Catalogne : Enfin le drapeau blanc !


credit : el Periodico de Catalunya

Il y a 35 ans, pour le compte de mon employeur, je montais une filiale à Igualda, petite bourgade industrielle, située entre Barcelone et Lerida. Il y a 35 ans, je découvrais que toute la population parlait une langue nouvelle pour moi : le catalan. Si j’arrivais à imposer l’espagnol dans les conversations, c’était uniquement accepté parce que j’étais français.

Les Catalans d’alors n’aimaient pas Madrid. De vieilles blessures nombreuses : la proclamation d’indépendance du « Président » Companys, le 6 octobre 1934, qui ne dura qu’une demi-journée. La volonté de vivre en république et non sous l’emprise des Bourbons, symbole de la perte lointaine d’indépendance du pays catalan, il y a plusieurs siècles déjà. La guerre civile espagnole qui se termine dans le réduit catalan. La fuite des élites. La main de fer franquiste qui tombe sur une Catalogne qui a osé lui tenir tête. L’anarchisme viscéral d’une partie de la population d’alors, source d’inspiration pour la CUP, d’aujourd’hui. Un tableau compliqué à comprendre.

Et Madrid, la royale, idéalement placée au centre des régions qui composent l’Espagne. Madrid l’orgueilleuse vers laquelle tout conduit. Madrid qui ne veut pas traiter d’égal à égal avec Barcelone. Pourtant, les deux villes ont la même taille de population : environ 3 millions d’habitants. Madrid qui met en place des statuts d’autonomie dans de nombreuses régions mais au fonctionnement chaque fois différent. Comme si l’organisation territoriale de la région Bretagne, Nouvelle Aquitaine et Occitanie devaient différer. Source de contentieux.

Madrid, qui sous Zapatero, passe un contrat fiscal favorable au Pays Basque et n’en fait pas de même pour la Catalogne. En schématisant : Victoria (capitale administrative du Pays Basque) préleve l’impôt et ne reverse à Madrid qu’un cote-part agrée pour les dépenses « nationales » pendant que Barcelone prélève l’impôt, reverse le tout à Madrid qui renvoie à Barcelone ce qu’elle pense lui devoir. Une simplification de présentation, pour un sujet complexe qui est l’une des sources majeurs du malentendu Barcelone-Madrid.

Traversée des Pyrénées 2013 : Refuge des Cortalets, au pied du Canigou. Le pic est un symbole pour toute la population catalane qui voit le Canigou depuis loin en Catalogne (espagnole). Il faut le gravir et y dresser l’estelada (drapeau catalan). A ma table, au refuge, une vingtaine de catalans espagnols, de Barcelone et ailleurs. Les enfants sont habillés aux couleurs de l’estelada. La rancoeur contre Madrid est à fleur de peau. Mon interlocuteur reviens, sans cesse, sur Madrid qui a un « pacte financier » injustifié, inacceptable, étouffant pour la Catalogne. Chauffé à blanc par la presse locale, il cite des chiffres impressionnants. Comment faire la part des choses ? Qui sait réellement l’état du déséquilibre fiscal entre Madrid et Barcelone ?

Election au Parlament de Barcelone en juin 2015 : Les indépendantistes obtiennent la majorité des sièges (72) mais pas la majorité absolue des voix (47,8%). Le découpage électoral favorise les zones rurales qui sont plus ancrée dans l’idée d’une Catalogne indépendante alors que les villes, et Barcelone en particulier, sont plus « unionistes ». La représentation au Parlement refléterait mal l’opinion publique qui serait partisan de rester dans le giron de l’Espagne. (A noter en la matière, la quasi absence de sondage sur le sujet de l’indépendance catalane alors que lors du référendum écossais, il n’y avait pas une journée sans que des sondages d’opinion ne soient publiés ! Etrange.)

Vacances du côté de Gérone 2015 : l’estelada inonde toujours plus la Catalogne. L’Espagne est absente du territoire. La guerre des drapeaux est perdue. La Guardia civile est cantonnée dans quelques villes. Les Mossos assurent la sécurité. L’intensité du problème gonfle. Madrid ne bouge pas. Madrid a tord.

Le Président de la Generalitat, Artur Mas, poursuivi par la justice pour corruption, cède sa place à Carles Puigdemont qui avec une majorité hétéroclite (droite catalane+extreme gauche) met en place le référendum d’indépendance interdit par Madrid. Il a lieu le 1er octobre. Résultat : 90,18 % pour l’indépendance (source : la Generalitat)

Pendant ce temps, Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, reste impassible. Il bombe le torse et annonce que seule la loi et la constitution doivent s’appliquer. Des centaines de milliers de catalans manifestent à Barcelone. M. Rajoy leur répond sans sourciller : « la loi, rien que la loi ». Un Rajoy qui n’a rien fait pour prévenir une situation qui se détériore depuis des années. Un Rajoy dont le parti populaire ne pèse plus que 7 ou 8% parmi l’électorat catalan. Un Rajoy à qui les catalans – mais aussi bien d’autres espagnols – attribuent volontiers le qualificatif de fasciste. Mal aimé, ne gouverne t-il pas en minorité ? Une position qui ne simplifie pas sa marge de manoeuvre à Madrid.

Le blocage est complet : Esteladas (drapeau catalan) en Catalogne contre Rojigualda (drapeau espagnol) dans le reste du pays. Populisme contre nationalisme. La nausée.

La nausée jusqu’à ce jour, samedi 7 octobre, où des dizaines de milliers de citoyens espagnols et catalans sont sortis de chez eux pour aller manifester, habillés en blanc, sous le slogan « Parlem – Hablamos ». Reste à voir si Mariano et Carles sont capables de s’asseoir autour d’une table. Rien n’est moins sur.

Bernard Boutin

Estelada au sommet du « Canigou »

Estelada sur la « Pica d’Estats » (plus haut sommet de Catalogne)

Comments

  1. un entretien très intéressant (qui date du 5/10/2013) diffusé ce matin sur France Culture, émission « concordance des temps » :
    https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/la-catalogne-toujours-dissidente-jusquou-0

  2. Michel LACANETTE. says:

    Cela n’ est qu’ une tartufferie théâtrale. Les Catalans n’ ont jamais souhaité réellement quitter l’ Espagne, mais seulement remettre les pendules à l’ heure entre toutes les régions espagnoles. Autant Rajoy que Puigdemont, sont maintenant sur des sièges éjectables. Il ne leur reste plus qu’ une solution: s’ entendre, mais autant l’ un comme l’ autre, sur le dos de la démocratie et du peuple Espagnol, avec toutes les conséquences bien réelles qui en découleront.
    Maintenant, reste à savoir quelle sera la solution adoptée, pour que personne ne perde la face. Ça sera sûrement match nul après prolongation .Tout le monde attend le coup de sifflet final, mais le problème est que pour l’ instant il n’ y a pas d’ arbitre ….

    • Un passant says:

      En êtes-vous bien sûr ?
      Je crains que certains ne fassent la politique du pire, hélas !

      • Il est affolant de constater que la planète part en sucette du fait de l’affrontement de quelques docteurs Mabuse et que leurs ego mènent un monde qui n’est pas le miroir de l’idéal des peuples.
        King Jong un, Trump, Poutine, les chefs successifs de Daesch, des Talibans,,Rajoy, Puigdemont, Sebastian Kurz, Maduro, Karouge…etc

  3. La boîte de Pandore est ouverte !
    les egos indépendantistes et l’Europe devient un jeu de LEGO.

    • Pour l’instant ça reste de l’ordre de la farce. Putch-Démon a suspendu une procédure d’indépendance qui n’a été à aucun moment proclamée par le parlement catalan. Le coup de signer la déclaration d’indépendance hors séance fait qu’elle n’a aucune valeur autre que symbolique, même du point de vue catalan.

      • Suite de la comédie : à la question de Madrid « Oui ou non avez-vous proclamé l’indépendance ? » Puigdemont n’a pas pu répondre « oui » puisqu’il n’y a pas eu de proclamation en séance, et il n’a pas voulu répondre « non » pour ne pas perdre la face. Et maintenant Madrid lui demande de révoquer une proclamation fantôme.

      • A quoi joue Rajoy ? Puigdemont a fini par manger son chapeau en reconnaissant par écrit que le parlement catalan n’avait pas proclamé l’indépendance le 10 octobre dernier, ce qui était précisément ce que Rajoy lui demandait d’écrire. Les séparatistes en sont donc revenus au point de départ et s’écharperaient si ça en restait là, mais Rajoy veut déclencher l’article 155 quand même ?? Il veut ressouder le camp séparatiste ou quoi ?

        • un passant says:

          bien d’accord PierU. Ils ne sont à la hauteur ni homme d’Etat, ni l’un ni l’autre. Et chacun aura tout perdu dans cette pathétique aventure, pour lui-même et pour la cause qu’il prétend défendre. Quant à Felipe VI, sa voix n’aura guère porté au-delà du Palais royal. N’est pas Juan-Carlos non plus qui veut.

          • Ils en arrivent même à faire passer Pablo Iglesias pour quelqu’un de plus pondéré et raisonnable qu’eux, c’est dire… PI : « appliquer l’article 155 alors qu’il n’y a pas eu de déclaration d’indépendance constituerait une régression démocratique » et plongerait le pays « dans un territoire inconnu » »

            • Un passant says:

              C’est de pire en pire entre hier et ce matin… Les atermoiements de Puigdement sont pathétiques. Incapable de décision. C’est un incapable tout court

  4. L’immense foule qui a déferlé hier sur les places et les avenues de Barcelone a remis les pendules à l’heure et du baume au coeur de ceux qui persistent à croire à l’Europe des Nations. On ne peut que se réjouir de constater qu’il y a encore une majorité de citoyens pour placer les idéaux d’unité et de solidarité avant les intérêts particuliers.

  5. Michel LACANETTE. says:

    L’équité entre citoyens d’une même nation nécessite effectivement qu’il y ait redistribution des régions riches vers les plus pauvres, afin que celles-ci puissent accélérer leur développement et que les citoyens bénéficient d’un niveau de vie proche. L’idée de nation est notamment fondée sur la solidarité entre tous les citoyens qui la composent.

    Je ne conteste nullement votre point de vue et pense même que cela devrait être le fil conducteur du gouvernement Espagnol. Par contre je pense que ce même gouvernement ne joue pas son rôle depuis des années, car il ne fait pas de politique
    d’ incitation d’ efforts auprès des autres régions, afin qu’ elles essaient de ne pas vivre que des dividendes distribués. Il y a quelques années, peut être avant la crise, qui a depuis balayé tout ça, le gouvernement Espagnol de l’ époque s’ était engagé dans cette voie.
    C’ est ce qu’ il avait fait avec le Pays Basque et avait permis de mettre un terme au terrorisme basque. Mais, il a semble t’ il pas tenu ses promesses à l’ égard de la Catalogne. Ce qui a amené cette situation, avec le nationalisme à fleur de peau qui resurgit.
    Comme je l’ ai écrit, je ne pense pas que la Catalogne souhaite obtenir son indépendance, cela équivaudrait sûrement pour eux à se tirer une balle dans le pied.
    Il faut, ouvrir des négociations et revenir aux engagements promis.
    Si la Catalogne arrive à obtenir ce que le Pays Basque a obtenu on ne parlera plus du problème Catalan, mais sûrement que d’ autres surgiront, notamment celui des régions  » pauvres ». A l’ état Espagnol de jouer son rôle de régulateur, qu’ il ne semble pas aujourd’hui’ hui vouloir jouer. Un proverbe, je crois Chinois, dit:  » Si quelque’ un te demande à manger, apprend lui à pêcher « 

    • Je ne rejette pas forcément le fond de ce que vous dîtes, mais j’y retrouve quand même une rhétorique constante de tous les régionalismes, qui est de parler du pouvoir central comme si c’était une entité hors sol et « étrangère ». Mais non : la Catalogne est partie prenante dans l’état espagnol, ses représentants ont conçu et approuvé comme les autres la constitution de 1978; la Catalogne est partie prenante dans les institutions, elle a ses députés et sénateurs qui siègent et élaborent et votent les lois nationales… La politique de l’état espagnol ne convient pas à certains catalans ? Mais c’est le jeu de la démocratie, ça.

      • Michel LACANETTE. says:

        ….la Catalogne est partie prenante dans l’état espagnol, ses représentants ont conçu et approuvé comme les autres la constitution de 1978;

        Tout à fait d’ accord, mais depuis 1978 il s’ est passé bien des événements en Espagne, comme ailleurs, notamment la crise financière, qui a changé la donne dans bien des domaines. Je pense qu’ actuellement il y a un déphasage entre l’ Etat Espagnol et ses Régions « riches » . Ce déphasage Mariano Rajoy ne veut pas reconnaître, pour des raisons politiques profondes, issues pour partie de la guerre d’ Espagne, ce qui risque
        d’ amener son pays, idéologiquement entier, droit dans le mur en klaxonnant, sous l’ oeil stupéfait du restant de l’ Europe.
        Le fonctionnement de la démocratie, c’ est aussi le respect d’ autrui avec ses différences.
        Franco et bien d’ autres, ne l’ ont pas compris, cela n’ a amené que des désastres.

        • Quel rapport entre Franco et la démocratie ???

          • Un questionnement qui mériterait un libellé plus élaboré car on ne peut pas imaginer une telle ignorance de l’histoire!

            • GV : »Un questionnement qui mériterait un libellé plus élaboré car on ne peut pas imaginer une telle ignorance de l’histoire! »
              Ce qu’écrit PierU est pourtant limpide et n’a aucun besoin de mots supplémentaires: Le régime franquiste n’ayant rien d’une démocratie, cela n’a pas de sens de faire la critique de Franco en matière de compréhension des exigences démocratiques!

          • Michel LACANETTE. says:

            Honnêtement pensez-vous que Franco a respecté autrui, quand on connaît le comportement qu’ il a eu, à l’ égard des Basques et Catalans, mais également à l’ égard du peuple Espagnol.
            Je pense que pour partie les problèmes que vit l’ Espagne actuellement datent de la période franquiste, même si la démocratie n’ a rien à voir avec le franquisme.
            Il y a des réactions humaines qui ne s’ expliquent pas, ni ne s’ effacent pas par un coup de baguette magique. Pour preuve, dans les villages Aragonais d’ Aisa et Borau, on fait toujours brûler chaque année pour le carnaval les effigies des soldats de Napoléon, qui avaient massacré la population lors de leur passage pour la guerre d’ Espagne.
            Et les Français y sont toujours appelés des « gavachos » ( bons à rien, vanupieds )

            • Je ne vois surtout pas le rapport entre la situation de la Catalogne sous Franco et la situation de la Catalogne aujourd’hui. Non seulement l’identité et la culture catalane ne sont pas brimées, mais elles prennent toute leur place (d’ailleurs au point d’évincer l’identité espagnole, notamment par la langue, le castillan n’étant plus enseigné que comme langue étrangère). L’épouvantail franquiste est instrumentalisé par les indépendantistes, comme si seuls les Catalans avaient souffert du franquisme, alors que ce sont tous les espagnols qui en ont souffert.

  6. Pierre LAFON says:

    Merci à Bernard Boutin pour cet article fort intéressant qui a provoqué des commentaires tout aussi intéressants.
    Il semble donc que la question des sous, des « gros sous » soit un point essentiel de la discorde.
    Pour une fois, on ne met pas en avant les « identités culturelles », les langues, les traditions – pro corridas et anti corridas -, qui souvent sont le point de départ du souhait d’autonomie, voire d’indépendance.
    A croire que les régions « pauvres » – moins riches que les autres – n’ont ni langue, ni traditions, ni « identité culturelle », …
    C’est la notion même de pays qui est en cause. Si chaque fois qu’une région qui participe financièrement – ce qui est normal compte tenu de ce qu’elle en reçoit – plus que les autres au budget du pays demande son indépendance, on réécrit l’histoire à l’envers.
    Et que dire de l’Europe ?

    • Ce que je vais dire ne retire absolument rien à l’intérêt de cet article qui effectivement provoque des commentaires intéressants.
      Je me permets d’en rajouter un, intéressant ou pas!!!!

      « Pour une fois, on ne met pas en avant les « identités culturelles », les langues, les traditions  »

      Le poids du passé et de son histoire est peut-être plus important qu’on le suggère chez beaucoup de survivants d’une période qui a marqué de manière indélébile de nombreuses familles catalanes.
      Que les « gros sous » jouent actuellement un rôle auprès des entreprises, des banques, de tout ce qui participe à l’économie catalane, espagnole, européenne et mondiale, cela ne fait aucun doute, mais deux remarques dévoilent une très grande peur, chez beaucoup, d’un retour à un passé que les catalans ont subi et combattu.

      D’abord dans le libellé de la question posée: « Les Catalans devaient répondre à la question suivante: « Voulez-vous que la Catalogne devienne un État sous forme de République? » République? C’est une volonté de se débarrasser d’une monarchie qui, si elle a été exemplaire à la fin du franquisme n’a pas été très « exemplaire »depuis.On comprend la réaction du roi et les retombées négatives des ses propos chez beaucoup de catalans.

      De plus, lors de la reconduction de Mariano Rajoy en 2016, il a remplacé trois ministres controversés. Parmi eux, le ministre de l’intérieur, Jorge Fernandez Diaz, un ultra-conservateur proche de l’Opus Dei, à l’origine de la loi de sécurité citoyenne, surnommée «loi bâillon», dont le PSOE avait demandé l’abrogation. Mis en cause dans une affaire d’écoutes pour avoir tenté d’orienter des enquêtes judiciaires sur des indépendantistes catalans, il est remplacé par un modéré, l’ancien maire de Séville et ex-juge, Juan Ignacio Zoido.
      Le poids de l’Opus Dei n’est pas évoqué du tout, je crois que c’est un tort; il est sous-jacent, toujours puissant et le roi est sous influence.

  7. Michel LACANETTE. says:

    Je ne pense pas qu’ au fond d’ eux mêmes les Catalans souhaitent réellement quitter
    l’ Espagne. Ils demandent seulement de l’ équité entre ceux qui financent, mais également avec ceux qui reçoivent. N’ oublions pas qu’ environ 50% des revenus de
    l’ Etat Espagnol sont fournis par deux régions. Tout le noeud du problème est là.
    C’est la faiblesse politique de l’ état Espagnol qui engendre cette situation.
    Pour régner il cherche à diviser. Il serait plus bénéfique pour lui de stimuler les régions déficitaires financièrement, afin qu’ elles augmentent leurs parts d’ apport financier à
    l’ Etat. Le drapeau blanc n’ est peut être qu’ un leurre de plus, car l’ Espagne ne semble pas du tout prendre le chemin d’ une résolution du problème .
    Malheureusement, il semble que cette affaire finira dans une impasse, car tout le monde est pris de vitesse à son propre jeu, sans aucun garde-fou européen.
    D’ où l’ intérêt d’ avoir vite une autre Europe et non pas un supermarché, où chacun vient faire ses courses aux dépends des autres pays ou des autres régions. Car beaucoup de candidats de type Catalan attendent la suite des événements, pour se déclarer.
    Le réveil risque d’ être très dur, avec un retour aux féodalités nationalistes.

    • Je ne sais pas ce que vous entendez exactement par « les revenus de l’état espagnol », mais les deux régions en question sont à la fois parmi les plus peuplées et parmi les plus riches d’Espagne : rien d’étonnant, ni même d’anormal, à qu’elles contribuent beaucoup. Et on sait bien aussi que richesse et population ne sont pas décorrélées : le développement économique se fait dans les zones d’influence des métropoles, et à ce jeu Madrid et Barcelone attirent beaucoup plus vu que leurs tailles dépassent de loin celles de toutes les autres.

      • Michel LACANETTE. says:

        Les revenus de l’ Etat sont les impôts payés par les régions pour satisfaire au bon fonctionnement des missions régaliennes dont il est responsable. A mon point de vue, qui n’ engage que moi, l’ Etat Espagnol ne satisfait pas à ces missions et les régions  » riches » ont l’ impression de payer à fond perdu depuis des décennies, sans voir de correction à cela. Le problème est qu’ il y a plus de régions  » pauvres » qui reçoivent que de régions  » riches » qui donnent. Avec de plus, en arrière plan, des objectifs politiques, qui permettent malgré leur faible poids représentatif à certains de se maintenir au pouvoir.
        Souvenons nous qu’ il y a quelques temps l’ Espagne a mis des mois de tractations pour former un gouvernement en équilibre précaire. Cela est peut être aussi la cause de cette poussée nationaliste.

        • La « Communidad de Madrid » est grosso-modo aussi peuplée et aussi riche que la Catalogne, donc j’imagine qu’elle contribue tout autant au budget de l’état que la Catalogne, et pourtant on n’entend pas que les madrilènes veulent se débarrasser des « régions pauvres ».

          • De fait, s’il y avait une communauté qui devrait se plaindre, c’est bien la communauté de Madrid qui contribue effectivement tout autant que la Catalogne au budget national mais reçoit en retour beaucoup moins.
            La façon dont M. Lacanette présente la question de l’équité est contestable. Dans tout pays il y a des régions riches et pauvres. L’équité entre citoyens d’une même nation nécessite effectivement qu’il y ait redistribution des régions riches vers les plus pauvres, afin que celles-ci puissent accélérer leur développement et que les citoyens bénéficient d’un niveau de vie proche. L’idée de nation est notamment fondée sur la solidarité entre tous les citoyens qui la composent.
            Des politiques d’aménagement équilibré du territoire existent partout aussi bien au niveau des États qu’à celui de l’utilisation des fonds structurels européens. Contrairement à ce que dit M. Lacanette, ces politiques ont des résultats tangibles en Espagne.
            La revendication d’indépendance catalane est pour partie faite d’égoïsme attisée par les partis populistes. On peut la rapprocher à cet égard du mouvement indépendantiste flamand. Mais l’idée simpliste que la Catalogne s’en sortirait mieux économiquement si elle devenait indépendante ne tient pas la route. Si les Catalans persistaient dans cette voie, ils s’exposeraient à de fortes déconvenues.

          • Francisco says:

            Aujourd’hui, la contribution au budget espagnol de la communautée autonomme de Madrid dépasse déjà celle de la Catalogne en presque 10 %.

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