A ARZACQ LE DIMANCHE 18 FEVRIER A LA DECOUVERTE DE LA GRANDE FAMILLE TAURINE 


Arzacq ouvre la saison tauromachique béarnaise le dix-huit février prochaine. C’est une journée qui vaut le déplacement, car, et c’est unique en France, la corrida équestre y est présentée en même temps que la corrida à pied. La piste arzaquoise accueillera cette fois une cavalière vedette : la torera portugaise Ana Rita. Ce sera la première femme à défiler sur cette piste. Dans son pays, Anna est une star et c’est une chance que d’avoir cette extraordinaire cavalière à quelques kilomètres de Pau. La communauté portugaise, nombreuse, bien intégrée mais aussi soucieuse de ses traditions, devrait se mobiliser pour soutenir cette jeune femme –une beauté !- qui sera présente avec son écurie au grand complet.

Ce sera l’attraction du jour dans ces arènes du Soubestre –elles ont pris le nom de la petite région qui les entoure-, couvertes et équipées pour résister à la fraîcheur éventuelle. Un équipement méconnu mais très bien conçu qui peut accueillir plus d’un millier de personnes et qui sert aux nombreuses activités d’un canton très actif, sympathique, méconnu des urbains : pour vivre heureux vivons caché…

Arzacq après avoir cherché sa voie a opté pour cette formule mixte qui mêle la beauté de la tauromachie équestre au courage demandé par le toreo à pied. Cette année l’affiche sera partagée entre trois grandes nations taurines. Le Portugal avec Anna Rita, l’Espagne présentera deux de ses meilleurs espoirs du moment : Victor Hernandez qui nous vient de Guadalajara et Manuel Perera de Badajoz.

Côté français nous soutiendrons le jeune Yon Lamothe qui a été proclamé meilleur novillero du sud-ouest l’an dernier. C’est un jeune landais, originaire de Tartas, qui a la tête sur les épaules, un jeune homme courageux avec qui a beaucoup de personnalité. Mais pour le public béarnais ce sera surtout l’occasion de découvrir le grand espoir Dorian Canton. Comment la vocation est-elle tombée sur ce jeune homme originaire d’Asson ? Mystère, mais il semble être né avec cette volonté de devenir torero, sans que personne dans son entourage ne lui en ait particulièrement parlé. Garçon volontaire et déterminé, rien ne l’a découragé et on peut dire qu’aujourd’hui, il s’est imposé dans sa catégorie. Il deviendra donc novillero avec picadors dès le lundi de Pâques. Il lui faudra prouver, devant son public, que cette promotion éclaire est justifiée. Personne n’en doute mais les toros décident.

Il faut en dire un mot pour terminer de ces novillos du Comte de Mayalde. C’est un élevage « de luxe » -comme on le dit dans le milieu : sérieux, réputé pour sa belle présentation mais aussi pour son jeu. Il offre des possibilités de succès à la hauteur de ses difficultés. Dernier argument pour participer à cette journée qui débutera dès le matin : la chaleur de l’accueil ; l’ambiance. A Arzacq on est en famille, la grande famille taurine, dénigrée injustement, fraternelle et passionnée, qui vaut la peine d’être découverte.

Pierre Vidal

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Comments

  1. La beauté de la corrida… (@le passant : en réalité, quand je vois ces images, non seulement je ne ressens pas de compassion pour les toreros qui se font encorner, mais je ressens même une certaine satisfaction quand ça arrive. En suis-je fier ? Non… Mais voilà : la corrida fait ressortir des instincts les plus primaires et les plus détestables chez tout le monde)

    Un peu plus léger, quand même :

    • Larouture says:

      « Au Portugal, la mise à mort en public est interdite de facto en droit depuis 1928 ; de plus, le picador est également interdit. » (cf. Wikipédia). Cela dit, le taureau n’est pas à la fête. A la sortie, il n’en réchappe sans doute pas.

      A ma connaissance, la tradition taurine à Arzacq se limitait à la course landaise. Et puis le terme « tradition » me gêne. J’ai vécu cette tradition dans mon enfance. Je pensais que c’était inné. Il y a quelques années, j’avais emmené ma fille ado à une corrida à Dax. J’en entends encore parler… C’est la dernière corrida à laquelle j’ai assisté.

      Toutefois je relève cette dernière phrase qui invite à un peu de tolérance quand même et qui peut d’ailleurs être appliquée à la chasse : « A Arzacq on est en famille, la grande famille taurine, dénigrée injustement, fraternelle et passionnée, qui vaut la peine d’être découverte. »
      Une réserve toutefois sur « le sentiment d’injustice » mais aussi sur le terme « famille » ; c’est-à-dire la présence d’enfants.

      Il y a aussi dans la corrida une dimension autre que la cruauté : L’intensité du « spectacle » polarise toute les attentions.
      Dans « le moment de Meurice », c’est l’embryon de réponse du psychiatre, je crois.

      Et puis, Ana Rita. «–une beauté !- » sera présente…

  2. Hotoctone says:

    Aujourd’hui, jour de la sainte Véronique, osons affronter, non pas le taureau, mais les aficionados. Ceux qui se pâment devant une belle véronique, la fameuse passe de muleta qui trompe « artistiquement » le toro, avant de lui planter quelques dizaines de centimètres de ferraille jusqu’au coeur. A condition, bien sûr, de ne pas rater l’estocade et alors de traverser un poumon. Là, le spectacle vaut l’abattoir.

  3. un Passant says:

    PierU,

    il ne faut pas employer de pareils mots : quand Yvan Fandiño se fait tuer il y a une dizaine de mois, quelle que soit la répulsion que l’on puisse ressentir envers la corrida, c’est un drame d’une autre ampleur que la mort d’un taureau aussi respectable soit-il.
    La corrida n’est pas sadique, tu introduis-là une notion de perversion et de plaisir lié à la souffrance de l’animal qui est inconnue des aficionados. Je conçois parfaitement qu’on préfère l’animal à cette danseuse ridicule (si tant est que Cabrel soit une référence littéraire ; pour ma part je lui préfère Hemingway) mais tes mots sont inexacts.

    • Un torero qui se fait encorner, un drame ? Pas du tout, il l’a cherché, contrairement au taureau qui lui n’a pas demandé à être là. Et désolé si ça vous choque, mais je ne ressens aucune compassion pour la disparition de quelqu’un dont l’occupation dans la vie est d’infliger sciemment de la souffrance à d’autres êtres vivants.

      Pas sadiques les afficionados ? Allons… Applaudir au spectacle d’un être vivant sensible se faisant consciencieusement charcuter jusqu’à la mort EST une perversion. Qu’ils en aient conscience ou pas c’est leur problème. D’ailleurs s’ils ne l’étaient pas (sadiques), ils ne verraient aucun inconvénient à ce que les corridas soient sans mise à mort (et sans blessures infligées au taureau, évidemment).

  4. Récemment, une personne qui avait sauvagement tué un chat à coups de pied a été condamnée à de la prison ferme à Toulon. Les choses avancent donc petit à petit dans la prise en compte de la souffrance animale. On peut donc espérer qu’un jour pas si lointain, les tortionnaires de taureaux, dont l’activité sadique et sanguinaire n’échappe à la loi sur la cruauté envers les animaux que grâce à une exemption « au nom des traditions », seront eux aussi mis hors d’état de nuire. Pour ma part j’avoue ne pas verser de larme les (trop rares) fois où le taureau encorne la danseuse ridicule (copyright Cabrel) qui le harcèle sans raison.

    • Michel LACANETTE. says:

      Chien abandonné au bord du gave d’Aspe : « je l’ai fait à contrecœur »
      Cette jeune femme fragile de 19 ans avait abandonné un berger malinois, attaché à un arbre au bord du gave d’Aspe, à Oloron.
      La fragilité de la prévenue, une jeune Paloise de 19 ans, est une évidence. À la barre du tribunal correctionnel de Pau, ce mardi, elle va s’effondrer en larmes à plusieurs reprises, ou s’exprimer en une rage à peine contenue. Il lui est reproché des sévices graves sur un animal domestique ainsi que son abandon.
      La jeune femme est condamnée à 70 heures de travail d’intérêt général. Elle encourt un mois de prison à défaut. Elle a interdiction de détenir un chien pendant cinq ans et devra verser un total de 1500€ aux deux associations de défense animale qui se sont constituées parties civiles.
      Imaginons ce qu’ aurait pu être sa peine si elle avait abandonné un taureau attaché à un arbre au bord du gave d’Aspe, à Oloron…….
      Par contre, tuer un taureau dans l’ arène, vaut les applaudissements du public, les félicitations du jury et des Autorités locales, sans que les associations de défense animale ne se portent parties civiles.!!!!!!! Comprenne qui pourra. Peut être que Mr Hulot nous expliquera….

      • Je ne vois pas ce que vous reprochez aux associations de défense animale : elles sont au contraire très actives sur ce sujet, mais se heurtent au fait que les corridas sont en l’état actuel explicitement protégées par la loi, sous forme d’une exception :

        https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006418952&cidTexte=LEGITEXT000006070719

        Ce texte de loi ne dit pas autre chose qu’il est autorisé « d’exercer des sévices graves […] ou de commettre un acte de cruauté envers un animal », dans le contexte des « courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».

        De même qu’il n’est plus autorisé aujourd’hui d’avoir un esclave ou de battre sa femme, les corridas finiront par être interdites un jour (pas forcément proche, hélas), renvoyant leurs défenseurs dans le moyen-âge d’où ils viennent.

        • un Passant says:

          consciencieusement charcuter est une sottise. Bah, je n’en dirai pas plus car le sujet ne soulève que commentaires outranciers. Tu joues au modéré quand ça te convient, PierU mais me traites de sadique et de pervers quand ça ne va plus. Comme attaque ad hominem ça se pose un peu là. Et arrête de me vouvoyer, tu sais très bien qui je suis !

          Le taureau de combat souffre en effet 15 mn. Je ne le nie pas. En tout cas, il a tout le reste de son existence une vie bien plus heureuse dans d’immenses espaces à sa mesure quand la viande que tu manges tranquille et avec bonne conscience chez toi a vécu et est morte dans des conditions bien effroyables.

          Mais stop. je n’en dirai plus rien

          • « le taureau a eu une belle vie », mais quel argument éculé… Mon chien aussi a une « belle vie » je pense dans notre famille. Donc s’il me prenait l’idée demain de le battre à mort pour me distraire il n’y aurait rien à dire, du coup ? Et qu’est-ce qui vous dit que je défends les conditions d’élevage et d’abattage actuelles pour la consommation de la viande ?

            « consciencieusement charcuter » est une sottise ? Allons, si vous êtes aficionado vous savez très bien de quoi je parle :

            En premier lieu, le picador enfonce une lance (jusqu’à trente centimètres de profondeur) et fouille la plaie, afin de cisailler le ligament de la nuque et contraindre l’animal à baisser la tête. Il ouvre ensuite la blessure en y plantant six harpons de sept centimètres : les banderilles. L’animal est enfin mis à mort, au mieux d’un coup d’épée, mais c’est rarissime. Une épée plus courte et un poignard sont alors nécessaires pour porter les coups ultimes..

            Donc pour ceux qui se demandent pourquoi le taureau ne réagit généralement pas quand le matador s’avance pour porter le coup fatal, ce n’est pas parce qu’il est épuisé après un « combat loyal », mais parce qu’on lui a sectionné nerfs et ligaments qui lui permettraient de se défendre, qu’il a perdu beaucoup de sang, et commence à être à moitié dans les vapes.

            Mais vous admettez donc que le taureau souffre, tout en regardant et appréciant le spectacle : à chacun de voir si « sadisme » et « perversion » sont des mots adaptés ou pas, du coup.

            • Sagnimorte Annie says:

              très bien PierU ! mon avis tient dans la chanson de Cabrel;et si! ,sadisme il y a . Vivement que cet argument de « tradition locale » devienne enfin obsolète(avec les traditions à respecter,on peut aussi bien défendre l’excision !)

        • Michel LACANETTE. says:

          Je ne connaissais pas cette particularité de la loi, mais effectivement j’ avais remarqué que bien souvent les Associations de défense des animaux étaient absentes de ce combat. Maintenant je comprend pourquoi.
          Mais quand même dommage, qu’ elles ne demandent pas plus fortement la modification de cette loi. Peut être que cela viendra peut être un jour de l’ Europe, car je pense que bien des élus du sud du pays doivent freiner des quatre fers, pour que ce sujet ne soit jamais abordé. Personnellement je suis favorable à une révision de cette loi moyenâgeuse.

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