Alternatives Halles terres natives : Tarbes, alter active.


Comme je suis censé ne jamais intervenir « sur le fond » lors des débats sans fin mais jouer le sabordeur d’article, je vous en propose un qui, je l’espère, me réduira en poudre à canon. Je reviens donc sur l’article qui a fait le buzz, à savoir : la situation des commerçants des Halles de Pau.

Différents points de vue, certainement très subtils, quant à savoir si Pau était/allait devenir une ville de riches (les nouvelles Halles faisant grimper le prix des produits du fait de l’augmentation des redevances à payer pour les étaliers), ou encore une obligation d’ouvrir le dimanche matin, sauf en cas de présentation d’un certificat médical…d’une déshérance des commerçants dont la moitié, fin juin, avait l’intention de quitter les lieux (PM : « Au moment où j’ai parlé avec ce commerçant (fin juin), la moitié des commerçants auxquels les Palois sont habitués avaient déjà pris la décision de partir. » ).

Bref, sur un tel argumentaire, Ginou-Ginette et moi nous sommes rendus ce matin dimanche dans une autre préfecture, comptant moins d’habitants, de réputation plus populaire, moins bourgeoise, que la Capitale du Béarn : Tarbes. Nous voulions voir comment y vit le commerce (pas celui des boutiques franchisées et autres enseignes commerciales closes les jours fériés,) un dimanche matin du mois d’août. Tarbes n’est pas ce qu’on appelle une ville touristique, mais elle compte quelques bijoux architecturaux et une population joviale, comme si soufflait depuis Toulouse quelques accents de convivialité.

Première étape : la place Marcadieu et sa magnifique halle. C’est dimanche, les parkings de surface sont gratuits. En semaine, une heure de stationnement est offerte aux automobilistes qui, disons, font de rapides achats ou viennent chercher des colis etc. Et ce, dans tout le centre ville. En ce dimanche, il n’est pas question de se garer sur la grande place, envahie de commerçants comme il s’en trouve (trouvait ?) à Pau le samedi matin entre le Foirail et la place Marguerite Laborde : de la fripe, des objets entre brocante et fonds de garages (mais les vrais chineurs y trouvent toujours leur bonheur), des bouquinistes, des marchands de ceintures, de lunettes, d’outillage de bricolage, de petit mobilier, de matelas à beaux ressorts d’ arnaque, de fleurs, bref un vide-grenier citadin. La Halle est fermée : Tarbes en Tango (musique argentine diffusée dans la ville qui accompagne sans l’agacer les pas du chaland) y donne un concert, donc scène et sièges installés en bouclent l’accès. Et puis, le « grand Marché », où l’alimentaire et les camelots sont présents, se déroule le jeudi. Les autres manifestations hebdomadaires, extérieures, le samedi et le dimanche matin. Alentours, les cafés sont pleins de monde. Les gens se connaissent ou pas, se croisent, discutent. Une ambiance (ce n’est pas la même échelle bien entendu) qui rappelle le quartier Saint Michel, à Bordeaux.

Deuxième étape : la Halle Brahauban. Il est un peu moins de midi quand nous arrivons. C’est dimanche. C’est ouvert. Sous la halle, quelques commerces ont baissé leur rideau : partis… en vacances, réouverture le 22 août. Les petits paysans du carreau sont là, mais pas tous, pour la même raison. A l’intérieur, je prends quelques photos. Un commerçant me voit et, avec ses doigts, bride ses yeux en riant : « vous n’avez pas l’air chinois, vous ! » Je lui parle des Halles de Pau, des travaux en cours, et du travail le dimanche que certains refuseraient. La réponse est claire : « si je n’ouvrais pas le dimanche, je n’ouvrirais pas du tout ! Le samedi et le dimanche sont mes deux meilleures journées. Après, à Pau, je ne sais pas comment ça se passe. C’est pas le tout de faire plaisir à la municipalité, l’essentiel est que la clientèle suive. Si vous ouvrez le dimanche matin et que personne ne vient, ce n’est pas la peine ! ». Et c’est bien la crainte que peuvent avoir certains commerçants palois : travailler plus pour plus y perdre. Mais pour l’heure rien n’est joué. Côté palois, il faut créer une synergie, entre la Médiathèque, les bistrots alentour, les restaus, la gratuité des parkings souterrains et de surface, donner envie aux gens de faire le déplacement, avec la facilité de se garer, de prendre son temps, de baguenauder.

Midi cinq. Dans la Halle, deux échoppes où se restaurer. Ginou-Ginette adore les huîtres, moi les crevettes mais pas que. On peut choisir le poisson que l’on veut, c’est une vraie poissonnerie qui cuisine en direct et vous sert en suivant (pour info : 7 euros les 6 huîtres, idem pour des crevettes au chorizo, 2 euros le verre de Tariquet,17 E le plateau de fruits de mer)… avec des serveuses sympathiques, pas d’attente, des produits goûteux et une ambiance de marché. Idem pour le restau d’à-côté, plutôt viande je crois. Tout cela ouvert le dimanche midi, y compris l’Intermarché intégré à la structure des halles. Et surtout, de la vie, partout, des vieux des jeunes des handicapés des bien sapés des mal fringués, bref ce qui fait une ville dont les habitants ne sont pas tous partis à la plage, ni en montagne…(*)

(*) dito RC : « A cela, s’ajoute, l’ouverture qui sera obligatoire le dimanche matin pour les commerçants des Halles, et lorsque l’on observe l’activité en centre ville, le dimanche à Pau (le désert…), en particulier l’été (Direction pour beaucoup d’entre nous : la montagne, la côte basque ou landaise ou tout simplement chez soi !); sauf pour les alentours du château de Pau et le boulevard des Pyrénées, c’est… »le désert« , tous les dimanches… : «

AK Pô
20 08 2017
Ptcq

Comments

  1. Je remarque que le stationnement dans le centre de Tarbes est payant, dans des conditions semblables à celles de Pau. Ce qui devrait pourtant être rédhibitoire pour l’activité de la halle, non ? Je remarque aussi que Pau est désert le dimanche, alors que le parking de surface y est gratuit. De là à en conclure que le coût du stationnement est un paramètre secondaire dans l’activité d’un centre-ville, il n’y a qu’un pas.

    • Je remarque que le stationnement dans le centre de Tarbes est payant, dans des conditions semblables à celles de Pau.
      Petite différence : à Tarbes, c’est une heure de stationnement gratuite, à Pau un quart d’heure.
      http://www.pau.fr/1690-stationnement-mode-d-emploi.htm
      C’est un détail bien sûr, car aller aux halles, à Pau comme à Tarbes, le samedi matin, (parking payant),c’est partager un espace vivant où on prend un peu de temps : boire un café à 10h, un Tariquet vers midi, voire manger un morceau sur place…).
      Anecdotiquement : aller de la place de Verdun de Tarbes au marché Brahauban et retour pour aller chercher un colis ou une commande : la municipalité offre une heure de gratuité.
      Aller de la place de Verdun de Pau à un commerce disons situé place Reine Marguerite et retour : la municipalité offre un quart d’heure. (ce qu’on appelle faire ses commissions au pas de course). Mais j’avoue benoîtement qu’entre deux places de Verdun aucuns taxis ne marnent (argot : travailler, dans le jargon des ouvriers). Donc je vais à pied, mon panier sous le bras, suivant le chemin des dames froufroutantes,
      « – Il est à combien, ce beau poisson des îles ? »
      « -18 euros, mais je vous le laisse à 14, parce que c’est vous ! (et qu’à Intermarché il est à 9 E) »
      « -. Ah non, madame, je vous le prends à 18 ! ne me prenez pas pour un pauvre, ou vous le deviendriez vous-même, à faire ainsi fuir les clients aisés. »
      « -mais, monsieur, à ce prix-là, on peut vous le livrer, dans l’ aquarium où il a grandi. »
      « -Ah ! certes… Dans ce cas j’en prendrai deux : un à 18 et l’autre offert, comme il se fait dans les grandes surfaces. A propos, il paraît que pour les bons clients vous remboursez le ticket de parking souterrain. »
      « -Ça, c’était une promotion qui s’est terminée hier. Dès aujourd’hui, nous avons une nouvelle politique : crever les pneus des 4X4 mal garés avec les arêtes de nos poissons.. »
      « -Madame, je dois hélas y aller et vous souhaite le bonjour ! »

      • Dans les parkings souterrains de Pau (Clemenceau, Halles, Bosquet), c’est 30mn gratuites et on est à 5mn de la plupart des commerces. Ca m’arrive souvent de faire une course rapide, de retirer un colis à la Poste, en moins de 30mn.

        • C’est dit. Mais je parle des parkings de surface.

        • Vilain garçon ! je vous croyais sportif, allant faire vos courses en vélo. Mais c’est vrai que transporter un frigo sur son dos, (avec certainement un petit garnement sur le porte-bagage) relève plus de l’école du Cirque de Serres Castet que de l’obligation de baisser la tête à l’entrée d’un parking souterrain.
          Bon, je précise : c’est pour rire !

  2. Michel LACANETTE. says:

    Vos propos démontrent qu’ il ne suffit pas d’ avoir de beaux et grands équipements pour qu’ un marché réussisse. La réussite relève plus d’ un contexte global, culturel, social, associatif, géographique, architectural, climatique, économique que des moyens, surtout s’ ils sont uniquement excessifs.
    Il y a des lieux, je pense localement à St Jean Pied de Port ou à Jaca, qui sont des lieux d’ attirance, où l’ on s’y sent bien sans avoir besoin de moyens matériels pour cela.
    Il suffit d’ y être.
    Pas plus tard que Samedi, les rues de Jaca étaient grouillantes de monde, sans raisons particulières, à moins d’ une heure de là, à Oloron, elles étaient quasiment désertiques, pourtant la météo était la même et le coût de la vie équivalent. Mystère?

    • Enfin quelqu’un qui met le doigt sur les vraies questions! L’échec palois s’explique avant tout par les particularités de la culture béarnaise et non par des histoires de places de parking ou d’impôts locaux.

      • Michel LACANETTE. says:

        En Espagne quand il pleut, les gens sont heureux. En France, plus particulièrement en Béarn, quand il fait soleil on est malheureux. Au bout de deux jours on se plaint, car on va manquer d’ eau….. Comprenne qui pourra.

  3. « Au moment où j’ai parlé avec ce commerçant (fin juin), la moitié des commerçants auxquels les Palois sont habitués avaient déjà pris la décision de partir »

    En réalité je n’y crois pas une seconde, et j’aimerais bien avoir une source autre que « on dit que ». Ca ressemble à une estimation au doigt mouillé de quelqu’un qui a envie de forcer le trait.

  4. Il serait intéressant, par ailleurs, de comparer les prix de vente de certains produits de base (légumes de saison, viande, poisson) entre Pau et Tarbes par exemple(que pour ma part je peux élargir à Lourdes et Bagnères de Bigorre). Ginou-Ginette peut faire une liste de ces produits. Si, après avoir consigné les produits, certains d’entre vous peuvent coopérer par le biais des commentaires au fil de cet article (exemple : cabillaud, Pau,20/08/2017, 18 euros/kg) nous verrons bien d’une part l’état des choses actuel et celui de l’évolution de 2018, sur les nouveaux étals.

    • Les halles de Pau sont chères, en tous cas sur certains produits, et ce depuis longtemps. Et pourtant les commerçants paient un loyer dérisoire.

  5. Quidam says:

    C’est bien vivant ! Cela ne ressemble pas à Pau.

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