« Les mots bleus »


Comment rester indifférent devant l’extraordinaire saga de l’équipe de France de football ? Comment mesurer les efforts demandés à ces jeunes gens à la moyenne d’âge de 25 ans ? Comment ne pas noter qu’une fois encore, les médias se sont trompés à leur égard : après les avoir fustigés, ils ont volé au secours de leur victoire ? Comment mesurer l’extraordinaire, l’historique, adoration des Français toutes conditions réunies ? Ces scènes de liesse jamais vues à Paris ? Cet amour désormais définitif ? Et la simplicité de ces jeunes gens, décontractés certes, mais modestes et naturels, évitant le piège de la récupération tout en utilisant les codes du monde moderne : les fameux réseaux sociaux notamment.

Quelle belle leçon ils nous donnent à tous. Une leçon d’optimisme qui devrait remettre les idées de chacun en place : la France est une grande nation, l’excellence y est possible, il suffit -mais ce n’est pas rien- de croire en son destin pour atteindre les sommets. Les râleries du moustachu et de son escouade jusqu’auboutiste, les discussions sur la vitesse des automobiles, les imprécations des hologrammes, les jérémiades perpétuelles, on le voit de manière nette aujourd’hui, n’ont qu’un poids dérisoire. Journalistes, syndicalistes et hommes politiques sont désormais mis à leur place, une place marginale. Seul Macron qui a saisi les véritables aspirations de cette génération, a su surfer sur cette vague car c’est la sienne. Où sont les autres, balayés par la déferlante ? Quelle manif, syndicale ou autre, serait capable désormais de rassembler le dixième de ce que l’on a vu sur les Champs Elysées ?

Un peu d’anthropologie est toujours utile. Comprendre ou tenter de le faire, les ressorts et les conséquences d’une manifestation de cette ampleur est indispensable. Il semble clair que la réussite plaît et que l’argent gagné par ces jeunes milliardaires n’est pas ce pêché consusbtantiel que la morale d’une gauche prétudemment vertueuse voudrait nous faire avaler. Gagner beaucoup d’argent c’est une chose juste pour qui le mérite et surtout pour qui triomphe. C’est devenu une vertu même… Seconde leçon en quelque sorte : cette génération est solidaire et disciplinée elle sait ce qu’elle veut et elle est prête à souffrir pour gagner. Elle veut travailler. Elle est prête à écouter. Elle mérite qu’on lui fasse confiance. Donnez nous notre chance, voilà ce qu’elle nous dit…

L’âge du capitaine c’est la question… Il faut savoir s’incliner, passer la main. Ces jeunes n’ont pas besoin de leçons mais d’un bon entraîneur. Un type qu’ils reconnaissent comme tel. Il est là d’ailleurs. Le temps de la retraite a sonné pour beaucoup d’hommes politiques qui prétendent dicter leur loi et se posent en hommes providentiels. Ils nous laissent indifférents, personne ne les écoute. Il en est de même pour les syndicalistes, les journalistes, tous ceux qui prétendent faire l’opinion… Nous sommes entrés dans un monde nouveau, plébiscité. Place aux jeunes, oui !

Enfin, mesurons les bouleversements profonds portés par les réseaux sociaux. Non ! quelques plumitifs arrogants ne font plus la loi ! Leur crédibilté est de plus en plus réduite. Aujourd’hui ce qui fait la différence ce sont les réseaux sociaux : facebook, twitter, instagram surtout. Qui n’a pas son téléphone portable est désormais un vrai pauvre. Qui ne « poste » -ou ne se poste pas plutôt- est un inutile, largué, noyé dans l’océan de la modernité sur laquelle cette jeunesse flotte avec jubilation. C’est l’heure de l’hédonisme et de l’ « entraitment », qui ne l’a pas compris ramera comme un desepéré sur son radeau de la méduse… Car, en même temps, il n’y a pas de quartier : il faut tuer le match ; malheur aux vaincus, aux largués.

Ainsi va le monde des bleus, celui où nous vivons, est-ce bien ou mal ? Peu importe, c’est ainsi… Il faut croire que ce monde là suscite un énorme enthousiasme, une adhésion massive. Ce n’est plus le monde du communautarisme, celui des drapeaux multiples, des sectes cultivant leurs différences, mais celui d’un drapeau unique et fédérateur : le drapeau tricolore, celui de la République. Car cette bande de jeunes gens sympas a compris qu’après l’effort vient le succès et surtout que l’union fait la force.

Pierre Vidal

Comments

  1. J’aime bien les commentateurs qui disent « Macron aurait du faire ceci, Macron n’aurait pas du faire celà » Mais la presse a très peu parlé de l’accord entre Poutine et Macron lors de sa visite à Moscou, pour apporter de l’aide humaniaire française avec l’aide la logistique russe aux populations syriennes de la région de Damas. On parle beaucoup plus du parapluie et de la veste qu’il aurait du donner à la présidente Croate. No comment

  2. Le meilleur chant de supporter entendu avant la finale:
    Gérard Depardieu,
    sert nous la vodka,
    on va la gagner,
    chez toi.

  3. Michel LACANETTE. says:

    » Seul Macron qui a saisi les véritables aspirations de cette génération, a su surfer sur cette vague car c’est la sienne. »
    Macron a tellement surfé sur cette vague qu’ il même volé la fête qui devait revenir au peuple français. Il a transformé la fête publique, en fête privée. Allez les jeunes circulez, les bobos vont faire la fête….. Le peuple français s’ est fait rouler dans la farine.

  4. la France est une grande nation, l’excellence y est possible, il suffit -mais ce n’est pas rien- de croire en son destin pour atteindre les sommets

    C’est clair. Tous les sans-dents c’est juste qu’ils n’y ont pas cru, c’est de leur faute.

  5. Frédéric PIC says:

    Ah, la génération Facebook , qui publie ses petits déjeuners, ses pipis et ses cacas sur ses pages, qui like ceux de ses corrélégionnaires et circule dans les rues, les champs, les routes, la montagne les écouteurs aux oreilles et les yeux rivés sur leur smartphone, sûr et certain qu’elle va sauver la planète et l’humanité.
    Personnellement j’en doute même si je leur souhaite de faire moins de conneries que notre génération.
    Quant aux footeux qui ont gagné une compétition sportive ( waouh, quelle histoire !) mais qui l’ont fait comme des gagne-petits sans audace, sans panache, en remplaçant l’esprit du jeu par le calcul, quel exemple pour les enfants ! Ah ça, ils sont bien macroniens : devenez milliardaires, qu’il disait. Sauf que chaque milliardaire supplémentaire, c’est forcément des milliers de pauvres en plus ( toujours l’histoire du gâteau)
    Des milliardaires qui saloperont la planète (50% des gaz à effet de serre sont émis par les 10% les plus riches), chouette exemple.
    Chaque jour qui passe voit magnifier le travail et la sueur : sûr que c’est â leur sueur que les actionnaires qui raclent 67% des profits contre 6% aux salariés doivent leurs milliards. Sûr que Mme Bettancourt â dû bosser dur et se lever tôt le matin.
    Nos footeux, eux, reconnaissons le, ont du talent. Mais que fait- on des sans-talents, des sans dents, des qui ne sont rien, des déshérités ? Croit-on vraiment leur donner leur chance par le ruissellement en donnant des milliard à des déjà milliardaires ? Balivernes , cette escroquerie intellectuelle sera je l’espère bientôt démasquée : vive les gagnants, dit Macron, et à mort les perdants. Comme l’a fait M’Bappé en ralentissant petitement un ballon en fin de partie, en le justifiant au nom du réalisme.
    Alors oui, Pierre, je reste un imprécateur , un imprécateur du panache, du jeu, du risque, de l’audace ( au secours le Cid, reviens nous) et surtout, du partage.
    Et je regrette que le brio du jeu des belges ou l’acharnement des morts de faim croates ne l’ait pas emporté sur le catenaccio de nos jeunes et frileux milliardaires
    Je me demande s’il ne vaut pas mieux deS fois perdre en étant fiers de soi que gagner quelque peu honteusement. Et je suiS sûr qu’il n’y a pas que la victoire qui compte, mais bien ce que l’on a fait pour y parvenir. Car si nos petits jeunes sont bien sympas, combien de victoires sont revenues â des tricheurs, des voyous, des escrocs, des malfaisants ?

    Frédéric PIC

    • Martine LE MAREC says:

      d’accord avec vous ,mille fois d’accord sur tout!!!!!ces footeux n’ont fait que leur boulot,.avec ce salaire et ces primes beaucoup le feraient et comme vous le dites avec bien plus de panache!!!martine lm

  6. Michel LACANETTE. says:

     » Seul Macron qui a saisi les véritables aspirations de cette génération, a su surfer sur cette vague car c’est la sienne. »
    Non, Macron a manqué totalement sa sortie, notamment lors de l’ affaire des parapluies en fin de match. On aurait pu penser que par galanterie Poutine aurait réservé un petit coin de son parapluie à la charmante présidente de la Croatie.Mais que nenni.
    Ça aurait été pour lui ,en tant qu’ ancien occupant de la Yougoslavie, l’ occasion de lui rappeler à nouveau que son pays était resté par la force sous la protection de la Russie et qu’ elle est toujours là bien présente par son ombre.
    Quant à Macron, il aurait pu avoir la galanterie française de lui offrir sa veste pour protéger sa belle chevelure blonde et prouver par là à Poutine que maintenant la Croatie ne relève plus de la Russie, mais bel et bien de l’ Europe.
    Tout le monde aurait applaudi des deux mains, peut être que Donald aurait même twité. !!!!!Cela aurait pu mettre la popularité de Macron quelque peu en berne au niveau de celle de l’ équipe de France championne. Cela aurait conforté l’ esprit européen.
    Peu être que cela l’ aurait fait rentrer de son vivant dans la postérité mondiale. Mais que nenni. De par leurs comportements « macho » aucun des deux n’ a marqué des points, comme quoi on pense que le monde a évolué. Mais que nenni, bien au contraire il recule au fur et à mesure qu’ on se rapproche de la ligne du futur.
    Morale de l’ histoire « Aide toi le ciel t’ aidera », mais là, ni le ciel, ni les hommes n’ ont aidé la belle présidente Croate. Que l’ on soit de l’ Est ou de l’ Ouest, du Nord ou du Sud, il ne fait pas bon être femme dirigeante dans ce monde d’ éternels « machos ». Ainsi va le monde.

    • Frédéric PIC says:

      bien vu !
      mais Macron avait déjà beaucoup à faire à donner l’accolade à tous les joueurs et à se faire voir comme si c’était lui qui avait gagné, pas le temps de s’occuper de la présidente.
      Pa simplement narcissique, mais mufle. La totale.

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