Les élus béarnais veulent la peau de l’ours !


l-ours-cannelito-11-ans-entre-les-vallees-d-aspe-et-d-ossau   Il est des matins où la lecture de La République fait bondir. « Pyrénées-Atlantiques : la carte des 100 communes opposées à l’arrivée d’ourses ». Ainsi donc une ribambelle d’élus prennent position pour l’élimination de l’ours en Aspe Ossau.

 J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet il y a bien longtemps, sur Alternatives Pyrénées, en mars 2010. Tout était dit dans mon texte : « Ours saumons, anguilles, même combat ! » (cliquer sur le titre)

Aujourd’hui la signature de ces 100 maires montrent à quel point le Béarn est arriéré et ignore les nécessités écologiques.

Mais tout d’abord on se demande bien à quel titre l’immense majorité de ces communes signent un manifeste alors qu’elles n’ont jamais vu un ours sur leur territoire, même quand il y en avait une cinquantaine en Aspe Ossau !

D’ailleurs je ne suis pas du tout sûr que les populations soient en accord avec ces prises de position ridicules.

Ce qui est sûr c’est que la très grande majorité des Français est favorable au maintien de l’ours dans les Pyrénées. Ce qui est sûr c’est que c’est cette majorité qui subventionne largement les communes concernées par la réintroduction. De même que c’est cette majorité qui achète les fromages Ossau Iraty et subventionne fortement le pastoralisme.

Tout a été écrit sur ce débat qui fait rage depuis des années. Mais je voudrais insister sur un point qui n’est pas suffisamment connu. En estive, les pertes de brebis sont nombreuses (accidents, chutes, maladies, etc.). En moyenne elles représentent 2 à 3% des brebis en estive. Il y a plus de 80 000 ovins (chiffres de 2012 donc sans doute plus. ainsi que 22 000 bovins) en Aspe Ossau soit une perte d’environ 1600 brebis par été. Les deux ours actuels n’ont fait aucun dégât ces deux dernières années. Ne peut-on pas admettre une perte de quelques dizaines de brebis, largement indemnisées par ailleurs, pour repeupler Aspe Ossau avec une douzaine d’ours ?

Pourquoi ces basco béarnais ne comprennent pas que l’ours est une chance ?

Il faut les envoyer en stage chez les Massaïs, à moins qu’ils persistent et souhaitent aussi la disparition des lions, tigres, éléphants, gorilles et autres animaux sauvages.

Ce qui est sûr c’est que dans tous les pays d’Europe (Slovénie, Roumanie, Italie Espagne, …) les populations, y compris les éleveurs, vivent sans problème avec des populations d’ours bien plus nombreuses, tout en permettant un développement touristique fort grâce à l’ours.

Les élus et bergers Béarnais seraient-ils les plus arriérés d’Europe ?

Daniel Sango

Crédit Photo : FIEP . Cannelito, le dernier né en Béarn

Comments

  1. Hotoctone says:

    A la fête du fromage d’Etsaut, dimanche dernier, le préfet a fait allusion à ces élus qui fuient leurs responsabilités avec ce discours : « je ne peux pas m’engager (pour l’ours), vous comprenez ? ». Il a aussi salué le courage, face aux menaces, de la maire d’Etsaut.

  2. Robert Contrucci says:

    Pour les nombreux internautes qui consultent régulièrement le site « Alternatives Pyrénées« , ci-après, un lien susceptible de les intéresser :
    Site web « franceinfo: » (Découverte / Ours)
    URL : https://www.francetvinfo.fr/decouverte/ours/

    Voir entre autres, les articles suivants :
    1) « RECIT. « On n’a pas tué d’homme, juste un ours » : quatorze ans après, la mort de Cannelle hante toujours la vallée d’Aspe » (« Sauver la peau de l’ours après l’avoir tué . Remplacer Cannelle, le tabou du Béarn »)
    URL : https://www.francetvinfo.fr/decouverte/ours/recit-on-n-a-pas-tue-d-homme-juste-un-ours-quatorze-ans-apres-la-mort-de-cannelle-hante-toujours-la-vallee-daspe_2715232.html

    2) « GRAND FORMAT. « Si l’ours disparaît, mon métier va mourir » : le plaidoyer d’une bergère en Béarn » (« Le problème, ce n’est pas l’ours »)
    URL : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/grand-format-si-l-ours-disparait-mon-metier-va-mourir-le-plaidoyer-d-une-bergere-en-bearn_2863767.html

    3) « L’Etat condamné pour ne pas avoir assez protégé l’ours »
    URL : https://www.francetvinfo.fr/decouverte/ours/l-etat-condamne-pour-ne-pas-avoir-assez-protege-l-ours_2647132.html

    « Bonne lecture ! » 😉

  3. Article de la Rep sur le dossier préfectoral.
    On y voit que les communes de vallée d’ASPE sont favorables à la réintroduction.
    Bravo ! Elles ont compris où est l’intérêt vers un tourisme durable.
    A contrario, Laruns et la vallée d’Ossau y est opposée.

    ET SI ON BOYCOTAIT LARUNS ET GOURETTE ?

    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/06/25/ours-la-liste-des-communes-potentiellement-concernees-par-les-lachers-en-bearn,2371882.php?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=MaNewsletter&utm_term=20180626

  4. Joël Braud says:

    Pour information cette note du Préfet.
    PRÉFET DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES
    Pau, le 25/06/18
    C O M M U N I Q U E D E P R E S S E
    Participation du public
    sur le dossier de demande d’autorisation d’introduction de deux ourses
    dans les Pyrénées-Atlantiques
    À la suite des concertations sur la stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité menées
    depuis 2012, Monsieur Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la transition écologique et
    solidaire a annoncé en mars dernier la réintroduction de 2 ourses femelles cet automne dans les
    Pyrénées-Atlantiques pour assurer la pérennité de la population ursine sur le territoire.
    La participation du public portant sur ce projet est organisée du lundi 25 juin, 8h00, au mercredi
    25 juillet 2018, 12h00, conformément à l’article L123-19-2 du Code de l’environnement.
    Le dossier de demande d’autorisation, élaboré par l’Office national de la chasse et de la faune
    sauvage (ONCFS) est ainsi mis à la disposition du public et peut être consulté sur le site internet
    des services de l’État dans les Pyrénées-Atlantiques : http://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr, dans la
    rubrique « publication » puis « consultation du public, comme suit :
    http://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr/Politiques-publiques/Cadre-de-vie-eau-environnement-etrisques-
    majeurs/Consultation-du-public/Demande-d-autorisation-d-introduction-de-deux-oursesdans-
    les-Pyrenees-Atlantiques
    Durant cette période, toute personne intéressée peut adresser ses observations par voie
    électronique directement sur le site internet de la préfecture.
    C o n t a c t P r e s s e :
    Préfecture des Pyrénées-Atlantiques- Bureau de la Communication Interministérielle
    05 59 98 24 10 – 24 16 / 06 88 67 65 19
    pref-communication@pyrenees-atlantiques.gouv.fr

  5. des Ligneris says:

    L’ours des Pyrénées a définitivement disparu. Les ours de Slovénie vivent parfaitement heureux dans leur pays. Les déporter dans un environnement inconnu ne contribue en rien à la sauvegarde de l’espèce slovène, nullement menacée de disparition, et ne pourra jamais recréer la sous-espèce éteinte. Les ours hantaient autrefois les bois de Vincennes, Fontainebleau, Saint Germain, Rambouillet, etc…Pourquoi ne pas les y réintroduire? Ils n’y menaceraient pas les troupeaux de brebis, et les nombreux écologistes parisiens pourraient venir en nombre les admirer et mettre en évidence la pertinence de leurs actions.

    • PierU says:

      Avec ce genre de raisonnement, seul le dernier pays où il y aura des ours serait tenu de les protéger. Soit-dit en passant, un des deux ours présents en Béarn a quand même 50% de patrimoine génétique de la souche locale, qui sera effectivement perdu s’il ne trouve pas de femelle pour s’accoupler.

  6. Dartiailh says:

    Il faut savoir que les élus et la population des vallées Béarnaises ne sont pas pour l’extermination des ours mais plutôt contre leur réintroduction.
    En effet, cet automne, deux ours Slovènes on pour projet d’être réintroduits dans nos montagnes, cette année ils seront 2, l’an prochain 4…Une certaine peur s’installe au sein des éleveurs de la montagne car, monter en Estive pourrait devenir un danger, et même si pour le moment aucune attaque n’a été relevée, cela ne tardera certainement pas après leur réintroduction. Voyez pour exemple en Ariège, cette région présente une quarantaine d’ours et les attaques sont en fortes augmentations ( 432 indemnisations en 2017),de ce fait, les éleveurs transhumants sont de moins en moins nombreux.
    Vu que les éleveurs ne transhument plus, les hauts pâturages ne sont plus entretenus (donc non-accessibles aux personnes que ce soit paysans ou biens randonneurs ) car inaccessibles à la mécanisation et seuls les animaux peuvent les entretenir. Ce sont donc des montagnes entières qui sont abandonnées et qui ne pourront être récupérées. Et dans ces petits villages de montagne, les paysans sont le centre de la vie, s’ils partent, la montagne meurt. Depuis un certain nombre d’année, de plus en plus de jeunes et surtout des femmes viennent travailler en estive mais après la mise en oeuvre de ce plan, je crains que l’on ne puisse plus en dire autant.
    De plus, le bien-être animal n’est pas un argument car, d’une part de nombreux animaux d’élevage sont attaqués et, d’autre part délocaliser de pauvres ours Slovènes pour conserver notre « biodiversité » n’est pas vraiment un plaisir pour ces plantigrades.
    Il faut savoir que le dernier ours de réelle souche Pyrénéenne (Cannelle ) fut abattu il y a 14 ans, il est donc trop tard pour sauver notre biodiversité Pyrénéenne.
    Vu comment actuellement la nouvelle de la réintroduction de ces ours est accueillie, permettez moi de douter qu’ils ne vivront pas bien longtemps…ils n’ont aucun avenir ici, laissons les vivre paisiblement en Slovénie.
    Et puis effectivement la majorité des français est favorable a cette réintroduction, mais permettez moi de douter qu’un habitant breton ou bien Parisien soit réellement concerné par cette action.
    Aucun référendum a l’échelle régionale (concernée) n’a eut lieu, c’est dont une action forcée par le gouvernement dans nos montagnes.
    Pour terminer, je tiens a préciser qu’ en Pyrénées Centrales, cette réintroduction n’a rien apporté au niveau touristique.
    Je pense donc que tous les moyens qui seront utilisés pour ce plan de réintroduction (la bagatelle de 3 382 000 euros ) seraient mieux à même d’être utilisés pour ré-animer les villages des vallées.

                                                                                                           Margaux DARTIAILH
    
    • On ne va pas pouvoir faire un débat complet… Juste quelques points :
      – Le déclin des populations de montagne est énorme. Il ne pourra s’arrêter que grâce au tourisme dont l’ours sera un atout. Regardez Lescun (900m) qui avait plus de 1000 habitants dans les années 1900 n’a plus que 185 hab aujourd’hui et encore il faudrait enlever les résidents « secondaires » (Et à l’époque il y avait des ours partout …peut être une centaine en Aspe Ossau)
      – Il ne faut pas comparer le pastoralisme béarnais (des brebis rassemblées le soir pour la traite (enfin pas toutes on ne va pas entrer dans les détails)) et l’élevaextensif des moutons à viande en Ariège. Eux ils veulent laisser leurs moutons en totale liberté, avec une main d’oeuvre minimale.
      – le pastoralisme et l’agriculture de montagne ne survit que grâce aux subventions de l’Etat, de l’Europe, …etc
      – l’avenir de notre montagne passe par un tourisme durable et l’ours en est un élément.

    • Michel LACANETTE. says:

      La réintroduction de l’ ours ne peut se faire sans une révision complète de la politique du pastoralisme sur le terrain et non dans les bureaux feutrés, syndicaux ou administratifs. Avec la tournure que prennent les choses je pense que les victimes toutes désignées seront malheureusement, celles et ceux, qui font encore du vrai pastoralisme.
      Sans accompagnement actif des bergers, la réintroduction de l’ ours sera un échec.
      Il faut autant aider le berger en bas dans la vallée que en haut, car bien souvent actuellement il est obligé d’ être en bas et en haut en même temps, ce qui veut dire qu’ il ne peut accomplir pleinement son travail de berger. Aujourd’ hui il n’ y a pas à ma connaissance de reconnaissance du statut de berger à temps plein, mais de celui seulement d’ agriculteur. Hors être berger est un métier à temps plein, car un troupeau nécessite une attention permanente. Sans cette reconnaissance on ira vers des problèmes importants. Les aides aux bergers doivent être ciblées, fonction du type de pastoralisme qui pratiqué et de la présence permanente ou non du berger sur les pâturages.

      • PierU says:

        Le métier de berger est reconnu, il existe même des formations. Et dans les zones à ours il existe de nombreuses aides spécifiques aux bergers.

        • Michel LACANETTE. says:

          Le métier est peut être reconnu, mais son statut pastoral à l’ estive est plus reconnu comme simple agriculteur . D’ où découle de plus en plus un abandon du gardiennage permanent des moutons en montagne. Pour fréquenter régulièrement la montagne, on voit de plus en plus de troupeaux laissés seuls en montagne, pas trop en vallées d’ Aspe et d’ Ossau et Barétous, mais plus à l’ Ouest c’ est de plus en plus courant, ainsi que vers les HP et l’ Ariège. Les propriétaires ne montant à l’ estive qu’ une fois par semaine, d’ où des attaques d’ ours souvent constatées à posteriori.
          Par contre je ne pense pas que l’ Administration fasse pour les aides une différence entre un troupeau » gardé en permanence » et un troupeau » surveillé » . Les aides sont liées à la présence du troupeau en estive, d’ où l’ ambiguïté.

          • L’information sur ces sujets est mauvaise et les gens mélangent un peu tout.
            Il faut distinguer comme je l’ai écrit l’élevage de brebis (Aspe Ossau) de l’élevage de moutons à viande.
            Ici il y a encore des brebis en lactation et donc il y a nécessité de traite tous les jours et réalisation de fromage.
            Ce n’est pas le cas en Ariège.
            Dans les zones à ours les aides permettent de payer un berger, en plus 80% des dépenses liées au cayolar sont subventionnées (60% si pas d’ours), sans parler des héliportages, de la subvention liée au pacage en altitude (entretien des pararies par les brebis, la nourriture du patou,…etc

    • PierU says:

      Il faut savoir que les élus et la population des vallées Béarnaises ne sont pas pour l’extermination des ours mais plutôt contre leur réintroduction.

      Jolie hypocrisie qui ne trompera que ceux qui ont la mémoire courte. Dire qu’on n’est pas pour l’extermination après avoir de fait quasi-exterminé l’ours dans les Pyrénées, c’est amusant… D’abord par la chasse, puis par le braconnage incessant une fois que la chasse a été interdite. Ce sont bien les élus locaux et les chasseurs qui au début des années 90 ont refusé la mise en place des « réserves Lalonde » qui auraient pu sauver les quelques ours qui restaient en Béarn à cette époque.

      • Dartiailh says:

        Les éleveurs et élus ( qui sont souvent les 2 en même temps ) n’ont pas pour but d’exterminer les ours, le but est seulement d’éviter le désastre ( qui a déjà lieu en Ariège avec leurs 43 ours) c’est une réintroduction forcée par Mr Hulot qui, si elle a lieu ne conduira malheureusement qu’a la mort de ces plantigrades. Car, en effet lorsque des attaques répétées auront lieu ( et il y en aura ) et que les aides gouvernementales se solderont par des échecs ( comme en Ariège ), la seule et dernière option qu’auront les éleveurs et bien ce sera de s’occuper des ours eux même ( ce ne sera pas par pur plaisir, mais dans le but de sauver les vallées et ceux qui y vivent ). Dans les Hautes-Pyrénées on a fait miroiter aux éleveurs un programme de régulation, de contention des ours dans certaines zones et d’aides financières en cas d’attaques mais le gouvernement s’est laissé submergé et il n’arrive plus aujourd’hui a remplir ses missions, les éleveurs Ariégeois ne peuvent rien faire contre cela, il est maintenant trop tard, c’est a tout prix ce que l’on veut éviter ici. Il n’y a aucun intérêt a réintroduire ces ours.

    • Béatrice says:

      Votre commentaire m’a interpellée. J’étais absente et je n’en ai pris connaissance que ces derniers jours. J’ai juste envie de vous poser d’abord une question : pourquoi les éleveurs n’ont-ils pas de patou (vous savez, ces chiens blancs un peu massifs dont on pourrait croire qu’ils ne peuvent pas se bouger mais qui, quand ils gardent « leurs » brebis, sont extrêmement agiles … Je le sais car dans une autre vie, j’ai eu un patou pour garder des brebis), donc pourquoi pas de patou ?? Surtout quand on sait que ce chien ne craint pas l’ours et le met en fuite ? Si, si, c’est prouvé et avéré.
      Ensuite l’ours fait partie de notre patrimoine en vallée d’Ossau. Bien sûr il ne rapporte pas d’argent, au contraire il en coûte. Mais je préfère que mes impôts servent plutôt à une réintroduction qu’à payer – par exemple – des députés ou des sénateurs qui ne pensent qu’à leurs fesses et n’ont aucun sens moral de la collectivité. Eux aussi ils coûtent très cher et ne servent à rien, encore moins que l’ours ! Et demandez vous donc pourquoi beaucoup de nos élus, même à petite échelle, ont souhaité et tout fait pour être élu … Certainement pas pour la collectivité mais parce que la « place » est bonne, tout simplement !

      • Dartiailh says:

        Les patous sont indispensables mais, ils n’évitent pas toutes les attaques. En Hautes-Pyrénées plus de 600 brebis ont été tuées pourtant, les patous sont bien présents dans cette région. Il y a aussi de nombreux cas de « dérushage » ( troupeaux qui sou la panique d’une attaque tombent dans un ravin ),ce sont les cas le plus meurtriers pouvant aller jusqu’à 600 bêtes perdues en 1 nuit. Que peut faire le patou contre cela ?
        De plus, de nombreux élus sont également éleveurs, ils sont là pour défendre leurs convictions et pour que les paysans puissent avoir leur mots a dire lors de grands débats (ce n’est pas le cas de tous les élus je vous l’accorde). J’ai cru comprendre que vous êtes originaire de la vallée d’Ossau, l’Ours comme vous l’avez bien dit coûte énormément d’argent, l’argent de nos impôts. Je pense que la priorité n’est pas de réintroduire des ours mais plutôt d’essayer de sauver des vallées mourantes ou le nombre d’habitants, d’écoles…diminue a vue d’œil. Ou bien en utilisant cet argent afin de « réintroduire » (dans ce cas c’est le mot juste) de jeunes couples dans nos villages de montagne. Eux, ils permettrons de revitaliser nos vallées contrairement aux ours.

        • Vous mélangez ce qui se passe en Ariège où on élève des moutons et où les éleveurs laissent leurs troupeaux en liberté et les estives béarnaises où ce sont des brebis laitières qui sont rassemblées et traites le soir (bon, c’est vrai que la période de lactation se termine dans l’été,)
          Des brebis en liberté ont a craindre de l’ours, pas celles qui passent la nuit en enclos.
          De plus les deux misérables ours béarnais n’ont fait AUCUN dégat ces deux dernières années… et même s’ils en faisaient cela est rien par rapport à la perte en estive qui se situe entre 2 et 3% soit plusieurs milliers en Aspe Ossau
          Quant à la réintroduction de jeunes couples en montagne…pour quoi faire ?
          Encore faudrait il qu’il y ait une vraie politique touristique, mais nos élus sont trops débiles, ils promènent Henri IV sur le tour de France… pôvre Béarn !

  7. Romain Casadebaig says:

    « Pros et anti ours: ceux d’en face sont-ils forcément de gros abrutis? »

    Le débat suscité par la réintroduction d’ours va vite se doubler de celui très similaire lié à la présence du loup, très probablement observée sur le Haut-Béarn ces dernières semaines.

    Les grands animaux ont le dos large et nous humains leur mettons sur le dos bien des choses, tant dans le discours « pro » (ils sont souvent vus comme clé de voûte d’un arrêt de l’érosion des écosystèmes) que dans le discours « anti ».(ils sont souvent vus comme clé de voûte d’un mouvement de mise à mort de la société rurale).
    N’y-a-t-il pas bien du fantasme dans les deux discours? Dans la pression exercée sur les écosystèmes, l’urbanisation et les pratiques culturales pèsent pèsent bien plus lourd que la disparition des grands animaux. Dans le marasme de la société rurale l’organisation des filières économiques et la manière d’administrer les territoires pèsent bien plus lourd que le retour des grands animaux.
    Mis ainsi en perspective le sujet apparaîtrait pour ce qu’il est: un enjeu secondaire pour les humains (ce qui n’enlève rien à son intérêt intrinsèque). Je pense qu’il serait alors mieux traité. Sur le terrain, avec modestie, car si la cohabitation est possible (pour ma part je la souhaite), elle est quand même assez technique pour ceux qui la vivent au quotidien. On trouverait un protocole de coexistence, géré localement de façon concertée. Le système pyramidal actuel dans lequel un ministre à Paris pilote le sujet en arbitrant entre les groupes de pression me semble d’évidence manquer des qualités requises pour le mener à bien: écoute, discrétion, technicité, suivi, constance, proximité, réactivité, humilité.

    En sacralisant ce sujet depuis les années 80, les deux parties empêchent de le penser. J’en veux pour preuves les bordées d’invectives et la sidération (« sont-ils idiots? fous? ignorants? irresponsables? égoïstes? ») qui dominent dans les réactions, retrouvées identiques d’un côté comme de l’autre! C’est saisissant.

    Mon parcours personnel fait que je comprends les deux points de vue. Comme je n’ai rien de génial, je me dis que beaucoup en sont capables dans les deux camps (et parmi la majorité non-encartée encore mieux!). Comprendre, estimer, ne m’a pas empêché d’avoir une position ensuite, mais de façon plus constructive j’en suis convaincu.

    Dans ce domaine des grands animaux, notre manière collective de passionner le débat l’a rendu stérile, comme ces confrontations politiques au moment des élections qui n’ont de débat que le nom et où vous pouvez à l’avance savoir ce que chaque partie va dire (du coup la confrontation ne sert à rien aux indécis à destination desquels elle est censée être organisée).
    Je vais avoir 32 piges j’ai l’impression de revivre le même débat en boucle depuis le berceau.

    Disparaître de la une (au moins quelques années) c’est ce qui peut leur arriver de mieux je crois, à ces rares grands animaux qui restent à nos côtés. Si un jour nous lisions en milieu de journal un petit encart grisâtre avec « bilan annuel grands animaux: état des populations/ attributions des droits de prélèvement/ décisions de renforcement/bilan sanitaire », ne serait-ce pas l’assurance que la réalité a enfin vaincu les fantasmes?

  8. Ce soir FR3 Pau Sud Aquitaine traite le sujet…
    Le Préfet commente la pétition, remarque comme sur moi que l’immense majorité des pétitionnaires n’ont vu que des ours en peluche sur leur territoire et indique que des Maires lui ont téléphoné pour dire qu’on leur avait forcé la main…
    Nos élus sont des ours ! (c’est gentil, le qualificatif le mieux adapté est plus court.)

  9. ttduc says:

    Au Ladakh , les éleveurs de yaks acceptent 10% de pertes dues aux prédateurs, en particulier la panthère des neiges, espèce protégée. Leur presse locale et leurs élus sont sans doute d’un autre niveau.

  10. Au Ladakh 10% des yaks sont décimés par les prédateurs, dont les panthères des neiges. Les éleveurs admettent ces animaux sauvages protégés par leur gouvernement,mais ils n’ont pas la FNSEA.

  11. Michel LACANETTE. says:

    Mais tout d’abord on se demande bien à quel titre l’immense majorité de ces communes signent un manifeste alors qu’elles n’ont jamais vu un ours sur leur territoire, même quand il y en avait une cinquantaine en Aspe Ossau !

    Maintenant reste à savoir si ces élus prennent position en leur nom personnel ou au nom de leur municipalité et des habitants, cela entériné par un vote majoritaire du Conseil Municipal. Je crois que l’ impact médiatique ou politique, est tout à fait différent entre
    l’ une ou l’ autre des prises de position. Ce qui est inquiétant dans cette affaire c’ est
    qu’ on laisse planer le doute sur le type de prise de position. De même, pour les Maires qui sont favorables, ils se doivent de dire clairement les arguments qui les amènent à faire leur choix.
    Espérons que les journalistes locaux auront eux aussi le courage de s’ exprimer sur ces choix.

  12. Béatrice says:

    Bonjour ! Je ne suis pas souvent d’accord avec vous, Daniel Sango, mais aujourd’hui je partage entièrement votre sentiment concernant l’ours. Je n’ai pas grand chose à en dire car vous avez exprimé l’essentiel, sauf que ce que l’on ne dit pas assez et assez fort, c’est qu’il est prouvé (statistiquement entre autres) que les éleveurs possédant un « patou », gros chien blanc pas toujours aimable avec les touristes (et il a fort raison), ne subissent pratiquement aucune attaque d’ours, pour la simple et bonne raison que le patou est le seul chien qui ne craint pas l’ours et qui est capable de le mettre en fuite. Je sais de quoi je parle, j’ai été, dans une autre vie, bergère notamment en montagne …. Et j’avais bien sûr un patou …. ! ! !

  13. Montbula says:

    La lâcheté le dispute à la mauvaise foi. Mort à l’ours, victime expiatoire de leur incapacité à affronter les organisations paysannes qui ont trouvé en cet « herumi » mi homme, mi bête le bouc-émissaire à leurs habituelles turpitudes. Je ne sais plus qui il nous faut plaindre en premier lieu ?

  14. Bien des pertes de brebis sont mises sur le dos de l’ours alors que ce sont les nombreux chiens errants, une vraie calamité que les communes anti ours devraient résoudre avant d’exiger l’éradication de l’ours!

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