « pétanque romaine » ils auront une bonne mention au Bac, et c’est bien le plus important.

PierU

Comments

  1. Cazamayou says:

    Chez Blanche-Neige vous seriez tous des Grincheux !
    Avez vous eu votre bac, messieurs ? Quand ? Avant 68 ? Quelles notes avez vous eues ? En tout cas, ce que je peux affirmer avec certitude c’est que, aujourd’hui,si vous le passiez vous ne l’obtiendriez pas ! Qu’est devenu votre niveau en math, en littérature, etc… N’êtes vous pas sûr d’avoir beaucoup oublié ?
    Si vous aviez été prof’ vous auriez été bien meilleur que les profs décadents d’aujourd’hui, mal recrutés, sans ambition pour leurs élèves, mal formés, et mal payés ….si vous étiez prof vous passeriez votre temps dans le lycée, dans la salle des profs, dans la Bibliothèque, au CDI, et pour cette raison, vous seriez un bien meilleur prof que les profs d’aujourd’hui !! Et moi si…. Je serais Pape, bien sûr !
    Vous ne doutez jamais de vos affirmations, connaissez des profs qui font bien leur boulot ? Connaissez-vous des élèves qui s’épanouissent grâce aux options, et qui, aiment davantage le lycée parce qu’ils peuvent aussi miser sur le chinois, le clavecin , le violon , l’escrime… Que j’aurais aimé avoir la possibilité d’avoir 2 ( pas plus) options entre la classe de seconde et la terminale ! Pas vous ?
    Plus vous condamnez et plus vous vous ridiculisez parce qu’on voit bien que vous affirmez sans comprendre, que vous bavardez sans connaître et qu’on ne peut accorder aucun crédit à tout ça. Sauf si on est un grincheux … Et qu’on se nourrit d’insatisfaction et d’aigreur.
    Oh,dommage que vous ne soyez pas chez Blanche Neige vous recevriez une tape sur les fesse et un bisou sur le nez.
    PS que ceux qui veulent savoir ce qu’on fait, ce qu’on réussit et ce qu’on espère quand on est prof m’écrivent, je leur dirai un mot sur mes 40 années enthousiasmantes au service des enfants de la République. … Et bien-sûr ce n’était pas parfait…

    • Félicitations pour ce texte qui fait du bien car il a le mérite de rétablir des vérités et de remettre les pendules à l’heure.

    • Le commentaire méprisant et arrogant de M. Cazamayou est effectivement édifiant.

      Je fais partie de cette race sans doute honnie par M. Cazamayou, qui compte des millions de représentants en France, celle des parents d’élèves, avec des enfants actuellement au collège et au lycée, après être passés par l’école maternelle et primaire. Cela serait surement tellement bien, dans l’esprit de M. Cazamayou, si ces gens qui s’intéressent aux études de leurs enfants n’existaient pas!

      M. Cazamayou écrit « on voit bien que vous affirmez sans comprendre, que vous bavardez sans connaître et qu’on ne peut accorder aucun crédit à tout ça » . Voyez vous, M. Cazamayou, les enfants parlent à leurs parents, il leur font part de leur vécu à l’école, ils leur montrent leurs cahiers, leurs classeurs leurs devoirs. Les parents sont aussi en contact avec l’administration des établissements, avec la vie scolaire et même avec les profs quand ceux ci les invitent. En tant que parent, qui a suivi ses enfants tout au long de leur scolarité, j’ai la prétention de connaître quelque chose à l’école, peut être même d’en savoir plus que vous avec vos oeillères de professeur. La connaissance que j’en ai n’est ni au conditionnel ni au passé, comme vous le prétendez, elle est au présent de l’indicatif.

      M. Cazamayou nous vante ses « 40 années enthousiasmantes » de professeur. Voyez vous, M. Cazamayou, j’en suis heureux pour vous mais je m’en contrefiche. En ce qui me concerne, je pense que l’école est là pour servir les enfants, pas les professeurs. J’aimerais bien que l’école soit « enthousiasmante » et surtout porteuse d’avenir pour les « enfants de la République », c’est hélas loin d’être le cas.

      Il y a d’excellents professeurs, engagés, avec le sens de la pédagogie, qui savent faire progresser les élèves et en tirer le meilleur. Ils sont l’honneur de l’école française. Ils existent, mes enfants m’en parlent et j’en ai rencontré. Il y a aussi des enseignants médiocres qui ne maîtrisent pas leur sujet, aussi bien du point de vue du contenu que de celui de la transmission des connaissances. Sans compter ceux qui répètent le même cours depuis 20 ans. Et ceux qui sont perpétuellement absents. Ce qui est grave, c’est que l’éducation nationale les traite tous de la même manière. Sans reconnaître ceux qui le méritent. Et sans montrer la porte à ceux qui fautent. Au bout du compte ils feront tous la même carrière et auront tous la même retraite. Sur le dos des élèves.

      • Pardon, M. ou Mme…

      • Cazamayou says:

        Dommage que vous ne voyiez dans mes remarques que mépris et arrogance… C’est une très mauvaise interprétation ! Vous savez reconnaître les bons professeurs dont vous faites l’éloge, bravo. Il en existe.
        Vous ignorez que les profs que nous sommes sont aussi des parents et des grands parents dont vous designez les représentants par le mot « race » ….
        Je ne veux pas revenir sur cette idée que les parents gênent les profs… Encore une affirmation gratuite et fausse. Ce qui me semble gangrener le système scolaire c’est le sentiment qu’on sent à vous lire : vous êtes contre les profs, vous les critiquez et les enfants entendent les gens comme vous trop souvent. Dans quel état d’esprit arrivent ils à l’école, au collège, au lycée ?
        Notre génération était élevée dans le respect de l’instruction, du professeur, du maître. Aujourd’hui les enseignants sont beaucoup plus formés que ceux que nous avions. Et même ceux qui ont du mal à se faire entendre, à se faire respecter, ont leurs compétences. Bien sûr il y a cet avancement qui vous chagrine….
        Mais dans le métier que vous exercez, ( que vous exerciez ? ) ã quoi a-t-on reconnu votre mérite ?

        • Il est certain que le manque de respect des élèves envers les profs est un problème. Mais ce n’est pas parce que quelqu’un écrit certaines critiques ici qu’il tient forcément le même discours devant ses enfants. Et quand on parle de respect c’est quelque chose qui doit marcher dans les deux sens… les jeunes sont fort capables d’identifier et analyser seuls des situations dans lesquels on ne leur témoigne pas non plus un respect minimum, sans qu’on ait besoin de leur suggérer.

          • Merci PierU pour cette excellente réponse qui ne saurait mieux exprimer ma propre pensée.

            N’en déplaise à Cazamayou, j’ai éduqué mes enfants dans le plus strict respect des individus en général et de leurs enseignants en particulier. Et effectivement, j’aimerais bien parfois que certains enseignants montrent plus de respect envers leurs élèves, aussi bien individuellement que collectivement.

            En outre j’ajouterai que je ne suis évidemment pas « contre les profs ». Il est trop facile de disqualifier ainsi toute critique en criant à la malveillance et au complot. J’espère qu’un jour les professeurs et leurs syndicats commenceront à admettre qu’ils ne sont pas totalement étrangers aux difficultés de l’éducation nationale. Et qu’ils doivent, eux aussi, se remettre en question.

          • PierU says:
            13 juillet 2017 à 17:03
            « ce n’est pas parce que quelqu’un écrit certaines critiques ici qu’il tient forcément le même discours devant ses enfants. »
            J’en conviens que très moyennement car pour avoir une certaine expérience des réunions familiales ou amicales où les enfants sont présents, j’ai souvent constaté que le double langage, surveillé au départ, dérivait très vite sous le feu d’une discussion animée catalysée par quelques vapeurs alcooliques conviviales. Le naturel revient au galop, avec toute l’exagération que la volonté de convaincre entraine. Les propos tenus ne tombent pas alors dans des oreilles inattentives même si les yeux sont sur les tablettes!

            • Ah mais nous ne sommes pas comptables des élucubrations avinées de votre beau-frère !

              • « élucubrations avinées de votre beau-frère »

                Aviné et élucubrations me semblent un peu excessif; il n’est pas question de divagations et d’absurdités, tout au plus une certaine libération de la parole que la vie en commun limite souvent.
                Je ne savais pas que vos réunions familiales et/ou amicales étaient arrosées à l’eau du robinet! Je vous plains!!

    • Je ne répondrai à votre premier message que par rapport au contenu de l’article :

      L’argument « et si vous passiez votre bac aujourd’hui, l’auriez-vous ? » est une galéjade. Vous savez très bien que les compétences que l’on développe et utilise dans la vie professionnelle nous éloignent bien souvent des programmes sur lesquels portent un examen que l’on a passé il y a 20, 30, ou 40 ans, et nous éloignent aussi des méthodes scolaires de travail. Mais oui, je ne doute pas que si j’avais à passer le bac en m’y préparant un peu, je l’aurais tout autant qu’à l’époque.

      Et non je ne considère pas que le lycée ait vocation à récompenser les élèves faisant « du clavecin, du violon, ou de l’escrime » pour « leur faire aimer le lycée ». Super pour eux s’ils s’éclatent dans ces activités (ou d’autres), mais ça ne regarde qu’eux.

    • « 40 années enthousiasmantes au service des enfants de la République. … Et bien-sûr ce n’était pas parfait… »
      Ils sont majeurs maintenant mais ils s’en souviennent ces élèves de seconde partis une petite semaine perfectionner leur anglais. Et le prof qui s’émerveillait d’une chose qui n’existe pas à Pau: la beauté du coucher de soleil sur la mer. Qui appréciait la bière locale. Éventuellement en égarant un élève… Oui, il y a 20 ans c’était tellement bien.

  2. escampette says:

    Il manque un petit argument, la sélection pour rentrer en fac. vu que le baccalauréat ne joue plus ce rôle mais permet de s’y inscrire ce qui pour certains se résume à pouvoir être inscrit à la sécurité sociale étudiante et à accéder à un statut qui leur fait perdre leur temps ou leur évite de chercher du travail ou une formation à laquelle leur niveau scolaire leur permet d’accéder .

  3. Je pourrai peut-être le repasser pour décrocher une mention très bien ?

    • Si votre CV correspond à votre demande (-pour rappel : une mention « très bien « au Baccalauréat-) et que vous avez cumulé 166 trimestres dans votre carrière professionnelle, nous pourrons exaucer votre vœux. Merci de joindre vos antécédents judiciaires, votre situation de famille (joindre une copie de votre livret de famille), vos numéros de sécurité sociale et un téléphone où vous joindre, vos 12 dernières fiches de paie ou attestations de chômage (année 2016), une copie de votre imposition sur le revenu, votre situation maritale, une copie de votre carte d’identité, de votre permis de conduire, une vérification visuelle opérée par le facteur de votre bled pour vérifier que vous êtes un être vivant (vrai), et non seulement vous aurez droit à une mention très bien, mais en contrepartie vous serez devenu très vieux !

  4. Ajoutons que l’inventaire à la Prévert des options disponibles au bac a aussi un coût important avec la mobilisation d’examinateurs et de correcteurs pour un nombre parfois extrêmement réduit de candidats. Pendant ce temps des enseignements fondamentaux, maths, français, langues, ne sont plus assurés dans certains collèges et lycées pendant de long mois faute de professeurs pour remplacer leurs collègues absents.

    Il est tout à fait clair que les options facultatives non seulement accroissent sensiblement la possibilité d’obtenir une mention mais aussi tout simplement le taux de réussite au bac. Ainsi par exemple, si l’on prend l’option facultative sport, proposée par tous les lycées, un 20 (ce qui est fréquent) permettra d’effacer sans problème un double 5 à l’écrit et à l’oral de français (sachant que même si l’on arrive sans savoir ni lire ni écrire aux épreuves de français on aura du mal à avoir moins que 5…). Pendant ce temps, comme le note PierU, le niveau réel des jeunes français, notamment calculé par les enquêtes PISA, ne cesse de s’effondrer…

    La réforme progressive du bac annoncée par le nouveau ministre semble aller dans le bon sens, même si pour l’instant il n’y a pas eu d’annonces quant au régime des options facultatives. Le resserrement des épreuves finales autour d’un nombre réduit de matières tandis que les autres relèveraient du contrôle continu va permettre de simplifier la dispendieuse usine à gaz qu’est devenu le baccalauréat.

  5. Georges Vallet says:

    Subjectivité contre subjectivité, je pense que les options ne sont pas aussi critiquables que vous le laissez penser.
    + Une option engendre 3 heures de cours supplémentaires et du travail; ce n’est donc pas la tasse de thé pour bien des lycéens.
    + Chaque candidat du Bac peut choisir 2 options au maximum: https://www.digischool.fr › Bac 2017 (et non une kyrielle comme vous le laissez supposer) parmi celles proposées par son lycée : la première option est coeff 2, et la seconde option est coeff.1.Concernant le latin ou le grec, le coefficient est de 3. Admettons une certaine largesse de notation mais pour gagner beaucoup de points au-dessus de la moyenne, il faut quand même avoir une certaine maîtrise!
    + Je crois que vous vous trompez, les options grec et latin ne sont pas faites pour faire plaisir aux profs mais sont un complément très positif dans les études littéraires et scientifiques comme la médecine sensu lato ou l’ensemble des études biologiques; une grande partie de la nomenclature(et l’histoire, des mots entre autres) tire ses racines du grec et du latin et bien des traductions constituent un support de connaissance et de reconnaissance.
    + La plupart du temps, les élèves qui ont des très bonnes notes aux options sont de bons ou très bons candidats par ailleurs, certains auraient quand même des mentions, inférieures peut-être!
    +Le choix d’augmenter la diversité des apprentissages est une démarche culturelle qui montre une curiosité intellectuelle tout à fait intéressante dans un monde qui s’emploie à la rétrécir.

    Le vrai problème du malaise de notre enseignement, à mon avis, n’est pas celui des options, il est bien plus profond et complexe; c’est, entre autres, le niveau exigé dans l’ensemble du cursus scolaire. Pour avoir suivi d’assez près celui de mes petits enfants et ayant des relations dans le milieu scientifique universitaire, je suis assez consterné à la fois par le niveau particulièrement bas des difficultés des devoirs en classe proposés et de la notation particulièrement haute des notes attribuées. Je n’ai jamais vu, de toute ma carrière, autant de notes au-dessus de 18 de moyenne! Il arrive au niveau bac des jeunes d’un niveau réel très insuffisant pour aborder les études supérieures que l’obtention du bac leur permet de faire. Les limites des exigences minimales du supérieur sont rapidement en dehors de leurs possibilités à la fois dans la capacité à utiliser des connaissances qu’ils n’ont pas, qu’ils ont oubliées ou pas digérées. Psychologiquement, pour beaucoup, ils ne sont pas prêts non plus; la présence à un cours, quand elle existe, et la récitation du contenu de ce cours, semble justifier, à leurs yeux, une bonne note; beaucoup ne comprennent pas que les problèmes de la vie ne se résolvent pas dans l’application des données récupérées sur Internet ou dans un cours déterminé; la conception de la réponse, avec d’ailleurs toujours un coefficient d’incertitude réside dans le développement de l’esprit d’analyse, critique et de synthèse; savoir lire entre les lignes (intelligence) données dans les informations pour les appliquer à un cas concret.
    Le résultat est un gaspillage, une désillusion, voire une révolte de bien des jeunes; le désespoir est aussi dans le milieu enseignant qui est dépassé par le nombre, l’ampleur du travail complémentaire à accomplir pour élever un peu le niveau, tout en se sentant obligé, à un moment donné, d’opérer une sélection; le résultat est un gaspillage de temps et d’énergie redoutable pour l’entrée dans la vie active.

    • Je lis:
      «Chaque candidat du Bac peut choisir 2 options au maximum: https://www.digischool.fr »

      Je n’ai pas bien compris pourquoi vous nous orientez sur http://www.digischool.fr. La page web que vous proposez n’a rien à voir avec le sujet, à savoir les options facultatives au baccalauréat. A moins que votre idée ne soit tout simplement de faire de la publicité pour ce site commercial? Peut-être y collaborez vous en tant qu’enseignant ? Sans doute cette question est-elle ridicule mais je vous remercie quand même de vos éclaircissements.

    • La deuxième partie de votre commentaire rejoint ma phrase de conclusion sur le niveau général. Sauf que je pense que le cirque des options fait partie du rideau de fumée déployé pour croire et faire croire que le niveau est toujours le même : comme vous le relevez, la faible difficulté des épreuves dans les matières classiques, et les points distribués généreusement dans les options, en sont deux facettes. Ce qui fait que les mentions « très bien » sont monnaies courantes dans les bonnes classes, alors qu’elles concernaient un ou deux élèves par classe il y a 30 ans.

      Sur les options proprement dites : j’ai dit qu’il y avait une kyrielle d’options proposées, par que chacun pouvait en choisir une kyrielle. Sur le cas particulier du Latin et du Grec, vous semblez ne pas savoir ou ne pas vous rappelez que le passage à un coefficient 3 en 2006 avait pour justification explicite d’enrayer la baisse continue des effectifs dans ces deux langues : on est bien dans le cas où il s’agissait de sauver les postes des professeurs de lettres classiques… Ce dont d’ailleurs on ne doute pas quand on voit le niveau de retape qu’ils font pour essayer de convaincre les collégiens de choisir ces options (à grands coups de promesses de voyage scolaire à Rome, de points en plus sur la moyenne… on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre).

      Epargnez-moi la tarte à la crème du « apprendre le Latin/Grec c’est très utile pour les études de biologie ou de médecine » : c’est comme si on disait que faire plusieurs années d’escalade c’est très utile pour savoir monter une échelle… Apprendre des nomenclatures est un pensum, qu’on ait fait ou pas du latin avant. Evidemment, le latiniste va reconnaître quelques mots déjà vus, va identifier certaines racines connues, mais pour l’essentiel il n’a pas plus que les autres appris le vocabulaire de la biologie dans les cours généraux de latin… Et inversement pas besoin d’avoir fait 6 ans de latin pour savoir que l’espèce « Canis Lupus » est nommée ainsi parce que canis=chien et lupus=loup.

    • « le désespoir est aussi dans le milieu enseignant qui est dépassé par le nombre, l’ampleur du travail complémentaire à accomplir pour élever un peu le niveau, tout en se sentant obligé, à un moment donné, d’opérer une sélection »

      Ah, ces pauvres enseignants martyrs! Eh bien non, arrêtons de les plaindre. Si le système actuel perdure, un des raisons principales en est que les enseignants avec leurs puissants syndicats font tout pour cela. Le pacte passé entre leurs syndicats et la rue de Grenelle est bien connu: en contrepartie d’un niveau de salaire assez faible et de conditions de travail médiocres, les enseignants sont laissés maîtres dans leur classes, libres de leur pédagogie, avec un nombre réduit d’heures à effectuer et un emploi assuré à vie.

      Dans tous les grands pays développés, sauf en France, les enseignants font un horaire complet dans leur établissement, avec des heures de tutorat et de travail collectif entre enseignants qui s’ajoutent aux heures de cours. Partout, sauf en France, les chefs d’établissement ont leurs mot à dire sur l’organisation pédagogique, sur le recrutement et l’évaluation de leurs équipes, et peuvent piloter des programmes innovants dans le cadre d’une certaine autonomie.

      Toute expérimentation qui va dans le bon sens est systématiquement mis à mal par les enseignants et leurs syndicats. Il en va ainsi de tout projet de réforme du bac. Il en va ainsi de la réforme du collège qui prévoyait des apprentissages pluridisciplinaires et qui va être enterrée. Il en va de même, par exemple, du dispositif d’accompagnement personnalisé au lycée qui est souvent détourné de son sens et transformé en heures de cours supplémentaires.

      La plupart des enseignants du secondaire, mal formés, mal sélectionnés, ne savent pas transmettre des connaissances et assurer les apprentissages nécessaires, sauf pour une minorité d’élèves qui de toute façon auraient le même niveau s’ils n’allaient pas à l’école et se contentaient des cours du CNED. La plupart des profs croient encore que leur boulot consiste uniquement à passer 50 minutes dans une classe, à distiller la bonne parole et à revenir la prochaine fois. On est très loin en France de ce qui se passe partout ailleurs avec le travail sur la méthode, la mise en oeuvre de projets collectifs, le suivi individuel des élèves. Tout cela ne demande pas plus de moyens mais exige de casser le consensus mou dans lequel s’enfonce l’éducation nationale. On en est encore bien loin.

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