La Cour des Comptes ignore les causes et ne connaît que les conséquences.


Entendu lundi 18/12/2017 sur France Inter et non répété par la suite, bizarre, un communiqué que rapporte Libération.:«La Fédération hospitalière de France (FHF, hôpitaux publics) lance ce lundi un cri d’alarme sur la situation financière des établissements qui « devraient connaître un déficit historique de 1,5 milliard d’euros » en 2017, menaçant « la qualité des soins»

«La ligne rouge est dépassée… L’hôpital ne peut pas être à la fois le pilier du système de santé et l’unique variable d’ajustement économique»

Dernièrement, la Cour des Comptes se penchait sur l’avenir de l’assurance maladie: «les déficits persistants et une dette sociale considérable minent la solidité et la légitimité du système de

https://www.ccomptes.fr/fr/publications/lavenir-de-lassurance-maladie

Ce n’était pas vraiment une information retentissante ; on s’en doutait, mais, très bien, un des rôles est d’informer. Elle en a d’autres :

«Le rôle de la Cour n’est pas de commenter les choix faits mais d’évaluer les conséquences et de formuler des recommandations pour atteindre les objectifs votés par le Parlement.» https://www.ccomptes.fr/fr/cour-des-comptes/role-et-activites

En principe donc, elle ne se préoccupe pas des causes (choix faits), mais des conséquences.

En ce qui concerne les recommandations, elle propose de «faire mieux avec moins» !!!! Ambitieux n’est-il pas ?

17 recommandations sont formulées dans ce but ; très générales, elles sont suffisamment explicites pour semer le doute sur la qualité et l’égalité des soins chez les malades actuels et futurs, dans toute la France, la révolution chez tous les professionnels œuvrant de près ou de loin dans la sphère de la santé publique.

Force est de constater que dans ces recommandations le choix politique est évident. L’objet n’est pas la santé mais son adaptation à l’économie libérale.

Si vraiment l’objectif était de faire des économies partout où l’argent public est engagé pour diminuer les dépenses de santé, la Cour des Comptes devrait ajouter les vraies mesures permettant des milliards d’économies, sans commune mesure avec celles préconisées.

Si vous constatez qu’en mangeant certains aliments vous tombez malade, la logique est de cesser d’en consommer.

Pas pour la Cour des Comptes !

Il faut utiliser les technologies les moins onéreuses possibles pour continuer à consommer, comportement incontournable et prioritaire pour l’économie !

Faire des économies sur la santé pour soulager la sécu et les cotisants, c’est souhaitable, à condition de maintenir et d’amplifier, c’est bien normal pour un pays riche du travail passé de ses citoyens, la qualité et le confort des soins de tous. Ce n’est pas le cas, la santé est une variable d’ajustement de l’économie globalisée.

Nos connaissances ont progressé ; ce qui cause un grand nombre de nos maladies est connu ; il doit être publié, médiatisé, faire l’objet d’une politique de précaution puis de prévention pour les réduire et, si possible, les éliminer, au moins sur le long terme.

Mission redoutable dans une société basée sur l’individualisme, la compétition, le profit des plus puissants aux dépens des plus faibles; c’est la lutte du pot de terre contre le pot de fer car:

+ d’une part la réduction des causes passe par une perte financière importante au niveau économique pour les entreprises créatrices, productrices et utilisatrices, bénéficiaires.

+ d’autre part, la lutte contre la maladie fait marcher le commerce, génère des emplois, enrichit les firmes pharmaceutiques…augmente le P.I.B…  ; de plus, les dépenses ne sont pas payées par les pollueurs mais par ceux qui subissent.

Entre profits et souffrances, le choix politique et économique est sans hésitation. Est-il obligatoirement le nôtre ?

En ce qui concerne les problèmes actuels, l’augmentation des dépenses, dépend de plusieurs facteurs :

+ Le vieillissement et son cortège de dysfonctionnements.

L’allongement de la durée de vie a été spectaculaire depuis la généralisation des vaccinations, du développement de l’hygiène tant au niveau individuel que collectif, la découverte des antibiotiques, des luttes ouvrières qui ont permis une augmentation du niveau de vie, de meilleures conditions de travail… les périodes de repos (congés payés) permettant des activités physiques, des «changements d’air» pour grands et petits…Ce n’est donc pas le fait du temps présent.

+ Des progrès techniques de plus en plus coûteux mais performants : analyses, imageries, chirurgie… Si l’on entend à C dans l’Air que bien des interventions sont inutiles, c’est vraiment n’avoir que des préoccupations financières et non des recherches d’efficacité médicale. Comment peut-on définir, a priori, qu’un acte est inutile avant d’en connaître le résultat ? Combien ont été sauvés par une analyse ou une imagerie diagnostiquant à temps une maladie grave !

+ Du mode de vie et de l’action d’un environnement profondément modifié. Le plus important et de loin! Quand on parle mode de vie, on parle précarité, alimentation déséquilibrée par rapport aux besoins et prise «sur le pouce, à la va-vite»: trop de viande, de sucre, de graisse, de perturbateurs endocriniens, etc., associés à une sédentarité, stress au travail, tabac, alcool…On parle aussi de la vie dans les villes avec les bouchons, les particules fines et nanoparticules…, le manque de sommeil…

La 18ème recommandation, qui devrait être la première, est donc «ignorée» par la Cour des Comptes : demander que des actions politiques soient entreprises contre toutes ces «créations industrielles enrichissantes !» à l’origine de maladies : élevage, culture, agronomie, fabrication des pains, des plats préparés, sodas…, restauration rapide, cosmétiques, transport, répartition du travail…

L’industrie pour faire des voitures, pas pour nourrir les poulets ou faire mon gigot aux flageolets !

Cela pourrait passer par des contrôles indépendants sur la durée avant la production, des taxations avant les interdictions pour les productions toxiques, bilan carbone à payer pour les circuits longs…, en basculant ces sommes sur les productions saines, les circuits courts…

Tant que la croyance dans la vertu de l’ultra-libéralisme mènera le monde, que la croissance sans contrainte, non régulée, permettra de toujours créer plus, produire plus, consommer plus, jeter plus, gagner plus…, on polluera de plus en plus, les maladies se multiplieront et on se soignera de moins en moins faute d’argent public. Pompes funèbres ! Un métier d’avenir !

Quelques chiffres montrent l’étendue des économies d’argent public possibles:

+Cancers, diabète, : «La croissance des maladies liées à notre…

https://www.bastamag.net/

«400 milliards d’euros en 15 ans : c’est le surcoût entraîné par l’explosion des maladies chroniques, comme le cancer ou le diabète, pour la Sécurité sociale. Des maladies liées à la pollution de notre environnement : Pesticides, perturbateurs endocriniens, molécules chimiques en tout genre sont présents dans l’alimentation, les biens de consommation, l’eau potable, l’air..»…

La vraie cause des dépenses n’est pas le cancer, le diabète…, la pollution,…mais ce qui les déclenche.

D’après André Cicolella «Nous avons aujourd’hui suffisamment d’éléments pour comprendre ce qu’il se passe. Pourtant, on ne fait rien.

Ces maladies provoquent des affections de longue durée (ALD), auxquelles la Sécurité sociale doit répondre. J’ai effectué un calcul simple à partir des données de l’Assurance maladie. Entre 1994 et 2009, ces maladies ont entraîné un surcoût de 400 milliards d’euros ! Cela veut dire que les responsables politiques ont plutôt choisi d’emprunter auprès des marchés financiers plutôt que d’agir sur les causes.

Il aurait été beaucoup moins coûteux d’arrêter l’épidémie de diabète ou d’obésité»

+ Assurance-maladie : le coût du diabète risque de s’envoler – Les Echos
https://www.lesechos.fr/…/22261-018-ECH_assurance-maladie—le-cout-du-diabete-ri…

«En 2014, le coût du diabète s’est élevé à 10 milliards d’euros par an, dont 2,3 milliards pour les dépenses directement imputables et 7,7 milliards pour les complications (amputation du pied, cécité…).»

Les causes non héréditaires ne sont pas encore entièrement connues mais le lien avec l’obésité, l’alimentation de plus en plus riche en ac.gras saturés, en sucres raffinés et pauvre en fibres alimentaires, le manque d’activités physiques et le taux de certains pesticides est souligné de plus en plus.

+Obésité : un coût social équivalent à celui du tabac ou de l’alcool. En …

http://www.vie-publique.fr/…/obesite-cout-social-equivalent-celui-du-tabac-ou-alcool-2016…

«D’après une enquête épidémiologique sur le surpoids et l’obésité réalisée en 2012 par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 15% de la population était obèse et 32,3% en surpoids. Différents facteurs peuvent expliquer ces chiffres comme des causes génétiques ou la modification des comportements alimentaires, une plus grande sédentarité ou encore l’environnement familial. Le Trésor évalue le coût social de l’obésité et du surpoids (dépenses de santé, absentéisme, etc.) à 20,4 milliards d’euros en 2012, soit un montant comparable à celui du tabac et de l’alcool.»

+ Les perturbateurs endocriniens, acteurs silencieux de l’obésité …

http://www.pourlascience.fr/…/article-les-perturbateurs-endocriniens-acteurs-silencieux-de-l..

«Les polluants hormonaux présents dans l’environnement seraient une des causes de l’épidémie mondiale d’obésité. Ils agiraient de multiples façons sur le métabolisme, et ce, dès le stade fœtal.»

+ Commissariat au développement durable N°122 avil 2015

http://green-news-techno.net/fichiers/201505131154_GNT_502.pdf

Les pathologies liées à la pollution de l’air touchent principalement le système respiratoire, premier système à rentrer en contact direct avec l’air et le système cardiovasculaire. La mauvaise qualité de l’air entraîne une augmentation des maladies respiratoires. Les principales d’entre elles sont l’asthme, les bronchites aiguës ou chroniques, les cancers des voies respiratoires et les broncho-pneumopathies obstructives chroniques (ou BPCO). La qualité de l’air impacte aussi le système cardio-vasculaire. Les coûts des principales pathologies respiratoires dues à la pollution de l’air pour le système de soins français s’élèvent entre 0,9 et 1,8 milliards d’euros par an.

Malheureusement tout cela n’est pas nouveau. J-B. Bossuet aurait écrit:

«Nous sommes des créatures qui nous affligeons des conséquences dont nous continuons à adorer les causes»

Après tout cela, bonnes ripailles à Noël, bonne année et surtout bonne santé !!!!

signé Georges Vallet

http://tpe-obesite-justine-charlotte.e-monsite.com/

Comments

  1. Le mal français : Trop de gaspillage, mauvaise gestion !

  2. André Duchateau says:

    Bonjour,

    Merci pour cet excellent article . C’est exactement pour cela que le projet  » ferme du gout  » avait une importance . Petite initiative locale à 1 M€ soutenue par les gastroentérologues Palois, qui aurait couté en fonctionnement le tiers d’un budget de petite crèche … Aurait sauvegardé un patrimoine rural Palois… Je dis cela pour ceux qui n’avaient éventuellement rien compris . C’est la saison des galettes des rois, des buches de Noël, des chocolats pas chers … Si vous avez de bons yeux, arrêtez vous sur la composition de ces  » gourmandises  » quelques instants, en faisant vos courses . C’est parfois effrayant ! J’ai même vu hier une galette des rois ( celle des mousquetaires ) avec une composition incluant du poisson , du dechet de poisson, ou de la farine de poisson peut être… Et de multiples codes E 202 , E 510 , E …. bien entendu .
    Bonnes fêtes et continuez sans vous soucier des aigres commentaires que l’on voit parfois .
    André Duchateau .

    • Contribuable Palois says:

      Monsieur Duchateau, l’idée était (probablement) bonne, je n’en disconviens pas . Mais un projet ça n’est pas juste trouver un prétexte pour réhabiliter une ancienne ferme, même très typique… Il y avait votre DÉBUT d’avant-projet véritablement intéressant, mais pour lequel TOUT restait à faire, comme en attestaient les échanges dont on a eu quelques échos à l’époque.
      Il fallait surtout savoir à qui était destinée cette merveille marquezine, annoncer quel serait le  »produit » délivré par la Ferme et faire un recensement [privés et familles, Éducation Nationale, CAF, populations aidées, associations, comités d’entreprises, etc] pour convaincre qu’il existait un large réservoir de demandeurs qui viendraient à coup sur à la Ferme pour s’instruire et suivre des cours d’initiation à la diététique. Puis restaient à monter en détails 1)le projet destiné à ce vrai public identifié, avec des scenarios et des problématiques, 2) choisir une maîtrise d’oeuvre compétente 3)détailler le budget d’investissement (dont reprise du gros oeuvre, aménagements sur 2 niveaux, le respect de la conformité réglementaire en vue de l’accueil d’un public d’enfants, etc, etc) 4)le budget prévisionnel de fonctionnement qui soit réaliste et . Mais rien n’était encore détaillé sur le mode de fonctionnement de la Ferme une fois les aménagements nécessaires réalisés (SEM, régie directe, délégation, prestataire indépendant) ni sur une estimation du budget de fonctionnement (frais fixes annuels, personnels requis en permanents ou en vacataires, refacturation éventuelle de frais de fonctionnement ou subventions possibles, etc).
      Après révision de la maîtrise d’oeuvre envisagée par la Ville (c’est à dire l’adjoint AD + la chargée de mission Mme Z) un appel d’offre était lancé le 16 février 2011

      « Réhabilitation et aménagement de la ferme Marquezine située dans le quartier Pau Nord, au sein de laquelle la Ville de Pau souhaite développer un lieu dédié à l’éducation à l’alimentation et au goût.
      L’équipe de maîtrise d’oeuvre devra comporter a minima : un architecte, une personne expérimentée en matière d’éco-rénovation et de valorisation patrimoniale et une personne expérimentée quant à la conception de lieux de restauration »

      sans que ça aboutisse réellement à une décision claire. Après une recherche d’appui vers la CAF, vers le ministère de la Santé (et probablement de potentiels financeurs privés, on a entendu parler de Nestlé, des maïsiculteurs) vous avez lancé une procédure d’appel à projet national, pour laquelle vous précisiez que les propositions venant avec leur financement propre seraient les bienvenues! Probablement sans résultat puisque c’est finalement la CCAS qui reprenait le dossier, pour lancer les consultations tous corps de métiers en 2014.
      Trop tard, et pas seulement à cause de l’élection d’une nouvelle équipe. Le projet avait trop traîné, s’était dilué dans un ensemble peu cohérent et le budget avait enflé. La Petite initiative locale à 1 M€ comme vous la qualifiez était abandonné dans une quasi indifférence.
      Vous regrettez « Je dis cela pour ceux qui n’avaient éventuellement rien compris ». Nous avions compris, mais un projet a des chances d’aboutir quand il est CLAIR: un objectif parfaitement défini, des moyens adaptés et tout cela pour une cible de population identifiée. Dommage d’être (peut-être) passé à côté; mais ça n’est pas à cause de ceux qui n’ont pas compris.

  3. un Passant says:

    Bossuet aurait écrit:
    «Nous sommes des créatures qui nous affligeons des conséquences dont nous continuons à adorer les causes»

    Je n’avais pas lu cet article trop long et fatigant pour mes pauvres neurones. Mais ce aurait m’amuse. Comme c’est drôle, vous êtes sûr de tout ce que vous dites et mettez en doute, par le conditionnel, la paternité de cette phrase pourtant unanimement attribuée à son auteur…

    Chacun sera juge.

    • J’ai employé le conditionnel car je n’ai pas pu trouver où et dans quelle circonstance il avait écrit cela.

    • Pierre LAFON says:

      Cher Passant,
      vous dites :
       » Je n’avais pas lu cet article trop long et fatigant pour mes pauvres neurones. Mais ce aurait m’amuse. Comme c’est drôle, vous êtes sûr de tout ce que vous dites et mettez en doute, par le conditionnel, la paternité de cette phrase pourtant unanimement attribuée à son auteur…
      Chacun sera juge.  »
      Puisque chacun peut être juge, permettez moi de vous dire que je trouve votre commentaire plein de contradictions, déplacé et discourtois.
      Dont acte.
      Pierre Lafon.

  4. Bonjour,
    « La vraie cause des dépenses n’est pas le cancer, le diabète…, la pollution,…mais ce qui les déclenche. » j’apprécie particulièrement cette phrase 🙂
    Mais j’avoue, j’ai aimé tout votre article qui met en exergue simplement et fort à propos que le bon sens n’est pas l’apanage de nos « gouvernants » (au sens large du terme).

    Merci encore pour cette démonstration. 🙂

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