Cela ne coûtera rien au contribuable !

Que voilà une formule rassurante ! Habituellement elle sort de la bouche des politiques qui cherchent à justifier leurs dépenses. Mais alors qui paie les dépenses décidées par les élus ?

A Pau, la transformation de la place de Verdun a coûté 2,3 millions d’euros. Il est prévu, nous dit-on, un remboursement de cet investissement dans un espace de seulement trois ans grâce au stationnement payant. Et François Bayrou nous affirme qu’il s’agit là d’une réalisation qui ne coûtera absolument rien au contribuable. Belle et péremptoire affirmation en laquelle tout le monde voudrait bien croire.

D’abord quelle est la définition du mot contribuable  : « Personne qui paye des contributions, des impôts directs » (Le Petit Robert) ou « Personne qui contribue aux charges publiques en payant des impôts » (Dictionnaire de l’académie). Autrement dit, il n’y a pas seulement celui qui paye des impôts directs, il y a également celui qui, d’une manière ou d’une autre, contribue, généralement contraint et forcé, à un financement, à une réalisation pour la collectivité. Serait-il exact de dire que les utilisateurs de la place de Verdun ne contribueront pas au remboursement de l’investissement en payant le stationnement ? Certainement pas car les utilisateurs deviennent également des contribuables.

Autre exemple qui est aussi présenté à Pau comme ne coûtant rien au contribuable, c’est le BHNS (Bus à Haut Niveau de Service). On nous dit que là l’investissement se chiffre à 51 millions d’euros. On nous dit également que cela sera payé par la taxe transport prélevée sur les entreprises. Ces dernières lorsqu’elles payent cette taxe contribuent à la charge des infrastructures de ce nouveau moyen de transport ? Cela coûtera alors non pas à la totalité des contribuables mais à une certaine catégorie d’entre eux : les entreprises. Mais en vérité, il faut admettre que l’effort est consenti par tous. Outre l’augmentation du prix des transports palois, on peut s’interroger pour savoir si une autre utilisation de cette taxe transport n’aurait pu être faite. Dans d’autres villes (Compiègne, Dunkerque, Châteauroux par exemple), cette taxe est utilisée pour rendre totalement gratuits les transports en communs de la ville. Mais pas à Pau où le souci d’une réalisation de prestige l’emporte, semble-t-il, sur l’intérêt général.

Nous dire que cela ne coûtera rien à la collectivité relève de la propagande politique. Il y aura toujours à la base quelqu’un pour financer un investissement décidé par les politiques. Ce quelqu’un est forcément le contribuable. « Il faut demander plus à l’impôt et moins au contribuable. » (Alphonse Allais).

Pau, le 2 août 2017*
Joël Braud

*Ce 2 août 2017 est le jour à partir duquel l’humanité vit à crédit et ce jusqu’à la fin de l’année.

Crédit image : observatoiredesgaspillages.com

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