La ville de Pau dans l’oeil des richesses locales


La République a publié la semaine dernière une carte édifiante : on y voit une aire urbaine paloise constituée pour l’essentiel de communes riches voire très riches, entourant une commune de Pau que l’on peut qualifier de « pauvre » en comparaison.

Au fur et à mesure que l’on approche du centre d’un cyclone les vents sont de plus en plus violents. Mais à un moment, en arrivant près du centre, on tombe dans une zone de calme avec des vents qui peuvent être pratiquement nuls. C’est l’oeil du cyclone.

Ici, le cyclone est beaucoup plus sympathique : ce sont des rafales de billets de banque. Mais pour le reste tout est pareil : on part du Béarn constitué de communes « pauvres » en (bleu clair sur la carte), ou même « très pauvres » (en bleu foncé) dans les vallées ou plein nord; dans la périphérie lointaine de Pau on trouve  une couronne de communes « riches » (en jaune sur la carte); puis une couronne de communes « très riches » (en rouge) formant la périphérie proche; et au centre la commune de Pau en bleu clair, qui voit les billets de banques s’abattre sur les communes voisines sans en profiter. Elle partage toutefois cette infortune avec la commune de Billère…

Ne tombons pas dans le pathos, il s’agit bien ici de « richesse » ou de « pauvreté » relative à l’intérieur d’un pays riche en moyenne… Il n’est toutefois pas anodin pour le développement de la ville-centre que la richesse locale se concentre dans les communes périphériques.

Ce qui est mesuré ici c’est le revenu fiscal moyen par foyer : il est de 22.823€/an à Pau, alors qu’il va de 25.000 à 30.000€/an dans la périphérie lointaine, et atteint souvent 40.000€/an en périphérie proche (avec des pointes à plus de 50.000€/an à Lée et Serres-Morlaas). Quand on parle des difficultés du commerce de centre-ville, il est clair qu’on tient là une cause majeure, même si ce n’est pas la seule : les gens qui ont le plus de pouvoir d’achat sont à l’extérieur de Pau et ne font donc pas vivre le commerce du centre.

Et pour mettre une nouvelle couche sur des débats récents ici, je joins ci-dessous la copie d’un article paru il y a deux semaines titré « Commerce : la crise n’est pas qu’à Pau » : le développement sans limite des surfaces commerciales périphériques y est pointé du doigt, bien plus que les problèmes d’accès ou de stationnement (qui ne sont en réalité même pas évoqués). L’expérience de Mulhouse est également relatée, avec là aussi le travail sur l’habitat pour faire revenir au centre une population aux revenus plus élevés, qui comme à Pau avait « fui » en périphérie.

PierU

Pièce jointe : « Commerce : La crise n’est pas qu’à Pau » (La Rep 7 sept 2017)

 

 

Comments

  1. C’est vrai que cette carte ressemble à une prévision satellitaire de météo. Néanmoins, le pays Basque s’avère nettement moins pourvu en communes « riches » (9) et intermédiaires (en jaune) que le Béarn. J’aime bien les deux ilots perdus au milieu (Amendeux-Oneix et Arbérats-Sillègue, petits bleds assez inconnus du public). Tout comme la commune de Monségur, à l’extrême Est du département.
    Il serait intéressant de voir cette même carte concernant les Landes.
    Enfin, il est certain que les villes dépassant les 10 000 habitants sont moins riches (sans sombrer dans la misère), dans la mesure où elles abritent des populations moins aisées, qu’il s’agisse de Pau, Bayonne, Orthez, Oloron, populations logeant à proximité des bassins d’emploi mais dont les revenus restent faibles. On ne peut comparer Arcangues avec Bayonne, par exemple.
    Ce qui me titille dans ce rapport pays Basque-Béarn, c’est ce sentiment que je ne pense pas illusoire d’un pays qui vit (le pays Basque) et d’un autre qui meurt (le Béarn). Il y aurait sans aucun doute beaucoup à dire et analyser à partir de ces chiffres, ainsi que le poids et le volume relatif entre les différentes communes recensées.
    Les zones les plus « pauvres » restant les villages accrochés aux montagnes et les zones agricoles à moindre densité d’habitat. Mais cela, on le savait depuis des lustres.

  2. Robert Contrucci says:

    Bien qu’éloigné de la teneur de cet article et surtout pour… les personnes susceptibles d’être intéressées suite « aux difficultés du commerce de centre-ville », vous trouverez ci-après, la dernière livraison de l’Insee :
    Publication « Statistiques » Insee Première No 1668 paru le mercredi 27/09/2017, intitulée « Les points de vente du commerce de détail » (Un dixième des magasins réalise deux tiers du chiffre d’affaires).
    Auteurs : Julien Kfoury et Corentin Trevien, division Commerce, Insee.

    Sommaire :
    . Un dixième des magasins réalise deux tiers du chiffre d’affaires total
    . La surface de vente s’accroît de 9 % en cinq ans
    . Un quart des points de vente dans l’artisanat commercial et l’alimentaire spécialisé
    . Dans l’équipement de la maison, de grandes surfaces de vente, mais un chiffre d’affaires assez faible en proportion
    . Les magasins indépendants, plus nombreux mais minoritaires en chiffre d’affaires

    URL : https://www.insee.fr/fr/statistiques/3126810

  3. Robert Contrucci says:

    Pour info. et/ou rappel, voir svp ci-après, les 2 statistiques de l’Insee + article du 07/02/2014 sur le site de « La République des Pyrénées » :

    1) « Comparateur de territoires : Commune de Pau (64445) »)
    Nota : 2014… : chiffres détaillés, paru le : 04/08/2017
    URL : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1405599?geo=COM-64445

    2) « Grands pôles urbains aquitains : de fortes disparités de revenus »
    Nota : Insee Flash Aquitaine No 4 , paru le : 19/11/2014
    URL : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1285317

    3) « Pau : 19% des ménages vivent sous le seuil de pauvreté » (parue dans la « République des Pyrénées » : article de Sarah Rebouh, publié le 7 février 2014 à 14h54).
    URL : http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2014/02/07/pau-19-des-menages-vivent-sous-le-seuil-de-pauvrete,1178307.php

    et la situation à Pau (revenus, emploi + état du commerce en centre ville, surtout en ce moment avec les grands travaux en centre ville : BHNS + Halles), depuis ces 3 parutions, ne s’est pas améliorée, c’est presque, sinon… une évidence !

  4. Cela s’appelle «enfoncer des portes ouvertes» car, en dehors des chiffres, ce texte, tout à fait exact dans son contenu, n’apporte rien de plus à ce que l’observation et le constat qualitatif mettaient au grand jour depuis longtemps.
    «les gens qui ont le plus de pouvoir d’achat sont à l’extérieur de Pau et ne font donc pas vivre le commerce du centre.» Une évidence!

    «Il n’est toutefois pas anodin pour le développement de la ville-centre que la richesse locale se concentre dans les communes périphériques» Une autre évidence!

    «le développement sans limite des surfaces commerciales périphériques y est pointé du doigt» C’est évident depuis longtemps!………
    Quant au texte rappelé, les propositions sont nombreuses, des résultats semblent déjà là dans certaines villes; pour Pau, il faudrait passer du constat réalisé à la programmation d’une action!

    • Une évidence!

      Si vous aviez suivi les « débats » de ces derniers mois, ce n’est pas une évidence pour tout le monde, et loin de là.

      • Annie Sagnimorte says:

        « «les gens qui ont le plus de pouvoir d’achat sont à l’extérieur de Pau et ne font donc pas vivre le commerce du centre.» Une évidence! »oui et non,pas forcément évident .
        -Très parlants et intéressants,la carte des richesses du département et l’article du 7 septembre ; mais si les gens qui ont du pouvoir d’achat et qui habitent à l’extérieur n’ont PLUS ENVIE de venir au centre-ville , ce n’est pas uniquement l’attrait des surfaces périphériques ;la traque à l’automobiliste:-lui compliquer la vie et le faire payer un max pour se garer- y contribue aussi ,j’en suis convaincue et l’alternative Transports en commun pas vraiment pratique ni efficiente . .ceci pour Pau.
        Concernant les agrandissements de déjà grandes surfaces ,ça peut être contre-productif : je n’ai plus du tout envie d’aller dans les trucs immenses comme le Lo Claro Université (ou Carrouf )et si Alcampo s’agrandit,je n’y irai plus du tout ,c’est clair (les prix s' »agrandissent aussi ,faut bien payer ces grands travaux);j’ai entendu récemment (à la téloche)que je n’étais pas la seule pour qui ces immenses surfaces ont un effet … dissuasif ,me voilà rassurée !

        • Corinne says:

          Même avis. Les trop grandes surfaces me donnent envie de fuir ! Carrefour Lescar s’agrandit. C’est l’enfer avec les travaux. ON verra ensuite mais si c’est trop grand, je continuerai de privilégier les moyennes surfaces type grand frais ou carrefour contact et internet (Drive et Amazon!).

        • « mais si les gens qui ont du pouvoir d’achat et qui habitent à l’extérieur n’ont PLUS ENVIE de venir au centre-ville , ce n’est pas uniquement l’attrait des surfaces périphériques ;la traque à l’automobiliste:-lui compliquer la vie et le faire payer un max pour se garer- y contribue aussi »

          Bla, bla… J’habite à Pau mais en périphérie, je me rends fréquemment au centre ville en voiture et je n’ai jamais aucune difficulté ni pour me garer ni pour circuler. En fait, la circulation dans Pau est extrêmement fluide comparée à la situation existante dans bien des viles de taille comparable. Le nouveau plan de circulation et de stationnement se révèle effectivement très efficace et j’en remercie la municipalité.

          Ces fables répétitives sur la circulation à Pau deviennent lassantes à la fin. Elles font preuve soit d’une mauvaise foi abyssale soit d’une ignorance totale de la réalité urbaine.

          Le fait que les gens se déplacent moins vers le centre ville est dû à bien d’autres raisons que les problèmes de circulation. La première étant qu’ils n’ont rien à y faire parce qu’ils ont tout à proximité de chez eux. qu’ils achètent sur Internet et que l’attrait culturel du centre ville est limité. On revient toujours au même point: pour dynamiser le centre ville, il faut que la ville elle même soit dynamique et propose une offre de logements et de services de bon niveau. Cela prendra du temps.

          • « et je n’ai jamais aucune difficulté ni pour me garer ni pour circuler. « :blabla ..
            je dois être juste une nostalgique du bon vieux temps !un peu je l’admets ..
            mais un exemple : un service que j’apprécie bien à Pau -oui il y en a !-:la médiathèque ;ben depuis que les travaux des halles annulent le parking place Marguerite Laborde,j’hésite à aller à la médiathèque Labarrère ;par chance -que j’apprécie- je peux aller à Trait d’Union -malgré des travaux ,encore et toujours- ou à Jurançon .Ce réseau des médiathèques est un indéniable progrès mais le stationnement :mouaih ?!quant à la circulation ,elle est fluide oui …quand je vais au Méliès à …22h !je veux bien croire que ça soit pire à Bordeaux ou autre :ça devrait me consoler ,je suppose .???..

            • Bon, il y a des travaux aux Halles, qui étaient nécessaires. Oui, cela neutralise des places de parking pendant les travaux. Et donc ? Il ne fallait pas faire ces travaux ?

          • « la traque à l’automobiliste:-lui compliquer la vie et le faire payer un max pour se garer- y contribue aussi »
            « Éloge du stationnement payant
            3 juillet 2017 , signé Marc. »

            • « la traque à l’automobiliste:-lui compliquer la vie et le faire payer un max pour se garer- y contribue aussi ».
              Georges, cette phrase est issue du commentaire d’Annie. Ne mélangeons pas tout, sinon on va se perdre en route et on ne trouvera plus de place où s’égarer !

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