Finances publiques : nos impôts locaux doivent-ils financer (indirectement) les « Ventas » de La RHUNE ?


La Rhune vue depuis le col de Lizuniaga

Terminant une traversée des Pyrénées, l’ultime étape passe par La Rhune, dernier sommet à franchir avant l’arrivée à Hendaye. La Rhune : un sommet aux vues magnifiques à 360°, traversé en son milieu par une invisible frontière franco-espagnole. Au nord de cette frontière, la gare du célèbre train à crémaillère, installé en 1924, et les installations de Télédiffusion de France. Au sud, un bel alignement de « ventas » espagnoles, haut-lieux de vente d’embutidos (charcuterie), vins, spiritueux et autre spécialités ibériques.

En 2016, le célèbre train à crémaillère a enregistré un record de fréquentation : 364.029 passagers sont arrivés au sommet. Après avoir apprécié la vue, ils se sont précipités dans les « Ventas » à la recherche de bonnes affaires ou tout simplement pour trouver de l’eau ou des toilettes.
Il faut savoir qu’au sommet de la Rhune, il n’y a pas d’eau naturellement. Coté espagnol, elle est pompée depuis le bas. Côté français, la gare d’arrivée n’offre ni eau, ni toilettes. Les passagers du train ont donc comme seule solution de se précipiter dans les accueillantes « Ventas » basques espagnoles qui n’attendent que cela.

Le train, mis en place en 1924 par une filiale des Chemins de fer du Midi, est actuellement entre les mains du département des Pyrénées Atlantiques. Par délégation, l’EPSA (établissement public des établissements d’altitude) en est le gestionnaire. Devant l’âge vénérable du « vieux tortillard » à crémaillère, devant son succès, l’EPSA a décidé d’investir dans de nouveaux parkings, rails et trains (selon le dossier de presse : « Les 4 trains existants (1 train = 1 locomotive + 2 wagons) vont être complétés par 2 trains neufs ». Une nouvelle accessibilité au sommet devrait compléter l’opération. Au total, ce sont 35,9 millions d’euros publics* qui devraient être investis pour acheminer toujours plus de touristes… vers des commerces espagnols !

Les ventas au sommet de La Rhune

Que le Conseil Départemental soutienne l’emploi dans les vallées pyrénéennes en gérant les stations de ski de Gourette et la Pierre-St. Martin, on peut le comprendre puisque ce sont des commerçants locaux français qui en bénéficient mais par contre, investir 35,9 millions d’euros – de nos impôts – dont on est certain que les premiers à en bénéficier seront les propriétaires espagnols des Ventas de La Rhune, voilà qui interpelle.

Mais peut-être le Conseil Départemental a des arguments à faire valoir qui nous sont inconnus ! Il serait bien qu’il éclaire le public sur cette situation pour le moins surprenante pour les contribuables basques et béarnais des Pyrénées-Atlantiques.

Cette approche du projet sous l’angle fiscal, ne doit pas en faire oublier une autre, au moins aussi importante, sur lequel un ensemble d’associations du Pays Basque s’investit : la protection d’un site classé « Natura 2000 » qui est déjà sous forte pression avec l’augmentation constante des touristes et autres randonneurs qui grimpent à La Rhune. Pour découvrir le sujet, un lien vers France Bleu vous en dira plus : c’est ICI.

Le train à crémallière

Une approche patrimoniale se pose aussi : vu le caractère « authentique » des trains habillés de bois, fabriqués chez Soulé à Bagnères-de-Bigorre, ne faut-il pas prévoir de les classer à l’inventaire des monuments historiques lors de son centenaire en 2024 ? et surtout ne pas y toucher.

Indiscutablement, il y a beaucoup de raisons* pour questionner ce projet** et pas seulement des motifs de finances publiques.

– par Bernard BOUTIN

* pour le détail de l’investissement projeté, se reporter à l’article de Sud-Ouest du 7 juin 2017 : C’est LÁ 
** un projet qui n’est pas sans rappeler celui de M. Rousset en vallée d’Aspe pour la réouverture du « Canfranc » : Quid du « débat-public » ?

PS : Je dois de suite apporter des précisions suite à des informations trouvée sur le blog de l’ASSOCIATION ACTION CITOYENNE ENVIRONNEMENTALE (ACE) HENDAYE. Des toilettes seraient incluses dans le projet pour le sommet, de même un restaurant ou un bar au col de St Ignace. Ce bémol apporté, il n’en reste pas moins vrai que les premiers bénéficiaires seraient les Ventas. Connaissaient-vous des commerces français qui fonctionnent devant la frontière à Ibardin, au Somport ou au Pourtalet ? L’attrait de l’étranger… et les petits prix sont au sud de la frontière !

Une pétition a été mise en ligne par le collectif opposé au projet sur « change.org ». Plus de 4000 soutiens l’ont déjà signé. Si vous souhaitez y participer : c’est ICI

Depuis les pentes de La Rhune, la vue sur St Jean-de-Luz

Comments

  1. un passant says:

    le site (payant) le plus visité du département a certainement besoin d’investissement pour continuer à se développer en conservant l’équilibre fragile, environnement-développement touristique. Ne serait-ce que pour ça, l’investissement est justifié. Comme est justifié le nettoyage des plages, pour des baigneurs « étrangers ».
    Les ventas se sont installées là parce que c’était un site touristique auquel le train permettait d’accéder et non l’inverse. Les ventas ne sont là que parce qu’il y avait un monde fou. Ce serait un anachronisme assez rigolo que d’imaginer que les ventas auraient pu préexister au train et qu’il ne permettrait que d’y acheminer le chaland-gogo 🙂 Trouvez-moi un seul passager du train qui aille en haut faire ses courses 🙂 Pour ça, y’a Ibardin, vous l’avez dit
    Qu’en 2017 on donne comme argument que cet argent va aller financer des « étrangers », parlant de nos immédiats voisins et quasi parents me semble effarant ! Nous partageons des vies intimement liées depuis des lustres !!

    • Michel LACANETTE. says:

       » le site (payant) le plus visité du département a certainement besoin d’investissement pour continuer à se développer en conservant l’équilibre fragile, environnement-développement touristique. »
      Si cet investissement doit servir exclusivement au développement du site il va falloir changer le statut du CD pour le transformer en statut commercial. Non le CD n’ aura pas ce statut commercial. En vertu des lois, il doit s’ occuper de la gestion saine et équitable des finances publiques du Département entre toutes les couches de la population et non faire du commercial, cela devrait être également le cas pour les stations de ski.
      Maintenant s’ il est prouvé que cet aménagement est envisagé pour améliorer la sécurité des personnes, on peut y être favorable, mais à ce moment là on n’ aura peut être pas besoin d’ aménagements pharaoniques lourds. Tout cela reste à démontrer, or aujourd’hui’ hui cela n’ est pas le cas. Sans cela ce projet risque de rencontrer une forte opposition.
      Ce n’ est pas en augmentant la fréquentation de ce site qu’ on parviendra à en assurer sa protection, même avec des  » mesures dites compensatoires ».
      Ce site est le résultat d’ une gestion incohérente internationale depuis décennies, il est ce qu’ il est, mais de grâce ne cherchons pas à agraver cette situation par une
      surfréquentation. Il serait plus que temps d’ ouvrir la discussion avec les Basques du Sud pour son devenir, dans sa globalité et non uniquement pour son sommet, que de faire de la surenchère de projets qui finira par le  » tuer ».

      • un passant says:

        « Non le CD n’ aura pas ce statut commercial. En vertu des lois, il doit s’ occuper de la gestion saine et équitable des finances publiques du Département entre toutes les couches de la population et non faire du commercial (…) »

        La Ville de Paris doit-elle abandonner la gestion de la Tour Eiffel pour la confier à un privé ? L’Etat doit-il abandonner la gestion du château de Versailles, du musée du Louvre et du musée national du château de Pau pour les confier à des privés ? Pour les deux derniers, je sais, vous allez me répondre culture. Et la Tour Eiffel, ce n’est pas commercial ?
        Les réponses ne sont pas si simples.

        • Tous vos exemples concernent des éléments de patrimoine (y compris la Tour Eiffel). Le train de la Rhune est un aménagement touristique d’une zone naturelle : son absence n’empêcherait personne de profiter de la zone (certes, en marchant). Ce n’est donc pas tout à fait la même chose.

          • un passant says:

            OK pour mes exemples limites. Mais « son absence n’empêcherait personne », ça, c’est illusoire. Les personnes d’un certain âge, les handicapés, femmes enceintes, les non habitués à la grimpette (faut y passer quand même du col au sommet !!), c’est illusoire, évidemment. Le train lui-même fait partie de notre patrimoine commun. Préservons-le en état de marche tout en facilitant son accès.
            L’équilibre train-préservation de l’environnement est possible

            • Michel LACANETTE. says:

               » L’équilibre train-préservation de l’environnement est possible. »
              C’ est là qu’ il faut en venir, avec de la concertation et en améliorant la sécurité des usagers s’ il le faut , mais pas en  » tuant » la Rhune par de la surfréquentation avec un projet à 40 M d’ euros. La différence de coût entre un projet léger et le projet présenté serait plus utile à être utilisé à la protection de l’ ensemble du massif de la Rhune et des communes environnantes. Un tel projet aurait plus de chance d’ être accepté.

        • Michel LACANETTE. says:

          Je pense qu’ il y a une différence notable entre la gestion de la Tour Eiffel et le train de la Rhune. La ville de Paris est gestionnaire d’ un bien situé sur sa commune, donc pour moi en est entièrement responsable. Maintenant à elle d’ en décider le type de gestion municipale ou privée.
          Le cas de la Rhune est différent, car le CD des PA veut essayer d’ imposer un équipement à la commune d’ Ascain, en étant seulement gestionnaire du bien et extérieur à la Commune. Commune qui ne semble pas enchantée de se voir imposer ce projet et ne semble pas le souhaiter plus que ça.
          Ceci d’autant que cet aménagement va se situer dans une zone Natura 2000,que la commune risque de perdre. Ce qui va peut être faire perdre des avantages » sonnants et trébuchants » aux agriculteurs et à la commune.
          Dans la situation actuelle, je pense que le CD n’ est plus dans son rôle. Pour pallier cela,soit il créait une société d’ intérêt mixte qui exploitera le train de la Rhune et à ce moment là elle pourra déposer des demandes d’ extension, mais là le problème sera sûrement tout à fait différent et risque de se corser sur le plan administratif.
          Soit il rétrocède le train à la Communauté des Communes locale, ce qui était le cas avant. Quelque soit le cas, il est urgent de revenir à la concertation et non à l’ imposition.

  2. Il y a sûrement de nombreuses raisons de critiquer le projet d’investissement porté par le Conseil départemental pour le train de la Rhune mais le principal argument invoqué, repris dans le titre de l’article, me paraît assez spécieux.

    Que cela plaise ou non aux Béarnais, le train de la Rhune est le site touristique le plus visité du département, avec près 365 000 passagers en 2016, comme indiqué par l’article. (Entre parenthèses, on est dans une toute autre catégorie que la « plus belle vue du monde » 😊). J’ajouterai, et c’est une donnée importante, que le chiffre d’affaires en 2016 du train de la Rhune s’est élevé à 4, 7 millions d’euros, en progression constante.

    Dans ce contexte, les montants annoncés pour moderniser et pérenniser le site n’ont absolument rien de pharamineux. Les 36 millions d’euros d’investissement, dont 20 millions pour le train lui-même et le reste pour l’aménagement du site, représentent moins de 8 ans du chiffre d’affaires actuel. Le Conseil départemental se comporte comme tout investisseur, public ou privé, qui cherche à faire fructifier sur le long terme une affaire florissante et qui rapporte gros. La comparaison avec les stations de ski pyrénéennes est sans objet. Ces stations sont structurellement déficitaires et les aides du conseil général sont à fonds perdus. Au contraire, le train de la Rhune constitue une attraction touristique structurellement bénéficiaire.

    On voit bien ici la faiblesse de l’argument mis en avant par l’article, selon lequel l’investissement va essentiellement résulter dans le financement de commerces espagnols par les contribuables des Pyrénées-Atlantiques.

    D’une part, il ne s’agit évidemment pas, comme le prétend l’article « d’acheminer toujours plus de touristes vers des commerces espagnols ». L’investissement du Conseil départemental va permettre de répondre dans de bonnes conditions à l’afflux touristique et donc d’abord profiter au Train de la Rhune lui-même et aux finances du département. Que les ventas espagnoles en profitent éventuellement, par ricochet, ne change rien à la pertinence de l’investissement pour notre département.

    D’autre part, l’investissement est destiné à être financé et remboursé par les revenus du site, qui contribue déjà aux recettes du département. Il est donc erroné de présenter cet investissement comme devant être financé par les impôts locaux et les contribuables des Pyrénées-Atlantiques.

    En modernisant le train de la Rhune pour répondre à l’afflux des touristes, et en utilisant pour cela les recettes dégagées par le site lui-même, le Conseil départemental agit en bon investisseur soucieux des deniers publics. Je n’ai aucune peine à imaginer que le retour sur investissement attendu est conforme aux normes admises. Que ne dirait-on pas, au nom des contribuables, si le Conseil départemental laissait péricliter ce joyau touristique!

    Reste un autre argument critique, bien plus important, à mon sens : La contradiction entre tourisme de masse et la nécessaire protection de l’environnement. Sans tomber dans les excès de certaines associations basques (on va transformer la Rhune en parc d’attraction!), qui répondent à des motifs plus politiques qu’environnementaux, il faut effectivement tout faire pour concilier au mieux les deux approches en permettant au plus grand nombre d’accéder au site sans le mettre en péril. Il existe de multiples exemples de par le monde de réussites en la matière.

    Enfin, il est certain que plus de transparence de la part du Conseil départemental serait la bienvenue et permettrait de lever certaines zones d’ombre au bénéfice de l’information de tous les citoyens. Mais nous sommes dans un monde où tous les décideurs, qu’ils soient publics ou privés, manient l’information selon leur propres intérêts.

    • Rapporter 36 M€ d’investissement aux 4M€ de chiffre d’affaire ça ne veut pas dire grand-chose. La capacité de remboursement d’un endettement (car de façon assez évidente le CD64 va devoir emprunter cette somme) ne se juge pas par rapport au chiffre d’affaire mais par rapport à la capacité d’autofinancement. Dont on n’a bien sûr ici aucune idée car je souhaite bon courage à celui qui voudra obtenir les résultats financiers de l’EPSA (établissement public qui gère le train de la Rhune et les stations de ski).

      • C’est le montant de l’investissement lâché tout seul qui ne veut pas dire grand chose. J’ai indiqué le montant du CA du train de la Rhune, seule donnée complémentaire que j’ai pu trouver, car cela permet de relativiser le montant de l’investissement.

        Il est évident que pour juger de la validité dudit investissement, il faudrait avoir accès à bien d’autres données relatives aux opérations de l’EPSA (et pas seulement la capacité d’autofinancement).

    • Michel LACANETTE. says:

      Personnellement je suis entièrement d’ accord avec les deux derniers paragraphes de votre écrit. Jusque’ où doit on aller pour provoquer une demande des consommateurs.
       » L’investissement du Conseil départemental va permettre de répondre dans de bonnes conditions à l’afflux touristique et donc d’abord profiter au Train de la Rhune lui-même et aux finances du département. »
      Je pense que l’ on est là en limite du rôle du CD, qui doit aussi tenir compte de l’ aspect environnemental de ce site. Le rôle du CD ne doit pas être que commercial. S’ il a besoin de financement, il a d’ autres possibilités à exploiter, entre autre des économies de fonctionnement.
       » Enfin, il est certain que plus de transparence de la part du Conseil départemental serait la bienvenue et permettrait de lever certaines zones d’ombre au bénéfice de l’information de tous les citoyens. »
      Comme dans de nombreux cas ( enquête d’ utilité publique) le citoyen est mis devant le fait accompli par le projet soumis à enquête. Il devrait y avoir en amont tout un travail pour associer les citoyens. Ce travail actuellement n’ est pas fait.
      As t’ on vu souvent des projets soumis à enquête d’ utilité publique remis en questions ou annulés? Jamais ou très rarement.
      Normalement il devrait y avoir un appel d’ offre à projet pour que plusieurs projets alternatifs soient soumis à l’ enquête d’ utilité publique? Ce cas de figure ne s’ est jamais présenté en France. Est ce normal alors que l’ on nous chante les louanges de la concurrence? Quand un projet arrive à l’ enquête d’ utilité publique, toutes les décisions sont prises, il est pratiquement intouchable.
      J’ ai toujours vu des projets présentés par l’ Administration, sans possibilité de projet alternatif, alors qu’ il existe des BE privés qui pourraient aussi soumettre des solutions.
      C’est là que je dis que ça se passe en petit comité restreint « entre quelques rares responsables politiques au cours d’une discussion, autour d’un verre ou à la fin d’un bon repas ».  » C’ est peut être un peu trop imagé de ma part et ça déplait à certains, mais nous ne sommes pas loin de la réalité.
      Voilà un bon sujet de réforme pour une amélioration du fonctionnement de la démocratie.

      • Merci de vos remarques pertinentes et constructives.

        Je me permettrais cependant d’exprimer un certain désaccord sur un point, celui des décisions prises en « petit comité ». Je pense pour ma part que les procédures de préparation et de validation des investissements publics (je ne parle même pas de leur mise en oeuvre) sont des procédures lourdes, très encadrées et surtout qui nécessitent la participation d’un grand nombre d’acteurs, à la fois au sein de la collectivité concernée (services compétents, élus) et en dehors (études, expertises, organismes de contrôle, organismes de financement, etc…). On ne peut pas à la fois fustiger la bureaucratie régnant dans la fonction publique territoriale et dire que tout se fait sans contrôle!

        Cependant, vous avez raison de le souligner, et nous sommes tous d’accord là dessus, il reste un grave déficit de transparence quant à la prise de décision et l’utilisation des deniers publics. Un récent commentaire de PierU, sur un autre fil de discussion, était fort intéressant à ce sujet, en montrant la différence d’approche en matière d’information et de participation des citoyens entre une collectivité locale du jura suisse et la ville de Pau, pour des projets d’investissement comparables.

        Enfin, je voudrais insister sur un problème trop souvent passé sous silence en France (et sur AP) celui du poids des lobbies privés. Les choix d’investissement des collectivités locales sont largement influencés par les lobbies de toute nature qui gravitent autour d’elles. Il est clair hélas que le lobby des bétonneurs a plus de moyens et d’entregent que celui des protecteurs de la nature. Il est malheureusement difficile aux collectivités territoriales de faire les meilleurs choix en résistant à ces pressions inégales.

        • Michel LACANETTE. says:

           » On ne peut pas à la fois fustiger la bureaucratie régnant dans la fonction publique territoriale et dire que tout se fait sans contrôle! »

          Je ne doute pas que la bureaucratie française soit tatillonne, car c’ est elle qui pèse le plus lourdement sur la société civile en Europe.
          Je voulais dire qu’ en amont de la déposition d’ un projet, tout se fait en petit comité restreint, sans associer les citoyens à donner leur opinion Et bien souvent on voit apparaitre des projets pharaoniques qui ne correspondent pas aux besoins quotidiens des citoyens, alors que des aménagements légers, simples, auraient suffit.
          Peut être y a t’ il là effectivement tout le poids des lobbies qui entre en jeu.
          Je pense que s’ il y avait une concurrence à projet honnête, entre les Services de l’ Etat et des Bureaux d’ Etudes privés, ce poids là serait nettement diminué.
          Cela permettrait aux citoyens de pouvoir comparer plusieurs projets en connaissance de cause, de leur prix et leur fonctionnalité. Hors actuellement, nous sommes loin de tout cela.

  3. Précision : le montant des investissements prévisionnels est donné pour 35,9 M€ HT sur le dossier de Presse mais nulle part, il est dit comment cela sera financé : « C’est tellement plus facile avec l’argent des contribuables… »

  4. Cet article met sur la table un projet avec l’argumentation nécessaire pour s’en faire une opinion. Et il n’est pas exagéré de faire le rapprochement de ce projet avec celui de la réouverture de la voie ferrée vers Canfranc, surtout qu’un projet de 27 millions va s’étaler jusqu’en 2011 pour vitaliser Canfranc (construction d’hôtels, de restaurants, de piscine, de magasins, de salles de spectacles, de plusieurs centaines d’appartements, etc… Avec bientôt, le paquet de cigarettes à 10 €, Alain Rousset a vu loin sur les potentialités de son projet. Une venta à ciel ouvert qui va désertifier le Béarn. Déjà pour rendre attractive la fréquentation du tronçon ferré Oloron-Bedous, Alain Rousset a baissé instantanément le prix du trajet en autobus pour rallier Canfranc. En somme, une incitation à consommer en Espagne.
    http://www.diariodelaltoaragon.es/NoticiasDetalle.aspx?Id=1080403

  5. Michel LACANETTE. says:

    ** un projet qui n’est pas sans rappeler celui de M. Rousset en vallée d’Aspe pour la réouverture du « Canfranc » : Quid du « débat-public » ?

    Le projet de la Rhune et le Canfranc ne se ressemblent pas. Le projet de la Rhune est un projet très localisé et effectivement on est en droit de se poser des questions sur sa finalité.
    Le projet du Canfranc est différent parce’ qu’ il concerne l’ ensemble d’ une vallée étroite, polluée et perturbée, par la présence des PL. De plus, il permet aussi l’ amélioration des relations de bon voisinage et les relations économiques entre deux régions l’ Aragon et
    l’ Aquitaine. Le Canfranc aura un rôle d’ utilité publique, n’ en déplaise à certains, alors que le projet de la Rhune ne sera qu’ un projet de vitrine commerciale des PA. Pour le Canfranc il y a urgence, pas pour la Rhune, même si Jean Jacques Lasserre souhaite que tout le monde puisse y accéder. De grâce ne mélangeons pas les deux projets.

    • Je voulais parler de projets porté par des hommes sans vrai débat-public, argumenté et sur le fond. Pour les 250m d’euros à investir pour la partie française, et un « paquet » aussi pour la partie espagnole du Canfranc, avez-vous vu un dossier argumenté par des chiffres sur le fond ?

      • Michel LACANETTE. says:

        Point de dossier argumenté sur le fond. Mais qui aujourd’hui’ hui a des dossiers argumenté sur le fond, sûrement même pas l’ Administration, quand on voit à quelle rapidité évolue la société.
        Surtout que bien souvent ce genre de problème relève de quelques rares responsables politiques au cours d’ une discussion, autour d’ un verre ou à la fin d’ un bon repas.
        Regardons le cas existant de l’ A65, qui devait être la panacée pour résoudre les problèmes de la région paloise et qui se révèle au bout de quelques années un gouffre sans fond, dont aujourd’hui’ hui tout le monde cherche une solution pour s’ en débarrasser. Ce qui me gêne c’ est que ce genre de décision relève plus d’ un pari que
        d’ une vision à long terme avec des objectifs de service rendu à la population.
        Par contre dans le cas du Canfranc cette notion de service rendu à la population existe,
        c’ est ce qui fait peut être que personne ne veut s’ engager pour ne pas avoir un jour à devoir rendre des comptes. Mais en attendant, tous les jours les 10000 habitants qui vivent ce cauchemar doivent le vivre avec une épée de Damoclés sur la tête.( accident, pollution, bruit, dépréciation des biens etc, etc )

        • Soyons sérieux M. Lacanette. Je parle de 40 m d’euros, pour la Rhune, dont on ne sait pas comment ils seront financés et dont on peut penser qu’ils profiteront (indirectement) à des commerçants étrangers et le sujet part sur le CANFRANC ou l’A65. Je comprend pourquoi des rédacteurs quittent le navire d’AltPy… A quoi bon creuser le sujet la Rhune ???
          Je retiens, par rapport au sujet levé ceci : « quelques rares responsables politiques au cours d’une discussion, autour d’un verre ou à la fin d’un bon repas ». Elle va où la France ?

          • Michel LACANETTE. says:

            Elle va où la France ?
            C’est bien la question de fond que nos responsables devraient se poser avant toute chose et qui semble même pas les effleurer, que se soit pour le projet de la Rhune, comme également pour le Canfranc. On a l’ impression que le pays est par moment un bateau ivre sans capitaine, ou peut être avec pleins de capitaines ivres pour un seul bateau.

          • Michel LACANETTE. says:

             » Je comprend pourquoi des rédacteurs quittent le navire d’AltPy… »
            J’ espère que les rédacteurs d’AltPy ne quittent pas le navire parce qu’ au travers d’ un article on a abordé le problème du Canfranc qui est d’également un autre projet qui manque tout autant de clarté que le projet de la Rhune.
            Ou alors il y a un sérieux problème de fond au sein d’AltPy, qui pour moi est un blog qui doit favoriser le débat, en respectant avant tout autrui. Pour moi AltPy,doit rester une auberge Espagnole ( comme en haut de la Rhune) où chacun vient avec ce qu’ il a dans les tripes, même si ça ne fait pas l’ unanimité ou si ça fait hérisser les cheveux à certains .
            Pour moi toute la force et l’ attirance d’ AltPy se trouvent là au coeur du débat.
            Si maintenant certains veulent limiter le débat à la  » bien pensance bien établie « et le refusent, effectivement il vaut mieux qu’ ils quittent le navire comme vous dites si bien.

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